« C’est une nouvelle ère pour Kill The Young »

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Les trois frangins du nord de l'Angleterre reviennent plus déterminés que jamais avec un troisième album, Thicker Than Water.

Si vous écumiez les bacs des disquaires fin 2005, votre œil a sûrement été accroché par la pochette fond vert trèfle du premier album éponyme de Kill The Young, sur lequel figurait une femme d’âge mûr au sourire prédateur. Une bonne introduction aux interrogations de l’album sur la place des jeunes dans la société anglaise, cette vieille femme castratrice qui venait contrecarrer leurs rêves.

Après quelques tournées réussies et une fan base bien établie, notamment auprès des jeunes filles de 15-20 ans, on redoutait quand même un peu le plongeon du groupe après la fin de leur contrat avec Discograph. Les frères Gorman (Olly, Dylan et Tom) nous reviennent pourtant en 2011. Après avoir passé plusieurs semaines en studio fin 2010, ils s’apprêtent à faire leur retour sur scène à l’occasion de quelques dates en mars et avril. Nous les avons contactés par mail pour en savoir plus sur la création du nouvel album.

Vous revenez cette année avec un troisième album intitulé Thicker Than Water, comment ça s’est passé pour vous depuis votre précédent album ?

Hé bien, beaucoup de choses se sont passées dans le groupe et la famille depuis Proud Sponsors of Boredom. Pendant ce temps, nous avons été lâchés par Discograph, notre père est décédé et beaucoup d’autres choses sont arrivées, ce n’était vraiment pas la meilleure des périodes pour nous.
Mais nous avons pu écrire de très bonnes chansons sur tout ça. Nous avons continué à écrire et écrire, c’est tout ce que nous pouvions faire. Puis nous avons eu l’occasion d’enregistrer un troisième album.

Comment êtes-vous entrés en contact avec votre nouveau label belge, Sunny Weeks ?

Simplement via un message sur Myspace. C’est sympa de penser que les gens continuent à utiliser Myspace, c’est beaucoup mieux que Facebook pour les groupes. La popularité de Facebook n’a pas vraiment aidé les groupes et artistes, et c’est très dommage.

Sur votre blog Myspace, vous parlez de tous ces évènements et de la façon dont ils ont pu affecter votre façon d’écrire ?

Comme nous l’avons dit, les évènements des trois dernières années ont réellement eu un effet sur nous, mais nous sommes restés unis face à l’adversité et nous avons traversé cette épreuve. Nous n’en sommes toujours pas réellement sortis, ce qui se reflètera sur nos futurs concerts. Il y a encore beaucoup d’émotion et nous le montrerons sur scène et sur l’album.

La plupart des chansons concernent quelqu’un ou quelque chose proche de nous, que ce soit la famille, les petites amies, la mentalité d’une petite ville, la nature humaine…il y a vraiment beaucoup de choses sur lesquelles réfléchir.

Image de Thicker Than Water Quels seront les principaux thèmes de l’album, continuerez-vous à explorer les questions liées à la jeunesse ?

C’est un album beaucoup plus personnel, il y a beaucoup de chagrin, mais aussi de l’espoir et le ton général est positif.

Tout l’artwork montre un album photo, de vraies photos de famille. Nous voulions la même ambiance dans l’artwork et dans la musique, nous pensons que beaucoup de gens pourront s’identifier aux chansons d’une certaine façon.

Vous l’avez enregistré à Liverpool, comment était l’atmosphère en 2010 dans cette ville phare du rock anglais ?

C’était vraiment génial, et en tant que groupe il y a vraiment quelque chose qui nous attire à Liverpool, ce qui est très dur à admettre pour des fans de Manchester United comme nous ! Blague à part, la communauté musicale est beaucoup mieux que dans n’importe quelle ville d’Angleterre. Liverpool avait un sens de la camaraderie entre les groupes, les musiciens, les artistes, les poètes etc. Nous n’avons jamais ressenti ça à Manchester. Nous ne nous sentons plus un groupe de Manchester, si ça a jamais été le cas. Ni de Liverpool d’ailleurs, nous sommes juste un groupe anglais.

Vous avez travaillé avec le Liverpool Philharmonic Orchestra, qu’ont apporté ces ajouts aux morceaux?

