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> <channel><title>Discordance &#187; Société</title> <atom:link href="http://www.discordance.fr/category/societe/feed" rel="self" type="application/rss+xml" /><link>http://www.discordance.fr</link> <description>Magazine hors-format</description> <lastBuildDate>Fri, 10 Feb 2012 15:53:01 +0000</lastBuildDate> <language>fr</language> <sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod> <sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency> <generator>http://wordpress.org/?v=3.3.1</generator> <xhtml:meta xmlns:xhtml="http://www.w3.org/1999/xhtml" name="robots" content="noindex" /> <item><title>Lettre au Mâle Alpha</title><link>http://www.discordance.fr/lettre-au-male-alpha-42478?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=lettre-au-male-alpha</link> <comments>http://www.discordance.fr/lettre-au-male-alpha-42478#comments</comments> <pubDate>Thu, 02 Feb 2012 13:14:34 +0000</pubDate> <dc:creator>Frank</dc:creator> <category><![CDATA[Le Journal de Frank]]></category> <guid
isPermaLink="false">http://www.discordance.fr/?p=42478</guid> <description><![CDATA[Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je reçus dans ma boite aux lettres, il y a quelques nuits de cela, le témoignage qui suit. Une lectrice avait non seulement appliqué mes conseils, mais avait également consigné les (désastreux) résultats ! Une fois n’est pas coutume, voici donc une lettre en forme de rappel à l’ordre à destination de mes semblables.
]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p>Cher Frank, je me permets de vous piquer un instant vos guêtres et votre fouet afin de rétablir l’équilibre des points de vue. Nous offrirons donc aujourd’hui la parole à <a
href="http://www.discordance.fr/coucher-le-premier-soir-ou-les-preoccupations-modernes-20933">cette chère Béatrice, </a>délaissée la bave aux commissures et la joue striée de plis d’oreillers (allons mesdemoiselles, ça n’arrive pas qu’aux autres). Le réveil plus amer qu’une huitre oubliée du réveillon ayant eu lieu il y a de longs mois, la petite Béa a eu le temps de se casser les dents et le cœur sur d’autres « amants ». Elle a espéré, elle a aspiré, elle a même appris à ne plus recracher pour retourner chaque fois à la même case, celle de sa voisine (à qui il en manque probablement une) qui passe ses soirées à pleurer en se lamentant sur son sort et ses histoires d’amour avortées.</p><p><img
src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2012/02/frank-e1328133113469.png" alt="" title="Erwin Olaf" width="630" height="358" class="alignnone size-full wp-image-42479" /></p><p>Béa a donc lu avec avidité vos conseils, Monsieur Frank, en admettant sur de longs soupirs que vous aviez sûrement raison. Elle a d’ailleurs débattu du sujet avec nombre d’autres éléments masculins, ces derniers corroborant systématiquement les goûts et les efforts décrits et décriés dans l’étude susnommée. Elle a ainsi passé de longues heures à renouveler soigneusement ses sous-vêtements, à apprendre les arts presque cabalistiques du maquillage, de la coiffure, de la démarche et, puisque c’est à la mode, a même adhéré à un cours d’effeuillage burlesque. Non pas pour devenir la prochaine Lily Darling Scarlett Cherry mais simplement pour acquérir cette assurance qui, lui aviez-vous garanti, devait à coup sûr lui ouvrir la porte de tous les antres masculins.</p><p>Première déconvenue. Lâchée dans un milieu typiquement masculin et passablement immature (qui a sifflé au pléonasme ?), la petite Béa passe totalement inaperçue. Elle tente le mouvement spectaculaire d’un diner préparé de ses blanches mains, et ce toute vêtue de bas interminables et de talons gratte-ciels, dessous coordonnés cela va (désormais) de soi. « <em>Tu manges tout ça ?</em> » Regard noir de la Béa qui comprend en quatre mots toute l’étendue du vice humain. L’élégance au 21ème siècle, c’est de n’avoir aucun réconfort après l’effort. C’est donc pour cela que les collègues préfèrent lorgner les fades dans les couloirs, ces filles filiformes qui rentrent dans le sacrosaint et si enfantin 36 (voire 34)… Celles qui leur rappellent avec émoi leurs premiers touches pipi et qui collent si bien aux images vendues par la télé, les films, les pubs prints, les magazines et même – diantre ! – par la littérature.</p><p><img
src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2012/02/Sans-titre1-e1328133307110.png" alt="" title="Erwin Olaf" width="630" height="446" class="alignnone size-full wp-image-42484" /></p><p>Béa pensait que si les hommes cherchaient des femmes libres, sûres d’elles (au moins au lit) et affranchies, il lui suffirait d’être une femme libre, sûre de ses talents buccaux et affranchie quant aux autres pour avoir tout compris. Et pour Béa, une femme, ça a des formes. Pas celles des vaches laitières des mangas, ces gamines en kilts rehaussées chirurgicalement non sans un humour caustique et un pied de nez certain à la gravité, mais de vraies formes, des hanches, un ventre rond et doux&#8230; Mais non. Voilà que le mâle d’il y a quelques lignes, rassasié (au sens propre du terme), décide de passer la soirée devant des rediffusions de match. Et elle de croiser et de recroiser ses guiboles de nylon, de mordre ses lèvres pulpeuses et de ronger son frein.</p><p>Pauvre petite Béa, si nue et si naïve derrière tout ce chemin et cet ensemble exorbitant de chez Chantal Thomass. C’est alors qu’elle regarde l’autre, ce zig en pleine béatitude qui crèverait d’envie de lui dire de rentrer à présent qu’il n’a plus besoin de ses services.</p><p>Pour commencer, l’homme est mal sapé. Soyons honnêtes, il est rare de tomber sur son âme sœur vestimentaire. Béa vous ayant lu, Monsieur Frank, elle s’était dit qu’après tout cela elle aurait au moins droit auxdits costumes et chaussures raffinées. Que nenni. Par respect pour les âmes sensibles, nous n’aborderons pas dans le détail le choix des sous-vêtements masculins. Elle repense aux heures de manucure, d’épilation intégrale à la cire, aux pieds qui saignent en rentrant d’avoir fait des folies dans des outils de torture que l’on appelle chaussures. Et en se remémorant tout cela, voici ce qu’elle trouve face à elle : un être poilu, boutonneux, qui d’ici deux à trois ans aura une calvitie et qui ne fait pas plus attention à sa ligne que ça. « <em>On a dit pas le physique</em> ». Certes. Je suis vilaine. Alors, examinons le reste. Monsieur Football ayant décidé que Béa était un peu trop boudinée à son goût, il ne prend la peine ni de châtier son langage, ni de lui faire la conversation. « <em>Meuf, il est tard là, je me lève tôt demain</em>. » Ni une ni deux, la meuf Béa se casse, pas demain la veille que son risotto remettra ses gambas par ici.</p><p>Quelques abdominaux euphémiques, un régime digne de la guerre (le steak-semelle en moins) et on retrouve Béa au rendez-vous numéro 285725978. Il aura fallu du temps à monsieur Z. pour obtenir ne serait-ce qu’un café avec la demoiselle. C’est qu’elle est devenue farouche la belette ! Elle est plus difficile et demande au moins le minimum vital, une présentation correcte et ce savoir-vous rendre unique nécessaire même quand on en connait les rouages. Monsieur Z. a jusque-là vingt sur vingt. Il ne lui laisse pas le temps de dire non, l’invite dans un joli musée au lieu d’un bistro pourri,la fait rire et, sur son crâne, la chevelure bien que maigre demeure tout à fait respectable. Disons dix-neuf pour quelques différences artistiques mineures, rien de grave. Elle, de son côté, prend soin d’éteindre son téléphone. Elle est le résultat d’années de travail sur l’être féminin, juste mesure de femme fatale et d’enfant, de charme et de critères de beauté actuels. Bref normalement tout devrait rouler sur vélib… Oui, mais.</p><p>Attablée dans un endroit cossu, la jeune Béa commande un simple thé vert. « <em>Tu ne manges pas ?</em> » « <em>Non, je fais un peu [douce litote] attention.</em> » « <em>C’est dommage, moi j’aime bien les filles qui profitent.</em> »</p><p><img
src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2012/02/Sans-titre3-e1328133424283.png" alt="" title="Sans titre3" width="630" height="840" class="alignnone size-full wp-image-42482" /></p><p>À compter de ce moment, il n’y aura plus jamais chez Béa de petit ange, de concession ou de faveurs buccales non partagées à 2h du mat alors qu’elle doit, elle aussi, se lever tôt le lendemain. Monsieur Z.  vient, sans le savoir, d’appuyer sur le fameux bouton rouge. Elle le regarde avec sourire, minaude en lui piquant une frite dans son plat et se jure intérieurement dans cinq langues différentes que celui-là, elle va le faire souffrir.</p><p><img
src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2012/02/Sans-titre4-e1328133463411.png" alt="" title="Erwin Olaf" width="630" height="358" class="alignnone size-full wp-image-42481" /></p><p>Si seulement Monsieur Z.  avait la moindre idée de ce qui l’attend au détour d’une nuit. En revanche vous, messieurs les mâles lambdas, à présent, vous savez. Il ne faudra pas vous plaindre à Monsieur Frank au coin d’un bar dans quelques années. À bon entendeur, je vous souhaite également une bonne année.</p><p>Francine.</p><p><em>Toutes les photos sont d&#8217;<a
href="http://www.erwinolaf.com/">Erwin Olaf</a></em></p><p>Articles similaires<ol><li><a
href='http://www.discordance.fr/lendroit-ou-tombent-les-anges-22211' rel='bookmark' title='L&#8217;endroit où tombent les anges'>L&#8217;endroit où tombent les anges</a></li></ol></p>]]></content:encoded> <wfw:commentRss>http://www.discordance.fr/lettre-au-male-alpha-42478/feed</wfw:commentRss> <slash:comments>0</slash:comments> </item> <item><title>L’arche IKEA ou le naufrage du couple</title><link>http://www.discordance.fr/larche-ikea-ou-le-naufrage-du-couple-41383?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=larche-ikea-ou-le-naufrage-du-couple</link> <comments>http://www.discordance.fr/larche-ikea-ou-le-naufrage-du-couple-41383#comments</comments> <pubDate>Wed, 04 Jan 2012 15:57:14 +0000</pubDate> <dc:creator>Frank</dc:creator> <category><![CDATA[Le Journal de Frank]]></category> <category><![CDATA[bonne année]]></category> <category><![CDATA[couple]]></category> <category><![CDATA[Frank]]></category> <category><![CDATA[hiver]]></category> <category><![CDATA[Ikea]]></category> <category><![CDATA[Journal de Frank]]></category> <guid
isPermaLink="false">http://www.discordance.fr/?p=41383</guid> <description><![CDATA[« Extrême cruauté de notre société. On accepte seulement les ‘couples’ comme dans l'Arche de Noé. Malheur à qui veut aller son chemin, solitaire. » Ce soir je prends ce risque, Monique. Après tout, nul besoin d’une arche lorsque l’on se noie davantage chaque soir.]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p
align="right"><em>So goodbye, so long, the road calls me dear<br
/> And your tears cannot bind me anymore,<br
/> And farewell to the girl with the sun in her eyes<br
/> Can I kiss you, and then I&#8217;ll be gone.</em></p><p><em>Samedi 31 décembre 2011 – 9h37</em></p><p><em>Long time no see</em>, comme disent les anglophones. Normal, j’étais en couple. Pardon, je<em> suis</em> en couple. Durant ces rares périodes de laisser-aller je ne peux plus écrire. Non seulement l’envie disparaît mais c’est même toute possibilité d’aligner deux phrases sur un carnet qui m’est ôtée. Je me retrouve automatiquement amputé d’une partie de moi-même, celle qui m’est la plus chère. C’est donc ça, « être un couple » : un deal, ni plus ni moins. Troquer une partie de soi contre une nouvelle moitié. « <em>Ma</em> moitié ». « Salut Iulia, je te présente <em>ma moitié</em> ». « Tiens J-P, tu n’as pas encore rencontré <em>ma moitié</em> je crois ? ». Sans même que tu t’en rendes compte, cette femme qui est parvenue à conquérir <em>une moitié</em> de ton lit (devenue par la même occasion celle que tu préfères) s’est muée en une sorte de lèpre qui ronge tes membres jusqu’à t’amputer totalement de certains d’entre eux. Tu deviens un monstre hybride, une entité difforme, sans nom, sans identité, sans volonté propre. Les décisions doivent se faire à deux, la (re)décoration de ton appartement devient pour toi un sujet tabou, pour elle un problème de l’ampleur de Fukushima. « Comment va-t-on faire pour caser mes affaires, tu as des costumes partout ? » Et si tu commençais par virer la moitié des fringues que tu gardes « pour quand tu rentreras à nouveau dedans » ? Et si tu jetais à la benne une quinzaine de ces pompes à 300 € la paire qui n’ont jamais vu la couleur d’un trottoir ? Et si… Et si tu restais chez toi, tout simplement ?</p><p>Pourquoi ne pourrions-nous pas nous libérer du carcan du couple et rester <em>Frank et L.</em>, tout simplement ? Allez, je suis pas bégueule : <em>L. et Frank</em>,<em> </em>si tu veux. Tout ce que tu veux tant que tu ne m’obliges pas à transformer mon temple de la sobriété en concrétisation de tes rêves IKEA. Tant que je peux encore regarder mon reflet dans le miroir sans apercevoir derrière moi un porte-serviette GRUNDTAL. Tant que mon fauteuil P38 n’a pas à subir les moqueries répétées de ses immondes « congénères » TIRUP. Tant, finalement, que je n’ai pas à me souvenir à chaque pas que je vis chez nous et non plus chez moi.</p><p><a
