Cellule Grise – Théâtre Pixel

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Cellule Grise, pièce de Yannick Nedelec, a une trame simple et qui expose rapidement sa problématique majeure : un jeune professeur, rempli d’exaspérantes bonnes intentions, se retrouve dans la même cellule qu’un détenu du quartier de haute sécurité surnommé « le furieux ».

Ce qui a pu provoquer cette drôle de situation ? Il semblerait qu’administration et bug informatique aient joué de pair pour lui rappeler qu’il manquait finalement un jour à la peine de 6 mois dont il avait écopé pour homicide involontaire, l’alcool dans son sang ayant involontairement projeté sa voiture sur un adolescent.

Deux personnalités diamétralement opposées se retrouvent donc à coexister dans 10m2 pour 24 h. Évidemment les personnages ont quelque chose de caricatural : la brute battue par son père toute son enfance, le prof intello qui cherche jusqu’au bout à établir une communication avec cette masse de muscle qui ne communique plus depuis des années, qui n’a peut-être jamais vraiment su échanger. Mais si caricature il y a, c’est avec un trait fin que les personnes se dessinent devant nous.

Violent, surprenant, percutant, les dialogues laissent peu à peu percevoir la tension entre ses deux êtres trop extrêmes dans leur personnalité pour se comprendre. Ils sont drôles pourtant ces deux hommes, touchants dans la folie dévastatrice de l’un comme dans l’utopie bienfaisante de l’autre.

Un jeu d’acteur plus qu’à la hauteur de ce texte qui dit tellement de choses en une heure, passant de la rage à la peine, de l’espoir à la peur. Les deux moments de parloir en particulier sont d’une justesse parfaite en nous offrant chacun des personnages assis seuls face au public, le furieux dans un échange dégouté avec sa mère pendant que l’improbable détenu ouvre des yeux soudainement moins naïfs face à sa fiancée.

Jusqu’à la fin, cette pièce tient son public, accroché au poing de la brute comme au flot de paroles du professeur, le confrontant avec finesse à une désagréable réalité de l’humain.
Une pièce à voir donc, car cette Cellule Grise ne peut pas vous laisser indifférent. Elle est présentée tous les jeudis et samedi d’octobre, et les jeudis en novembre, à 21 h 45 au Théâtre Pixel.

Comédiens : Michael Jakubowitz et Pierre Bégué
Metteuse en scène : Marianne Mondon

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A propos de l'auteur

Image de : J'ai atterri à Paris à mes 18 ans pour ma licence en art du spectacle chorégraphique. La danse, ou plutôt les danses sont en effet ma passion, aussi bien dans la pratique que sous leur aspect théorique. J'aime observer, analyser, comparer et essayer de comprendre, mais étant danseuse et comédienne avant tout, je sais aussi qu'il n'y a aucune vérité de jugement au niveau de l'art, il n'y a que des points de vue. Je reviens juste d'une année sabbatique qui m'a conduit entre San Francisco et Los Angeles et je m'apprête donc à continuer mes études avec un master en études théâtrales (le but étant d'intégrer un master pro en journalisme culturel l'année prochaine).

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