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> <channel><title>Discordance &#187; Médias</title> <atom:link href="http://www.discordance.fr/category/medias/feed" rel="self" type="application/rss+xml" /><link>http://www.discordance.fr</link> <description>Magazine hors-format</description> <lastBuildDate>Fri, 10 Feb 2012 15:53:01 +0000</lastBuildDate> <language>fr</language> <sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod> <sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency> <generator>http://wordpress.org/?v=3.3.1</generator> <xhtml:meta xmlns:xhtml="http://www.w3.org/1999/xhtml" name="robots" content="noindex" /> <item><title>Comptes et histoires du magazine Asies</title><link>http://www.discordance.fr/comptes-et-histoires-du-magazine-asies-38554?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=comptes-et-histoires-du-magazine-asies</link> <comments>http://www.discordance.fr/comptes-et-histoires-du-magazine-asies-38554#comments</comments> <pubDate>Mon, 31 Oct 2011 13:33:57 +0000</pubDate> <dc:creator>Yves Tradoff</dc:creator> <category><![CDATA[Médias]]></category> <category><![CDATA[asie]]></category> <category><![CDATA[asies]]></category> <category><![CDATA[laurent passicousset]]></category> <category><![CDATA[magazine]]></category> <category><![CDATA[reportage]]></category> <guid
isPermaLink="false">http://www.discordance.fr/?p=38554</guid> <description><![CDATA[Laurent Passicousset, co-fondateur et directeur de la rédaction d’Asies, nous a confié les secrets de fabrication de son magazine. L’occasion de comprendre la vision qui anime cette rédaction pas comme les autres et de voir la machinerie que nécessite la création de ce support.
]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p>À une époque où la mort de la presse papier est annoncée à longueur de journée, il n’est franchement pas de bon ton de lancer un magazine d’enquêtes et de reportages. Malgré tout, Laurent Passicousset et Solomon Kane ont lancé en juin 2011 le leur, un magazine trimestriel exclusivement consacré à l’Asie. Quelque temps après la sortie du numéro 2, Laurent Passicousset nous raconte <em>Asies</em> en lettres et en chiffres.</p><h3>De l&#8217;ESJ  à Asies</h3><p><img
class="alignleft size-full wp-image-38558" title="Asies 1" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/10/Asies-11.jpg" alt="" width="205" height="288" />Laurent Passicousset est sorti de la prestigieuse École de journalisme de Lille, l’ESJ, au début des années 90. Son attirance pour l’Asie l’a très vite rattrapé : «J&#8217;ai fait mon service national au Vietnam. Après quoi, je suis devenu correspondant pour des titres de presse quotidienne, des magazines et des radios en Asie. Au total, j’y suis resté dix ans. » De retour en France, il travaille pour des écoles de journalisme, l’ESJ tout d’abord, puis le Centre de Formation des Journalistes (CFJ), dont il assurera la direction en 2007 et 2008. Une fois redevenu journaliste indépendant, il ne trouve pas de supports satisfaisants où parler de l’Asie. « <em>L’une des réponses, comme beaucoup de journalistes le font, a été d’écrire un bouquin.<a
title="" href="#_ftn1"><strong>[1]</strong></a> L’autre réponse a été de chercher un support sur lequel s’exprimer dans la longueur. Comme il n’y avait pas grand-chose sur l’Asie, nous avons créé un magazine</em>. » Le projet a démarré dès l’été 2009, mais il a fallu du temps aux fondateurs d’Asies pour sortir le premier numéro. « <em>La société éditrice, Syndicasies, a été créée en octobre 2010. Il y a une grosse phase de murissement et de préparation avant le lancement du magazine en juin 2011.</em> »</p><p><strong>De Paris à Bangkok</strong></p><p>L’organisation du magazine Asies est d&#8217;une complexité étonnante. Si le siège social de la société éditrice d’Asies, Syndicasies, est situé à Paris, la rédaction est basée à Bangkok. Aussi, le directeur de la rédaction, Laurent Passicousset, et le rédacteur en chef, Solomon Kane, sont séparés par plus de 9.000 km. « <em>Grâce aux nouvelles technologies (Skype, visioconférence, etc.), il y a énormément d’échanges entre Bangkok et Paris. </em>» Le magazine voyage autant que les idées qui le construisent. Une fois le numéro bouclé, il est envoyé en Espagne afin d’y être imprimé. Le magazine part enfin en direction des kiosques des pays francophones (France, Canada, Belgique) et des états asiatiques (Inde, Cambodge, Laos, Vietnam, Corée du Sud, Japon, Chine et Hong-Kong) ainsi que dans les boites aux lettres des abonnés.</p><p>L’équipe est tout aussi cosmopolite et tout aussi dispersée. Il y a cinq salariés permanents, dont deux à Paris et trois à Bangkok. Moins de la moitié du contenu (articles, dessins, photos) des premiers numéros a été réalisé par des Français tandis qu’un gros tiers a été fait par des journalistes asiatiques. Les quelques papiers restants sont l’œuvre de journalistes étrangers non asiatiques. Quoi qu’il en soit, tous sont déjà familiers avec leurs sujets et leur zone de couverture : « <em>Il est rare que l’on envoie quelqu’un sur un terrain qu’il ne connaît pas. Il y a également beaucoup de gens qui sont résidents du pays sur lequel ils écrivent</em> » affirme Laurent Passicousset.</p><p>La rédaction d’<em>Asies</em> a fait le choix de ne pas parler de toutes les «Asies». « <em>Nous avons défini l’Asie comme étant à la fois l’Asie du sud, l’Asie centrale et l’Asie de l’est. Nous n’avons pas intégré les pays arabes et les pays perses par exemple.</em> » Si l’équipe a choisi de raconter ces pays par différents biais (enquêtes, reportages, fictions, etc.), le but est unique : donner à voir la proximité qu’ils ont avec la France. « <em>Notre idée, c’est qu’il ne faut pas seulement regarder l’Asie comme quelque chose d’exotique. Nous sommes en pleine interaction avec ces pays, que ce soit d’un point de vue économique, culturel ou sociétal […]. Sur certains sujets, il y a de l’information, sur l’économie, par exemple. En revanche, sur les conditions de vie des peuples asiatiques, les gens ne sont peu ou mal informés.</em></p><h3>Asies en chiffres</h3><p><img