href="http://www.discordance.fr/larche-ikea-ou-le-naufrage-du-couple-41383/ikea-pub1" rel="attachment wp-att-41385"><img
class="wp-image-41385 alignleft" title="Ikea_pub" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2012/01/ikea-pub1.jpg" alt="" width="290" height="408" /></a></p><p>Je ne veux pas de ce nous. Je n’aime pas ce nous. T’aimé-je seulement ? Après tout, qu’y a-t-il d’aimable chez toi ? Ton petit nez qui se retrousse quand tu ris. Soit. Mais tu ne ris pas beaucoup, ou alors aux dépens des autres. Tes yeux, alors ? Non, ils sont communs. Un peu plus écarquillés que la moyenne, c’est vrai, mais est-ce de l’étonnement ? de l’émerveillement ? de la stupidité ? Ton corps lui-même n&#8217;a rien d&#8217;extraordinaire. Tu es banale jusque dans tes préoccupations : tu n&#8217;as de cesse de répéter que tu voudrais mincir. C&#8217;est en effet ce que tu aimes à faire croire mais je connais la vérité : quoique tu en dises tu aimes ces regards affamés qui te parcourent lorsque tu me rejoins dans les bars. Ces quelques kilos en plus, tu les conserves soigneusement, des fois qu’un beau brun ténébreux se pointe à la recherche d’une poire pour étancher sa soif. Il n’y a que ta bouche. Je ne vois qu’elle. En fait, lorsque je te regarde je ne vois littéralement qu’elle. Une bouche qui ne ressemble à aucune autre, parfois imitée, jamais égalée. Je ne t’aime pas, j’aime ta bouche. Pas tes lèvres, non, tu peux les garder, je veux le tout. Le pack tout-en-un sinon rien. Mais si ce n’est que pour ça, autant me masturber devant ta photo. Pas besoin de subir l’expression de ta vocation ratée de décoratrice d’intérieur. Pas besoin d’accepter de devoir m’excuser à l’avance lorsque je fais entrer quelqu’un chez moi. Pardon, chez <em>nous</em>.</p><p>Comprends-moi, c’était bien nous deux. Ca n’aurait simplement pas dû déborder autant. Tu aurais dû partir, cette nuit-là, comme toutes les autres avant toi. L’hiver approchant tu as ressenti le besoin de te préparer un petit nid douillet, je comprends, mais pourquoi moi ? Pourquoi ce soir-là et pas le suivant, avec un autre type, dans un autre appartement, dans une autre vie ? Il aurait été plus compréhensif, c’est sûr. Pour obtenir les faveurs de ta langue, de tes mains et du reste il aurait accepté n’importe quoi. Pas moi. Les couples de saison je laisse ça aux autres. Cette nécessité de se fabriquer un cocon dès les premiers rougeoiements des feuilles me dépasse. Car ensuite, que feras-tu ? Que fera-t-on de ce <em>nous</em> bien encombrant une fois les beaux jours revenus ? Penses-tu vraiment que tous ces nouveaux placards seront suffisants pour ranger ton désir croissant de papillonner d’une chambre à une autre, de butiner tel ou tel appendice concurrent ?</p><p>Bientôt nous arriverons à cet embarrassant moment où les étreintes se font trop longues, où l’on se force à demeurer dans les bras de l’autre tout en se demandant quand l’étau se desserrera. Bien sûr, aucun de nous ne l’admettra. Non, nous ne sommes pas comme ça. Nous nous aimons. Ou plutôt : nous aimons <em>nous</em>. Il faut dire qu’elle est tentante, cette idée d’un <em>nous</em>. Et elle sait y faire, la garce. Elle rôde, tapie dans l’ombre, n’attendant qu’un instant de faiblesse pour nous laisser entrevoir un bout de chemin que l’on pourrait faire ensemble, avec cet autre qui n’est souvent qu’un appui, un ustensile à peine plus évolué que la canne ou le bâton. Nous développons des sentiments, évidemment, mais est-il si simple de distinguer l’amour de la simple tendresse ? Le peux-tu, toi, avec tous ces beaux discours sur le grand amour que tu as dû subir depuis l’enfance ? Et moi, pourrai-je seulement le reconnaître, cet amour que j’espère et que j’exècre tout à la fois ?</p><p>Alors voilà, mon petit bâton. Voici ce que je ressens, ce que je t’ai caché tout en esquivant questions franches et pas en avant. Toi, tes fauteuils et ton porte-serviette, je vous souhaite bon vent…</p><p>… et un joyeux Nouvel An.</p><p>Articles similaires<ol><li><a
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isPermaLink="false">http://www.discordance.fr/?p=37109</guid> <description><![CDATA[Depuis quelques mois, vous avez pu constater une recrudescence de la symbolique III Reich. Dans un monde en pleine crise où les symboles anciens font fureur,  les valeurs passées deviennent un refuge, qu’est devenu le trendy-hip  qui cherche surtout à s’éclater ? S’est-il fait kidnapper par un parti d’extrême droite ? Décryptage.
]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h3>LES PRÉMICES</h3><p>Tout à commencé de manière insidieuse, un peu sans prévenir, comme un pote bourré qui te raquette tes clopes en te disant que tu es cool : on est allés chez le coiffeur demander « une coupe au bol 40’s » parce que c’était <em>the coupe to have</em>. Quand un clodo nous traitait de nazi on rigolait lourdement. Alors qu’on savait tous qu’on avait là une coupe qui nous permettrait un laissez-passer dans un camp de jeunesse hitlérienne.</p><p>Au début, on y allait mollo. Ce n’était que des détails et personne ne remarquait rien. On a resserré le col de nos chemises jusqu’au dernier bouton et on a remonté nos jeans à la manière des skinheads néonazis des 80’s. Le dernier chic était devenu le gros godillot militarisant. Chez les filles, une certaine imagerie allemande a commencé à pointer le bout de son nez. Au choix : la sadochiste tirée à quatre épingles pote avec Hitler comme Ilsa (film gore de 1975), ou la gravure pinup aryenne. Quand ça a commencé à être total look, on a senti comme une gène. On ne savait plus trop si elle venait des autres, ou bien de nous même.</p><p>Certains ont suivi sans trop se poser de question. Le phénomène est allé en grandissant et s’est même répandu dans la sphère tellement controversée de la haute couture jusqu’à baver sur tous les univers artistiques : musique, art, cinéma&#8230; Des groupes comme The Drums surfent sur cette imagerie globalement implicite, avec un chanteur blondinet en minishort et boots de surplus militaires. Mais ce sont loin d’être les seuls.</p><p><iframe
width="560" height="345" src="http://www.youtube.com/embed/IqYgNiZdfh4" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p><p><img
src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/09/tumblr_liviffza2v1qb8t7yo1_400.jpg" alt="" title="Heil Hipster" width="400" height="314" class="alignleft size-full wp-image-37113" />Depuis le scandale Galliano, on a comme éclaté un bouton blanc au visage du monde. Il était disgracieux, mais on le cachait sous un plâtre de fond de teint. Maintenant que l’abcès est percé, du pus s’est infiltré partout, et le bouton lui, reste rouge et bien voyant : des jeunes s’affichent avec des svastikas peintes sur leurs t-shirts lors des soirées, d’autres posent en photo en faisant le salut nazi. De plus en plus de personnes associent hipsters à nazis. La nouvelle application iPhone au top des ventes est celle où l’on peut savoir qui est juif de qui ne l’est pas : Jew or not Jew (que vous pouvez acheter <a
href=" http://itunes.apple.com/us/app/jew-or-not-jew/id446751873?mt=8" target="_blank">ICI</A>.  Appli faite par un juif, mais quand même, les listes de juifs, moi ça me titille un brin la mémoire collective [a d’ailleurs été dénoncée par notre SOS Racisme français]. Des sites comme <a
href="hipsterhitler.com" target="_blank" class="broken_link" rel="nofollow">HIPSTERHITLER</a> proposent d’en rire, en créant comics et divers objets merchandising  basés sur un Hitler qui aurait été un hipster. Il vivrait de nos jours, aurait un fixie bike, et serait en fait un gros geek. Forcément, on en rigole.</p><p>Oui, c’est cynique, oui, c’est second degré, oui le nouveau tatouage à la mode sera un rectangle sur le doigt pour faire « moustache ! » en soirée pour faire rigoler les copains. Le problème, c’est qu’à force de nous submerger d’images nazies, cela devient tendance. Un tyran devient fashion et on perd un peu notre bon sens. Tellement qu’on ne sait plus très bien lesquels s’en moquent desquels nous piratent la cervelle. Et comme un énième rengaine, l’hitlérisation des hipsters devient sujet soit de rigolade second degré un peu lourdingue, soit, de réel débat idéologique sous-jacent.</p><h3>LE DÉBAT</h3><p>La plupart de ces Heil Hipster comme on aime les appeler, n’a pourtant rien à voir avec une quelconque idéologie fasciste. En fait, les pauvres, ils n’ont fait que suivre le courant d’une société qui se radicalise.</p><p>En temps de crise, on a tendance à ne penser qu’à sa gueule. C’est l’opulence des richesses qui rend la société altruiste. Quand on est en train de tout perdre, on regarde de travers son pote pique-assiette. Le slow-krach boursier de 2009 a rendu plus riche, les riches et plus pauvres, les pauvres. Forcément, il ne reste plus grand monde <em>in the middle</em>. La population souvent aisée et artistique qui sprinte derrière la dernière tendance a donc plus de sous dans son portefeuille qu’avant. Et elle aime de moins en moins son copain un peu bouseux qui lui pompe son fric pour se faire payer des bières. Quitte à rester ensemble, on préfère se ressembler. C’est le principe des clans. Et l’élitisme parisien ne fait pas règle à part.</p><p>Les rangs se resserrent et il va falloir commencer à choisir son camp. Le snobisme veut qu’avec l’âge les gens issus des mêmes niveaux socioculturels se retrouvent au détriment de leurs potos d’enfance. Ce snobisme là, est en train de devenir une vérité. Alors du coup, les plus radicaux, font un peu pression. Et si le plus radical a le plus de sous, vous aurez tendance à être d’accord avec lui. Le corollaire est aussi vrai si vous vous rapprochez des pauvres : votre copain coco fasciste squatteur qui veut foutre une bombe à la bastille a plus de chances d’être entendu maintenant qu’il y a 10 ans. Et vous appréciez moyen votre ex-best-friend du lycée qui traine au baron. En fait, vous avez surtout envie de foutre des bombes sur tous ceux qui ne vous ressemblent pas. Une manière de vous défendre contre la radicalisation. Problème : c’est de la radicalisation.</p><p><img
