Ces événements qui ont fait 2010

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La première décennie du troisième millénaire est en train d'agoniser. S'est-elle terminée en beauté ? C'est ce que nous allons voir.

Nous sommes en 2010 et toujours rien : pas de vaisseaux spatiaux, de colonies sur Mars ni même de téléportation (le dictionnaire Word ne reconnaît même pas le mot, c’est dire si on en est loin). Si rien de tout cela n’a été inventé, alors que faut-il retenir de 2010 ? La réponse est simple : pas grand-chose. Malgré tout, voici une petite antisèche destinée à tous les cancres de l’actu.

Janvier

Image de philippe_seguin 7 janvier : décès de Philippe Seguin, Premier président de la Cour des comptes, ancien ministre des Affaires sociales et de l’Emploi, ancien Président de l’Assemblée Nationale puis du RPR. Le petit Philippe avait seize mois lorsque son père, Robert Seguin, mourut sous les obus allemands. Dans sa dernier lettre à sa famille le père de Philippe Seguin écrivait : « Adieu mon fils, sois un homme loyal, honnête et courageux ». Dernier représentant d’un gaullisme vite oublié, Philippe Seguin avait en 2002 refusé la Légion d’honneur, son père ne l’ayant pas reçue. Un Personnage, tout simplement.

10 janvier : décès de Mano Solo, deux mois après son hospitalisation. Auteur de dix albums entre 1993 et 2009, il était un artiste engagé pour les autres et pour son art, n’hésitant pas à contracter des prêts et à mettre sa maison en garantie pour autoproduire In the Garden (2007). Restent des albums puissants et quelques déclarations fortes : « Myspace, c’est pathétique, ça fait peur, ce n’est pas là qu’on trouve l’avant-garde. Et personne en France n’a été révélé grâce à ça. Le MP3, ce n’est pas faire la révolution, c’est fabriquer des chômeurs ».

11 janvier : décès d’Eric Rohmer. Ancien rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma, réalisateur de 24 longs-métrages, Eric Rohmer fut l’un des principaux acteurs de la Nouvelle Vague.

12 janvier : séisme à Haïti. A 16 heures 53 minutes (heure locale) survint à Haïti un séisme de magnitude 7. Bilan : plus de 220 000 morts. Et avec l’épidémie de choléra qui sévit depuis deux mois et ne cesse de se répandre, nul doute que l’année 2010 restera dans les mémoires comme la pire de la décennie.

27 janvier : décès de J.D. Salinger. L’auteur de L’Attrape-cœurs, qui n’avait rien publié depuis 1965 et qui vivait reclus depuis une trentaine d’années, s’éteignit à son domicile dans le Nord-Est des Etats-Unis.

28 janvier : Villepin relaxé dans l’affaire Clearstream. Ben voyons.

Février

11 février : décès d’Alexander McQueen. Celui que l’on surnommait à juste titre « l’Enfant terrible » se suicida la veille des obsèques de sa mère. Il laisse derrière lui des défilés magiques et des créations étrangement décalées. En avance sur son temps ?

14 février : journée mondiale de l’hypocrisie mutuelle et du romantisme niaiseux.

27 février : remise des Césars. Consécration prévisible pour Un prophète avec pas moins de neuf Césars. Notons la remise du César de la meilleure adaptation à Mademoiselle Chambon, plus que justifié, et celui de la meilleure actrice à Isabelle Adjani, plus qu’injustifié.

Mars

7 mars : 82ème cérémonie des Oscars. Vainqueur par K.O. : Démineurs, avec six statuettes contre seulement trois pour Avatar (trois Oscars techniques, et c’est bien tout ce qu’il méritait). Déception du côté français : Un prophète se voit voler la vedette – et la statuette –  par Dans ses yeux. Amplement mérité.

13 mars : décès de Jean Ferrat, poète et humaniste engagé. Il laisse derrière lui quelques monuments de la chanson française comme Nuit et brouillard et Potemkine. Nul doute qu’à l’instar d’Aragon, à qui il vouait une admiration sans bornes, Ferrat rêva souvent d’une « gomme à effacer l’immondice humaine ».

