Ce sont vos neighbours, et vous ne les connaissez pas ?

par |
Ils sont parisiens, mais pas tant que ça, plutôt créateurs non ordinaires d'une musique au dialecte teinté britannique. À moins qu'elle soit simplement estampillée I Love My Neighbours.

Un cri un peu nerveux, au charisme plein d’ardeurs sensibles. Pulsation du cœur qui jaillit fort sur les veines. Savez-vous que nos plus grandes passions se trouvent toujours tellement près qu’on ne les voit jamais ? Congrats, vous faites partie de ces gens qui ne savent rien de la maison d’à côté ? Pourtant on vous promet, la visite des Neighbours c’est quasi-nécessaire, comme des échanges rugueux sans alcool entre bisounours.

Une histoire d’amour, les Neighbours ?

Jérémie : Entre nous oui ! Je connais Alexis depuis le CM1, William depuis le lycée, on a traversé les années… Sortez couverts !

Et entre vous et la musique ?

Jérémie : Ma musique je l’ai rencontrée en 1987.

William : C’est ton année de naissance !

Jérémie : Ce qui m’a tout de suite frappé c’est sa main. Après on l’aime à notre manière. Il y a des choses sur lesquelles on est inflexibles, d’autres moins. Il y a des choses qui vont parfois, parfois moins, il y a des crises ! Quand on a commencé à jouer, on n’avait jamais fait de la musique. On a décidé d’en faire juste parce qu’on l’aimait. On n’avait pas forcément pensé qu’il fallait savoir jouer d’un instrument… En 4 ans beaucoup de groupes se sont faits et défaits. On a notre petite fierté, c’est qu’on est toujours là. Juste ça, c’est une belle preuve d’amour.

Il y a quelque chose de sexuel dans ce que vous faites ?

Jérémie : Non… Moi ça ne me dérange pas qu’on en parle comme ça, mais… Rires

William : Non, pas sexuel…

Jérémie : Sensuel oui. Je comprends ce que tu veux dire, parce qu’on satisfait en se satisfaisant, mais après… Au niveau de la sensation, c’est des montées d’adrénaline, on sent que ce qu’on a voulu dire a été compris. Et là tu as l’impression de courir plus vite, c’est juste… (Il n’y a pas de mot). Bon, ça peut être éphémère…

Donner des chansons qui sont d’abord faites dans l’intimité au public, quel ressenti ?

Jérémie : À Reims il y avait une nana qui fermait les yeux pendant tout le concert. Elle savait toutes les paroles, après elle n’a pas regardé le concert du tout, mais ça ne me dérange pas que les choses aient plusieurs vies. S’il y a des gens qui peuvent s’approprier ce qu’on fait, je trouve ça génial.

Un côté torturé dans votre musique ?

William : Oui dans la composition je trouve.

Jérémie : Il y a un côté torturé, mais pas forcément volontaire. Quand on compose, ça vient comme ça vient. On n’a pas le niveau en fait pour réfléchir à notre musique (double ton, entre sérieux et ironie, je lui laisse cette jolie ambiguïté). C’est un petit truc qu’on apporte au départ, après on travaille autour et jamais il n’y a vraiment de doute.

William : Dès qu’on commence à se prendre la tête le morceau devient moche, il nous ennuie nous-mêmes donc on le présente même pas !

Jérémie : C’est pour ça que pour chaque concert quand on fait la playlist, on se dit… On a que ça ? Et oui parce qu’on a jeté tous les autres morceaux depuis deux ans. Après, I close my eyes par exemple, elle est toujours là depuis le départ. À chaque fois qu’on la joue, on la redécouvre.

Vous avez transformé du Nancy Sinatra en rock…

Jérémie : Il y a eu une reprise de ? À la Nouvelle Star, j’ai trouvé ça vraiment mauvais sans vouloir lui faire offense. Vocalement ça n’allait pas. Ça m’a fait mal au cœur. Et comme je n’ai pas le niveau pour jouer le morceau comme ses musiciens, on l’a posé sur trois accords…

On peut tout transformer en rock ?

Image de I love my neighbours William : Oui je pense ! Une cuiller, je l’ai transformée en rock.

Jérémie : oui, mais à un moment, ça peut être nul aussi ! À partir du moment où tu ne triches pas. J’avais une voisine, je l’ai transformée en Rock. Rock Voisine ! (Jérémie a un rire formidable à ce moment-là…)

Quelque chose à dire à David Guetta ? (cf leur chanson Dabid Guetto)

William : J’ai envie de lui dire que je l’aime.

Jérémie : Je ne suis pas sensible à sa musique. C’est juste un clin d’œil. Cette mimique rythmique de guitare, qu’il met partout y compris dans ses reprises. En été, y avait W9, on était dans une maison à s’ennuyer, voilà…

William : C’est pas méchant.