src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/09/fixie.png" alt="" title="Fixie" width="250" height="333" class="alignleft size-full wp-image-37114" />Ainsi la montée du nazisme [et non pas néonazisme] est davantage perceptible dans son imagerie que dans son sens profond. Il y a plus un recours aux symboles du troisième Reich que ralliement à la cause fasciste. Une façon sans doute de dire fuck. Ou bien « je n’ai pas d’autre idée ». Quand les jeunes à la mode s’habillent façon jeunesse hitlérienne, ils se servent plus de leur look pour faire passer un message au second degré. Le message devient subliminal et il faut savoir lire entre les lignes. La plupart n’en a absolument rien à carrer des juifs et des arabes, ils cherchent surtout à se démarquer comme nouvelle élite intellectuelle. Une élite, un snobisme. Une façon de dire « <em>I’m on top et pas toi qui pige quedal</em> ».</p><p>Mais si, pour certain il s’agit plus de faire-valoir, pour d’autres c’est enfin le prétexte tant attendu pour se faire entendre au grand jour. Comble du hit, ils peuvent enfin se revendiquer nazis sans que l’on sache trop si c’est vrai. Et donc, ne pas trop se faire caillasser.</p><p>Loin de moi l’idée d’associer hipster à Hitler, il faut cependant se méfier de l’eau qui dort. Le nouveau fasciste n’a pas le crâne rasé et ne vote même pas Le Pen. Il est souvent plutôt marrant et intelligent et il est capable de vous faire gober son idéologie à grands coups de sarcasmes. Comme ça, l’air de rien, vous allez en rire, et demain, la gueule dans le cul, vous allez y repenser sérieusement. Souvent fort d’une théorie et d’une rhétorique à toute épreuve, votre pote facho vous retourne le cerveau en vous épargnant quelques vérités crues. Il cherche avant tout à vous séduire et non pas à vous provoquer. Le but étant, de toute évidence, de vous rallier à sa cause.</p><p>Vous habiller IIIe Reich en parlant de l’holocauste ne fait pas nécessairement de vous un nazi. Mais quand le sujet devient récurrent  et qu’au fond, « Hitler il voulait avant tout sortir l’Allemagne de la crise », vous devriez vous reposer la question.</p><h3>LES CONSÉQUENCES</h3><p>De deux choses l’une : soit ça se casse la gueule, soit on tend vers un Nouveau Monde fasciste [de droite ou de gauche].</p><p>On peut dire qu’il ne s’agit que d’une mode, d’un truc éphémère qui passera avec les premières neiges cet hiver… Sauf que, ah oui, le truc à la mode cet hiver, c’est-ce pas les bottes de l’armée et les longs imperméables cirés ? Le danger principal et à mon avis le plus probable, c’est que l’on finisse par banaliser cette partie de l’histoire. Sans pour autant vouloir faire une croisade et partir en 3e guerre mondiale, il se pourrait que la conséquence première soit une vulgarisation de ces symboles historiques. Et si on tire un peu plus les cheveux, il est facile d’imaginer ce que cela entrainerait à plus ou moins long terme : négationnisme et éventuellement on commencerait à trouver des excuses à ce qui a été fait.</p><p>Parallèlement, je fais partie de celles qui pensent qu’une tendance ne fait jamais cavalier seul. Souvent, une contre-tendance, un autre type de pensée, une mode qui n’a rien à voir, émerge au même moment et offre à la population la liberté du choix. Quelle sera celle de 2012 ? La contre-pulsion par la montée du new-newage.</p><p>Va-t-on pour autant se laisser embrigader dans une secte ? Et si dans l’émergence du new-newage se dessinait une envie collective d’authenticité ? Que dis-je, de perfection ! Un besoin fondamental d’appartenir à une famille qui aurait les mêmes valeurs, la même pureté, la même clarté ? Ha, on y revient ! Ce contre-courant ne serait en fait qu’un chemin déviant d’une même idéologie. Alors que la notion de pureté devient le maitre mot, il peut se lire comme pureté dans sa façon se vivre, ou bien pureté de la race.</p><p>Déjà cet été, on avait annoncé le grand retour des motifs aztèques, southwest et tribaux. Une imagerie largement pompée chez nos ennemis frérots hippies. À en constater le big return des motifs galaxie, aurore boréale et autres trucs perchés on a envie de hurler : NEWAGE ! La tendance sera forcément au retour des accessoires des gourous drogués sous acides : pierres semi-précieuses, t-shirts cosmos, plumes dans les cheveux, designs géométriques, couleurs fluo et effets psychés.</p><p><iframe
src="http://player.vimeo.com/video/25955724?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0" width="400" height="225" frameborder="0" webkitAllowFullScreen allowFullScreen></iframe><p><a
href="http://vimeo.com/25955724">YAWN &#8211; Open Season</a> from <a
href="http://vimeo.com/thedruidbeat">druidbeat</a> on <a
href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p><p>Pour éviter l’imagerie WWII de cette rentrée, je vous conseille d’ailleurs de vous fournir en bagues m’as-tu-vu en titanium quartz rainbow ici : <a
href="http://www.etsy.com/shop/AstralEYE">http://www.etsy.com/shop/AstralEYE</a> et autres leggings ou t-shirts cosmiques ici : <a
href="http://www.youreyeslie.com">http://www.youreyeslie.com</a>/ : Hauts les cœurs, GURU IS THE NEW HIP ‘ !</p><p>Alors que le grand thème 2012 reste la volonté quasi urgente d’accéder à un monde parfait, mais qui se gagne ou plutôt se jalouse, dans le sens : « les miens sont meilleurs que les vôtres », on a déjà légèrement la nausée rien que d’y penser.</p><p>Et à force de nous rabattre les oreilles avec Hitler ou David Koresh, il y a de fortes chances qu’en 2012 voire 2013, nous ayons envie d’écouter du Hip Hop et rien d’autre.</p><p><iframe
width="560" height="345" src="http://www.youtube.com/embed/S3N8QZTsZic" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p><p>Aucun article similaire.</p>]]></content:encoded> <wfw:commentRss>http://www.discordance.fr/heil-hipster-37109/feed</wfw:commentRss> <slash:comments>14</slash:comments> </item> <item><title>Xavier Renou : « Le nucléaire est une énergie condamnée à terme »</title><link>http://www.discordance.fr/xavier-renou-%c2%ab-le-nucleaire-est-une-energie-condamnee-a-terme-%c2%bb-32463?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=xavier-renou-%25c2%25ab-le-nucleaire-est-une-energie-condamnee-a-terme-%25c2%25bb</link> <comments>http://www.discordance.fr/xavier-renou-%c2%ab-le-nucleaire-est-une-energie-condamnee-a-terme-%c2%bb-32463#comments</comments> <pubDate>Thu, 19 May 2011 07:10:57 +0000</pubDate> <dc:creator>Priscilla</dc:creator> <category><![CDATA[Actualité]]></category> <category><![CDATA[centrales]]></category> <category><![CDATA[Écologie]]></category> <category><![CDATA[nucléaire]]></category> <category><![CDATA[renou]]></category> <guid
isPermaLink="false">http://www.discordance.fr/?p=32463</guid> <description><![CDATA[Depuis que les réacteurs de Fukushima tressautent et semblent souffrir d'une incurable allergie aux tremblements de terre, le nucléaire est devenu la cible à abattre. Et comme la Planète a un incroyable sens du timing, les 20 ans de Tchernobyl se célèbrent quelques mois après. Ces événements pointent nerveusement les dangers de l'énergie nucléaire et même si elle trouve encore quelques adjuvants, nombreux sont ceux qui la décrivent comme dépassée et dangereuse. Parmi eux, Xavier Renou, porte-parole du Collectif « Les Désobéissants » et militant du mouvement STOP EPR. Entretien.]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p><img
src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/05/Xavier-Renou-e1305753740174.jpg" alt="" title="Xavier Renou" width="620" height="465" class="alignnone size-full wp-image-32467" /></p><p><strong>Le 22 avril dernier, vous avez mené une journée d&#8217;action contre le nucléaire, quel en a été le bilan ?</strong></p><p>Nous tirons un bilan mitigé de la journée, car on avait prévu d&#8217;occuper pour quelques heures les locaux de l&#8217;Autorité de Sûreté du Nucléaire (ASN), et on n’a pu que la faire fermer un moment. On voulait faire comprendre à l&#8217;ASN que son travail est sous surveillance citoyenne. Le point positif est que nous avons pu discuter avec le n°2 de l&#8217;institution. L&#8217;échange a duré 1h30.</p><p><strong>Pouvez-vous nous résumer le contenu de cet échange que vous avez eu avec le Commissaire de l&#8217;Autorité de Sûreté du Nucléaire?</strong></p><p>Nous avions des comptes à leur demander sur le fait qu&#8217;ils avaient refusé de sanctionner EDF qui avait grossièrement falsifié des données sismiques fin 2002, données qui avaient été contredites par les données de l&#8217;IRSN. L&#8217;ASN était entrée dans la polémique et avait donné raison à EDF qui avait des chiffres clairement sous-évalués. L&#8217;entreprise a admis que s&#8217;il fallait parer aux risques majeurs, soit ce serait trop coûteux — environ 1,9 milliard d&#8217;euros —, soit tout simplement infaisable ; ainsi pour ne pas fermer ces centrales, l&#8217;ASN avait accepté la minimisation des chiffres. Sur ce point, M. Jamet était très embarrassé et a justifié l&#8217;affaire par une querelle d&#8217;experts. Au-delà de ça, les centrales ont été construites en zones inondables ou sismiques, c&#8217;est incontestable, et on voulait savoir pourquoi ils ne les fermaient pas. Ils nous ont répondu – avec beaucoup de mauvaise foi il me semble – qu&#8217;il n&#8217;y avait pas un endroit sur la Terre qui ne tremblait pas et que par conséquent soit on ne construit rien, soit on construit en fonction d&#8217;une probabilité sismique qui nous permet d&#8217;adapter des matériaux.</p><p><strong>L&#8217;argument de l&#8217;ASN peut-il s&#8217;expliquer par le fait qu&#8217;en France le risque sismique, malgré des zones identifiées, reste assez faible ?</strong></p><p>Tout dépend de ce que l&#8217;on entend par faible. En 1906, un tremblement de terre au large de Marseille a fait tomber 150,000 logements dans une région à l&#8217;époque sous-peuplée, mais où maintenant se situe Cadarache, un centre d&#8217;extraction du plutonium. Si un tel tremblement de terre venait à se reproduire – et 1906, ce n&#8217;est pas si loin –, la dispersion de poussières de plutonium serait mortelle pour la population. Je conteste donc l&#8217;expression de « risque faible ». Il est dangereux de laisser des centrales dans des zones qui ont un historique sismique. À la limite, du point de vue du constructeur on aurait pu les déplacer dans des zones plus sûres. Fessenheim en Alsace, Le Blayais en Aquitaine, ou Cadarache sont dans des zones classées. Fukushima nous a montré que l&#8217;imprévisible se produisait, et si ça doit se produire une fois en 100 ans on ne s&#8217;en relèvera pas. Sur ce point l&#8217;ASN ne voit que le fait que le risque est acceptable, elle n&#8217;est que dans le technique, et techniquement ils acceptent une part de risque. Ils  ont reconnu que leurs modèles mathématiques avaient été mis en défaut et qu’ils allaient les réviser jusqu&#8217;à la prochaine fois où la nature bousculera les choses.</p><p><strong>Que répondez-vous à Claude Allègre, par exemple, qui assure que le nucléaire en France se fait dans de meilleures conditions qui celui qui avait cours au Japon ?</strong></p><p>Claude Allègre est devenu spécialiste du mensonge. Cet argument n&#8217;est pas original puisque pour Tchernobyl on avait pointé du doigt l&#8217;inexpérience des Russes. Depuis, il y a eu un accident majeur à la centrale du Blayais en 1999, après la forte tempête du 27 et 28 décembre, où la centrale s&#8217;est retrouvé les pieds dans l&#8217;eau. Ce qui a empêché l&#8217;accident majeur est le fait que le réacteur inondé était en panne. Le 26 juillet 2006, on est passé à 7 minutes d&#8217;un Tchernobyl en Suède, car les différents mécanismes de sûreté sont tombés en panne les uns après les autres et tout menaçait d&#8217;exploser. Donc c&#8217;est très difficile de soutenir l&#8217;argument de Claude Allègre : le Japon était la deuxième puissance mondiale par la richesse, par le degré de développement des technologies, et a été aussi irresponsable que nous en construisant dans des zones à fort risque sismique. Et puis une partie de leur technologie leur a été vendue par la France. C&#8217;est donc un mensonge de dire que leurs technologies ne sont pas bonnes. En France les incidents dans les centrales se sont démultipliés avec 1000 incidents de niveau 1 et 2, plus les incidents qui nous sont rapportés par les agents du nucléaire qui voient que tout ne figure pas dans les statistiques. C&#8217;est donc presque une surprise que la catastrophe se soit produite d&#8217;abord au Japon.</p><p><strong>Vous avez donc des agents du nucléaire qui vous rapportent l&#8217;état réel du nucléaire en France ?</strong></p><p>Bien sûr. On a soit des agents EDF, des syndicalistes ou de simples citoyens qui ont envie de faire savoir ce qui se passe vraiment. Parmi eux se trouvent aussi des employés de sous-traitants du nucléaire qui travaillent dans des conditions difficiles : ils prennent les plus fortes doses de radiations sans réelle protection des employeurs qui estiment que les intérimaires disparaissent dans la nature et que lorsque les cancers dont ils souffrent 10 à 15 ans plus tard apparaissent ils sont difficilement reliables à leur emploi. Sous l&#8217;effet de la privatisation rampante, EDF souffre d&#8217;une sous-traitance généralisée, de la déqualification des personnels et du sacrifice des budgets de maintenance. Nous avons d&#8217;ailleurs demandé comment l&#8217;ASN peut fermer les yeux sur le fait que les opérateurs des centrales sont tous dans une logique financière qui leur fait sacrifier les budgets de sécurité de qualification des agents à la sécurité et de maintenance des équipements. L&#8217;ASN, encore une fois gênée, a annoncé voir avec EDF comment arrêter l’augmentation de la sous-traitance de la surveillance des sous-traitants.