14 et 21 mars : une « vague rose » déferle sur la France, notamment due à l’union PS / Europe Ecologie / Front de Gauche. Cela confirme-t-il la tendance des Français à confier les responsabilités locales à la gauche mais à faire confiance à la droite pour donner la direction du pays à l’intérieur comme à l’extérieur ?

18 mars : Simone Veil entre à l’Académie Française. A l’origine de la loi de 1975 sur l’IVG Simone Veil a fait graver sur son épée deux devises mort-nées : celle d’une France rêvée mais jamais atteinte, « liberté, égalité, fraternité », ainsi que celle d’une Europe hésitante et finalement inexistante : « Unie dans la diversité ».

20 mars : éruption du volcan islandais Eyjafjöll. Véritable bouleversement de l’ordre mondial, les actualités n’ont cessé de nous faire part de ces inquiétants nuages empêchant la fine fleur de l’humanité de s’envoler. Fin de l’éruption : 27 octobre 2010. Heureusement la neige n’était plus très loin et les journaux télévisés ont pu continuer à s’ouvrir sur les vrais problèmes de la France vraie.

24 mars : le New York Times révèle que Benoît XVI, actuel Pape de l’Eglise de Saint Paul, aurait couvert un prêtre ayant abusé entre 1950 et 1974 de 200 garçons souffrant de surdité. Il ressort des documents découverts qu’en dépit des multiples avertissements lui étant adressé, le cardinal Ratzinger aurait persisté envers et contre tout à faire la sourde oreille afin de préserver l’image de l’Eglise, laissant par la même occasion le Père Murphy côtoyer des enfants durant les 24 années suivantes.

Avril

Image de Ipad 3 avril : anniversaire de ma sœur. C’est aussi la date de sortie de l’iPad, sorte d’iPhone monotâche géant sans l’option téléphone. Il est certes plus cher que ma sœur mais lui on ne sait toujours pas quoi en faire. Alors on le sort dans les transports en commun : au moins ça épate le voisin-un-peu-demeuré (vous savez, celui qui fixe l’écran la bave aux lèvres alors qu’il n’arrive pas à lire).

10 avril : décès de Lech Kaczynski, Président de la République de Pologne. Au total ce n’est pas moins de 96 personnes qui ont trouvé la mort dans le crash de l’avion présidentiel, dont le Président, son épouse ainsi que les principaux chefs de l’armée polonaise.

17 avril : on apprend que Ribéry et Benzema n’ont aucun goût en matière de femmes. Remarquez, on s’en était déjà aperçu [1].

26 avril : rebondissement dans l’affaire Karachi : Libération fait état de plusieurs documents attestant d’une part de versements importants faits à deux intermédiaires imposés par des « balladuriens » et d’autre part d’un dépôt de dix millions de francs (1 524 490 euros) sur le compte de campagne d’Edouard Balladur.

Mai

11 mai : David Cameron succède à Gordon Brown.

15 mai : libération de Clotilde Reiss, étudiante innocente mais affiliée à la DGSE[2]. Coût : 285 000 euros et la libération d’Ali Vakili Rad, l’un des meurtriers de Shapour Bakhtiar. Apport pour l’information : zéro. Bravo Clotilde.

Juin

4 juin : condamnation de Brice Hortefeux pour les propos tenus lors de l’université d’été 2009 de l’UMP : il ne correspond pas du tout au prototype. Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. Et non, il ne parlait pas des Auvergnats. Par un jugement du 4 juin, le Ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l’Immigration fut condamné à 750 euros d’amende et à 2 000 euros de dommages-intérêts pour « injure à caractère racial ». Il dut également verser 3 588 euros au MRAP. Vous trouvez que c’est peu ? C’est quand même plus de 30 % de ses revenus mensuels bruts !

