Christine and the Queens – J’ai gagné mes galons

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Vendredi 31 mai 2013, à trois jours de la sortie de son EP, Nuit 17 à 52, nous avons rencontré Christine and The Queens dans les locaux de son label, Because Music.

L’occasion d’évoquer avec elle l’arrivée imminente de cet EP, le processus de sa création, sa relation à la musique, mais aussi l’apprentissage du lâcher prise, la schizophrénie, et les collaborations sur fond sonore de tondeuse à gazon. Imperturbable et très drôle, celle qui seule est plurielle s’est livrée à l’exercice de l’interview, s’inquiétant à plusieurs reprises d’avoir trop parlé.

Christine and the Queens (Federico Cabrera)

Félicitations pour ton troisième EP, même si c’est aussi le premier depuis que tu as signé chez Because. Comment-est-ce que tu te sens à quelques jours de sa sortie ?

Ecoute, je me sens plutôt soulagée. Quand on fait un EP, en maison de disque en tout cas, il ne sort pas tout de suite après qu’on l’ait fini. Pour moi, cet EP est terminé et j’attends qu’on en parle et qu’on le vive comme quelque chose de terminé. Ce qui n’est pas le cas tant qu’il n’est pas sorti, donc j’ai plutôt hâte que ce soit le cas, je suis plutôt contente.

Est-ce-que les Queens te prennent au sérieux depuis que tu as un label ?

(rires) Oui, c’est vrai! Et bien oui, ça y est, j’ai gagné mes galons! Parce qu’en plus, Because comme c’est un label franco-anglais, il est un peu connu en Angleterre, tu vois? Donc j’ai eu un peu la caution Because Music… Oui oui, elles m’ont d’ailleurs écrit pour me féliciter. Je suis allée jouer à Brighton y a pas longtemps, et y en a une qui est venue me voir. Elles sont contentes pour moi. Après, elles ne veulent toujours pas venir avec moi, mais en même temps c’est bien aussi, elles voient le projet grandir de loin, et moi, j’en ai vraiment fait mon projet. C’est assez émouvant quand elles m’écrivent un petit mail pour me féliciter ou qu’elles passent me voir… Je vais les voir aussi quand je vais à Londres, on en rigole, de cette période où elles ne me croyaient pas trop. C’est du passé.

Comment s’est déroulé l’enregistrement ?

Il s’est bien déroulé. Je travaille toute seule. Je commence à composer toute seule, chez moi, je fais mes maquettes avec mon clavier, tout ça… Et là, j’étais pas toute seule pour la première fois non plus, vers la fin du processus. Ça veut dire, j’ai collaboré avec un musicien qui a joué ce que je ne joue pas d’habitude : des basses, guitares et percussions. Et du coup, pour la première fois, j’ai amené mes chansons à quelqu’un qui m’a aidé, aussi, à ajouter des instruments, donc ça, ça a été super. Et ça a changé du processus qui était le mien avant, c’était d’être vraiment en autarcie, de faire tout, toute seule et de livrer une chanson terminée. Donc deux temps : premier temps, moi toute seule, et deuxième temps, avec un peu de vrais instruments ajoutés.

As-tu suivi l’EP de bout en bout ?

Oui oui ! Mais tu vois, les instruments que je ne pouvais pas jouer, en gros je faisais des guitares un peu pourries, (rires) c’est pas très joli, ça sonne un peu comme une guitare de synthé, et j’arrivais, je disais « bon, ben, voilà, tu me joues ça, en vraie guitare ». Donc, j’ai pu faire chef d’orchestre en plus, ce qui est bien.

Tu as rempli le nouveau Casino le 22 Avril dernier, comment s’est passé ce premier concert en tête d’affiche? Et t’en es-tu remise ?

Non (rires). Non. C’était très émouvant. D’ailleurs, je ne me souviens pas du concert. C’est à dire que lorsque les gens me posent des questions, j’essaie de me souvenir de la chanson, ou de mon état d’esprit je ne m’en souviens pas. C’est comme si j’avais été en flottement, tu sais, hors de moi. Et ça, dès le début du concert, parce que ça ne m’était jamais arrivé d’avoir, comme je l’ai dit, un public qui soit acquis. Enfin, qui soit accueillant dès le début. Je crois que ça m’a mis dans un état un peu … Je sais pas du tout comment je me suis comportée, j’ai du faire beaucoup de blagues, c’était pas trop ? Parce que moi j’étais très très émue. Non je ne m’en suis pas remise, non, d’ailleurs, maintenant quand je refais des premières parties je suis un peu triste quand même parce que les gens ne sont pas aussi réceptifs qu’au Nouveau Casino, à chaque fois je suis là « Non mais au Nouveau Casino, les gens étaient plus sympas! » (rires). Mais c’était une date importante même parce que j’avais testé beaucoup de choses, des danseurs, un musicien avec moi, c’était aussi important pour ça. C’est bien parce que j’ai eu de bons retours de cette formule-là, qui était un peu un test pour moi. C’est bon aussi pour la suite, pour continuer à développer ça.

