Cheveu : « BUM », une nouvelle coupe faussement sage

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C'est vrai, la métaphore capillaire est facile. Mais elle est également adaptée. Troisième album pour le trio français avec, encore une fois, des surprises.

Du rock garage ? Pas que. Psyché ? Pas vraiment. Noise ? Pop ?Un peu aussi. En gros, un casse-tête pour les disquaires méticuleux.

Cheveu fait partie de ces groupes – et ils sont assez rares – dont on ne sait jamais ce qu’ils vont sortir. Ce dont on est sûrs, c’est que les racines sont toujours punk. On ne change pas comme ça son ADN. Mais la couleur elle, reste…indéterminée. BUM ne fait pas exception à la seule règle qu’il soit possible de leur imposer : ne jamais souscrire aux règles. C’est donc toujours avec curiosité qu’il faut écouter un album de Cheveu.

Dès le premier morceau Pirate Bay, on sait qu’il ne fallait pas se fier aux albums précédents. Le bruit de la mer est là, la guitare limpide et les voix claires. On n’est pas loin d’écouter du surf pop/rock, là. Mais on vous l’a dit, mieux vaut faire attention aux étiquettes avec Cheveu. Au bout de 2 minutes, irruption de guitares saturées. Ca n’est pas long, mais bien là. On avait presque peur que Cheveu soit devenu sage.

Au fur et à mesure de l’écoute, on découvre un son plus propre, et des chants nettement mis en avant (Slap And Shot, Polonia). Le chaos, bien que jamais très loin, laisse la place aux mélodies (oui, oui) et aux paroles (en Français, parfois). Cheveu discipliné ? Eh bien non. Avec Juan In A MillionStadium ou Albinos, on retrouve le rythme binaire qui secoue et fait si bien transpirer. Celui qui fait porter des crêtes plutôt qu’un faux coiffé/décoiffé. Et quand les cris hirsutes de Monsieur Perrier répondent aux râles de Madame Pompidou, on se perd à nouveau. Est-ce vraiment le même groupe qu’au début de l’album ? Et pour désorienter encore ceux qui pensaient s’être fait une idée sur un album glissant crescendo de la pop presque propre sur elle à un hommage punk, Cheveu termine avec Johnny Hurry Up. Histoire de mettre encore un peu le bazar en faisant dialoguer chœurs/synthé pop et guitare/voix rauque. Ou quand le Dr Jekyll peut enfin rencontrer Mr Hyde.

Comme tous les albums de Cheveu, BUM est encore à part, et à parts. Chaque morceau est, à l’image de la pochette du disque, une des dizaines de facettes qui composent l’univers de Cheveu : hirsute, et pas toujours discipliné. Pour s’en rendre compte, il suffit d’aller les voir sur scène. C’est toujours une bonne claque.

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Cheveu, BUM (Born Bad Records), sortie le 4/02/2014.

A propos de l'auteur

Image de : un peu d'histoire des arts, beaucoup de sons et l'écriture passionnément. Web ou print côté pro, ici pour le plaisir.

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