Source : http://www.linternaute.com/actualite/dossier/05/salaires-politiques/salaires.shtml

Vous aimeriez qu’on vous enlève 30 % de votre salaire, vous ? Bon, ben alors. Oh, et pour information : s’il s’était agi d’injure publique à caractère racial, la note eût été plus salée : jusqu’à six mois d’emprisonnement et 22 500 euros d’amende. Heureusement que c’était dit en privé, sans caméra pour filmer.

« Injure à caractère racial »… Franchement, de la part d’un homme ayant reçu le Prix de la lutte contre le racisme et contre l’antisémitisme en 2009, vous y croyez vous [3]?

23 juin : dernière chronique radio de Stéphane Guillon, intitulée « France Inter en burqa ». Extrait : « L’hiver dernier, notre PDG Jean-Luc Hees a rapporté un morceau du Mur de Berlin pour l’exposer ici. Il a bien fait, il paraît qu’à Berlin ce bloc de béton avait la nostalgie du passé : censure, brimades, promotions des uns, humiliation des autres. Depuis qu’il est chez nous, à Radio France, il retrouve ses couleurs d’antan ».

Juillet

25 juillet : Wikileaks révèle plus de 90 000 documents traitant de la guerre en Afghanistan et du rôle qu’y a joué le gouvernement américain au cours des six dernières années. Médias choisis pour collaborer à l’opération : The Guardian, The New York Times et Der Spiegel. Selon certaines personnes bien informées, Discordance aurait décliné la proposition.

Août

Les températures moyennes ont été proches des normales mensuelles, légèrement supérieures sur le quart sud-est. L’anomalie à l’échelle du pays est  de -0,2 °C. Les précipitations furent déficitaires du Sud-Ouest jusqu’au Var. Des excédents ont en revanche été enregistrés sur le Finistère, la Basse-Normandie et du Pas-de-Calais au Nord-Est avec des cumuls mensuels dépassant par endroits deux fois la valeur normale. Un épisode pluvieux intense a touché l’Est puis le Nord-Est entre le 14 et le 16. La durée d’insolation a été supérieure à la moyenne de la côte landaise au golfe du Lion. Par contre, le soleil s’est montré moins généreux qu’à l’accoutumée sur le tiers nord. (Source : Météo France)

Septembre

1er Septembre : « Aube nouvelle » pour l’Irak. Non, il ne s’agit pas de votre hôtel-restaurant préféré dans le 82 mais bel et bien d’une nouvelle ère pour ce qui fut autrefois un pays indépendant (et sous la coupe d’un dictateur, d’accord, mais on ne peut pas tout avoir). La troisième Guerre du Golfe est à présent terminée. Bilan des morts selon Wikileaks : 66 081 civils, 23 984 insurgés, 15 196 membres des forces gouvernementales irakiennes et 3 771 membres de la coalition. Bilan selon l’OMS et d’autres instituts (et selon les intérêts, aussi) : 85 694, 1 million…

Après Le secret de Brokeback Mountain, voici Les Hommes des dunes (source)

12 septembre : Année noire pour les anciens des Cahiers du cinéma : après Eric Rohmer, c’est au tour de Claude Chabrol de disparaître, laissant derrière lui une filmographie aux allures d’analyse sociale inachevée et un amour de la vie sans pareil. Inspirant.

29 septembre : décès de Georges Charpak, physicien français et prix Nobel de physique 1992. Résistant dès 1941, alors qu’il n’a que 17 ans, il fut arrêté puis déporté à Dachau en 1943. Cet homme de sciences et de cœur – c’est lui qui est à l’origine du programme « La Main à la pâte » pour une meilleure éducation des sciences dans les écoles primaires – militait pour « le doute, le scepticisme, la curiosité et la science »[4].

29 septembre : décès de Tony Curtis (Some like it hot, l’indémodable The Persuaders (Amicalement vôtre)…).

Octobre

4 octobre : le père de la fécondation in vitro, le physiologiste britannique Robert G. Edwards, reçoit le Prix Nobel de médecine. La réaction du Vatican ne s’est pas faite attendre, par le biais de l’Académie pontificale pour la vie : « Edwards n’a pas résolu, ni du point de vue pathologique ni du point de vue épidémiologique, le problème, bien réel, de l’infertilité. Il n’a fait que détourner la question ». Et Mgr Carrasco de Paula de condamner le « commerce des ovocytes » et la destruction de millions d’embryons.