class="alignleft size-full wp-image-38559" title="Asies 2" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/10/Asies-21.jpg" alt="" width="247" height="360" />Au total, le magazine trimestriel est tiré à 30.000 exemplaires. La majorité d’entre eux vont venir remplir les kiosques français (26 200 ex.), tandis qu’une petite partie va être envoyée à l’étranger (1.800 ex.). Deux mille magazines vont dormir sagement à la rédaction en attendant d’être envoyés aux abonnés (près de 400 à la fin du mois d’octobre), aux bénéficiaires d’une distribution gratuite ou vont servir à alimenter les stocks. Cette organisation dantesque a un coût. Pour chaque numéro d’<em>Asies</em>, il faut compter environ 43.000 euros. Cette somme regroupe à la fois les moyens nécessaires à la création du contenu (15.000), à l’impression (15.000) et à la distribution (13.000).</p><p>L’équipe tire majoritairement ses revenus de la vente en kiosques, d’où son prix : 8,90 euros. À l’instar de Rue 89, elle propose également des formations payantes en  journalisme afin de compléter ses recettes. Plus original, <em>« nous sommes en train de négocier notamment avec les chaînes hertziennes, la transformation de nos sujets d’enquête en magazine de télévision.  La télévision cherche souvent les idées dans la presse écrite, autant leur proposer en amont </em>».</p><p>Là où de nombreux journaux emplissent leurs pages de dizaines d&#8217;espaces publicitaires, l’équipe d’<em>Asies</em> a choisi de lui accorder une place discrète. Il y a en tout et pour tout 3 pages pleines de publicité dans les premiers numéros, toutes situées aux extrémités du magazine – deuxième et dernières pages. Par conséquent, seule une petite partie des revenus sont issus de la publicité : « <em>Nous avons la volonté d’avoir plus de publicité. Mais nous ne voulons pas que nos lecteurs soient &#8216;victimes&#8217; de notre succès dans ce domaine. Aussi, si nous avons plus de publicités, nous augmenterons la pagination. </em>» <em>Asies</em> doit donc faire du chiffre s’il veut survivre. « <em>Bien que cela dépende de nos autres recettes, nous ne pouvons pas être en dessous de 5.000 à 6.000 exemplaires pour atteindre l’équilibre.</em> » Pari réussi pour le premier numéro : 5.265 exemplaires ont déjà été vendus en France ainsi que 680 à l’étranger.<strong> </strong></p><div><hr
align="left" size="1" width="33%" /><div><p><a
title="" href="#_ftnref1">[1]</a> Philippe Papin, Laurent Passicousset, <em>Vivre avec les vietnamiens</em>, éditions de l’Archipel, 2010.</p></div></div><p>Articles similaires<ol><li><a
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isPermaLink="false">http://www.discordance.fr/?p=34672</guid> <description><![CDATA[Bester Langs, aka l'homme à la tête de chien, nous reçoit dans les bureaux de l'excellent webzine Gonzaï, qu'il a fondé en 2007. Et aboie avec la même verve que dans ses colonnes. Comment trouver sa place dans la presse web, et par rapport à la presse papier ? Le travail bénévole, qu'est-ce que ça change ? Et l'écriture rock'n'roll, ce serait quoi ? Aurait-elle encore un sens aujourd'hui ? Bester (rassurez-vous, il a aussi un vrai nom, mais c'est avec son avatar que nous dialoguerons ici) nous propose quelques pistes, vif, et un peu désabusé.
]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p><strong>Sur quel modèle économique fonctionne Gonzaï ? </strong></p><p><img
class="alignleft size-full wp-image-34708" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/07/besterlangs.jpg" alt="" width="307" height="401" />Le site ne génère pas de rentrées d’argent. Le local où nous sommes, où nous faisons les réunions de rédaction, c’est un bureau de promo musique. On génère des rentrées d&#8217;argent par des biais extérieurs : par exemple on bosse pour des marques en parallèle, en faisant bosser des mecs de chez Gonzaï en priorité dessus, pour leur permettre d&#8217;être un peu gratifiés, alors qu’ils sont bénévoles sur le site. C&#8217;est un peu transversal. Avec Orange on produit des émissions, et on bosse avec GreenRoomSessions pour un site qu&#8217;ils ont ouvert, axé électro, découvertes&#8230; La pub sur le site ne rapporterait rien, on ne génère pas assez de trafic. [NB: depuis que l'interview a été réalisé, Gonzaï s'est doté d'une régie pub. Signe que le site représente désormais assez de clics? En tout cas, toujours pas de bandeaux partout, ouf.]</p><p><strong>Le bénévolat, l’absence de moyens, c&#8217;est le principe de la presse en ligne&#8230; C’est une contrainte aussi ? </strong></p><p>C’est le principe, et c&#8217;est une fatalité surtout. On a plus de mal à fidéliser les journalistes, on est obligés de tourner. Les gens sont là pour un an ou deux, pour se faire une plume, un nom&#8230; Après, quand Gonzaï a commencé il y a quatre ans, le parti pris était d&#8217;utiliser les réseaux, à l&#8217;époque on ne connaissait personne, et pourtant on arrivait à avoir des disques avant qu&#8217;ils sortent&#8230; ça devient de plus en plus compliqué de barrer la route à un média.</p><p><strong>On a maintenant l’impression inverse, que la presse en ligne est en train de perdre sa liberté, que tout devient très uniforme&#8230; comme avec les radios libres, après l’exaltation des débuts.