Tu as joué à Liverpool et à Brighton, est ce que l’accueil, est ce que le public a été différent ?

Christine&Queens Presse 1

Alors, (elle réfléchit)… bonne question ! Et bien, écoutes, j’ai pas senti trop de différence, non, j’ai eu peur de ça. J’avais un peu peur de mal me faire recevoir, je sais pas pourquoi, tu as toujours ce complexe de la française qui vient chanter en Angleterre et qui se prend des tomates, et, ça n’a pas été mon cas. Par contre, ce qui est drôle, c’est que les Anglais comprennent mes paroles en anglais. Donc, une chanson comme Cripple, moi je pensais que c’était vraiment le double sens, tu vois, ça veut dire être abimé, mais être abimé un peu mentalement, avoir des séquelles de quelque chose ou être un peu abimé physiquement. Alors qu’en Angleterre, apparemment c’est handicapé au premier sens, handicapé moteur, ou quelque chose comme ça. Du coup, il y a eu ce petit moment de gêne quand même quand j’ai chanté cette chanson, les gens comprennent vraiment ce que je dis, ils me regardent, « pourquoi elle chante ça? ». Et ça c’est drôle, parce que ça ne m’arrive pas en France, que les gens comprennent ce double sens, ou ce sens-là. A part ce petit moment de flottement, ça s’est très bien passé, à chaque fois. C’était dans de gros festivals ou tu as vraiment plein de groupes qui jouent en même temps, y a un côté un peu tout le monde circule de groupe en groupe, tu vois. Tu es perdue dans une masse de plein de jeunes groupes indé, frais comme des gardons. Mais ça s’est quand même bien passé, les gens sont restés, ils ne m’ont pas ignorés, ils ne sont pas partis voir ailleurs… Donc c’était bien.

En parlant de concerts, as-tu une tournée de prévue ?

Alors, j’ai une tournée mondiale, non je rigole (rires). J’aimerais tellement dire ça! « J’fais la première partie de Beyoncé partout ». Pour l’instant, non. Tournée en tête d’affiche, pas encore. Souvent il y a une étape qui est celle du premier album, qui est en général suivie d’une tournée en tête d’affiche. Tant que c’est pas ça, t’as pas de tête d’affiche. Ce qui est raisonnable aussi vu que je suis un jeune projet. Donc, non, pas encore. En Septembre j’aurais des dates que je ne peux pas encore annoncer, c’est du genre confidentiel. On va essayer d’avoir beaucoup de premières parties, de suivre une tournée, mais je suis un projet un peu dur à caser artistiquement… C’est dur, enfin, avec des projets français, c’est pas forcément ce qui va, et avec des projets internationaux, souvent, ils arrivent avec leur première partie, donc bon. C’est un peu dur de trouver un créneau, mais on va y arriver.

Bientôt un premier album ?

Oui ! Je ne m’arrête jamais de composer, donc je compose, je compose, … et normalement cet été on devrait commencer à travailler dessus. En fait, ce qui serait bien c’est qu’on le sorte en début 2014, donc janvier-février 2014. Je vais donc sûrement le commencer cet été.

A côté de ça as-tu d’autres projets ?

Non, ça me prend vraiment tout mon temps, du coup. Après je suis pas contre, un petit cinéma, une petite pièce de théâtre, je ne dirai pas non ! Mais c’est vrai que c’est assez chronophage, enfin, tu vois, moi aussi je faisais des études avant, mais je les ai arrêtées, j’avais plus le temps (rires). Ah, les études !

Après le théâtre, qu’est-ce-qui t’a ramené à la musique ?