Fin du fin : « Edwards a marqué la science, car il a transposé du règne animal à la médecine les techniques de fécondation artificielle connues depuis longtemps. Mais cela est loin d’être un progrès pour l’humanité ». De là à ce qu’on nous dise que c’est une régression à l’état animal, il n’y a qu’un pas.

8 octobre : Liu Xiaobo reçoit le prix Nobel de la Paix. Colère de Pékin, qui décide de jouer dans son propre bac à sable et de créer le prix Confucius. Le Président du jury de ce prix créé à la va-vite alla jusqu’à déclarer que la Chine est « un symbole de paix et détient le pouvoir absolu de maintenir la paix », la Norvège devant « être en minorité concernant les conceptions de liberté et de démocratie ». Qu’avait dit Confucius, déjà ? Ah oui : Lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté.

13 octobre : après 68 jours passés dans une mine à plus de 700 mètres sous terre, les 33 mineurs (32 Chiliens et un Bolivien) désormais mondialement célèbres sont évacués. Soulagement général. Mais au fait, à quoi ressemblait leur quotidien ?


Vidéo créée par NMA (Next Media Animation)

27 octobre : adoption par l’Assemblée Nationale du projet de réforme des retraites, le lendemain de son adoption par le Sénat. Tout le monde semblait la voir venir, sauf… les Français. Nécessaire, inévitable, controversée… Les adjectifs ne manquent pas. Le devoir de grève fut assez logiquement exercé, les manifestations et prises en otage se succédant et ne débouchant finalement sur rien. Comme souvent.

31 octobre : c’est Halloween, le jour où les plus aigris d’entre nous mettent de la super glu sur le bouton de la sonnette. Cette année ce fut également le jour de l’élection de Dilma Rousseff, première femme à accéder à la fonction de Président du Brésil. Alors, le Brésil : pays de l’égalité des sexes ? Pas vraiment. Moins de 9% des députés brésiliens sont des femmes, le Brésil n’atteignant dans le domaine que le 108ème rang (sur 134 pays, selon le Forum Economique Mondial). En matière de salaires ce n’est pas mieux, le Brésil dégringolant à la 123ème place (le salaire d’une femme représente en moyenne 60% de celui d’un homme).

Novembre

8 novembre : le Prix Goncourt est décerné à Flamm… pardon, à Michel Houellebecq.

13 novembre : fin des sept ans d’assignation à résidence d’Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix 1991. Un moyen pour la junte birmane de faire taire les médias sur la parodie d’élection qu’elle a organisée ?

28 novembre : Wikileaks revient sur le devant de la scène médiatique à l’occasion de la publication de 251 287 câbles diplomatiques. Parfois drôle, globalement inutile, cette publication tronquée [5], annoncée comme explosive, a finalement fait l’effet… d’un pétard mouillé.

29 novembre : Ségolène Royal déclare être candidate à la primaire du Parti Socialiste. Point de compétition ceci dit, tout ceci se fait dans la bonne humeur et l’estime mutuelle. La preuve : Ségolène reconnaît le lendemain au micro de Patrick Cohen (France Inter) que « Dominique Strauss-Kahn est le meilleur chef de gouvernement que la France pourrait avoir en pleine crise monétaire internationale ». Tu vois Dominique, tu n’as pas à t’en faire : Ségolène s’occupe de tout.

Décembre

Image de zuckerberg-time-cover 2 décembre : Alassane Ouattara remporte les élections présidentielles en Côte d’Ivoire. Le Président sortant, Laurent Gbagbo, refuse de laisser son siège et fait depuis ce qu’il peut pour gagner du temps. Aux dernières nouvelles, les financements de la Côte d’Ivoire sont gelés et le « Premier ministre » d’Ouattara, Guillaume Soro, a demandé au Conseil de Sécurité des Nations Unies, à l’Union Européenne, à l’Union africaine et à la Cédéao « d’envisager la force ». A défaut de réponse adéquate, un appel à la grève générale a été lancé.

