Chinese Man au Rockstore de Montpellier

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Il y a des billets tombés du ciel dont on ne trouve pas l'origine. Le passage de Chinese Man au Rockstore de Montpellier fait partis de ceux-ci. Sans photographe, nu comme un ver, Discordance part pourtant à l'assaut des chinois marseillais for Rancing With The Sun.


On tient toutefois à vous présenter les 26 raisons d’aller au concert… Entre les morceaux joués, l’ambiance ressentie et quelques anecdotes, vous méritez bien d’en savoir un peu plus. Soyez attentifs !

L’abécédaire de Chinese Man :

A. Comme « Artichaut »
Il fait partie des morceaux mémorables du Chinese Man. Présent sur la première galette The Groove Session (2007), il mélange astucieusement une électro swing cuivrée qui a littéralement fait soulever le Rockstore en milieu de set. Ce délire jazzy a été accueilli de manière admirable par le public qui s’est vu propulser en pleine Nouvelle Orléans dans les années 20 le temps de quelques minutes. Un régal.

B. Comme « Bunni Groove »
Les Chinese se sont régalés dans le mélange des styles, et c’est aussi ça l’une de leurs marques de fabrique. L’art des choix, une symbiose implacable qui s’est ressentie sur toutes les compos. Bunni Groove est arrivé en fin de concert, mais ses rythmes endiablés de reggae, de percussions et de musiques traditionnelles africaines n’ont fait qu’entériner une ambiance déjà à son apogée. Une explosion de sonorités, pleine de vie, est venue s’emparer des écrans. Chaque note signifiant un nouveau motif, la créativité et variété des effets visuels a été tout simplement débordante. Constat similaire pour Ayoyo, Chinese Man n’a pas hésité à jouer ses « pépites » inspirées des musiques africaines pour construire son set ou celles plutôt Latines sur Jumpin’in Havana.

C. Comme « complet »
Pour la deuxième fois consécutive, les Chinese Man ont encore fait complets au Rockstore. Cela avait été la même chose en 2009 juste après la sortie de The Groove Sessions Volume 2. La côte de popularité n’a décidément pas baissé du côté des Montpelliérains. Le concert était en tout cas complet dès la semaine dernière, avant même la sortie de leur nouvel album Racing With The Sun !

D. Comme « diversité »
Elle est là la richesse du groupe. Chinese Man ce n’est pas qu’un groupe de DJ’s. Loin de là. C’est une réelle créativité sonore qui mélange les goûts et les couleurs entre du dub, dubstep, drum’n'bass, reggae, jazz, musiques africaines, indiennes et hip-hop. Un voyage aux mille saveurs.

E. Comme « enchainement »
Il y a des morceaux que le public attend toujours avec une certaine impatience. Chinese Man a particulièrement enchanté les spectateurs à deux reprises en enchainant deux « hits » coup sur coup. Chose plutôt rare en temps normal, les groupes aiment bien en garder sous le coude pour le rappel. La bombe vrombissante Miss Chang a ainsi vu Skank In The Air et son dub fracassant lui répondre, pendant que le hip-hop Washington Square succédait à I’ve Got That Thune et son phonographe. Mémorable.

F. Comme « Le feu »
C’est un des enseignements de la soirée, les avis sont unanimes : Chinese Man a mis le feu au Rockstore durant presque 1 h 45. L’ambiance a été de loin à la hauteur du show proposé !

G. Comme « Get Up » Get Up fait parti des nouvelles compos de Racing With The Sun. Ce morceau est surtout un énorme brûlot et s’affirme déjà comme un des piliers de l’opus. À travers cet état d’esprit far-west insufflé dans l’album, le hip-hop de Lush One et Plex Rock fait échos à des basses vrombissantes où des samples de banjo font un sacré effet. Douce influence de Ex-I au chant, ce morceau est une pépite à lui tout seul. En live, il gagne en puissance et en dimension. Incontournable.

H. Comme « hélas »
Une pensée pour les nombreux amateurs du groupe qui s’étaient postés devant le Rockstore avec des affichettes « recherche place à vendre » pour le concert du soir…

Image de I. Comme « In My Room » Chinese Man a joué pas mal de morceaux de sa dernière galette, le très réussi In My Room a fait parti des heureux sélectionnés. Un trip hop distillé sans excès pour laisser place par intermittence à des moments plus calmes, Chinese Man a fait preuve de beaucoup de maitrise pour gérer les temps forts, mais aussi les parties plus portées sur des phases instrumentales. Les cuivres ont en tout cas gagné quelques partitions, on ressent un petit « côté western » fort sympathique dans la salle avec des animations immenses derrière les maîtres en leurs domaines… On a pu remarquer à plusieurs reprises des lumières oscillant entre le jaune, le rouge, l’oranger en laissant place à un grand désert traversé par des ballots de foin. Des ballots de foin en forme de smiley.

J. Comme « J.O.G.J.A » J.O.G.J.A symbolise le seul morceau un peu en dessous du set, comme sur l’album d’ailleurs. Un mélange de dub, drum’n'bass et musiques traditionnelles indiennes qui n’est pas sans rappeler l’univers des Asian Dub Foundation. Vraiment très proches musicalement de ces derniers, J.O.G.J.A n’a pas fait baisser l’intensité du show, mais n’était peut-être pas forcément nécessaire à jouer… À propos des sonorités indiennes, If you please s’est montré beaucoup plus convaincant et surtout plus boostant.