</strong></p><p>C&#8217;est assez logique, c’est un média qui arrive à maturité, qui a quinze ans maintenant. Oui, c’est la fin de l&#8217;internet libre. Gonzaï, ça nous prend du temps, c&#8217;est un boulot de chien, tu fais ça sur ton temps libre et ça te rapporte quoi ? Je peux comprendre que des gens aient envie de faire du trafic, pour avoir plus de visibilité, et donc parlent de ce dont tout le monde parle&#8230;</p><p><strong>Dans ce contexte, Gonzaï, tu le vois évoluer comment ? </strong></p><p>Je ne sais pas. Je suis toujours hyper critique sur Gonzaï, je me demande en permanence si c’est conforme avec l&#8217;idée qu&#8217;on avait au départ. Je ne suis jamais content.</p><p><strong>C&#8217;était quoi le déclencheur pour créer Gonzaï ? </strong></p><p>Au départ je n&#8217;arrivais pas à écrire en presse écrite. La vraie raison c&#8217;était ça, pas une envie de libérer la presse&#8230; J&#8217;en avais marre de dépendre de rédacs chefs. Alors on s&#8217;est dit qu’on pourrait créer un truc et dire vraiment ce qu&#8217;on pense&#8230; C&#8217;est l&#8217;époque où Tristram a sorti les traductions en français de Lester Bangs, on parlait de Hunter S. Thompson&#8230;</p><p><img
class="alignnone size-full wp-image-34774" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/07/Logo-positif-e1311890627740.jpg" alt="" width="630" height="630" /></p><p><strong>Tu te présentes comme l&#8217;héritier de Bangs, avec ton pseudo, Bester Langs, et le titre du magazine&#8230; </strong></p><p>Je trouve ça hyper prétentieux de dire « héritier ». Quand tu importes la culture américaine en France tu te retrouves toujours confronté à la petitesse du territoire français, alors si on doit transposer en France l&#8217;idéal thomsonien, ça va être un mec dans sa deuche qui boit du pastis&#8230;</p><p><strong>Quelle serait ta vision du gonzo ? </strong></p><p>Je suis dans la branche plutôt bangsienne, pas du tout dans une vision politique&#8230; Un peu comme ce que fait Vice sur le site français, ils ont ce côté thompsonien par moment. L’idée, c&#8217;est affirmer son point de vue avant toute chose, et ne pas hésiter à écrire ce qu&#8217;on veut sans avoir peur d&#8217;en faire des tartines. Sur Gonzaï, les papiers sont souvent assez longs, et on ne se demande jamais ce que va penser le lecteur de ce qu&#8217;on fait. Après, si c&#8217;est bien écrit ou pas, j&#8217;en sais foutrement rien.</p><p><strong>Le mot gonzo est revenu à la mode, plein de gens se sont réclamés de ça, simplement en écrivant &laquo;&nbsp;je&nbsp;&raquo;. Et le résultat est catastrophique.</strong></p><p>C&#8217;est arrivé à cette époque où il y avait cette culture du blog, je parle des vrais blogs écrits par des personnes seules, d’où cette tendance à écrire à la première personne. Nous, on voulait plus essayer de retrouver l&#8217;esprit du gonzo. On a voulu rendre hommage à Bukowski, Selby jr, plutôt que d&#8217;être leurs héritiers. Le problème c’est que maintenant, les gens viennent sur le site parce qu&#8217;ils s’attendent à ce qu’on descende Sofia Coppola, et c’est un peu triste d&#8217;ailleurs.</p><p><strong>Le risque c&#8217;est de parler en priorité de ce qu&#8217;on n’aime pas. Tu vois la fonction de Gonzaï comme le fait de remettre les pendules à l&#8217;heure quand tout le monde encense Katerine ou Megasushi ? </strong></p><p>Si on prenait la une des Inrocks toutes les semaines, et qu&#8217;on se disait, on va faire différent, pour faire différent, ça ça m&#8217;énerverait parce que ce serait une totale posture. Après, je trouve ça très bien qu&#8217;on puisse avoir un autre avis sur l’album de Katerine que tout le monde encense, et qu’on le montre. On a un minimum de lecteurs et d&#8217;audience, alors les gens en parlent.</p><p><strong>Est-ce que Gonzaï peut aussi avoir un rôle de défricheur ? </strong></p><p><img
class="alignleft size-full wp-image-35533" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/07/gonzai.jpg" alt="" width="620" height="535" />C&#8217;est le cas, sans prétention. Alister, Mustang, Koudlam, ça fait trois ans qu&#8217;on en parle, on les a fait jouer, il y a un vrai suivi ; c&#8217;est notre boulot de faire ça. Mais le problème c’est que sur un papier qui dit que tel groupe est génial, on a en général trois commentaires&#8230; Quand on dit du bien de quelqu’un, il y a moins de polémique, ça fait pas parler parce que personne ne connaît. Donc oui, on fait aussi ce boulot-là, mais c&#8217;est juste moins visible.</p><p><strong>Avec le gonzo, ce que vous défendez, ce ne sont pas seulement des artistes, mais aussi une manière d&#8217;écrire. Avec Lester Bangs, on a une verve qui correspond vraiment à la musique de l&#8217;époque. Or, est-ce que ça peut être pertinent aujourd&#8217;hui d&#8217;écrire comme Bangs alors qu’on vit une époque assez triste culturellement ? </strong></p><p>Déjà il ne s&#8217;agit pas d&#8217;écrire comme Bangs. Je l&#8217;ai lu il y a trois ans quand les traductions françaises sont sorties, mais je ne l&#8217;ai plus jamais relu depuis, parce que c&#8217;est un putain de piège. J&#8217;ai vu des gamins, des mecs à Gonzaï qui connaissaient Bangs, Thompson, Kerouac sur le bout des doigts, et ils sont piégés par leurs idoles parce que ça les rend incapables de sortir quoi que ce soit d&#8217;eux-mêmes. Ça devient un exercice stylistique. De même pour Philippe Garnier ou Laurent Chalumeau, pour moi ce sont des monstres, plus encore que Bangs. Ça va avec la période, d&#8217;un point de vue musical, mais aussi socio-politique, c&#8217;est sûr qu’aujourd’hui la musique raconte moins de choses, mais il y a aussi moins de choses à raconter.