</p><p><strong>Quels sont les risques concrets de la sous-traitance ?</strong></p><p>Il faut savoir que le sous-traitant est dépendant de son donneur d&#8217;ordre en matière économique et va sacrifier tous les coûts, dont la formation des personnels, pour décrocher les marchés dans un environnement ultra-concurrentiel. C&#8217;est donc un milieu où on peut trouver un fort niveau d&#8217;incompétence ou de malfaçons. EDF aurait donc dû surveiller en direct le travail de ces délégués et ne le fait pas. C&#8217;est une logique que l&#8217;on connaît d&#8217;ailleurs déjà dans le domaine du bâtiment. Appliqué au nucléaire, c&#8217;est très dangereux.</p><p><strong>Au sein du mouvement STOP EPR, vous démontez tous les arguments en faveur du nucléaire ; y a-t-il un réel manque de transparence sur ce sujet en France ?</strong></p><p>La transparence est devenue l&#8217;argument marketing de l&#8217;industrie du nucléaire qui affirme communiquer un maximum. Cependant lors de notre manifestation du 22 avril dernier, Philippe Jamet était opposé à ce que les journalistes assistent à notre entretien. Il s&#8217;est justifié en arguant que les interventions publiques de l&#8217;ASN s&#8217;organisaient et qu&#8217;ils souhaitent connaître déontologiquement les journalistes. Cela montre que la vraie transparence est totalement impossible pour le nucléaire, car il est inacceptable pour l&#8217;opinion publique dès lors que celle-ci est correctement informée. On nous affirme que d&#8217;infimes précautions sont prises et que l&#8217;on recycle le combustible nucléaire. Mais c&#8217;est faux, on extrait le plutonium de ces déchets et on essaye d&#8217;en faire un nouveau carburant, le MOX, encore plus dangereux que le carburant actuel. Areva avait d&#8217;ailleurs prévu d&#8217;en livrer à la centrale de Fukushima. Pour vous donner une idée, La Hague, en Normandie, rejette en une année davantage que l&#8217;ensemble des centrales nucléaires de notre planète, et en sept ans ces rejets équivalent à Tchernobyl, à tel point que le niveau de radioactivité en France est bien supérieur à ce que les normes internationales exigent ; le gouvernement a donc fait ses propres normes pour être… aux normes ! Tout cela ne peut pas être dit à l&#8217;opinion publique, il y aurait un rejet massif du nucléaire. Ne parlons même pas du nuage de Tchernobyl qui se serait arrêté aux frontières de la France. Les conséquences de ce mensonge, même si on en rit actuellement, sont que certaines personnes sont mortes de cette radioactivité ignorée. Il aurait fallu une enquête sur toute la France pour avoir une idée réelle des dégâts. On communique énormément sur Fukushima, mais on continue d&#8217;ignorer les innombrables incidents de Fessenheim, le trafic de déchets nucléaires dans les années 90, l&#8217;envoi de déchets vers la Sibérie. Tout cela n&#8217;est pas compatible avec une société démocratique, le nucléaire n&#8217;est pas transparent, ne peut pas l&#8217;être, mais on continuera de faire comme si.</p><p><strong>Vos contradicteurs estiment que la France n&#8217;arrêtera pas le nucléaire, car c&#8217;est l’une des fiertés de la France en matière d&#8217;indépendance énergétique : que leur répondez-vous ?</strong></p><p>Pour moi la France est une entité administrative, elle ne peut être fière de quoi que ce soit. En revanche les Français ont clairement fait comprendre au travers de sondages qu&#8217;ils voulaient une sortie du nucléaire. Il a été imposé sans débat parlementaire, cela a été décidé par le Président de la République seul en passant au-dessus de l&#8217;opinion publique et du Parlement. En vérité c&#8217;est qu&#8217;il fallait rentabiliser la production d&#8217;uranium et de plutonium destinée à l&#8217;armement nucléaire qui a coûté une fortune sans servir à rien. On a développé un parc nucléaire extrêmement dangereux et pour le rentabiliser on a imposé le chauffage électrique, qui est le pire en matière de rendement et le plus coûteux – donc le plus rentable pour EDF. C&#8217;est un système absurde dont on n’a pas à être fier et dont il est urgent de sortir.</p><p><strong>Si l&#8217;opinion publique réussit à imposer une sortie de nucléaire, qu&#8217;elles autres sources d&#8217;énergie peut-on exploiter avec succès ?</strong></p><p>Il faut se rappeler que le nucléaire, une énergie condamnée à terme, mobilise 60% des crédits pour la recherche en matière énergétique au niveau européen. Il aurait fallu investir, ces 20 dernières années, sur les énergies renouvelables, mais surtout les économies d&#8217;énergies. 50% de l&#8217;électricité que nous consommons quotidiennement est du gaspillage que l&#8217;on pourrait facilement supprimer. Quelques solutions simples pourraient s&#8217;imposer : un décret qui imposerait aux industriels de supprimer les diodes des appareils électroniques et électriques qui restent allumés pour dire qu&#8217;ils sont éteints, grande utilité vous en conviendrez, ce sont plusieurs réacteurs qui ne servent à rien. Une autre mesure qui interdise aux bureaux d&#8217;être allumés la nuit, demander aux magasins d&#8217;éteindre les vitrines la nuit ou encore que les publicitaires cessent de faire fonctionner les énormes panneaux illuminés&#8230; Et enfin, la fermeture de la  quinzaine de réacteurs régulièrement en panne, puisque, ma foi, le nucléaire marche très mal, serait une solution majeure. Voilà comment on se passe du nucléaire sans avoir fait grand-chose. L&#8217;argent économisé doit aller à la réfaction et la modernisation du bâtiment qui est une source majeure de gaspillage énergétique. Il est indispensable de construire tout nouveau logement avec des normes écologiques bien supérieures à la norme HQE qui a des niveaux d&#8217;exigence très faibles. On pourrait aussi développer l&#8217;éolien industriel et le micro-éolien et le micro-solaire.</p><p>Aucun article similaire.</p>]]></content:encoded> <wfw:commentRss>http://www.discordance.fr/xavier-renou-%c2%ab-le-nucleaire-est-une-energie-condamnee-a-terme-%c2%bb-32463/feed</wfw:commentRss> <slash:comments>3</slash:comments> </item> <item><title>Mimir à nouveau sur les rails</title><link>http://www.discordance.fr/mimir-a-nouveau-sur-les-rails-32140?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=mimir-a-nouveau-sur-les-rails</link> <comments>http://www.discordance.fr/mimir-a-nouveau-sur-les-rails-32140#comments</comments> <pubDate>Mon, 09 May 2011 08:58:42 +0000</pubDate> <dc:creator>Laure</dc:creator> <category><![CDATA[Photojournalisme]]></category> <guid
isPermaLink="false">http://www.discordance.fr/?p=32140</guid> <description><![CDATA[La maison Mimir est un squat strasbourgeois organisé depuis un an. Dès ses débuts, les sept habitants permanents de cette bâtisse du vieux Strasbourg ont été soutenus par la municipalité PS dans leurs projets culturels. Concerts, expositions, cours de guitare, de couture, massage thérapeutique, le lieu foisonne d’activités à prix libre. ]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p>Sur l’idée de l’un des habitants de la maison, ancien SDF, l’association gère des services pour les sans-abri : douches accessibles également aux animaux, bagagerie, bar sans alcool.  Jonathan, l&#8217;un des habitants originaires du Sud-Ouest invoque un lieu de rencontres humaines hors du commun, où toutes les actions sont possibles, et où l’argent est remplacé par la récupération et l’échange de services. Depuis octobre 2010, le collectif a accueilli 4 000 personnes.</p><p>Coup de théâtre début avril lorsque l’adjoint au logement, <strong>Philippe Bies</strong>, décide de les expulser pour non-respect du « contrat » : problèmes de voisinage dus aux bruits pendant les concerts et soirées, et travaux interdits sur le structurel du bâtiment. <strong>Renaud Tschudy</strong>, l&#8217;un des co-fondateurs de la maison, rétorque qu’ils ont cessé toute soirée depuis le premier avertissement en décembre, et qu’ils ont uniquement renforcé une poutre. Ils alarment la presse, les élus de l’opposition, manifestent sur la place principale de la ville et organisent la résistance.</p><p>Face à cette pression, l’adjoint au logement recule la veille de leur expulsion programmée : «<em> Le collectif peut continuer à occuper l&#8217;immeuble à condition de ne plus organiser de concerts ni réaliser de travaux. La ville s&#8217;engage en contrepartie à rénover les lieux et établir sur le long terme un bail. Une enveloppe de 15 000 euros s&#8217;apprête à être débloquée</em> » Victoire pour Mimir ! Mais surtout pour la vie alternative strasbourgeoise.</p><p><strong>Crédits photo</strong> : <a
href="http://www.flickr.com/photos/pics_troy/">Ludo, Pics Troy</a></p><p>Aucun article similaire.</p>]]></content:encoded> <wfw:commentRss>http://www.discordance.fr/mimir-a-nouveau-sur-les-rails-32140/feed</wfw:commentRss> <slash:comments>1</slash:comments> </item> <item><title>Entre Moralisme, Droit et Liberté, la prostitution ne sait plus à quel Saint se vouer</title><link>http://www.discordance.fr/entre-moralisme-droit-et-liberte-la-prostitution-ne-sait-plus-a-quel-saint-se-vouer-31317?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=entre-moralisme-droit-et-liberte-la-prostitution-ne-sait-plus-a-quel-saint-se-vouer</link> <comments>http://www.discordance.fr/entre-moralisme-droit-et-liberte-la-prostitution-ne-sait-plus-a-quel-saint-se-vouer-31317#comments</comments> <pubDate>Wed, 20 Apr 2011 08:58:29 +0000</pubDate> <dc:creator>Priscilla</dc:creator> <category><![CDATA[Actualité]]></category> <category><![CDATA[bachelot]]></category> <category><![CDATA[bousquet]]></category> <category><![CDATA[clients]]></category> <category><![CDATA[pénalisation]]></category> <category><![CDATA[prostitution]]></category> <guid
isPermaLink="false">http://www.discordance.fr/?p=31317</guid> <description><![CDATA[Le plus vieux métier du monde est – depuis longtemps déjà mais particulièrement ces derniers jours - l'objet d'un vif débat entre le gouvernement et les différentes associations de Droit et de protection des Prostituées. Pour les uns l'objectif est de réprimer l'achat et la maltraitance du corps de la femme, pour les autres la priorité est de protéger, écouter et encadrer au mieux les prostituées afin de leur permettre d'exercer leur activité. Bref entre moralisme et liberté, la prostitution a le cul entre deux chaises.]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p><img
class="size-full wp-image-31320 alignleft" title="Pour quand la fin du tunnel ?" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/04/prostituteUNP0512_468x312-d7fbd.jpg" alt="" width="468" height="312" /></p><p>Le 13 avril dernier a été remis le rapport de la Mission Parlementaire contre la Prostitution et la Traite des personnes présidée par <strong>Danielle Bousquet</strong>, députée des Côtes-d&#8217;Armor. La principale mesure de ce rapport sera la pénalisation du client. L&#8217;objectif visé par cette mesure serait, selon <strong>Danielle Bousquet</strong> « de mettre les clients de la prostitution face à leurs responsabilités » et les sensibiliser sur le fait que par leur demande ils favorisent la traite de jeunes femmes, souvent victimes de réseaux mafieux.</p><p>À la fin du mois de mars dernier, la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale <strong>Roselyne Bachelot</strong> a salué cette initiative, d&#8217;autant plus qu&#8217;il s&#8217;agit là d&#8217;une solution qu&#8217;elle évoque depuis plusieurs années déjà.</p><p>Ce rapport couronne plusieurs mois de recherches et d&#8217;auditions de dizaines d&#8217;acteurs sociaux. En effet, la députée <strong>Danielle Bousquet</strong> a effectué un tour d&#8217;Europe de la Prostitution en ce rendant en Espagne, en Allemagne, en Suède et aux Pays-Bas,  pays qui ont adopté des législations très différentes sur le sujet. Mais elle a aussi auditionné de nombreuses associations françaises qui militent depuis longtemps pour la protection et la liberté des prostituées.