J’avais toujours fait du piano et du solfège, mais j’avais jamais écris de chansons. Je ne pensais pas du tout en faire un métier, ni d’en faire ma passion. Il s’est passé vraiment un déclic quand j’étais à Londres, avec les travestis, je me suis mise à composer et je ne saurais pas te dire d’où c’est venu. C’est venu comme ça. Ce qui est un peu crétin de dire ça comme ça, mais, ou qui fait très romancé, genre « j’ai eu le déclic » (elle claque des doigts) mais c’est vrai. En fait je crois que j’étais malheureuse au théâtre, enfin, il me manquait quelque chose, ou alors je n’avais pas l’impression de correspondre à ce média là. En fait la musique ça m’a réconciliée avec tout ce que je n’arrivais pas à faire dans le théâtre. C’est à dire, avoir un personnage, pouvoir faire chanter la langue, pouvoir imposer un univers et pouvoir tout maîtriser aussi. Je crois que j’étais pas bonne comédienne parce que je ne lâchais pas prise. J’étais pas disponible. J’aimais pas me faire diriger, tu vois. J’ai découvert le plaisir de composer qui m’est venu, d’un coup, ça ne s’est plus arrêté.

Ça fait combien de temps ?

Ça va faire… 2010… Trois ans. Et depuis, ça ne s’est jamais arrêté. (rires)

J’ai aussi appris que tu avais une formation classique. Comment passe-t-on de Vivaldi aux Queens ?

C’est pas si éloigné, en fait, bizarrement. Surtout Vivaldi. Vivaldi, j’écoute ça presque comme de la pop en fait. Et tu te rends compte que de toute façon, ce qui est commun à toutes les musiques c’est les espèces de structures type. Par exemple, les chansons pop, y a des suites d’accords, qui reviennent dans beaucoup de chansons. Vivaldi c’est pareil, il utilisait des structures,… ça y est, je pars dans la théorie de la composition! Tout ça pour dire, que ça aide, du moins, moi ça m’aide d’avoir fait une formation classique, parce que tu as des notions harmoniques, de structure, et tu as une espèce de rigueur que tu retrouves dans une structure très pop où tu as, couplet, refrain, pont. Et moi, plus c’est structuré comme ça, plus j’aime. Ça me permet de mettre de la fantaisie dans la structure. Et en ça, ça rejoint ce que je faisais avant, quand j’étais au conservatoire. C’est une bonne formation, ça te forme l’oreille, ça me permet de trouver rapidement des harmonies… J’écoute des compositeurs comme Vivaldi, ou des gens comme Philipp Glass comme si c’était de la pop. C’est assez bizarre, je ne différencie pas trop les genres. Je trouve que tout se mélange tellement bien. J’avais écris une chanson, où je m’étais inspirée d’une structure classique et j’en ai fait quelque chose d’assez pop, donc oui tout se mélange assez bien.

Pourquoi as-tu choisis Nuit 17 en titre pour l’EP?

Bizarrement, c’est pas que c’est une chanson cannibale mais, je l’ai composée, elle est venue d’un coup je sais pas trop d’où elle est sortie. Elle me paraissait bizarre par rapport à ce que j’avais fait avant, c’est quand même un chanson que je trouve plutôt … pas classique, mais, je trouve qu’elle avait une tonalité différente de ce que je faisais avant. Je ne comprenais pas d’où elle venait. Je ne sais pas, je trouvais que sa poétique débordait sur tout le reste de l’EP. Ça me hantait un peu, j’imaginais plein d’histoires avec ce titre là, pour moi elle est assez forte émotionnellement aussi, elle est chargée de choses. Et quand j’y ai réfléchi, je me suis dit, c’est vrai que la Nuit 17 à 52, comme je compose la nuit, j’imaginais une chronologie un peu étrange qui parcourt tout l’EP, que chaque chanson corresponde à une nui. Du coup, je trouvais ça faisait sens. Tu vois, c’est celle qui reste dans l’esprit des gens, ils m’en reparlent un peu plus, comme si elle était un peu plus mystérieuse. Je me suis dit « écoute il est temps d’appeler cet EP comme ça ». En plus je voulais une couverture en noir et blanc, je trouvais que ça allait bien avec la chanson.

EP Christine And The Queens by Federico Cabrera

Oui, elle est magnifique, t’es-tu impliquée jusqu’à la photo ?