</p><p><strong>Aujourd&#8217;hui, la musique n&#8217;a plus rien à dire et on tombe sur Katerine qui dit qu&#8217;on n&#8217;a rien à dire&#8230; </strong></p><p>Oui, ça devient autoparodique et de plus en plus abyssal.</p><p><strong>Justement, on essaie de retrouver une énergie dans l&#8217;écriture alors qu&#8217;au niveau de la musique ça manque un peu d’énergie, on tourne un peu à vide.</strong></p><p>Ce n’est pas un problème musical, c&#8217;est un problème générationnel, parce que les jeunes sont dans un hédonisme total et n&#8217;ont pas à s&#8217;opposer à leurs parents, ils ont tout entre 15 et 20 ans, ils ont de l&#8217;argent, n’ont plus rien à revendiquer par rapport à la génération d&#8217;avant. Ils sont dans une logique de conservation des acquis.</p><p><strong>Ce qui expliquerait que cette génération soit aussi très passéiste culturellement. On est beaucoup dans l’idée de copier le passé, d’être dans l’originaire, et de ne surtout rien inventer.</strong></p><p>J&#8217;aurais bien du mal à critiquer ce processus, parce qu’à notre façon on est aussi dedans. De toute façon, on est toujours dans une logique d’addition d’influences passées. Les Stones, Roxy Music, tous ces groupes-là ont aussi pompé les fifties.</p><p><strong>Certes on retrouve ça à toutes les époques, mais là on n’est pas dans l&#8217;addition : on ne mélange pas les influences, parce que le but c&#8217;est de faire comme avant.</strong></p><p>Mais quel est le but des musiques contestataires ? 1968, musicalement et socialement, c&#8217;est un échec. Le punk c&#8217;est un échec, ça a été baisé en trois ans. Il n&#8217;y a pas d&#8217;artiste qui à un moment a réussi à s&#8217;asseoir sur le système&#8230; On n’a jamais de victoire de la génération jeune sur celle qui précède. Il y a toujours un moment ou la mode ou l&#8217;industrie les a balayés. Il y a un problème économique&#8230; La pyramide qui permet d&#8217;arriver en haut, et d’avoir un discours intéressant est très difficile à grimper. Pour avoir accès aux radios, qui sont conformistes, et pour être signé, tu as intérêt à fermer ta gueule. Avant c’était plus facile de sortir du rang.</p><p><strong>Avec internet, on espérait, justement, avoir la possibilité de faire écouter sa musique sans être signé, en contournant les radios et les majors&#8230; </strong></p><p>Et alors pourquoi MySpace licencie aujourd&#8217;hui ? Avec internet, tu crèves la dalle, ça ne te rapporte rien en argent. Les concerts ? Le cachet est de 200 euros, pour un groupe de 4 ça te fait 50 euros la soirée&#8230; Et puis j&#8217;ai l’impression que plus le canal s&#8217;ouvre, plus il est multiple — télé, internet, radio — plus ton message est dilué. Plus tu sors du mainstream et plus tu vas vers des choses de niche. C&#8217;est entre autres ce qui explique la fin de la musique à message, qui est une musique qui n&#8217;a pas honte de siffler un refrain qui peut être repris par une masse de gens, ça a du sens seulement si on est plusieurs à le faire en même temps. Dès lors qu&#8217;il n&#8217;y a plus de médias de masse et que c&#8217;est la fin du mainstream, et pour moi c&#8217;est la fin du mainstream, tu fais un truc de niche et ton message est forcément petit. Aucune musique engagée ne m’a marquée ces dernières années.</p><p><strong>Internet a fait rêver qu&#8217;un jour on puisse se passer des directeurs artistiques, que le tri soit fait directement par les auditeurs, sans médiation.</strong></p><p>Tu y as vraiment cru? Au final rien ne change jamais. C&#8217;est la grande arnaque des années 2000, le « je veux tout faire moi-même », tout le DIY. Je suis convaincu que notre liberté naît de la contrainte, c’est le fait d’avoir une bonne maison de disque qui fait que tu as envie de les contourner et de faire un message pernicieux. Si tu as une totale liberté de faire ta musique toi-même, c&#8217;est beaucoup moins marrant et intéressant, et il n’y a aucune transgression. Au final c’est moins bon.</p><p>Aucun article similaire.</p>]]></content:encoded> <wfw:commentRss>http://www.discordance.fr/bester-langs-34672/feed</wfw:commentRss> <slash:comments>0</slash:comments> </item> <item><title>Coup de tonnerre sur la presse britannique #1</title><link>http://www.discordance.fr/coup-de-tonnerre-sur-la-presse-britannique-1-34994?utm_source=rss&#038;utm_medium=rss&#038;utm_campaign=coup-de-tonnerre-sur-la-presse-britannique-1</link> <comments>http://www.discordance.fr/coup-de-tonnerre-sur-la-presse-britannique-1-34994#comments</comments> <pubDate>Sat, 23 Jul 2011 14:11:14 +0000</pubDate> <dc:creator>Fanny</dc:creator> <category><![CDATA[Médias]]></category> <category><![CDATA[angleterre]]></category> <category><![CDATA[murdoch]]></category> <category><![CDATA[news of the world]]></category> <category><![CDATA[scandale]]></category> <guid
isPermaLink="false">http://www.discordance.fr/?p=34994</guid> <description><![CDATA[L’onde de choc du scandale des écoutes effectuées par le journal News of the World atteint l’empire de Rupert Murdoch et la presse, mais aussi la police et le pouvoir politique.]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p>«<em> Cette affaire va sortir des squelettes du placard </em>», avait commenté le correspondant de la BBC, Tom Symonds, lors de l’arrestation en janvier 2011 de Ian Edmondson et Neville Thurlbeck du journal <em>News of the World </em>(NoW), journal le plus vendu au Royaume Uni, avec 7,5 millions d’exemplaires chaque week-end. Ces deux journalistes auraient commandé les services du détective privé Glenn Mulcaire, pour accéder à la messagerie téléphonique de personnalités, dont certains membres de la famille royale.</p><p><a
