Childish Gambino | Maroquinerie | 24.01.12

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Les fans de hip-hop américain connaissent Childish Gambino, ceux de la série culte Community adorent Troy Barnes, mais ces deux personnages répondent civilement au nom de Donald Glover, un touche-à-tout passionné et talentueux.

Le 24 janvier 2012, Childish s’est produit à La Maroquinerie pour sa première scène parisienne, française et européenne. Un événement très attendu par une fanbase solide et sincère. Le concert affichait d’ailleurs complet depuis quelques semaines.

Le public majoritairement masculin parsemé de quelques connaisseuses est malheureusement empoisonné de demeurées prépubères pathétiques qui, si elles comprenaient les paroles du rappeur, ne feraient probablement pas des cœurs avec leurs mains dès qu’il se tourne du côté de la salle où elles se trouvent… Bref, qu’importe ces futures bitches quand Childish rappe avec ses tripes et partage sa verve (et ses sixpack abs) avec son public, celui qui rappe et chante avec lui, celui qui saute, qui l’impressionne, et qu’il impressionne.

Accompagné d’un groupe (batteur, guitariste, bassiste, violoniste), Childish Gambino prouve qu’il n’est pas qu’un rageux en plein ego trip, mais qu’il est sensible à la musique, respectueux et heureux d’être sur scène avec des musiciens. 90 % des regards se portent néanmoins sur lui : c’est une bête de scène.

Timide et attendrissant lors de son entrée ponctuée d’un « Bonsoir Paris » et de quelques « Merci », Donald Glover est possédé par Childish le charmeur à l’instant où celui-ci pose ses premiers lyrics sur des sons travaillés (parmi lesquels celui du violon aurait pu être davantage mis en avant). Le rappeur, qui s’impose devant cette foule de Parisiens et d’anglophones admiratifs, est aussi cute que dirty. Il est puissant, dégage une énergie folle et maîtrise son art avec grandeur ; jusque pendant ses freestyles, quand il lâche son flow et, cherry on the cake, qu’il parvient à placer un « merci beaucoup ».

Childish Gambino a évidemment interprété les pépites de son dernier album (Camp) telles que la bombe Bonfire, la renversante All the Shine, la très chaude L.E.S, la sexuelle Heartbeat, la détendue Fire Fly, et des versions déjantées et lourdes (dans le bon sens) de Backpackers et You See Me. Mais il a aussi offert d’anciens morceaux comme Bitch, Look at Me Now, Got This Money, I Be on That ou encore Yes. Il a également samplé et repris d’autres tracks : Rolling in the Deep de Adele et All of the Lights de Kanye West, par exemple. Et surtout, il a accepté de jouer Freaks and Geeks (de son EP Childish Gambino), deux fois (chose qu’il n’avait jamais faite), à la demande de son auditoire déchaîné.

Le final sur Not Going Back (comme l’introduction sur Hero, extraite de la mixtape Culdesac) n’a pas été choisi innocemment. Quelques soient les obstacles qu’il aura à surmonter, Childish n’envisage pas l’échec. Et, comme il le dit (très modestement…) en plein freestyle : « Jay-Z and Kanye West ? Better watch the throne, now ! »

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A propos de l'auteur

Image de : Disons-le tout de suite, L. est une passionnée. Barney Stinson a même dit de L. : « Her passion is always suited up ! » Au-delà d’une admiration sans limite pour Jónsi, Ian Curtis, Noel Gallagher, Jamie xx, Sheldon Cooper et Abed Nadir, cette Parisienne nostalgique des débuts de Muse n’a de cesse de satisfaire sa boulimie culturelle, au travers de salles obscures, de salles de concert et de festivals ; mais aussi en se plongeant dans une œuvre littéraire ou philosophique ; et en s'essayant à la photographie dans les rues de Montréal d'abord, celles de Paris ensuite. À l’affût de nouvelles découvertes, L. n’oublie pas qu’elle a été élevée aux vinyles, de Led Zep à King Crimson en passant par The Beatles. L. est musicalement amoureuse de Thom Yorke, mais L. est aussi une amoureuse des mots ; elle aime les lire comme les écrire, puisque la culture ne serait rien sans le partage. Aussi publie-t-elle ses impressions, ses critiques et ses coups de cœur sur son blog, nommé en hommage à la célèbre symphonie de Beethoven: Curse of the Ninth Symphony.

1 commentaire

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  1. 1
    le Dimanche 12 février 2012
    Chrystal a écrit :

    J’ai juste adoré le concert de Childish Gambino à la Maroquinerie ! J’espère qu’il reviendra bien vite en France :)

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