Alors, pour la première fois j’ai travaillé avec un photographe, ce qui, quand même pour moi est assez incroyable. Je ne faisais que de autoportraits: retardateur, t’appuies, tu cours, tous les trucs un peu craignos, tu mets sur des bouquins, t’éclaires avec tes lampes de chevet… N’importe quoi. Et là, je suis allée dans un studio avec un photographe. Moi qui suis très en contrôle, ça a été un peu … enfin je dis ça, mais ça commence à aller mieux, je me soigne, je fais ce que je peux (rires). Même si j’avais tout le temps envie d’aller checker sur les écrans, puisque quand tu prends des photos ça s’affiche. Ce photographe là je l’ai choisi, on m’avait proposé des photographes. Lui, je suivais son travail depuis longtemps. Il avait fait de super belles photos de Zebra Kast, je sais pas si tu connais, un rappeur un peu queer, encore un truc un peu gay très bien. Il avait donc fait de très belles photos, j’étais contente de travailler avec lui. Pour cette photo, on a fait tout une série, et celle là s’est détachée très vite comme la pochette pour moi. Tout le monde a été d’accord, j’ai pas eu trop à imposer mon choix. Ce photographe est très talentueux aussi, il est très, théâtral. On a fait tout une série, y en a pour la presse, d’autres qu’on a gardé de côté pour peut être plus tard, on sait pas trop ce qu’on voulait en faire. Comme je change tout le temps, je suis très inconstante, en fonction des trucs, j’ai envie d’autres choses, tu vois ? Si j’ai envie de revenir à la couleur … (rires). C’était un très bon souvenir cette séance photo, je dis ça, je suis très « sous contrôle » mais ça s’est très bien passé !

Où en es-tu du lâcher prise ?

Je trouve ça très dur. J’ai toujours peur qu’en lâchant prise, le projet ne soit plus ce que tu veux qu’il soit. Il y a toujours une question de confiance, tu peux y arriver, à être dans le lâcher prise. Ça m’arrive peu, mais ça m’arrive, avec des gens où je sens qu’il y a un dialogue qui s’instaure. Après je vais commencer à faire ma féministe de service, mais souvent, il y a des gens qui paternalisent et qui disent « Oh tu pourrais, tu devrais faire ça ». Ça ne m’intéresse pas qu’on me dise ce que j’ai à faire. Ce qui m’intéresse, et même si c’est maladroit, c’est qu’au moins, ça vienne de moi. Je ne me vois pas faire autrement. Le lâcher prise est dur parce qu’on a peur que ça t’échappe. Quand tu es avec quelqu’un qui comprend ce que tu fais et qui t’apporte quelque chose… c’est quand même à ça que ça sert les collaborations. C’est là que c’est beau. En l’occurrence, cette séance photo, j’aurais jamais pensé faire une photo pareil, et en même temps, elle correspond au projet. J’étais en confiance aussi. Tout dépend vraiment des collaborations. Des fois, il m’est arrivé, j’avais fait des tests avec des producteurs pour réaliser l’EP, et tu sens que ça va pas être possible. Il cherche à en faire son projet. Surtout, prendre ce que tu as fait et faire quelque chose qui a déjà été entendu mille fois. Parce que lui, pense que c’est la meilleure manière de le faire. Et t’as envie de lui répondre « oui mais non, même si elle est bancale, je préfère ma maquette, que ton truc hyper produit qui ressemble à mille autres ». Après en l’occurrence, ici, chez Because, ils comprennent ça. Ils signent en général les gens qui sont assez comme moi, control freak, alors ils sont habitués (rires). Quand ils voient que je fais la gueule, ils comprennent. Ça ne m’est arrivé que quelques fois. J’ai plutôt hâte de collaborer. Par exemple, pour cet EP, là, je vais faire deux clips. J’en ai fait un la semaine dernière qui sortira cette semaine Nuit 17 à 52. Où je joue tous les rôles. Ça va être trop bien. Je pense que ça ne va pas arranger le problème de schizophrénie que j’ai déjà. Et un autre que je vais faire avec un réalisateur américain Loving Cup. Et dans ces collaborations, je leur lègue la chose, parce que je leur fais absolument confiance.

Est-ce-que tu t’amuses autant sur scène que dans un clip ?