href="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/07/la-couverture-du-dernier-numero-du-tabloid-paru-le-10-juillet-qui-rappelle-quelques-uns-des-s.jpg"><img
class="aligncenter" title="la-couverture-du-dernier-numero-du-tabloid-paru-le-10-juillet-qui-rappelle-quelques-uns-des-s" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/07/la-couverture-du-dernier-numero-du-tabloid-paru-le-10-juillet-qui-rappelle-quelques-uns-des-s.jpg" alt="" width="540" height="352" /></a></p><p>Tom Symonds ne croyait pas si bien dire. Sept mois plus tard, un nouvel épisode de l’affaire des écoutes de NoW retentit. Le 4 juillet 2011, le tabloïd britannique est accusé d’écoutes sur le téléphone portable de Milly Dowler, une adolescente assassinée. S’en est fini. Le journal dominical vieux de 168 ans est fermé le 10 juillet. Quelques jours plus tard, le directeur de Scotland Yard, Paul Stephenson, accusée de lien avec NoW, démissionne. Rebekah Brooks, la directrice générale de News International, filiale de News Corp au Royaume-Uni, est arrêtée, peu de temps après avoir démissionné. Elle était rédactrice en chef de NoW lorsque certains délits auraient été commis. Quant à Rupert Murdoch et son fils James, qui dirigent News Corp, propriétaire de NoW,  ils sont <a
href="http://news.blogs.cnn.com/2011/07/19/phone-hacking-hearing-key-moments/?iref=allsearch">convoqués au Parlement</a>. Le baron de la presse nie toute responsabilité et affirme avoir été trompé par des responsables du groupe.</p><p><strong>L’empire de Rupert Murdoch tremble</strong></p><p>« <em>Nous avons la réputation de faire du bon travail dans ce pays </em>», a déclaré Rupert Murdoch dans le <em>Wall Street Journal </em>qui fait aussi partie de News Corp. Selon Philip Turle, journaliste britannique à Paris*, « <em>la crédibilité et l’image de responsabilité de Murdoch dans l’opinion britannique est perdue</em> ». Pour preuve, le retrait des annonceurs choqués par les méthodes sans scrupules utilisées par NoW. Mais l’empire News Corp, plus gros groupe de presse au monde peut-il s’effondrer ?</p><p><a
href="http://www.bbc.co.uk/news/business-14211325">« Blessé mais pas vaincu »,</a> <a
href="http://www.slate.fr/story/41237/murdoch-increvable">« l’increvable »</a> empire de Rupert Murdoch n’est pas donné pour mort. Il peut s’en sortir. Certains médias présagent le « sacrifice » du fils Murdoch, James. Mis en cause pour avoir mis trop longtemps à réagir à ce scandale, ou pour avoir fait capoter le rachat de la totalité du bouquet satellite BskyB, James pourrait donc être l’un des boucs émissaires de cette affaire. Murdoch père déclare que la position de président du conseil d’administration de News International de son fils reste « inchangée ». Mais il est possible que les actionnaires de News Corp exigent son départ, comme l’écrit <em>The Times</em> du 21 juillet. Pour l’instant, il n’en est rien. Les Murdoch semblent en avoir rassuré quelques uns après leur audition devant le parlement britannique. Juste après cette commission, <a
href="http://www.bbc.co.uk/news/business-14211424">les actions de News Corp ont grimpé de 1,05%</a>.</p><div
class="mceTemp"><div
class="mceTemp"><p><a
href="http://www.discordance.fr/coup-de-tonnerre-sur-la-presse-britannique-1-34994/murdoch-au-forum-eco-mondial-credit-world-economic-forum-grand" rel="attachment wp-att-35018"><img
class="size-full wp-image-35018 aligncenter" title="Murdoch au forum économique mondial. Flickr." src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/07/Murdoch-au-forum-%C3%A9co-mondial-cr%C3%A9dit-World-Economic-Forum.grand_.jpg" alt="" width="614" height="410" /></a></p></div></div><p>Il ne faut pas oublier que si le groupe est chahuté au Royaume-Uni, il y reste très fortement implanté grâce aux journaux influents et historiques <a
href="http://www.thesun.co.uk/sol/homepage/" target="_blank"><em>The Sun</em>,</a> <em><a
href="http://www.thetimes.co.uk/tto/news/" target="_blank">The Times</a> </em>et <em><a
href="http://www.thesundaytimes.co.uk/sto/" target="_blank">The Sunday Times</a>.</em> De plus, à 80 ans, Rupert Murdoch est extrêmement puissant aux Etats-Unis et en Australie, même si des enquêtes commencent à émerger aussi dans ces pays. News Corp y possède de <a
href="http://www.nytimes.com/interactive/2011/07/14/business/media/rupert-murdochs-empire.html" target="_blank">nombreux titres, chaînes de télévision et production de films</a>.</p><p><strong>Mémoire Courte</strong></p><p>News Corp s’en sortira probablement, car les anglais ont beau avoir été choqués et affectés par cet énorme évènement, ils ne pourront pas abandonner dans le long-terme la « <em>culture du tabloïd</em> » en Grande-Bretagne, comme la décrit Philip Turle : « <em>La mémoire publique est relativement courte. Tout ne reviendra peut-être pas exactement comme avant, je l’espère, mais les britanniques garderont cet appétit pour ces journaux </em>». De toute façon, le magnat de la presse ne pourra pas être blâmé pour ces pratiques qui semblent étendues à toute la presse tabloïd.</p><p>Cette affaire aura-t-elle tout de même le mérite d’assainir les méthodes délictueuses de cette presse à sensation ? <em>The Economist</em> croit à une <a
href="http://www.slate.fr/story/41237/murdoch-increvable">« ethical counter-reaction »,</a> un retour de l’éthique. Ce retentissement pourrait ramener un peu de déontologie dans cette « gutter press », cette presse du caniveau. Mais pour combien de temps ? Quand la concurrence infernale à laquelle se livre les différents titres poussera-t-elle à nouveau les tabloïds à franchir la ligne de la légalité ? Il faut vendre du papier avant tout, rappelons-le.</p><p>Pour mieux réguler les pratiques de la presse, <a