K. Comme « Kdo »
Eh oui, petite surprise en fin de concert de la part des Chinese Man ! En plus de nous avoir offert un superbe show, on a droit à un dernier cadeau pour la route… Chut, on ne dira rien, à vous d’être curieux !

L. Comme « lapin »
Cette année 2011 est placée sous le signe du lapin du côté de la Chine… High Ku, SLY et Zé Mateo nous ont ainsi concoctés un décor 100% made in China !

M. Comme « mise en scène »
Nouvelle tournée donc nouveau décor. Les Chinese Man ont encore soigné leur mise en scène pour renforcer leurs penchants vers l’Orient. Un immense écran fait office de fonds au trio marseillais, les couleurs sont chaudes et les vidéos projetées sont toutes aussi travaillées les unes que les autres. On appréciera le système de caméras disposées au-dessus des DJ’s qui renvoient de temps à autre des images « live » de leurs prouesses, comme si le public était propulsé quelques secondes au-dessus des platines. Ces dernières reposent d’ailleurs sur des cubes de bois doté de paravent transparent très « chinois ». Les jeux d’ombres dès que les Marseillais s’agitent derrière leurs machines ne font qu’accentuer le show.

N. Comme « nymphose »
Transformation d’une larve d’insecte en nymphe.

O. Comme « One Past »
C’est le premier morceau qui lance Rancing With The Sun. Un reggae dub percutant transpercé par des « One past » et surtout par des claviers qui ont donné le ton aux cuivres pour faire bouger les têtes !

P. Comme « Pudding »
Et pourquoi « pudding » ? Car Chinese Man a frappé un très grand coup juste après le rappel : on se demandait bien ce que pouvaient bien nous proposer les Marseillais puisque tous les morceaux incontournables avaient déjà été joués… C’était sans compter sur le célèbre remix du Pudding à l’Arsenic tiré du dessin animé d’Astérix et Cléopatre. Mythique passage du film, les Chinese en font une nouvelle recette à coup de reggae, de drum’n'bass et de hip-hop. Une mayonnaise épatante, décoiffante chargée d’intensité qui fit chanter tout le Rockstore ! « Le pudding à l’arsenic, nous permet ce pronostic, demain sur les bords du Nil, que mangeront les crocodiles ? Des gaulois !! Popadidoudadouda ouais… yeah ! »

Q. Comme « quête »
Pour reprendre une des phrases que m’a lancé Clélia, responsable promo du groupe, « Bonne écoute, et que l’esprit zen te garde ». Sacrée quête pour Chinese Man. Une course avec le soleil s’est déjà engagée…

R. Comme « rappel »
On a senti l’émotion dans les rangs de Chinese Man. Elle n’était pas forcée, au contraire, il y avait beaucoup de franchise. C’est une « standing ovation » qu’a reçu le groupe tout le long de son show, parfaitement maîtrisé, du début à la fin. Un public franchement en jambe, très réceptif, qui s’est laissé guider durant ce voyage. Trois rappels au menu, dont le très indien Calling Bombay, pour finalement revenir une derrière fois alors que la salle se rallumait. Vue la soirée, impossible que Chinese parte comme ça, ils se sont sentis obligés. Rancing With The Sun a pu être joué une seconde fois, double dose pour un concert qui n’aurait jamais voulu s’arrêter.

S. Comme « Stand ! »
Courte, mais intense vague de dubstep/hip-hop sur la nouvelle compo Stand! on a ressenti quelques influences des Lyonnais d’High Tone dans l’effet des sirènes orientales avant que le flow de Plex Rock chasse les doutes.

T. Comme « trois »
C’était seulement la troisième date du Racing With The Sun Tour. Pas de doute, elle est déjà rodée !

U. Comme « unanime »
Il est clair que le public montpelliérain a été unanime sur le show des Chinese Man. Racing With The Sun est un album mûr qui s’écoute très bien à la maison tout en étant taillé pour le live. Unanime !

V. Comme « voyage »
Les images et vidéos diffusées durant le concert mélangent astucieusement des clichés piochés dans le cinéma, des extraits « live » du concert même, des cartoons ainsi divers effets en tout genre. Efficace.

W. Comme « Wax Tailor » « Wax Tailor peut aller se rhabiller ». C’est une phrase attrapée au vol dans le public… Le maître du trip hop français, par les critiques du moins, semblait bien loin en ce samedi. Chinese Man a de quoi le faire douter.

X. Comme « xiexiè » Cela veut dire « merci » en chinois. Merci aux Chinese Man pour ce concert qui marquera les mémoires.

Y, Z. Comme…
À vous de trouver !

Crédits photo : PirlouiiiitConcertandco.com (clichés du 14 avril aux Docks des Suds de Marseille)

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En savoir +

Samedi 16 avril 2011 au Rockstore de Montpellier -Complet-

- Site Chinese Man Records : http://www.chinesemanrecords.com/
- Myspace : http://www.myspace.com/chinesemanrecords

A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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