</p><p>Après avoir donc retourné le problème dans tous les sens et pris acte des résultats de toutes les auditions, le gouvernement a choisi de garder le cap des précédentes lois en punissant la demande. Le problème de la prostitution n&#8217;est pas attaqué de front, par le biais d&#8217;une interdiction, en revanche les moyens de mise en œuvre de cet acte continuent d&#8217;être réprimés. <strong>Grégoire Therry</strong>, porte-parole de l&#8217;association Le Mouvement du Nid, salue cette mesure de pénalisation de la demande. Il reconnaît que le discours a souvent été ambigu, mais « <em>la pénalisation du client nous semble être une bonne solution. Il faut renverser la charge pénale et rendre le client responsable de ces actes. Il faut qu&#8217;il comprenne qu&#8217;il y a toujours une forme de violence dans la prostitution, car par l&#8217;argent il impose son désir. C&#8217;est une bataille qui a été gagnée</em> ». Pour l&#8217;association, la mission parlementaire ne va pas assez loin, car elle ne remet pas en question le délit de racolage qui persécute les prostituées.</p><h3><strong>Isolement, précarisation, les associations avertissent</strong></h3><p>Toutes les associations ne partagent pas l&#8217;enthousiasme du Mouvement du Nid. Pour elles, cette annonce est la preuve que le gouvernement n&#8217;est pas à l&#8217;écoute de leurs revendications et de leurs propositions. « En faisant du moralisme, le gouvernement va encore aggraver la situation, nous avions déjà tiré la sonnette d&#8217;alarme en 2003 lors du vote de la loi contre le racolage en disant que la condition des prostituées en pâtirait, et le résultat est là, il y a un éloignement de la prostitution et un réel danger en matière de santé publique » s&#8217;indigne <strong>Maîtresse Gilda</strong> porte-parole du syndicat STRASS, Syndicat du Travail Sexuel.</p><p>En effet, il y a un véritable risque de renforcement de l&#8217;isolement des prostituées, qui, suite à la loi contre le racolage s&#8217;étaient déjà éloignées des villes, pour s&#8217;installer le plus souvent en plein bois dans la périphérie de la région parisienne. Ces nouvelles dispositions avaient aussi compliqué le travail des associations de terrain face à des femmes devenues plus méfiantes. La pénalisation du client aurait donc quelques effets pervers. Elle culpabiliserait les hommes ou les femmes qui ont recours aux charmes des prostitué(e)s en les poussant à agir dans la clandestinité. Par conséquent elle renforcerait aussi l&#8217;organisation des réseaux mafieux, ce qui réduirait fortement les issues de secours pour les jeunes femmes qui en sont victimes. C&#8217;est donc un coup de poker que joue le gouvernement, soit la mesure fait baisser sensiblement la demande et désorganise les réseaux, ce qu&#8217;il espère, soit au contraire elle pousse à la clandestinité et les renforce.</p><p>D&#8217;autre part, il reste un véritable problème de définition. Telle quelle, la disposition du gouvernement attaque la prostitution visible. Celle qu&#8217;on peut surprendre dans l&#8217;ombre d&#8217;un coin de rue et pratiquée par des femmes exploitées. Mais qu&#8217;en est-il de la prostitution dite libre et choisie, celle que l&#8217;on définit désormais comme le <em>Sexwork</em>, ou le travail sexuel et auquel ont recours des hommes ou femmes pour assumer leur quotidien ? Cette zone obscure de la loi irrite particulièrement <strong>Maîtresse Gilda </strong>: « <em>Cette politique néo-conservatrice et moraliste cache la réalité qui est un mépris et une répression de la sexualité payante. Il faudrait pouvoir leur donner accès au Droit comme tous les autres secteurs d&#8217;activité. N&#8217;oublions pas qu&#8217;un travailleur sexuel peut déclarer ses impôts sous l&#8217;étiquette &#8216;Bénéfices non commerciaux&#8217;, mais ne bénéficie pas de sécurité sociale.</em> »</p><p>Le visage de la prostitution a indéniablement changé et reste un enjeu social majeur, notamment de par ses implications dans le domaine de la santé publique. En raison de son caractère diffus, ses multiples facettes restent difficiles à saisir. La Mission parlementaire estime qu&#8217;il y aurait 20,000 prostituées en France, soit 20,000 cas dont le statut réel reste encore à définir.</p><p>Aucun article similaire.</p>]]></content:encoded> <wfw:commentRss>http://www.discordance.fr/entre-moralisme-droit-et-liberte-la-prostitution-ne-sait-plus-a-quel-saint-se-vouer-31317/feed</wfw:commentRss> <slash:comments>0</slash:comments> </item> <item><title>Quel avenir pour le sexe ?</title><link>http://www.discordance.fr/quel-avenir-pour-le-sexe-30850?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=quel-avenir-pour-le-sexe</link> <comments>http://www.discordance.fr/quel-avenir-pour-le-sexe-30850#comments</comments> <pubDate>Fri, 15 Apr 2011 12:05:43 +0000</pubDate> <dc:creator>Frank</dc:creator> <category><![CDATA[Le Journal de Frank]]></category> <category><![CDATA[avenir]]></category> <category><![CDATA[femme]]></category> <category><![CDATA[iacub]]></category> <category><![CDATA[sastre]]></category> <category><![CDATA[sexe]]></category> <guid
isPermaLink="false">http://www.discordance.fr/?p=30850</guid> <description><![CDATA[Derrière ce titre racoleur et incompréhensible se cachent quelques réflexions livrées presque « en vrac ». Quelques bribes notées de-ci de-là puis  réunies en un ensemble plus ou moins cohérent, des mots écrits en réaction à de récentes lectures… Ecrire « en réaction à ». Important, ça. De même que nous nous construisons en réaction à ce qui nous entoure, nous devrions toujours écrire pour réagir. Certains auteurs devraient garder cela en tête avant d’exhiber fièrement le Néant littéraire et donc intellectuel qu’ils représentent. Avenir. Sexe. Deux éléments inhérents à l’essence même de la Vie et qui demeurent pourtant si mystérieux. Si le sexe a un avenir, est-ce à dire qu’il aurait un présent ? Un passé ? Peut-on parler du Sexe comme d’une idée à part entière, évoluant non pas avec nous mais à côté de nous ?]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p
align = "right">« Une pensée qui n’en amène pas une autre<br
/> est une pensée finie. »<strong><br
/> Maurice G. Dantec</strong></p><p>Un chapeau incompréhensible pour un titre qui ne l’est pas moins. Je vous devais bien ça. Ce qui suit n’a pour structure que celle de ma pensée. Toutefois voyez : le propos n’est pas incohérent dans sa globalité.</p><p>Je ne comprends pas pourquoi certaines femmes, le lendemain du premier soir, veulent absolument nous pousser à les gratifier de la « baise du matin », comme l’a une fois si élégamment nommée une conquête nocturne <a
href="#_ftn1">[1]</a>. Mesdemoiselles (et mesdames, après quelques verres je ne suis pas sectaire), faut-il vraiment, en ce début de troisième millénaire, vous expliquer le principe de l’ONS (One Night Stand) ? Comme son nom l’indique il s’agit de ce que les mâles primaires appellent « coup d’un soir » ou encore « one shot » (oui, quand il s’agit de sexe les <strong>Kromozomixéïgrek</strong> font généralement preuve d’une originalité à faire pâlir un <strong>Marc Levy</strong>). La nuit prenant fin avec le lever du jour, vous êtes au petit matin censées laisser l’homme profiter du repos du guerrier, repos amplement mérité après la nuit de débauche et de luxure que vous avez partagée. Pour dire vrai, dans le monde idéal de l’Homme Moderne vous ne devriez même plus être là lorsque les premiers rayons du soleil percent à travers les volets. En effet, il aime se complaire dans ce qu’il pense être son indépendance. Il apprécie surtout de pouvoir faire l’étoile et ronronner dans son lit sans que ses membres ne se heurtent à un corps inerte au visage autrefois ravissant. Il n’y a que dans <em>Zombie Stripers</em> (oui, l’homme aime aussi le cinéma d’auteur) que le mâle s’extasie devant un corps aux courbes parfaites se terminant par un visage grisâtre au mascara dégoulinant et au rouge à lèvres rendu à l’état de lointain souvenir.</p><p>Approche-toi, future victime de mes nuits de chasse et de mon charme trompeur, je vais te révéler un secret. <em>Pour l’Homme Moderne, la femme parfaite est celle qui sait quand il est temps de s’en aller.</em> De préférence avant le lever du jour. Cela évite la gêne du réveil que nombre d’entre nous ont déjà expérimentée, ce sentiment de malaise lorsque l’autre se tient debout, au pied du lit, ses affaires à la main avec au ventre une indicible envie de fuir. Les plus lâches d’entre nous n’ouvrent même plus les yeux jusqu’à ce que l’autre s’en soit allé(e). Et lorsque ce reflet non assumé de ce que nous fûmes la nuit précédente finit par quitter les lieux, nous nous retrouvons seuls avec nous-mêmes, libération illusoire d’une prison qui n’a jamais existé ailleurs que dans notre esprit. En réalité, la seule prison dans laquelle nous nous sommes enfermés et dont nous devons absolument nous libérer n’est autre que notre désir de liberté à tout prix, cet obstacle à toute forme de relation suivie avec nos semblables, état proche de la paranoïa où chaque individu devient un maton potentiel.</p><p>On nous parle d’ailleurs souvent de « liberté » sexuelle. La nouvelle génération, la nôtre, la vôtre, la leur, serait plus libérée sexuellement parlant que les précédentes (si l’on omet le grand n’importe quoi de la période « Peace &amp; Love »). Mais qu’est-ce que la véritable Liberté sexuelle ? La liberté, la vraie, supposerait de pouvoir regarder en face les pressions sociales et notre tendance soi-disant naturelle – mais découlant en réalité desdites pressions – à créer de toutes pièces des sentiments pour justifier nos écarts nocturnes et à leur dire : <em>Allez-vous-en, je n’ai pas besoin de vous. Cela fait trop longtemps que vous m’empêchez de jouir pleinement de mon corps, et ce dans tous les sens du terme, alors voilà : je vous renie.</em></p><p>« Il est probable qu’un plus grand nombre de femmes accorderont une importance particulière à l’acte sexuel : en raison de la rareté de leurs gamètes (un seul ovule par mois) et du coût important de la grossesse, elles ont été programmées à gérer leur utérus et ses voies d’accès comme une ressource rare, et le pénis des hommes comme une menace potentielle s’il est non choisi ou non assorti d’une garantie d’investissement. D’où l’idée que le sexe doit être associé au sentiment. » <a
href="#_ftn2">[2]</a></p><p><img
src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/04/diyclock1.jpg" alt="" title="DIY Clock" width="494" height="394" class="alignleft size-full wp-image-30851" />Le sexe n’est qu’un reliquat de notre primitivité. Dans un futur proche nous n’aurons même plus besoin de nous accoupler physiquement pour procréer. Les femmes comme les hommes sont de plus en plus pressés, rattrapés par un temps qu’ils sont incapables d’oublier, ombre permanente jetée sur le moindre de leurs actes. La notion de famille telle que nous l’entendions il y a encore quelques années n’existe plus. Un papa, une maman, deux enfants. Ce modèle longtemps considéré comme idéal n’est plus, remplacé par des cellules familiales monoparentales voire multiparentales (croissance des schémas polyamoureux impliquant des enfants) ou encore par l’absence pure et simple de cellules (refus d’avoir des enfants, refus de se marier, refus de s’attacher et d’aliéner sa prétendue liberté). A ce constat ajoutons les récents progrès technologiques : depuis quelques années nous commençons à appréhender la machine non plus comme une « entité » à part mais plutôt comme un prolongement des membres et des capacités physiques et biologiques de l’être humain. Tout ceci, c’est certain, rendra le sexe obsolète.</p><p>C’est en tout cas ce qu’incitent à penser, au moins en ce qui concerne le sexe en tant que technique de reproduction, les récentes avancées scientifiques en matière d’ectogénèse. Je vous entends déjà vous interroger : qu’est-ce au juste que l’ectogénèse ? Pour commencer rassurez-vous : mon dictionnaire Word ne connaît pas non plus ce terme <a
href="#_ftn3">[3]</a>. Comme son nom l’indique <a
href="#_ftn4">[4]</a>, il s’agit de la création d’un être humain de manière naturelle mais dans un utérus artificiel assurant toutes les fonctions habituelles d’un utérus humain. Depuis sa première évocation publique, il y a de cela presque cent ans, l’idée a fait son chemin jusque dans les laboratoires japonais et américains. Au vu des récents développements en la matière, il est probable que d’importants progrès seront faits d’ici la fin du siècle, si les Gardiens de l’Ethique, le Pape et son armée de disciples ne s’y opposent pas de manière trop virulente. On peut rêver.</p><p>A terme, ces avancées nous offrent à voir une société au sein de laquelle les femmes seraient libérées du fardeau de la grossesse. Vous voulez un enfant ? Pas de problème, utilisez donc notre « Machine à faire la vie » <a