href="http://www.guardian.co.uk/politics/2011/jul/19/cameron-phone-hacking-scandal?INTCMP=SRCH">David Cameron</a> a annoncé vouloir remplacer le <a
href="http://www.pcc.org.uk/">Press Complaints Commission</a> (PCC), par une nouvelle entité plus transparente et efficace. Contrairement au <em>Guardian</em>, <em>The Economist</em> juge « pathétique » la gestion des tabloïds par le PCC. Mais il met aussi en garde contre le danger d’un contrôle trop stricte de la presse : « Une régulation de la presse par l’Etat serait une erreur. La presse s’est mal comportée, certes, mais c’est elle-même, et notamment <em>The Guardian</em>, qui a révélé la conduite de News International.»</p><p>Ce qui est sûr, c’est que le pays de la liberté d’expression n’acceptera jamais que l’on bride sa presse. Aussi nauséabonde qu’elle peut l’être parfois, ils préféreront conserver <em>The Sun</em>, <em>News of the World</em> ou <em>The Daily Mirror </em>qui participent à la pluralité des médias et à la vie politique, plutôt que de se plier à une régulation liberticide.</p><p>L’onde de choc du scandale des écoutes ne s’arrêtera pas à l’industrie de la presse. L’affaire est d’autant plus énorme, qu’elle est politique. Au centre, le Premier ministre, David Cameron. Le conservateur s’était mis dans une position délicate en engageant Andy Coulson comme porte-parole, alors que cet ancien rédacteur en chef de <em>News of the World</em> était en charge lors des délits présumés du journal. Accusé de liens trop proches avec Rupert Murdoch, Cameron a aussi dû être auditionné devant le Parlement. Les répliques de ce séisme médiatique ne devraient pas tarder à se faire sentir.</p><p>* Philip Turle est un journaliste britannique. Il est chef de service, au service anglais de RFI et professeur de journalisme bilingue à la Sorbonne.</p><p><strong>A suivre, dans la deuxième partie de « Coup de tonnerre sur la presse britannique », les jeux de connivences entre médias et politiques et l’impact politique de cette affaire.</strong></p><p><strong>Crédit photo</strong> : World Economic forum / Flickr.</p><p>Articles similaires<ol><li><a
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isPermaLink="false">http://www.discordance.fr/?p=33798</guid> <description><![CDATA[Meetic, Wikio ou Viadéo d’un côté ; Benchmark, Lagardère, Orange et Vivendi de l’autre : alors que le numérique est devenu le terrain des plus grandes puissances financières mondiales (Apple, Google et IBM sont les marques les mieux valorisées au monde, devant McDonalds), startups indépendantes et groupes industriels se livrent plus que jamais une guerre sans merci pour s’approprier toujours plus de Visiteurs Uniques, graal absolu sur la Toile.
]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p><img
class="alignleft size-full wp-image-33810" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/06/messier.jpg" alt="Jean-Marie Messier" width="560" height="400" />Les petits David du web français l’ont encore montré le mois dernier avec l’acquisition de <strong>Meetic</strong> par l’américain <strong>Match.com</strong> : plutôt que de devenir des Goliaths à leur tour, ils préfèrent souvent saisir une opportunité de rachat quand elle se présente. Là où les géants américains investissent sans compter (<strong>Google, Facebook</strong> et consorts rachètent des dizaines de startups chaque année), les Goliath français sont beaucoup plus frileux.</p><p>Et pourtant : il fut un temps où Nicolas Dufourcq (<strong>France Telecom</strong>), Jean-Marie Messier (<strong>Vivendi</strong> &#8211; <em>photo</em>) et Bernard Arnault (<strong>LVMH</strong>) se battaient pour allonger les chèques à la pelle. En achetant des startups survalorisés, en se livrant une guerre sur les places de marché naissantes (Arnault créant <em>Liberty Surf</em> pour contrer le <em>Wanadoo</em> de Dufourcq, Arnault et Messier s’arrachant<strong> </strong><em>iFrance</em>, finalement passé sous le giron de <strong>Vivendi</strong>), les grands patrons français sont rentrés dans le jeu des jeunes entrepreneurs et ont amené la bulle Internet à l’inévitable krach des années 2000-2002.</p><p>Après des années de disette, l’heure de la douche froide semble bien terminée aujourd’hui. Le web 2.0 ayant montré des possibilités de forte croissance depuis 2006, les actionnaires retrouvent leurs ambitions folles. Les grands groupes doivent développer coûte que coûte leur pôle web mieux que les autres pour se démarquer : c’est reparti pour la baston.<br
/> </br><br
/> </br></p><h3>2. Goliath : les groupes de médias à l’assaut des sites internet</h3><p><img
class="alignnone size-full wp-image-33956" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/06/eg8-21-e1309352492888.jpg" alt="" width="630" height="328" /></p><p>&nbsp;</p><p>Les jeunes David n’ont pas attendu les Goliath français pour s’enrichir le plus vite possible : trop lents à la détente pendant les années 2000, ils leur ont préféré, de gré ou de force, leurs homologues étrangers, qu’ils soient américains, japonais (<strong>Rakuten</strong>), allemands (<strong>Axel Springer</strong>), ou norvégiens (<strong>Schibsted</strong>).</p><p>C’est le cas de <strong>Price Minister</strong> (31<sup>ème</sup> groupe sur le web français en terme d’audience, avec plus de 8 millions de visiteurs uniques par mois), célèbre fleuron de l’entreprenariat hexagonal et bébé de Pierre Kosciusko-Morizet, qui n’est autre que le pendant commercial de sa ministre de sœur. En juin 2010 en effet, <strong>Rakuten</strong>, leader des e-commerçants japonais, met la main sur <em>Price Minister</em>, et alimente les invectives sur le faible intérêt des groupes français pour nos propres startups, obligées d’aller se vendre à l’étranger.