Chassol – Indiamore

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Être un artiste inclut toujours un besoin d’explorer son art, de trouver comment créer autrement, comment faire bouger les formats établis. Mais certains artistes semblent avoir toujours plus faim de découvertes et de défis, triturant les règles et les standards jusqu’à leur donner une résonnance toute nouvelle.

Indiamore - chassol

Christophe Chassol, dont le premier album X-piano s’était affirmé début 2012 comme un OVNI aussi incroyable que déroutant, fait clairement parti de ces surdoués de la musique qui n’ont jamais fini de tester le son et les émotions. Il y a un an nous découvrions Nola Chérie, performance où les images tournées à la Nouvelle Orléans se mélangeaient à la musique live de Chassol au clavier et de son acolyte le batteur Lawence Clais. L’auteur, compositeur, créateur de son est donc de retour cette année avec sa nouvelle œuvre : Indiamore, tournée entre Calcutta et Bénarès en juillet 2012.

C’est une phrase, qui se répète inlassablement qui ouvre le bal. On nous expose une idée : deux lignes parallèles forme la musique, l’une est la basse, rectiligne et stable, l’autre représente la mélodie, dessinant des courbes folles sans jamais pourtant oublier de revenir chatouiller la première ligne. D’emblée le public est happé, découvrant une Inde qu’on lui présente à travers ses sons, ses rythmes et ses chants. Dans la salle du cinéma le 104 la musique des images se mêle aux musiciens en live devant nous. Pas moins de trois claviers pour Chassol, qui passe de l’un à l’autre dans une composition en parfaite harmonie aussi bien avec les sonorités que nous offrent les images qu’avec le jeu de Lawrence Clais sur sa batterie.

Un documentaire musical en 4 parties qui nous trimbale de sitar en violons, du chant des femmes aux rythmes des hommes, des klaxons de la ville au roulis de l’océan. Sur cet écran un monde en 2D nous apparaît, qui trouve sa profondeur dans l’écriture précise des musiciens qui l’accompagnent et dont le sourire constant ne peut qu’être terriblement contagieux. Des artistes qui auraient mérité quelques spots de plus lors de ces moments où l’image répète les mêmes 10 secondes vingt fois de suite, créant une base sonore qui trouve son intérêt grâce à la virtuosité de la musique live. Le noir total dans lequel sont plongés Christophe et Lawrence ne nous permet malheureusement pas d’apprécier pleinement leur jeu alors que ce sont bien eux qui dirigent parfois la mélodie sur le rythme qui s’échappe des images.

Une projection qui se termine cependant en beauté par des images en noir et blanc d’un court de Bharata Natyam. Un jonglage de plans larges et rapprochés qui traduit toute l’esthétique et la complexité de cet art entre la danse et le théâtre. L’écran s’éteindra alors sur une phrase qui se répète à nouveau, celle d’une petite fille qui parle à Chassol. Elle veut qu’il filme l’Inde, toute l’Inde, et qu’il la montre à ses amis après.

Mission réussie, aimerais-je dire à cette petite fille, Christophe Chassol nous a bien montré une Inde multiple, colorée et vivante, riche de rythme et de musique. Un concert que je résumerais par l’une des phrases utilisées pour le montage sonore de la vidéo : Music is God, my love.

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A propos de l'auteur

Image de : J'ai atterri à Paris à mes 18 ans pour ma licence en art du spectacle chorégraphique. La danse, ou plutôt les danses sont en effet ma passion, aussi bien dans la pratique que sous leur aspect théorique. J'aime observer, analyser, comparer et essayer de comprendre, mais étant danseuse et comédienne avant tout, je sais aussi qu'il n'y a aucune vérité de jugement au niveau de l'art, il n'y a que des points de vue. Je reviens juste d'une année sabbatique qui m'a conduit entre San Francisco et Los Angeles et je m'apprête donc à continuer mes études avec un master en études théâtrales (le but étant d'intégrer un master pro en journalisme culturel l'année prochaine).

1 commentaire

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  1. 1
    le Lundi 31 décembre 2012
    cigarette elec a écrit :

    Ce documentaire est top !!! merci pour cette découverte ;)

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