15 décembre : Mark Zuckerberg est nommé « Personnalité de l’année 2010 » par le Time. Un choix aussi tardif qu’inexplicable. Ceci dit les lecteurs avaient plébiscité Julian Assange (il y a quelques jours, Le Monde a d’ailleurs cédé à la Wikileaksmania). Entre deux maux, choisir le moindre ?

22 décembre : l’ancien dictateur argentin Jorge Videla est condamné à la prison à vie pour l’exécution d’opposants et d’autres crimes contre l’humanité commis durant la « guerre sale » de 1976 puis la dictature qu’il dirigea jusqu’en 1983. Videla avait déjà été condamné à la perpétuité en 1985 mais avait bénéficié d’une grâce présidentielle accordée par Carlos Menem. Cette grâce avait par la suite été annulée, étant déclarée contraire à la Constitution argentine.

J’aurais presque hâte d’être en 2011… Pas vous ?

NOTES

[1] Clique pour voir Franck Ribéry et Wahiba, sa femme, avant qu’elle ne se transforme en Femme-de-footballeur-connu.

[2]Rappelons que Melle Reiss a participé à des manifestations étrangères pour des « motifs personnels ». Quant à ses liens avec la DGSE, il ne nous est offert qu’un choix simpliste : croire les autorités ou Pierre Siramy, de son vrai nom Maurice Dufresse, un ancien « des Services ».

[3] Concernant les pratiques et opinions de l’Union des Patrons et Professionnels Juifs de France, qui a décerné ce prix à Brice Hortefeux, cliquez ici.

[4] Broch H., Charpak G. (2002) Devenez sorciers, devenez savants. Ed. Odile Jacob.

[5] Sur les 251 287 câbles annoncés, seule une poignée a été réellement publiée. Quid des autres ?

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A propos de l'auteur

Image de : Né en Allemagne à la fin des années 80, alors que l'ordre mondial était en plein bouleversement (et sa naissance n'y est sans doute pas pour rien), Loïc a eu très tôt le goût de faire tomber les murs. Aujourd’hui, c’est au sein de Discordance qu’il poursuit sa mission. Trop souvent adepte du « c’était mieux avant », passionné de cinéma, de littérature et de musique (tout un programme), c’est tout naturellement qu’il a choisi de prendre la tête de la rubrique Société : quelle meilleure tribune pour faire trembler les murs ? Vous pouvez à présent suivre ses élucubrations à la fois sur Twitter (http://twitter.com/JLMaverick) et sur son blog : http://johnleemaverick.wordpress.com.

6 commentaires

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  1. 1
    le Vendredi 31 décembre 2010
    tazyzas a écrit :

    « Notons la remise du César de la meilleure adaptation à Mademoiselle Chambon, plus que justifié, et celui de la meilleure actrice à Isabelle Adjani, plus qu’injustifié. » dites-vous; c’est tout à fait inélégant et surtout très injuste… et « injustifié » quand on la voit porter ce petit film avec une conviction absolument incroyable. Qu’elle agace, c’est une chose mais qu’elle a du talent est un fait tout de même avéré! Comment expliquer tous les autres prix qu’elle a reçus pour ce film avant ce César?

  2. 2
    Loïc
    le Vendredi 31 décembre 2010
    Loïc a écrit :

    tazyzas,

    Cela n’a rien d’inélégant. Elle semble vous avoir convaincu, moi pas. Ni elle ni le film que j’ai jugé un peu trop facile. Avoir eu du talent n’empêche pas de passer par des moments de creux et à mes yeux c’est un rôle dont sa filmographie aurait aisément pu se passer. Quant aux autres récompenses reçues, je n’y accorde aucune espèce d’importance.

    Je ne mets pas son talent – passé ou actuel – en cause. Juste sa performance dans ce film. Je ne sais pas si vous avez vu jouer les actrices nominées avec Isabelle Adjani mais à mon sens cette dernière ne tenait pas la distance. Avis a priori non partagé par le jury des Césars.