href="#_ftn5">[5]</a> !</p><p>Inévitablement, une question cruciale sera alors posée : une femme ne donnant plus la vie demeure-t-elle une femme ? Dès lors que les femmes n’auront plus à porter et à sevrer leur enfant, en quoi seront-elles différentes des hommes ? Une inégalité originelle sera alors résolue, il est vrai, mais l’égalité qui en résultera ne se révèlera-t-elle pas plus destructrice encore ? Il se pourrait en effet que le remède se révèle pire que le mal qu’il est censé soigner. Dans <em>Qu’avez-vous fait de la libération sexuelle</em> une anthropologue fictive émet une hypothèse non évoquée par <strong>Peggy Sastre</strong> dans <em>Ex Utero </em>: « Si ces machines prenaient « en main » la procréation, il n’y aurait plus de femmes, ce serait la fin des femmes et donc la fin de la possibilité de parler et d’exister comme une espèce humaine. […] Nous arrêterions de faire des poèmes, d’aimer, de distinguer entre le blanc et le noir, le jour et la nuit, le plaisir et la souffrance. Tout retournerait au chaos indicible, à l’indistinction première dont les mythes rendent compte… ». Outre l’ironie dont <strong>Marcela Iacub</strong> teinte ces propos, il n’en demeure pas moins que ces angoisses sont légitimes. De même, à quoi nous servirait le couple en l’absence de procréation ? A satisfaire un amour partagé ? Encore faudrait-il que l’amour existe. « Vous n’êtes pas objectif » me reprochera-t-on (<a
href="../manifeste-des-cueilleurs-nocturnes-25534">encore</a>). C’est vrai, je ne le suis pas. Non seulement je ne le suis pas mais pire : je ne suis pas censé l’être. Je ne crois pas en l’Amour comme d’autres ne croient pas en Dieu. Etrangement, alors qu’on laisse, dans la plupart des pays dits civilisés du moins, les seconds vaquer à leurs occupations sans leur agiter en permanence sous le nez une Bible ou un Coran, les premiers sont littéralement persécutés. Je vous vois déjà monter sur vos poneys : certes, certains sont aujourd’hui persécutés de manière plus éprouvante que je ne le suis. Néanmoins dans mon cas le harcèlement pro-amoureux est beaucoup plus insidieux. Le premier de vos amis, celui à qui vous auriez sans hésiter donné le bon Dieu sans confession, celui-là même avec qui vous aviez fait les quatre cents coups alors que vous pensiez encore que le Temps n’était qu’une fiction que vos parents avaient inventé pour vous effrayer et vous pousser à suivre le chemin qu’ils vous avaient déjà tracé, le premier de vos amis, donc, peut tout à coup se révéler n’avoir été durant toutes ces années de route qu’un agent dormant à la solde de l’ennemi. Méfiez-vous, vous qui lisez ces mots ! Peut-être êtes-vous vous-mêmes des agents qui s’ignorent… Il se peut très bien qu’au détour d’une conversation, les mots s’enchaînant à peine plus vite que les verres vides sur la table d’un énième bar de la rue de Buci, votre Bel et Fier Ami prononce une nuit cette phrase que vous pensiez ne devoir entendre que dans les films de série B : « tu dis ça mais toi aussi, un jour, tu trouveras ». <em>Tu trouveras</em>. Mais, patate, qui t’a dit que je cherchais quoi que ce soit ? Et que trouverai-je, d’abord ? Une hanche sur laquelle poser ma main les nuits où la solitude se fera un peu trop présente ? Un peu de réconfort derrière deux prunelles qui ne regarderont que moi les soirs de lassitude ? Mieux : la mère de mes enfants, celle qui pondra deux chauves hurlants mais continuera envers et contre tout à réveiller en moi les instincts les plus inavouables ?</p><p><img
src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/04/dsc_0124e.jpg" alt="" title="Celle qui pondra deux chauves hurlants mais continuera à réveiller en moi les instincts les plus inavouables..." width="428" height="600" class="alignleft size-full wp-image-30884" />Je n’y crois pas. Je n’y crois pas mais je ne suis sûr de rien. Peut-être suis-je effectivement à la recherche de quelque chose d’autre que ce que j’obtiens déjà. Quelque chose de différent, quelque chose <em>de plus</em>. L’amour dure trois ans, dit-on. Le désir, trois mois. En ce qui me concerne l’intérêt n’atteint que rarement trois semaines, et encore, dans le meilleur des cas. Mais si au fond je recherchais la mère <em>potentielle</em> de mes enfants ? Et si nous obéissions finalement tous aux mêmes schémas programmés depuis la nuit des temps ? <strong>Eva</strong>, <strong>Pascal</strong>, <strong>Blee</strong>, moi <a
href="#_ftn6">[6]</a>… Des avis divergents, des comportements « amoureux » radicalement différents mais une même quête, une identique obéissance aveugle à des millions d’années d’évolution. De là à en déduire que la  recherche du confort que je méprisais tant dans <a
href="../manifeste-des-cueilleurs-nocturnes-25534" target="_blank">mon précédent article</a> n’est que la résultante d’une pré-programmation destinée à fournir à nos rejetons les meilleures conditions pour grandir et survivre, il n’y a qu’un pas que j’hésite à franchir. Déjà le vertige me prend et je m’éloigne du gouffre dans lequel je m’apprêtais à nous faire plonger. Laissons ces questions à ceux qui savent y répondre.</p><p>« Mesdames, mes sœurs, la machine à faire la vie signe notre fin. » L’anthropologue n’en démord décidément pas. Est-ce à dire qu’une femme ne procréant pas de nos jours n’est pas une femme ? Bien sûr que non, car aux yeux de beaucoup d’hommes demeure <em>la possibilité biologique</em> pour elle d’avoir un enfant, quand bien même elle clamerait son désir de ne pas en avoir. Quid alors des femmes stériles ? Sont-elles devenues asexuées par la simple lecture d’un diagnostic ? Peut-être. Je m’interroge : se pourrait-il qu’inconsciemment un homme lambda soit moins attiré par une femme qu’il sait stérile, quand bien même il n’envisagerait pas de fonder avec elle un foyer ? Le désir sexuel serait-il aussi calculé ?</p><p>Au fond ça n’a pas grande importance. En attendant la fin annoncée de la sexualité, une question demeure – et pas des moindres : où est-elle, la femme véritablement libre ? Je la recherche désespérément, de comptoir en comptoir, verre après verre, celle qui saura coucher nuit après nuit avec des partenaires différents sans jamais vouloir rester, sans jamais s’attacher et qui posera dès le départ une règle simple : « ni sentiments, ni croissants ».</p><div
class="notes"> NOTES<br
/> <a
href="#_ftnref1">[1]</a> Ne vous indignez pas déjà, gardez-en pour la suite : il y a pire.<br
/> <a
href="#_ftnref2">[2]</a> <strong>Sastre P.</strong> (2008) <em>Ex Utero</em>. La Musardine : Paris.<br
/> <a
href="#_ftnref3">[3]</a> Ceci dit, vu le nombre de mots qu’il ne reconnaît pas je ne suis pas certain que cela doive vous rassurer…<br
/> <a
href="#_ftnref4">[4]</a> Du grec « ektos » (au-dehors) et « genesis » (naissance).<br
/> <a
href="#_ftnref5">[5]</a> <strong>Iacub M.</strong> (2002) <em>Qu’avez-vous fait de la libération sexuelle ?</em> Flammarion : Paris. Chapitre 10 : « Mères Machines ».<br
/> <a
href="#_ftnref6">[6]</a> Lire les commentaires sous un <a
href="../manifeste-des-cueilleurs-nocturnes-25534">précédent article</a>. Notons que cela ne s’applique a priori pas aux <em>Childfree</em> (« partisans d’une stérilité heureuse »). Sans doute parce qu’eux ont « un gros QI » si l’on en croit <strong>Peggy Sastre</strong>. Ils auraient en effet un QI moyen de 141, « pour ceux qui le connaissent ». Autant dire <em>après sélection des plus intelligents pour servir notre propos</em>. Quant à la validité d’un tel argument, je n’en parle même pas.</div><p>Articles similaires<ol><li><a
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isPermaLink="false">http://www.discordance.fr/?p=30983</guid> <description><![CDATA[On sait que la mort est la fin de la vie mais on ignore si elle est le début d’autre chose. Cette ignorance insoutenable génère un maelstrom incroyable d’émotions et souvent, une multitude d’emmerdes. Le Salon de la mort a été l’occasion de rencontrer tous les zigues qui planchent sur le sujet pendant qu’on s’occupe bêtement de vivre.]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h3>Introduction : un pied dans la tombe</h3><p><img
src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/04/Salon-Mort-05-e1302857936873.jpg" alt="" title="Salon Mort - 05" width="620" height="412" class="alignnone size-full wp-image-31140" /></p><p>La mort est omniprésente dans la vie. Que ce soit aux informations, au cinéma ou dans nos assiettes, les macchabées sont partout. Il est courant cependant d’éviter soigneusement les questions techniques qui ont rapport au décès : «<em> Finalement, toi, tu préfères te faire enterrer ou te faire brûler ? Ouais, moi aussi. Et tu penses qu’il y a une vie après la mort ? Ouais, non, je ne sais pas, mais c’est pas con, j’irai voir ce site, etc. </em>»</p><p>L’idée des deux organisateurs du Salon de la mort, Jean-Pierre Jouet et Jessie Westenholz, était de rassembler tout ce qui se fait de mieux en matière de décès. Les créateurs de ce salon, à qui l’on doit déjà la FIAC, <a
href="http://www.discordance.fr/salon-du-livre-de-paris-2011-29784">le Salon du livre</a> ou le Salon Nautique, ont visé juste : on trouve bien plus de candidats à la Grande Faucheuse que de lecteurs assidus ou de mordus de planche à voile. Et c’est donc au cours de cette première mondiale que les acteurs de ce secteur ont ouvert leurs portes à l’homme de la rue afin que celui-ci ne soit pas dépourvu le jour où un semi-remorque lui passera dessus. 25 000 visiteurs étaient attendus, avec comme cœur de cible ceux qui «<em> souhaitent s’informer sur les choix, préparer les étapes et anticiper les décisions nécessaires, mais qui souhaite également réfléchir, échanger, partager </em>». Cela va du « <em>service ante mortem et morterm </em>» jusqu’au service « <em>post-mortem</em> » que ce soit sous les angles « <em>médicaux, économiques, juridiques, culturels et philosophiques </em>» <a
name="_ftnref1" href="#_ftn1">(1)</a></p><p>Qu’il s’agisse de débarrasser, embellir, enterrer ou masquer ces carcasses imbouffables. Qu’il s’agisse de régler (ou non) toutes ces questions si bassement matérialistes qui ne manquent pas de se poser. Qu’il s’agisse de communiquer le plus efficacement sur ce sujet délicat ou qu’il s’agisse de vous alléger de la perte d’un être cher (ou peut-être pas autant que ça finalement), chaque situation possède toute une palette de services appropriés.</p><h3>Discutons un peu de la mort, voulez-vous</h3><p><img
src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/04/Salon-Mort-04-e1302857989303.jpg" alt="" title="Salon Mort - 04" width="620" height="412" class="alignnone size-full wp-image-31137" /></p><p>Désacraliser la mort, briser le tabou ? OK, allons visiter la mort et sa clique de businessmen. Vivons la mort comme la politique, sans complexe, en short et en baskets. Et puis, plutôt que de profiter du soleil en sirotant une mousse, allons nous enterrer au Carrousel du Louvre. Ça n’entamera pas pour un sou notre joie de vivre.</p><p>« <em>Bonjour, je suis pisse-copie pour Discordance.fr, ouais-ouais. Vous ne connaissez pas ? Ça doit être pour ça que je ne suis pas payé.</em> » On me fait remplir une fiche avant de me filer un badge presse. En le regardant de plus près, je me rends compte que ce petit accessoire devait initialement être accroché au chemisier de Muriel de Testament Obsèques (on voit encore les lettres à la lumière). À tout hasard, je chipe les tarifs des Carnets du jour du Figaro. Pour annoncer le décès de son grand-père, comptez 23 euros la ligne en semaine, 26 le week-end. Et comme il est exigé un minimum de 10 lignes, il va falloir crever en silence, papy. L’opération se veut nettement plus rentable si l’on est célèbre : on laisse ses biftons reposer sagement dans son portefeuille et on décroche la Une. Avec un peu de ténacité, on se fait même bien plus de pub que de son vivant.<script type='text/javascript' src='http://www-958.ibm.com/me/visualizations/ee528b7a629c11e0b311000255111976/comments/ee59798a629c11e0b311000255111976.js'></script> C’est une sacrée paire de manches que de se repérer dans ce salon. Difficile de choisir entre le <a
href="http://veuve-clicquot.com/">Bar de la Veuve</a>, le stand de <a