Hé bien c’était incroyable de voir ces gars jouer et la texture qu’ils ont ajouté aux chansons est fantastique. Nous avons enregistré trois chansons avec eux au total, mais si nous avions eu plus de temps, nous en aurions fait plus !
Ces trois chansons sont parmi nos favorites sur l’album, il faut que vous entendiez ça.

Comment vous préparez-vous à votre future tournée de mars, qui démarre à Congleton et se poursuit en France ?

Les premiers concerts en mars/avril sont ceux que nous avons montés, la plus grosse partie de la tournée commencera cet automne. Mais nous avons très hâte à ces concerts, Congleton va être marrant, nous allons jouer pour les amis, la famille et des amis de France et de Suisse !

Mais c’est surtout un échauffement pour nos trois dates en France qui sont vraiment importantes. Nous avons besoin de revenir et de montrer aux gens ce qu’ils ont raté, mais aussi que nous sommes passés à l’étape supérieure. Nous avons désormais un joueur de synthé et de guitare avec nous sur les live qui fera aussi des chœurs, ainsi qu’un sampler afin d’approfondir notre son.

Nous réalisons que nous sommes connus pour l’énergie de nos concerts, et notre réputation est un cliché de vie rock’n’roll : des frères tarés sur scène, de l’alcool, du sexe, des drogues, blablabla. Mais nous avons beaucoup grandi ces trois dernières années, et la mort de notre père nous a encore fait mûrir davantage. Cette fois nous voulons être professionnels, nous voulons être connus pour le son incroyable de nos concerts, et nous voulons que les gens rentrent chez eux et se disent « Wow ! ». Juste ce mot.

C’est une nouvelle ère pour Kill The Young, l’énergie sera là, elle le sera toujours et bien sûr nous ne sommes pas devenus de gentils garçons sobres. Nous aimons toujours boire et partager de bons moments, nous avons toujours ce sang irlandais. Nous sommes simplement plus concentrés sur le groupe, nous sommes un peu plus vieux, et un peu plus sages. Enfin, nous l’espérons.

Image de Kill The Young Pouvez-vous nous présenter votre nouvelle recrue en trois mots ?

En trois mots ?! Hmm, drôle, facile à vivre, énergique.

C’est un bon gars, nous le connaissons depuis des années. Nous avions besoin de quelqu’un de plus pour avoir un meilleur son live, mais nous ne voulions pas juste d’un musicien de studio.
Jake était chanteur dans un autre groupe, This Machine is Off, donc nous savions qu’il a une présence scénique et que nous pourrions l’inclure dans le groupe, plutôt que juste lui demander d’exécuter tel son. Il a une super voix.

Quel album attendez-vous le plus cette année ?

Aucun particulièrement, nous avons surtout hâte que les gens entendent le nôtre. Nous avions confiance dans cet album, beaucoup plus que dans les deux premiers. Nous aimons à penser que les deux premiers constituaient notre apprentissage et que les choses sérieuses démarrent maintenant. Ça peut être pris comme de l’arrogance, mais ça n’en est pas, nous avons juste foi en cet album.

Pensez-vous que la musique live va être affectée par les coupes budgétaires en Angleterre dans les mois à venir ?

C’est une question délicate, le musicien en nous espère que non, c’est notre métier et nous voulons que les gens aient les moyens d’aller aux concerts car c’est notre gagne-pain, mais le réaliste en nous comprend la situation. Les salles peinent à vendre des billets (surtout pour les concerts en semaine).
Ça n’affecte pas les gros groupes et les plus petits qui jouent pour leurs amis et retournent travailler le lendemain. Ce sont les groupes du milieu qui en souffrent, ceux qui comptent vraiment sur le live pour vivre, mais ça ne compte pas que ça ait un effet. Nous, les groupes, musiciens, artistes, le faisons encore pour l’amour de la musique et nous le ferons toujours.

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En savoir +

- Site officiel : http://www.killtheyoung.com/
- Myspace : http://www.myspace.com/killtheyoung

Tournée :
- La Maroquinerie, Paris : 23 mars 2011
- La Citrouille, Saint-Brieuc : 25 mars 2011

- Le Run Ar Puns, Chateaulin : 26 mars 2011

+ des dates en avril

A lire sur Discordance : Chronique de Kill The Young

A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

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