Vos chansons préférées dans votre répertoire ?

Jérémie : Ça dépend des moments, c’est difficile de te répondre…

Alexis : Moi je dirais Diego en général.

Jérémie : Elle n’est pas facile à l’écoute, il n’y a rien qui ne revient jamais. Mais quand les gens se laissent porter par le truc, il y a quelque chose de bizarre qui se passe. Bang Bang moi je pense que ça marche toujours, mais c’est un plaisir solitaire, vocal.

William : Moi Brraak, elle est lourde, encore en décalage, et c’est une chanson sur laquelle on commence généralement, il y a un frisson…

C’est quoi une bonne chanson ?

William : Un truc où t’as des frissons, peu importe. Pour toi qui écoutes la chanson chez toi si ça te procure un truc, c’est que c’est bon.
Jérémie : Réussir à combler une attente que les gens ne soupçonnent pas sans le faire exprès.

Vos addictions ?

Alexis : Le sexe

William : L’Häagen-Dazs noix de pécan

Jérémie : Les clopes, les DVDs il faut le dire je suis complètement drogué aux DVDs. Le découvert sur compte bancaire.

Vous feriez quoi si vous n’étiez pas musiciens ?

Jérémie : Banquier comme mon père, mon grand-père, mon arrière grand-père… Mais peut-être que plus tard je vais l’être. Je crois que je serais très triste.

Alexis : J’aime mes études, mais le métier d’architecte non je m’y vois pas. Je ne me vois pas dans un bureau sans sortir dehors.

William : Comédien. Je fais partie d’une compagnie, je suis encore à l’école, j’essaie d’avoir des cachets d’intermittents…

On fait du rock pour plaire aux filles, au départ ?

Jérémie : Moi je ne suis pas forcément parti de là à la base, et heureusement parce que j’aurais été déçu !

William : Oui, ça ne nous a pas forcément aidés le rock hein… On n’est pas des gros choppeurs.

Jérémie : Pour qu’il y ait des filles de 15 ans qui viennent avec les mamans… Pour choper les mamans.

Ça marche ?

Jérémie : Pas du tout ! Je chope les mamans des mamans.

Vous êtes des Bisounours alors ?

Jérémie : Oui, je le dis souvent et je le dis encore !

William : On est des rockers qui buvons du thé, qui dormons la nuit…

Jérémie : En fait parfois je n’ai pas l’impression qu’on nous prend au sérieux parce qu’on n’est pas très rock’n'roll. On baise pas, on se drogue pas, on se bourre la gueule de temps en temps, mais comme des Français juste…

…Mais vous êtes drôles ?!

Jérémie : Oui, mais pas sûr que ça suffise pour être rock ? Pour revenir à ta question, le rock c’était une vocation. Rires. On a été touchés par la grâce.

Le moment idéal pour écouter votre musique ?

William : À toute heure, à tout moment, en tout lieu !

Non idéal…

Jérémie : En concert, déjà.

C’est pas drôle ça !

William : C’est un bon début… C’est dans une pub ! Nike ! Gillette ! Peugeot ! Kinder !

Jérémie : Ushuaïa Nature ! Ce que j’aimerais c’est une pub avec une nana nue dans le désert qui ferait comme ça (mimique féminine), avec « I don’t understaaand » (voix aigüe féminisée pour l’occasion)

William : Ça colle pas trop.

Trois Parisiens incisifs à fleur de sang, brûlants comme des mini-dynamites britanniques : quelque chose qui ne serait pas si loin du cocktail rock idéal.

Partager !

A propos de l'auteur

Image de : Les mots ! Pigiste en culture pour plusieurs organes de presse écrite et web, cuvée 1986 (Bordeaux), vit à Paris. Retient de sa prépa lettres, une philosophie très nietzschéenne : l'art est mensonge et c'est tant mieux. Aime les mots. Aime toutes les formes d'art et surtout la musique (pop, rock, électro, blues, folk, classique), la littérature et la photo (contemporaines et déstructurées), le cinéma (japonais, films d'auteur). Ecrit un peu de tout, interviews, critiques, chroniques, portraits, dossiers, live reports, et poèmes, nouvelles, romans (inconnus à ce jour) : tout ce qui dit le monde au travers de prismes, sans jamais avoir la prétention de le traduire précisément. Jamais satisfaite, toujours amoureuse. Blog culture : http://spoomette.over-blog.com

1 commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires
  1. 1
    le Vendredi 10 septembre 2010
    BIM BAM BOUM a écrit :

    Super sympa comme interview, j’espère les rencontrer plus ou moins rapidement pour la sortie de leur EP !

Réagissez à cet article