Cheveu + Old Fashion Ladies | La Pêche (Montreuil) | 01.10.11

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Chaude soirée sur Montreuil en ce premier soir d'octobre 2011, Cheveu, trio parisien déjà auteur de deux retentissants coups d'éclat (Cheveu en 2008, suivi de 1000 en 2011), investit La Pêche, jeune et innocente MJC basée à Montreuil, dans le cadre du festival Maad in 93.

Inhabituel lieu pour le groupe, plus habitué à renverser des salles moyennes, cet endroit avait de quoi semer le doute et l’hésitation dans les esprits, jusqu’à ce qu’on apprenne que le trio sera finalement accompagné d’un autre trio à cuivres composé de Victor Michaud, Étienne de la Sayette et Yoann Loustalot; un concert qui aura donc tout l’air de la bravade et d’un coup d’essai pour Cheveu.

Première partie, Old Fashion Ladies, le chanteur porte des lunettes de soleil, danse avec la souplesse d’un androïde du futur sur un classic rock réussissant avec une classe toute relative à concentrer tout les poncifs et les clichés possible et imaginable du style sur le seul morceau que je verrais d’eux, autant donc passer directement aux principaux intéressés.

Le groupe s’installe côté droit de la scène, la section cuivre à gauche, David, l’homme au micro, est en baskets de sport ce soir, un excellent signe étant donné qu’il portait exactement la même paire il y a de cela deux ans lorsque le groupe avait mis les Mains d’Oeuvres en feu lors d’une date dépassant avec allégresse les limites du cosmique. Deux cents malandrins mis à mal par Cheveu qui avait alors joué la plupart des morceaux de feu composant leur premier album. Le concert commence, et, malheureusement, ce début ressemble plus à leur date au Nouveau Casino de mars dernier qu’à cette date sainte d’il y a deux ans: entrée en matière un rien poussive, ça manque de cette petite étincelle qui ferait réellement partir le tout dans l’hyper-espace comme c’est le cas sur les deux albums du groupe, de cette petite graine de folie qui mettrait tout le monde à poil et qui te ferait transpirer par litres comme si c’était la dernière fois que t’en avais l’occasion.

La section cuivres n’apporte pas grand-chose d’essentiel, à part suivre les lignes de claviers ou se caler sur celles de cordes initialement posées sur 1000. Les morceaux de Cheveu se suffisent à eux-mêmes. Passe donc quelques titres pataugeant légèrement dans le moyen avant que le groupe décide de mettre les choses au clair et de sévèrement claquer l’infidèle du plat de la main en jouant un morceau qui n’est présent sur aucun des deux albums. Tu l’auras deviné, ce morceau se révélera être d’un niveau de défonce sensorielle globalement élevé : une sorte de longue complainte psychédélique répétitive et rejouant le même thème jusqu’à ce que ton cerveau prenne feu. Une agréable sensation donc, sur laquelle la section cuivre sortira de son carcan un peu strict et posera les bonnes lignes free aux moments les plus opportuns, rendant le bordel absolument irrésistible. Morceau qui rehaussera à l’aise cette fin de concert, chaque titre joué gagnera la puissance donnée par cette puissante boule de mercure en fusion et Superhero, dernier titre avant un rappel absolument fatal, atteindra cette puissante vague de saturations mêlée à cet indéniable sentiment de loose brûlante qu’on peut retrouver sur les deux albums du trio.

Bon concert, les Parisiens se sont rattrapés sur la fin, mais l’impression que l’impact qu’ils avaient sur scène à la sortie de leur premier album a diminué depuis la sortie du deuxième ne fait que se confirmer. Après une date plus que moyenne en mars dernier, l’incertitude est toujours de mise et la confirmation se fait toujours attendre.

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