Cheveu – Where do you from come

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Le 21 juin dernier, le groupe Cheveu et le plasticien Yroyto présentaient pour la première fois au public leur création Where do you from come, fruit de leur collaboration sur le thème du lo-tech lo-fi.

Dans le cadre des journées du patrimoine, le studio Mains d’Œuvre de Saint-Ouen offrait aux retardataires une chance de se rattraper en accueillant les artistes pour une représentation exceptionnelle. L’occasion pour Discordance de partir à la pêche aux infos et d’en apprendre plus sur cette collaboration artistique inédite. Les trois membres de Cheveu, David Lemoine (chant), Olivier Demeaux (claviers) et Étienne Nicolas (guitare) se sont gentiment prêtés au jeu de l’interview quelques minutes avant leur entrée en scène. Entretien.

Comment est née la création Where do you from come ?

Étienne : A la base c’est parce qu’avec Yro Yto on est résidents à Mains d’Oeuvres que Jérémy Verain l’ancien programmateur avait pensé à nous rapprocher. La Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration l’avait contacté il y a plus d’un an maintenant pour proposer un live musique plus travail plastique dans le cadre de la Fête de la musique.

David : Tous les 21 juin La Cité organise un concert qui vient finir son cycle d’expo. Cette année le thème était « Art contemporain et immigration », et les équipes de la Cité voulaient réfléchir à l’idée de « work in progress ». Proposer un spectacle qui ne soit pas figé, avec une part laissé à l’improvisation, ce qui collait bien avec nos univers respectifs.

Comment s’est passée cette collaboration ?

David : Sur le papier tout devait aller comme sur des roulettes. Yroyto se dit « low-tech » dans la conception de ses installations visuelles, et nous « low-fi », le pendant musical. L’idée est la même de partir de matériaux et instruments cheaps, de récup, et gagner en personnalité ce qui peut faire défaut côté technologique. Mais en vérité, ce coup-ci, la sauce a mis longtemps avant de prendre ; c’est un vrai boulot d’arriver à marier deux univers artistiques, même proches.

Étienne : On ne connaissait pas nos manières de travailler respectives. On s’est retrouvés à regarder une performance de Yroyto pour appréhender son univers et ça nous a pris du temps avant de comprendre ce qu’on allait pouvoir faire. Ce n’était pas du tout spontané !

À la base, vous êtes sensible à cette forme d’art ?

Etienne : Oui, carrément. Il y avait une volonté de bien faire chaque côté. Yroyto voulait depuis longtemps collaborer avec un groupe de rock , justement pour sortir du ghetto art contemporain, aller vers quelque chose de moins intello, plus vécu. Et de notre côté on a conscience qu’on voit un concert autant qu’on l’entend, et qu’il faut faire quelque chose de ce côté. On est restés très discrets là dessus depuis le début du groupe.
Cette collaboration vous a-t-elle conduits à modifier votre jeu de scène initial ?

David : Côté cheveu on a surtout travaillé la construction du set, l’ordre des morceaux, avec en gros un tiers de nouveaux et le reste des deux premiers albums. Par contre, Yroyto, lui, est parti de rien ! Il a dû trouver l’angle et se faire sa place sur scène avec groupe. Ça n’a pas été facile, il s’y est repris à plusieurs fois, il y a eu plusieurs pistes différentes avant de trouver la forme actuelle du spectacle !

Where do you from com aborde le thème de la ville, mais aussi de la mémoire et du souvenir. Pourquoi ces thèmes ?

Étienne : En fait il y a eu plusieurs coproducteurs dans le projet, dont la Cité, mais aussi notre lieu de résidence : Mains d’Oeuvres à Saint Ouen, ainsi que la mairie qui soutient le lieu. On a essayé de trouver une manière de construire l’événement qui fasse sens pour tout le monde, et la mairie a proposé de bosser sur des images d’archives de la ville. Ça nous a servi de base avec Yro pour construire un show.

David : Saint-Ouen est un peu notre ville depuis presque trois ans. On vit au milieu des puces tous les jours, il y a le club de foot le red star pas loin, on a fait des ateliers pour les enfants du collège d’à côté, on est mêmes allés jouer chez les gens dans le cadre dans le cadre d’un programme pour le quartier monté par Mains d’Oeuvres. Donc pour nous avoir l’occasion de farfouiller dans l’histoire de l’endroit c’était vraiment cool.

Dans cette création, vous interprétez des nouveaux morceaux. Ça veut dire qu’un nouvel album se prépare ?

David : Oui !On fait tout pour qu’il sorte au printemps prochain. Les délais sont vraiment très courts, d’autant qu’on écrit en même temps la musique pour un long métrage. Le premier d’un metteur en scène de théâtre à l’origine, Thierry de Peretti, qui tourne en ce moment en Corse.

Votre deuxième album a été encensé de toute part. Ressentez-vous une part de pression pour la suite ?

Olivier : Un peu oui. On sait qu’on sera certainement attendus au tournant.

Est-ce que vous envisagez d’autres collaborations de ce genre ?

Olivier : Oui.

Site web : www.cheveu.tk/
Facebook : www.facebook.com/pages/cheveu/120287214648068
MySpace : www.myspace.com/cheveu

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A propos de l'auteur

Image de : Fraîchement débarquée dans la vie active après des études de communication, j'assouvis ma passion pour la musique en jouant les apprenties journalistes et en écumant les salles de concerts parisiennes à la recherche de nouvelles sensations ! Et même si ma guitare commence à prendre la poussière, un jour j'arriverais peut-être moi aussi à faire quelques chose de mes dix doigts.

1 commentaire

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  1. 1
    Isatagada
    le Vendredi 5 octobre 2012
    isatagada a écrit :

    Merci pour l’itw :-) CHEVEU reste une de mes très belles découvertes de Rock en Seine, et je suis ravie d’apprendre qu’un nouvel album est en préparation !

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