Je crois que je préfère quand même la scène. La scène ça reste sensuel. Oui, y a ce quelque chose de l’instant présent. Le clip, tu reviens à l’idéologie du court métrage, j’en avais déjà fait avant, parce que bon, j’ai aussi fait un peu de comédie, ça n’a pas été concluant (rires). C’est pas du tout la même énergie, y a beaucoup d’attente, tu tournes des scènes, tu t’arrêtes et t’es dirigé. Enfin, dirigé, mais ça c’est bien. (rires) La fille qui en fait veut pas se faire diriger… ! C’est plus dans un cadre où t’as moins d’improvisation possible, et moi j’aime beaucoup l’improvisation. Après tout dépend des gens avec qui je travaille. J’adore les clips, tout l’aspect visuel esthétique du projet se fait dans ces moments-là. Ce qui reste sur internet ce qui circule, ce sont les clips. Moi-même, je suis une grand consommatrice de clips. Je regarde tous les clips des groupes. Parfois, mon amour pour un groupe se casse en regardant un clip. Je suis là, genre « tu m’as trahie ». C’est hyper important. J’aime beaucoup ça.

J’assiste ce soir au premier montage du clip, j’ai peur, j’ai peur, j’ai peur. Non mais ça va être bien. Ça doit venir d’un côté complexé, contrôler mon image me rassure. En fait je sais pas, j’envisage pas ça autrement. Parfois des gens me font la réflexion comme si c’était un reproche, « il faut que tu lâches prise ». Ça me parait bizarre de déléguer les choses, ou de ne pas savoir ce que je veux faire d’une chanson en clip. Tu sais, ça me paraît fou. Quand je compose j’imagine des choses, après tout dépend des artistes, certains juste interprètes ont peut être moins de rapport à la chanson? J’ai toujours aimé tout mélanger comme disciplines et faire dialoguer tout ça.

Comment choisis-tu tes covers ?

Souvent je vais vers les gens que j’aime beaucoup : Michael Jackson, William Sheller, Bashung, ce sont des artistes que j’écoute, donc je connais beaucoup de leurs chansons. C’est moi qui les choisis. (En chantant) « Control freak, jamais personne ne m’imposera rien » (rires). Bizarrement je choisis pas tout le temps celle que je préfère. Une fois j’ai envisagé peut être de reprendre Week-end à Rome d’Etienne Daho, que j’adore. J’avais tellement pas envie d’y toucher, que je l’ai laissée. Je reprends souvent quand j’ai l’impression que je peux me l’approprier un peu et que ça peut répondre à mon projet, que ça peut correspondre aussi à ce que j’ai envie d’exprimer à un moment, donc c’est pas forcément celles que j’écoute le plus. Par exemple celle de Michael Jackson que j’ai reprise [Who Is It?], c’est pas celle que j’écoute d’habitude. Je suis moins intimidée pour la reprendre. William Sheller, j’ai toujours voulu en reprendre une. J’ai pris celle-là, parce que j’avais déjà commencé à réfléchir à l’EP, j’avais déjà composé Nuit 17, comme c’est une chanson qui parle du souvenir de quelqu’un qu’on a aimé je trouvais que ça répondait bien. Ça dépend du contexte, c’est souvent des chansons qui ne m’intimident pas trop. Sauf Osez Joséphine, qui m’intimidait un peu, je me suis dit qu’il fallait tenter le coup, je l’ai faite sobre, sans trop d’instruments, je voulais juste la dire, cette chanson.

Christine&Queens Presse 4

Qu’est ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

Beaucoup de choses ! (rires)

A part que Beyoncé fasse ta première partie ?

Ça, déjà (rires). Je pense qu’on pourrait me souhaiter de continuer dans ces conditions là, à savoir, rester en contrôle. De pouvoir faire ce que j’ai envie de faire. Et que ça puisse rencontrer du public. Je crois que c’est ça que je me souhaite. Et de pouvoir continuer à faire des blagues pourries sur scène et que les gens rient, je sais pas (rires) « qu’on puisse m’accepter telle que je suis ». Pouvoir faire des choses assez exigeantes,  en même temps pop et que ça puisse rencontrer un public assez large. Le truc impossible à faire, tu sais. C’est mon défi en tout cas. Mes buts dans la vie. Je n’ai qu’un but, celui-là. J’ai une ligne, avec une colonne, avec ça comme but, j’ai pas encore coché parce que j’attends (rires). Et la santé, qu’on me souhaite la santé ! (rires)

Crédits photo : Federico Cabrera

un grand merci à Cynthia de Because Music

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A propos de l'auteur

Image de : Diplômée d'un Master 2 de Cinéma, musicienne de chambre, chanteuse de salle de bain, humoriste de placard, voyageuse par procuration, photographe amateur au regard amusé, monteuse intransigeante. J'ai un gros souci avec la couleur rouge et j'ai toujours un truc dans les cheveux. Oh, Boy! Manon, mais pas trop. *Twitter *Galerie

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