href="http://www.ecole-occidentale-meditation.com/">l’école occidentale de méditation</a> et celui des chocolats rock’n’roll de la firme <a
href="http://www.deadlicious.com/">Deadlicious</a>. Bien sûr, on peut faire simple et visiter tous les fringants employés qu’on s’attend à voir ici : marbriers, assureurs, fonctionnaires, directeurs d’école, les associatifs, les maquilleurs post-mortem en passant par les militants du don d’organe et j’en passe. En tout, il y a près d’une centaine de stands ou on vend tout et n’importe quoi.</p><p>Le premier stand qui m’interpelle est celui de <em>Souvenirs à la lettre</em>. Cette nouvelle boite fait partie des <em>messagers de la postérité</em> à l’instar de <a
href="http://www.movieternity.com/">Movie Eternity</a>. Elle propose de réaliser un « abécédaire de votre vie » en vidéo – on choisit une lettre, un mot et on blablate dessus. J’attends pour tester le machin quand l’artillerie lourde se pointe, une équipe de M6 en l’occurrence. Ils font causer le réalisateur, Jean-Michel Kuess, sa collègue, Véronique Maurey et une bonne dame, Stéphania, qui vient de résumer sa vie en trois lettres. La Genevoise semble tout émue à l’idée que ses proches puissent la voir à la télé alors qu’ils ne savent pas qu’elle est là. Je regarde le travail du caméraman, du journaliste et de la jeune stagiaire collégienne. Je griffonne en même temps mes trois lettres et mon texte. Le journaliste veut recueillir mon témoignage au passage, ce à quoi je lui réponds que je cherche aussi à faire parler les autres. <a
name="_ftnref2" href="#_ftn2">(1)</a> Bref, le cirque est fini et c’est mon tour. Je rentre dans le studio de tournage/montage. On ferme le rideau rouge derrière moi pour conserver mon intimité bien cachée. Le technicien s’affaire à monter Stéphania pendant que Jean-Michel me met en boite. Les spots m’étouffent et la caméra m’oppresse, si bien que je me rate lamentablement à la première prise. On plie l’affaire en vingt minutes. En visionnant le résultat chez moi, il semblerait que j’ai bien fait de ne pas parler à M6.</p><p>Je feuillette des prospectus sur la mort en mangeant un sandwich infect qui pourrait — tout est possible — sonner ma fin. Même en y réfléchissant sérieusement, difficile de déterminer les causes qui feraient que le grand public se déplace pour un tel salon. Pour Véronique Maurey, « <em>les gens viennent ici pour prendre conscience du fait que la mort se prépare. Elle fait partie de la vie</em> ». Un pied dedans, un pied dehors en somme. Stéphanie et Marlène, deux visiteuses curieuses, ne « <em>s’attendaient pas à un salon qui soit aussi classique et commercial. Quand il a été présenté dans les journaux, il était présenté sous un angle comique, avec son point d’exclamation. En venant ici, on s’aperçoit que c’est plutôt un salon de professionnels.</em> » Ceux qui sont faciles à attirer, ce sont surtout les journaleux. Ça n’a pas raté, les couloirs en sont pleins. Jeux de mots faciles, évènements insolites, cela augure un boulot simple pour un rendu foncièrement attractif. D’ailleurs, beaucoup de titres de presse sont présents au Salon de la mort (Le Figaro, Psychologie Magazine, La Vie,  Funéraire Magazine, Gazette Santé Social, etc.). À quand un salon de la mort (de la presse) ?</p><p><img
src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/04/Salon-Mort-03-e1302858085126.jpg" alt="" title="Salon Mort - 03" width="620" height="412" class="alignnone size-full wp-image-31136" /></p><p>Mon portefeuille me gratte sévèrement. Il faut se rendre à l’évidence, je ne peux pas mourir avant d’avoir trouvé un vrai travail. Il ne me resterait plus qu’à me faire enterrer dans le jardin d’un pote pour servir de fertilisant à ses plants de tomates. Après tout dépend de la formule : « Ça dépend de ce que souhaite la personne. Il y a beaucoup de paramètres, ce qui fait que, sur une même région, le prix peut fortement varier » note Charles Simpson, fondateur d’<a
href="http://www.obseques-infos.com/">Obsèques Infos</a>. La mort est un marché, figurez-vous, avec tout ce que cela implique. Il y a les riches, qui peuvent se payer des urnes de luxe chez Chevillard Phénix. Alors que les pauvres devront d’abord faire un tour sur les comparateurs de prix (Obsèques infos) pour savoir, si oui ou non, leur famille devra se séparer de leur dépouille dans une benne.</p><p>Nos chers cadavres font l’objet des mêmes révolutions sociétales que nous autres. Il y a tout d’abord la révolution numérique qui permet de gérer sa mort ou celles des autres derrière son écran. Il devient très simple en effet de comparer les prix des crémations, faciliter son deuil via des associations, s’occuper de la postérité. Bien sûr le développement durable a également fait son apparition : des cercueils en carton chez AB Crémation, pourrir au creux d’un arbre plutôt que d’avoir une vue imprenable sur un horizon bétonné.</p><h3><strong>Mourir, oui, mais pourquoi ?</strong></h3><p>Finalement, y-a-t-il une vie après la mort ? Est-ce que mon tonton me voit là-haut alors que je m’affaire à fumer des joints dans le grenier ? Mais j’en sais rien, bon Dieu. Les seules personnes à le savoir n’ont pas été invitées, malgré la popularité dont ils jouissent présentement. Pas un zombie en miettes dans les couloirs, un type qui traîne ses intestins derrière-lui ou une poupée qui te gerbe du sang au visage à chaque fois qu’elle te dit « cerveau ».</p><p>Prenez-le pour dit, certaines personnes peuvent se révéler nettement plus utiles mortes que vivantes. C’est ce dont je prends conscience en discutant avec un membre de l’association <a
href="http://www.france-adot.org/">France Adot</a>. Elle me parle de la loi « scélérate » qui régit le don d’organe. Correction, ça commence déjà vivant. On peut vous reprendre moelle osseuse, rein, peau, fragments osseux et lobe hépatique et lobe pulmonaire <a
name="_ftnref3" href="#_ftn3">(3)</a>.</p><p>La douloureuse pour les morts : cœur, foie, rein, poumon, pancréas, os et cartilage, corné, peau et l’Intestin. Je dis oui, mille fois oui mais attention : qu’on ne me refoute pas le cœur si c’est pour le placer dans le corps de n’importe qui. Mouammar par exemple, vous pouvez le laisser crever dans son bunker pitoyable en le montrant du doigt, rire bien fort et basta. Et puis, j’ai horreur des gens. Je ne vais pas me mélanger à eux alors que j’ai déjà des difficultés à prendre le métro calmement.</p><p><script type="text/javascript" src="http://www-958.ibm.com/me/visualizations/da594bb6629e11e0bbff000255111976/comments/da6c76aa629e11e0bbff000255111976.js"></script></p><p>Quoique, la mort est un outil de sociabilisation fabuleux. En passant devant le stand de l’Institut de Recherche sur les Expériences Extraordinaires (<em>INREES)</em>, je croise le zigue qui accompagnait <strong>Amélie Nothomb</strong> à la séance de dédicace de la librairie <em>Comme un roman</em> (Chatou, Yvelines). Il me reconnaît et me serre la pince, malgré ses dix kilos de bague. Le mec a un parcours cahoteux et halluciné. Diplômé d’une école d’ingénieur, il décide d’ouvrir une galerie d’art. Il joue ensuite au poker et remporte une mise immense. Il sortira un roman sur le sujet, <em>No Limit</em>. Aujourd’hui, il vient présenter son deuxième bouquin, <a
href="http://www.albin-michel.fr/Lucie-dans-le-ciel-EAN=9782226220622">Lucie dans le ciel</a>, qui traite des « psychédéliques<em> ».</em></p><p>Croyez-moi, la mort ne se refuse pas. Alors, quitte à l’adopter, autant l’essayer avant. Ca tombe bien, à deux pas du stand où un type maquille consciencieusement un masque à visage humain, un cercueil est planté là avec la mention « essayez-moi ».<em> Je m’allonge dedans devant un public qui sourit comme s’il avait affaire à un clown dans une fête foraine. On renferme, enfin la paix. Mes pieds dépassent un peu mais c’est plutôt confortable.</em><em> </em>Alors, la mort ? Bof, ça n’a pas l’air bien différent de la vie.</p><div
class="notes"> <strong>Notes</strong></p><p><a
name="_ftn1" href="#_ftnref1">(1)</a> Les citations entre guillemets sont issues du dossier de presse.</p><p><a
name="_ftn2" href="#_ftnref2">(2)</a> Ils garderont une seule image diffusée en sommaire du journal.</p><p><a
name="_ftn3" href="#_ftnref3">(3)</a> Moelle osseuse, donneurs familiaux ou non. Rein : entre proches du cercle familial. Lobe hépatique et lobe pulmonaire : exceptionnellement précise le site. La cornée, c’est la partie transparente du globe oculaire, située devant l&#8217;iris. L’intestin, on vous le prend rarement.</div><p><strong>La mort est-elle un tabou ? [Encart] </strong></p><p><strong>Jean-Michel Kuess</strong>, réalisateur : « <em>je pense que la mort est encore un tabou. C’est notamment à cause de la déspiritualisation de la société. Je pense que les pratiquants juifs, musulmans et ou chrétien ont plus de facilité à aborder les choses. »</em></p><p><strong>Tom Verdier</strong>, écrivain : « <em> je pense que la mort est un tabou dans notre société, ce qui est représentatif de la façon dont on essaye de rendre tout le monde parfaitement « adolescent ». C’est un des symptômes d’une société qui n’est pas adulte. </em>»</p><p><strong>Élisa</strong>, employé chez OGF (services funéraires) : « <em>je pense que le tabou qui entoure la question de la mort vient plus de la part des professionnels que du public. Les gens sont assez réceptifs à ce sujet.</em> »</p><p><strong>Crédit photo :</strong> <a
href="http://www.evaedavier.com/">Eva E. Davier</a></p><p>Aucun article similaire.</p>]]></content:encoded> <wfw:commentRss>http://www.discordance.fr/salon-de-la-mort-ne-crevez-pas-n%e2%80%99importe-comment-30983/feed</wfw:commentRss> <slash:comments>0</slash:comments> </item> <item><title>Internet, un espace public pas ordinaire</title><link>http://www.discordance.fr/internet-un-espace-public-pas-ordinaire-29712?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=internet-un-espace-public-pas-ordinaire</link> <comments>http://www.discordance.fr/internet-un-espace-public-pas-ordinaire-29712#comments</comments> <pubDate>Thu, 07 Apr 2011 13:37:31 +0000</pubDate> <dc:creator>Julia</dc:creator> <category><![CDATA[Société]]></category> <category><![CDATA[Dominique Cardon]]></category> <category><![CDATA[réseaux sociaux]]></category> <category><![CDATA[web 2.0]]></category> <guid
isPermaLink="false">http://www.discordance.fr/?p=29712</guid> <description><![CDATA[Dominique Cardon était de passage fin mars à la Cantine Numérique rennaise pour une petite conférence présentant sa typologie des réseaux sociaux qui, bien qu'établie il y a deux ans et malgré la profusion de nouveaux réseaux, reste tout à fait pertinente.]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p>Depuis la publication de son essai <em>La Démocratie Internet</em> à l&#8217;automne dernier, le sociologue et chercheur chez Orange Labs <strong>Dominique Cardon</strong> a investi l&#8217;espace médiatique (en tout cas sur le web). Il faut dire que l&#8217;ouvrage, fluide et concis, présente une vision renouvelée de l&#8217;espace public virtuel. L&#8217;auteur y trace notamment les contours d&#8217;un web en &laquo;&nbsp;clair obscur&nbsp;&raquo;, ni public, ni privé, où l&#8217;on dévoile de soi mais où surtout on fait vivre l&#8217;art de la conversation. Il fournit également un éclairage sur le débat autour de la &laquo;&nbsp;<em>privacy</em>&nbsp;&raquo; (qui concerne les paramètres de confidentialité), au cœur des craintes sur les réseaux sociaux.</p><h3>Web 2.0 : les variables de la typologie</h3><p><img