</p><p>En 2007 déjà, le débat avait fait rage quand le mastodonte <strong>Axel Springer</strong> (<em>Bild, Die Welt</em>, et en France <em>Télé Magazine, Vie Pratique, Auto Plus</em>) s’était emparé du groupe <strong>Au Féminin</strong> (25<sup>ème</sup> sur le web français), éditeur de <em>Auféminin.com, Teemix, Marmiton</em> ou encore <em>Tiboo</em>. Le groupe français, connu pour avoir été dans les premiers sites éditoriaux à réaliser une entrée en bourse en 2000 (en même temps que son concurrent <em>Doctissimo</em>, racheté depuis lui aussi, mais par le français <strong>Lagardère</strong>), passait alors dans le giron d’un concurrent allemand. Depuis, <strong>Axel Springer</strong> a également réalisé une OPA hostile sur le français <em>Seloger.com</em>, forcé de plier après plusieurs mois d’opposition.</p><p>Autre groupe étranger très bien implanté en France, le norvégien <strong>Schibsted</strong>, créateur du gratuit <em>20 Minutes</em> et acquéreur en 2010 du site d’annonces <em>Le bon coin.fr</em> : grâce à ces deux actifs, le norvégien pointe à la 13<sup>ème</sup> place des groupes sur le web français, devant <strong>TF1</strong> ou <strong>eBay</strong>.</p><p>Voulant dresser un panorama des Goliath français sur le web français, nous avons donc volontairement écarté ces derniers exemples, qui au même titre que <strong>Google</strong> ou <strong>Facebook</strong> sont devenus pour les actionnaires français des concurrents à capitaux étrangers. Nous n’avons pas non plus pris en compte les simples commerçants (<strong>PPR, Auchan</strong>, respectivement 12<sup>ème</sup> et 22<sup>ème</sup> plus gros groupes sur le web français) les services uniques (<strong>Free, La Poste</strong>, 7<sup>ème</sup> et 20<sup>ème</sup>), ou les groupes de presse se focalisant uniquement sur des versions web de leurs titres existant déjà en print (<strong>Web 66, Prisma Presse</strong>, 17<sup>ème</sup> et 27<sup>ème</sup>).</p><p>Nous avons en effet privilégié les groupes de médias les plus dynamiques, à savoir ceux qui ont choisi de se fabriquer un catalogue de sites dans plusieurs domaines, procédant par là à des créations de pure players et à des acquisitions ou prises de participations dans des starts-ups.</p><p></br><br
/> </br></p><h3>Orange</h3><p><img
class="alignleft size-full wp-image-33800" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/06/stephane-richard_42.jpg" alt="" width="576" height="328" /><strong>Audience</strong><em> </em>: 4<sup>ème</sup> groupe sur le web français (derrière <strong>Google, Facebook</strong> et <strong>Microsoft</strong>), avec plus de 23 Millions de Visiteurs Uniques / mois (<em>source : Mediamétrie / Netratings, mai 2011</em>).</p><p><strong>Propriétés et participations</strong> <strong>(sites web)</strong> : <em>Orange.fr, 24/24 actu, Voila, Dailymotion, Deezer</em>.</p><p><strong>Homme de main</strong> : Stéphane Richard (PDG &#8211; <em>photo</em>)</p><p><strong>Comment ils en sont arrivés là</strong> : c’est l’ouverture du capital de <strong>France Telecom</strong> en 1997, jusque ici entreprise publique à 100 %, qui signe l’amorce du développement web du groupe. En pleine bulle Internet, l’opérateur français s’allie avec <strong>Deutsche Telekom</strong>, rachète la marque <em>Orange</em> à <strong>Vodafone</strong>, fusionne ses activités mobiles (<em>Itineris, OLA, Mobicarte</em>) et se lance dans l’acquisition de sociétés étrangères : le <strong>France Telecom</strong> version capitalisme moderne est né.</p><p>Côté Internet, la société lance le portail <em>Wanadoo</em> en 1996, puis le moteur de recherche <em>Voila</em> en 1998, à l’époque deuxième moteur de recherche en France derrière <em>Yahoo !</em>. À la grande époque de la bulle, le PDG de <em>Wanadoo</em> Nicolas Dufourcq se laisse berner par les jeunes entrepreneurs et fait son Messier. <strong>France Telecom</strong> se construit alors un parc de services web en rachetant quelques startups qui deviendront vite des boulets (<em>Alapage, Top Achat, Clust.com</em>).</p><p>Suite à l’explosion de la bulle en 2002, le fort endettement du groupe fait chuter l’action et plonge la société dans quelques années difficiles. Didier Lombard prend alors la tête du groupe : nouvelles méthodes de management, désengagement de l’État du capital jusqu’à passer sous la barre des 50 %, revente de <em>Pages Jaunes</em>, fusion progressive de <strong>France Telecom</strong> avec sa propre marque <em>Orange</em>, acquisition accrue d’opérateurs étrangers, suicides en série : <strong>Orange</strong> devient en quelques années l’un des plus gros opérateurs au monde.</p><p><strong>Le constat</strong> : la disparition de <em>Wanadoo</em> en 2006 et son relifting en <em>Orange</em>, la revente de <em>Alapage</em> et autres boulets à <em>Rue du Commerce</em> en 2009, l’éviction de Lombard, les prises des participations dans <em>Deezer</em> et <em>Dailymotion</em> sont autant de signes qui ont rajeuni son image et placé le compteur au vert pour le groupe de Stéphane Richard. Les Américains le savent désormais : il faut compter avec <strong>Orange</strong> dans les groupes les plus puissants et les plus bâtards de la planète.</p><p></br><br
/> </br></p><h3>Pages Jaunes</h3><p><img