    Mais soyons honnêtes : en tant que grand fan d’Isabelle Adjani (si si, j’ai vérifié) vous n’êtes pas des plus objectifs n’est-ce pas ? :)

  3. 3
    le Vendredi 31 décembre 2010
    tazyzas a écrit :

    Certes, je suis un grand admirateur d’Adjani, mais cela ne m’a jamais empêché de reconnaître ses contre-performances (Ishtar, Toxic Affair, Figaro, Diabolique… moins La Repentie qui, par certains aspects, m’a plu) et ses grands rôles. Je pense que pour ne pas sombrer dans le ridicule avec un tel rôle, il faut un talent immense. Dont elle fait montre dans ce film. J’ai vu récemment le film « Monster » avec Charlize Theron, un film mineur mais elle: elle y est exceptionnelle. C’est pareil pour La Journée de la Jupe.
    Je n’ai pas vu Mademoiselle Chambon mais je dois dire que la tête de Kiberlain m’a suffi le soir des César! Elle ne doit pas encore être assez bonne comédienne pour cacher ses émotions!!! Dire qu’elle s’y voyait déjà est peu dire!
    PS: il n’y a pas de jury pour les César, c’est l’ensemble de la profession qui vote. C’est donc un Prix très représentatif. Elle a reçu le prix des critiques étrangers pour le même film… et d’autres encore. Cela, je crois, me redonne un peu d’objectivité! :)

  4. 4
    Loïc
    le Vendredi 31 décembre 2010
    Loïc a écrit :

    A vrai dire pour ce qui est des Césars c’est un jury. Composé de plus de 3000 professionnels du cinéma, certes, mais cela reste un « jury ». Nous pourrions débattre longtemps de la performance d’Adjani dans La journée de la jupe, tant les impressions ressenties devant de tels films sont personnelles. Je n’ai pas cru Isabelle Adjani lorsque je l’ai vue dans ce rôle, ça ne s’explique pas. On accroche ou on n’accroche pas et j’ai décroché dès la première demi-heure. Un film facile (je suis quasi persuadé d’avoir lu le mot « imposture » dans un article à son sujet), une actrice qui ne m’a pas convaincu… Je crains que nous ne puissions tomber d’accord sur ce point :)

    Sur Kiberlain vous écrivez : « Elle ne doit pas encore être assez bonne comédienne pour cacher ses émotions!!! »

    Un peu facile non? Au contraire je pourrais vous opposer que c’est cette incapacité à cacher ses émotions qui en fait une actrice « vraie », à fleur de peau, une de celles que l’on croit lorsqu’elles nous parlent au travers d’un écran de cinéma. Bien évidemment, elle était déçue, mais au nom de quoi aurait-elle dû le cacher? Ce serait aussi hypocrite que les « Je n’aurais jamais pensé avoir ce Prix, d’autres le méritent davantage » que l’on entend régulièrement lors des cérémonies de remises de Prix.

    Ce n’est pas parce qu’au moins 51% de votants sont d’un avis qu’il est forcément le bon. Et cela vaut pour le Globe de Cristal ou l’Étoile d’or. Y a-t-il seulement un mauvais et un bon avis ? Il n’y a que des spectateurs. Il n’y a que des émotions, des personnes, des histoires, personnelles et sur l’écran. Le reste ne compte pas. Si vous avez pris du plaisir devant ce film, alors il n’aura pas été fait pour rien. Le prochain nous réunira peut-être.

  5. 5
    le Lundi 24 janvier 2011
    Jean Gagnon a écrit :

    J’ai eu la gorge noué dès les premières minutes de ce film à la facture mineure, aux scènes inégales, mais quelle émotion. Une émotion portée à bout de bras par Mlle Adjani.
    Espérons que ce second souffle nous la ramène encore et encore. Elle m’a manqué.

  6. 6
    le Lundi 24 janvier 2011
    Jean Gagnon a écrit :

    Merde, j’ai oublié mon e au mot nouée…Flûte alors.

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