class="alignnone size-full wp-image-29745" title="typologie-reseaux-cardon" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/03/cardon02.jpg" alt="" width="600" height="415" /></p><p>La typologie du web 2.0 présentée lors de la conférence se base sur deux variables importantes : la reconnaissance d&#8217;identités multiples que les gens revêtent selon les réseaux, mais également &laquo;&nbsp;in real life&nbsp;&raquo;, et l&#8217;idée d&#8217;un &laquo;&nbsp;design de la visibilité&nbsp;&raquo;. Si les publications dans les médias traditionnels sont considérées comme publiques, sur le web des zones intermédiaires émergent. Les interactions qui y ont lieu concernent plus ou moins de personnes, de façon plus ou moins visible.</p><p><strong>Dominique Cardon</strong> met particulièrement en avant deux types de visibilité sur les réseaux sociaux :</p><p>Une identité en paravent, par exemple des sites de rencontre où les membres se cachent derrière des critères précis et objectifs : âge, taille, sexualité&#8230;.L&#8217;identité &laquo;&nbsp;réelle&nbsp;&raquo; se dévoile alors au fur et à mesure des échanges, jusqu&#8217;à une rencontre éventuelle.</p><p>Une identité en clair-obscur, qui correspond davantage à des plateformes de type Skyblog, Live Journal ou Facebook. On se montre et on se met en scène, mais à un groupe réduit de personnes avec qui on va partager son intimité. Les utilisateurs de Skyblog communiquent activement avec une quinzaine de personnes, tout comme sur Facebook. Les autres constituent un &laquo;&nbsp;public silencieux&nbsp;&raquo;. Une trop grande visibilité peut discréditer : &laquo;&nbsp;<em>il a trop d&#8217;amis Facebook pour être honnête</em>&laquo;&nbsp;.</p><p>La typologie établit également une distinction entre être et faire, et <strong>Dominique Cardon</strong> part du postulat qu&#8217;aujourd&#8217;hui on se fait de plus en plus connaître par ce que l&#8217;on fait, et non par ce que l&#8217;on est. Il aurait sûrement été intéressant de développer davantage cet aspect et d&#8217;étudier les motivations des acteurs, ou l&#8217;articulation entre pratiques professionnelles et amateurs.</p><h3>Une véritable réappropriation des services ?</h3><p>Deux exemples intéressants de réappropriation des réseaux par leurs usagers sont cités, soit grâce à la façon dont le service a été pensé, soit en contradiction.</p><p>* <strong>Le sacre de l&#8217;amateur</strong>*<sup>(1)</sup></p><p>Un exemple de pratique amateur qui a explosé ces dernières années : la photo. Sur les réseaux, on retrouve la photo des petites choses du quotidien, en opposition à la photo traditionnelle et posée, encouragée également par les téléphones mobiles. Sur le principal site de partage de photos, Flickr, les photos sont publiques par défaut. Des connections entre utilisateurs peuvent alors se créer, qui n&#8217;avaient pas été imaginées. Dominique Cardon donne l&#8217;exemple un peu caricatural du groupe Flickr des repas d&#8217;avion : une communauté de grands voyageurs se crée d&#8217;une façon inédite.</p><p><strong>* L&#8217;exemple de Friendster*</strong></p><p>En 2004, Friendster était l&#8217;ancêtre de Facebook aux USA, seulement on ne pouvait être ami qu&#8217;avec les amis de ses amis. Les utilisateurs se sont donc mis à créer des &laquo;&nbsp;fakester&nbsp;&raquo;, de faux profils pour avoir accès à d&#8217;autres personnes. Ceux-ci sont supprimés du site par Friendster, ce qui mène à une &laquo;&nbsp;manif virtuelle&nbsp;&raquo;. Deux utilisateurs  créent alors Myspace, dont le réglage par défaut inclue Tom (l&#8217;un des deux créateurs), un clin d&#8217;œil aux fakesters. Peu à peu les musiciens se sont emparés de l&#8217;outil, un usage qui n&#8217;était pas prévu à l&#8217;origine.</p><h3>Mon ami est un bookmark</h3><p>La conférence se termine sur un nouveau thème à la mode, la sérendipité, ou le fait de tomber sur une information ou de faire une découverte de manière fortuite : <em>les chercheurs d&#8217;information n&#8217;hésitent pas à naviguer, voire à se perdre au sein des liens hypertextes pour trouver au hasard d&#8217;une page, au détour d&#8217;un lien, au cœur d&#8217;un nœud, une information leur étant utile… alors même qu&#8217;ils ne savaient pas qu&#8217;ils la cherchaient vraiment.</em><sup>(2)</sup></p><p>Les chercheurs du web social partagent des playlists, des sites, des bookmarks, et leurs amis, qui ne savent pas ce qu&#8217;ils cherchent, trouvent quels sont leur centres d&#8217;intérêt. Ce que mes amis aiment a de fortes chances de m&#8217;intéresser (postulat à la base de nombreux services de &laquo;&nbsp;curation&nbsp;&raquo;) : quitte à ne plus s&#8217;intéresser qu&#8217;à un nombre réduit de thématiques ? A se demander si le hasard a encore sa place dans la nébuleuse des réseaux&#8230;</p><p>Le support de la conférence :</p><div
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class="notes"> <sup>(1)</sup> Du nom de l&#8217;ouvrage de <strong>Patrice Flichy</strong>, <em>Le sacre de l&#8217;amateur</em>, Le Seuil, 2010</p><p><sup>(2)</sup> Extrait de Wikipédia : <a
href="http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9rendipit%C3%A9" target="_blank">http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9rendipit%C3%A9</a></div><p>Articles similaires<ol><li><a
href='http://www.discordance.fr/piratage-sur-internet-un-discours-114' rel='bookmark' title='Piratage sur Internet, un discours inintelligible'>Piratage sur Internet, un discours inintelligible</a></li></ol></p>]]></content:encoded> <wfw:commentRss>http://www.discordance.fr/internet-un-espace-public-pas-ordinaire-29712/feed</wfw:commentRss> <slash:comments>0</slash:comments> </item> <item><title>Rassemblement du 19 mars : tous Libyens !</title><link>http://www.discordance.fr/rassemblement-du-19-mars-tous-libyens-2-29677?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=rassemblement-du-19-mars-tous-libyens-2</link> <comments>http://www.discordance.fr/rassemblement-du-19-mars-tous-libyens-2-29677#comments</comments> <pubDate>Wed, 23 Mar 2011 16:11:00 +0000</pubDate> <dc:creator>Fanny</dc:creator> <category><![CDATA[Actualité]]></category> <category><![CDATA[kadhafi]]></category> <category><![CDATA[Libye]]></category> <category><![CDATA[rassemblement]]></category> <category><![CDATA[révolution]]></category> <guid
isPermaLink="false">http://www.discordance.fr/?p=29677</guid> <description><![CDATA[Une femme verse une larme. Elle est libyenne. Un journaliste tente alors subrepticement de la prendre en photo, mais elle se retourne pudiquement. On sent, en voyant ses yeux humides, l’émotion et l’espoir galvanisés par ce rassemblement fraternel et solidaire, et à la fois l’air grave d’une femme qui ne sait comment son pays va s’en sortir.
]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p>Une centaine de personnes environ, peut-être deux cents à certains  moments, se sont réunies pour soutenir le peuple libyen au Trocadéro le  19 mars, devant les statues dorées du Musée de l’Homme. Au même moment, le sommet international de Paris s’apprêtait à lancer officiellement les  opérations militaires dans le ciel libyen.</p><p><strong><a
rel="attachment wp-att-29693" href="http://www.discordance.fr/rassemblement-du-19-mars-tous-libyens-2-29677/ly-1951"><img
class="alignleft size-full wp-image-29693" title="Le drapeau de la Libye" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/03/ly-1951.gif" alt="" width="432" height="216" /></a></strong>Des drapeaux libyens flottent. Le drapeau rouge, noir et vert de la monarchie d’<strong>Idris 1<sup>er</sup></strong>, instauré en 1951. Il a été supprimé par <strong>Muammar Kadhafi</strong> après son coup d’Etat de 1969 et remplacé en 1977 par un simple fond vert uni. Ce symbole tricolore de l’unité des trois provinces traditionnelles de Libye (Fezzan, la Tripolitaine et la Cyrénaïque) refait surface depuis quelques semaines dans les rangs des opposants au régime. Ici, des hommes le font danser en chantant des slogans, en français et en arabe : « <strong>Kadhafi</strong> Assassin ».</p><p>La <a
href="http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/libye_409/france-libye_1176/presentation_4528/resolution-1973-adoptee-par-conseil-securite-nations-unies-17-mars-2011_90899.html" target="_blank">résolution 1973</a> de l’ONU, adoptée le 17 mars dernier, autorise l’usage de la force  (aérienne) pour protéger les populations civiles en Libye. Cette décision est plutôt bien reçue par les Libyens présents à la  manifestation de soutien. Certains remercient même la France pour son rôle en brandissant des drapeaux bleu/blanc/rouge. Une libyenne au manteau, foulard et gants noirs est heureuse de cette résolution. « Il faut combattre <strong>Kadhafi</strong> », s’écrie-t-elle déterminée. Ses yeux soulignés de khôl se concentrent sur les orateurs qui se  succèdent. Elle chante, scande les slogans. Ils font référence à la personnalité et la coiffure ridicule de ce dictateur ubuesque.</p><h3><strong>Espoir et Doutes</strong></h3><p>L’intervention militaire de l’ONU crée un espoir mais réveille aussi  l’appréhension d’un conflit qui peut mal tourner. L’Irak, l’Afghanistan.  Tout le monde a ces exemples en tête. Parmi les intervenants de ce  rassemblement, un membre du Front de Gauche rappelle qu’il faut  surveiller de près les opérations militaires pour que cette résolution  soit scrupuleusement suivie. Autrement dit, il faut veiller à ce que  cette intervention ne devienne pas une invasion des forces  internationales sur le sol libyen. La peur de l’escalade de la violence  est toujours présente. Mais pour les libyens, la violence est déjà là.  Beaucoup disent qu’il faut empêcher <strong>Kadhafi</strong> coûte que coûte de massacrer son peuple.</p><p><strong>Abdel Enedjid</strong> fait partie des gens qui voient d’un  mauvais œil l’intervention de l’Occident. Cet entrepreneur libyen en  import/export habite en France depuis des décennies. Il  est contre une  intervention militaire, et donc défavorable à la résolution de l’ONU  validée vendredi matin. Pour lui, la révolution n’aurait pas du  dégénérer ainsi : « Elle a échoué. Benghazi n’aurait pas du prendre les  armes. Ils ont voulu aller trop vite. Les habitants de Tripoli sont  moins engagés et belligérants, mais ils en ont marre de <strong>Kadhafi</strong> aussi. Ils auraient rejoint le mouvement pacifique. Ce Conseil National  de Transition, c’est n’importe quoi. L’ancien ministre de la Justice en  fait partie. Cette révolution a été récupérée à mon sens ».</p><p>A la question : « Comment empêcher le massacre de civils par les forces pro-<strong>Kadhafi</strong> ? », il ne sait que répondre. Il ne lui reste qu’à espérer.</p><p>Sa famille est à Benghazi. Il n’a pas pu les joindre depuis quelques jours. Apparemment les communications ont été coupées. <strong>Abdel</strong> raconte que son neveu a pris les armes avec l’opposition pour faire tomber <strong>Kadhafi</strong>, après avoir passé 5 ans en prison pour avoir hébergé quelqu’un  d’indésirable. Son neveu a subi des actes de tortures et en est sorti handicapé physiquement et très atteint psychiquement. « J’espère qu’il s’en sortira », confie-t-il.</p><h3><strong>Les peuples arabes en lutte </strong></h3><p>L’espoir de la chute du colonel dépasse les frontières libyennes.  D’autres drapeaux flottaient : celui de la Tunisie, de l’Egypte et  l’oublié du moment, le Bahreïn. Des collectifs pour ces pays se sont  ralliés au Collectif de solidarité avec le peuple libyen, pour affirmer  leur soutien. Ces voix se sont succédées pour prendre à parti leur  propre gouvernement pour agir. « Honte à toi, <strong>Bouteflika</strong> » a lancé une représentante algérienne en dénonçant la « complicité » du chef de l’Etat algérien avec le colonel <strong>Kadhafi</strong>.  Un échec de la révolution libyenne pourrait signer l’arrêt de l’élan  démocratique des nations arabes en révolution en laissant croire aux  régimes autoritaires qu’ils peuvent s’en sortir.</p><p>Ces nations en transition veulent se faire entendre. Un syrien membre  du collectif de la Déclaration de Damas, opposition syrienne, distribue  des tracts en français et en arabe. Le représentant d’un groupe  marocain pour la démocratie invite à une conférence de presse sur les  problèmes sociaux au Maroc. Tous ces militants  recherchent un écho  auprès des journalistes pour leurs luttes respectives.</p><p>Il n’en reste pas moins que ce rassemblement était fraternel. Une solidarité qui n’est pas évidente. Comme le rappel <strong>Enedjid</strong>,<strong> « </strong>le  peuple arabe dans son ensemble n’existe pas. C&#8217;est une entité pratique  ». Mais elle correspond à un ensemble de peuples et de pays au Maghreb et au Machrek qui ne s’entendent pas nécessairement. Ici, ils se  soutiennent, veulent la même chose : la liberté. Ils le crient avec  force. On n’est ni au Caire, ni à Tunis, ni à Benghazi. Pourtant, on sent à quel point cette période est cruciale et douloureuse dans ces pays.  Européen, on se sent solidaire, sincèrement.</p><p><em>Bref aperçu de l&#8217;ambiance du rassemblement :</em> <object
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