Charlie Winston – Hobo

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Difficile en ce moment d'échapper au londonien au chapeau et son tube sifflotant Like a Hobo : pour cause il est partout ! Radio, télé, charts du net, podcasts, rien ne semble résister à l'appel du sifflotement déjà si familier de notre ami. ( tududutududu tutu di dou, çà vous parle sûrement ?!) Bref, Charlie Winston semble avoir installé Like a Hobo sur nos ondes et dans nos têtes. Car c'est vrai, ce qui est pénible avec cette chanson c'est qu'elle reste.

hoboMais par pitié, ne réduisons pas le talent de ce jeune artiste à la gloire éphémère d’un monosuccès : allons plus loin que ses talents de siffleur-qui, certes ferait pâlir d’envie un oiseau de Paradis-, et plus loin que le «  Hé, Paulo, regarde c’est encore le type qui siffle avec son chapeau tout pourri.  ». Bref, faisons-lui grâce en appréciant son album Hobo dans sa totalité et sa cohérence.

« Loin » serait le mot, car ce «  Hobo  » est comme un voyage loin dans le temps et l’espace. Charlie nous embarque quelque part entre le Londres des années 30, la Nouvelle Orléans des clubs de jazz, Liverpool dans les années 60 et les étendues désertiques des Westerns spaghetti de Sergio Leone . Fort de toutes ses inspirations, il construit un no-man’s land musical qui s’offre à nous comme un kaléidoscope envoûtant.

Charlie mélange tout, et on aime ça : à la folk western de Like a Hobo  viennent s’ajouter la soul jazzy de In Your Hands, le reggae funk et insolent de Kick the Bucket, mais aussi les ballades de crooner du type I Love Your Smile ou la mélodie bleue de  Tongue Tied (mention spéciale). On retrouve même des hymnes pop à la Beatles comme Generation Step . Ce bandit des grands chemins a tout pour plaire sous ses faux airs de chiens errants.

Mais Hobo  n’est pas seulement le collage bout à bout de plans blues/folk/jazz. Il y a une touche profondément personnelle à cet album. On sent la griffe d’un artiste à la personnalité prononcée. Le personnage du « hobo » (vagabond itinérant pendant la Grande Dépression) qu’il s’est construit évoque cette époque des Temps modernes si bien filmée par un autre Charlie à qui il doit son nom. Il nous dit que les temps sont modernes, oui, mais aussi durs et cruels envers celui qui n’a pas la force de suivre la Grande Marche du Progrès. Mais il nous dit ça avec humour et légèreté. Comme tout bon anglais qui se respecte, il n’oublie pas de toujours «  look on the bright side of life  ».

En illustration, le désopilant Kick the bucket  et son rythme entraînant qui nous rappellent que même si « on casse tous notre pipe à la fin » (traduction littérale) rien ne nous empêche d’en rire. Il y a quelque chose dans sa désinvolture et sa nonchalance qui relève de l’ironie malicieuse. C’est ça qui le sauve du pastiche et c’est ça qui nous sauve de la déprime.

En ces temps de crise, le Kid n’a jamais été aussi vivant et semble nous rappeler « qu’il faut rire de notre impuissance face aux forces de la nature ». Charlie l’a bien compris. Chapeau bas, Monsieur Winston .

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A propos de l'auteur

Image de : Mercy Seat n’aime pas trop s’exposer. C’est mauvais pour sa peau de toute manière. Elle préfère se terrer dans les coins obscurs des salles de cinéma de quartier et les recoins des salles de concert. Qui sait sur quelle perle rare elle pourrait tomber au détour d’une rétrospective : un Scorcese inédit, la Nuit du Chasseur en copie neuve, Sailor et Lula redux ? Elle chine par-ci par-là des bouts de Nick Cave et de Johnny Cash, de Queens of the Stone Age et de White Stripes, rêve d’un endroit qui ressemble à la Louisiane (mais en moins chaud), et pense que si Faulkner et Shakespeare avaient vécu à notre époque, ils auraient fait des supers films avec Tarantino et Rodriguez.

2 commentaires

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  1. 1
    Stedim
    le Vendredi 6 février 2009
    Stedim a écrit :

    Superbe !
    Découvert début janvier tout simplement sur C+ parce que son single sert d’illustration sonore au « coming next » du Grand Journal, j’ai ensuite découvert des vidéos vraiment plaisantes (http://www.rkst.org/artiste.php?ArtID=238963) puis sauté sur son album sur iTunes dès le premier jour.
    Un vrai gros plaisir sans faille !

  2. 2
    le Dimanche 3 janvier 2010
    minipeace44 a écrit :

    jaimerai savoir quel est le vrai nom de charlie winston. est-ce qu’il se nomme réelement charlie winston ? ou c’est un ou autre nom qu’il porte ?!!
    repondez moi !

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