class="alignleft size-full wp-image-33801" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/06/julien-billot1.jpg" alt="" width="380" height="293" /><strong>Audience</strong> : 5<sup>ème</sup> groupe sur le web français avec plus de 19 M de VU / mois.</p><p><strong>Propriétés et participations</strong> <strong>(sites web)</strong> : <em>PagesJaunes.fr, AnnoncesJaunes.fr, Mappy, 123 People, Avendrealouer.fr</em>.</p><p><strong>Homme de main</strong> : Julien Billot (DG adjoint en charge du Pôle Internet &#8211; <em>photo</em>)</p><p><strong>Comment ils en sont arrivés là</strong> : tout comme <strong>France Telecom</strong> et <strong>La Poste</strong>, <strong>Pages Jaunes</strong> est un ancien service public issu de la scission des <strong>PTT</strong> (Postes, Télégraphes et Téléphones) en 1991. Un temps propriété de <em>Wanadoo</em>, <strong>PagesJaunes Groupe</strong> est finalement revendu par <strong>France Telecom</strong> à l’américain <strong>KKR</strong> en 2006, aujourd’hui encore actionnaire majoritaire à 55 %.</p><p>Le groupe s’est notamment construit grâce à l’absorption de <em>Mappy</em> au début des années 2000, la création de sa propre régie pub (<em>Horyzon Media</em>), puis le rachat de l’Autrichien <em>123 People</em> en 2010. Dernière acquisition en date, la startup <em>Avendrealouer.fr</em>, achetée en avril dernier à <strong>Price Minister</strong>. But avoué : devenir leader du marché de l’annonce immobilière online pour contrer l’allemand <strong>Axel Springer</strong>, propriétaire depuis peu du n°1 du marché <em>Seloger.com</em>. Ce qui ne devrait pas être trop dur, <strong>PagesJaunes</strong> étant déjà propriétaire du n°3 du marché, <em>AnnoncesJaunes.fr</em>.</p><p><strong>Le constat</strong> : grâce à une force de frappe avantageuse sur le local, le groupe est devenu une référence pour les annonceurs et la sixième plus grosse société au monde en terme de revenus publicitaires Internet, auxquels plus de la moitié de son chiffre d’affaires est lié. Au vu de l’instabilité permanente des revenus pub, <strong>Pages Jaunes</strong> dispose d’un modèle fragile et hyper casse-gueule, mais peut compter sur son réseau de proximité extrêmement solide pour toujours trouver le moyen de se relever. Et rien que pour la baston avec <strong>Springer</strong> sur l’annonce immobilière, on leur rajoute un bon point stratégique.</p><p></br><br
/> </br></p><h3>CCM Benchmark Group</h3><p><img
class="alignleft size-full wp-image-33802" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/06/benoit-sillard.jpg" alt="" width="460" height="306" /><strong>Audience</strong> : 6<sup>ème</sup> groupe sur le web français avec plus de 18 M de VU / mois.</p><p><strong>Propriétés et participations</strong> <strong>(sites web)</strong> : <em>Comment ça marche, L’internaute, Le Journal du Net, Le Journal des Femmes, Copains d’avant.</em></p><p><strong>Homme de main</strong> : Benoît Sillard (CEO &#8211; <em>photo</em>)</p><p><strong>Comment ils en sont arrivés là</strong> : fondé en 1999 par Jean-François Pillou, <em>Comment ça marche</em> (<em>CCM</em>), au départ simple site de nerd collaboratif, est devenu au fil des années un repère de geeks hardcore puis l’un des forums français les plus vivants grâce à sa communauté active. Boosté par l’arrivée de Benoit Sillard en 2007, le site se déploie en six langues et se place parmi les plus gros vendeurs d’espaces publicitaires online.</p><p>Grâce à une levée de 60 millions d’euros en 2010, <strong>CCM</strong> avale plus gros que lui en rachetant l’éditeur <strong>Benchmark</strong> (propriétaire de <em>L’internaute, Le Journal du Net</em> et <em>Copains d’avant</em>). Le groupe <strong>CCM Benchmark</strong> est né et peut se targuer d’être l’un des rares purs produits de l’Internet à truster les premières places du web français.</p><p><strong>Le constat</strong> : malgré une position de leader en France sur l’éditorial (notamment grâce à <em>L’Internaute</em>, portail d’actualité le plus visité de l’hexagone, devant les sites de presse), le groupe fraîchement constitué souffre d’une image geek et web old-school. Le réseau social <em>Copains d’avant</em>, qui fut un temps pionnier dans son domaine, n’est clairement pas là pour relever le niveau. On parie sur une érosion lente et une disparition à moyen terme. Sauf si bien sûr acquisitions juteuses.</p><p></br><br
/> </br></p><h3>Lagardère</h3><p><img
class="alignleft size-full wp-image-33803" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/06/didier-quillot.jpg" alt="" width="378" height="256" /><strong>Audience</strong> : 9<sup>ème</sup> groupe sur le web français avec plus de 16 M de VU / mois.</p><p><strong>Propriétés et participations</strong> <strong>(sites web)</strong> : <em>Elle.fr, Doctissimo, Ados.fr, Fluctuat, Be.com, Psychologies.com, Premiere.fr, Europe1.fr, Public.fr.</em></p><p><strong>Homme de main</strong> : Didier Quillot (Président du directoire de Lagardère Active &#8211; <em>photo</em>)</p><p><strong>Comment ils en sont arrivés là</strong> : c’est en 2006 qu’Arnaud Lagardère décide de réunir ses activités média au sein de <strong>Lagardère Active</strong>. Il nomme à la tête de sa nouvelle filiale Didier Quillot, qui s’empresse de développer entre autres la partie numérique, avec de nombreuses acquisitions : la régie de sites automobile américains <em>Jumpstart</em>, le portail d’entertainment anglais <em>Digitalspy</em>, la régie pub <em>ID Régie</em> (régissant alors <em>Price Minister, Alapage</em> et <em>Top Achat</em>), l’agence de marketing online <em>Nextedia</em>, ou encore l’éditeur de sites thématiques <em>Newsweb</em> (<em>Boursier.com, Sports.fr, Football.fr</em>).</p><p>Mais c’est surtout le rachat, en 2008, du leader des sites féminins <em>Doctissimo,</em> qui a permis à <strong>Lagardère</strong> de se construire un catalogue de sites éditoriaux, avec notamment <em>Ados.fr</em> et <em>Fluctuat</em>. Prochaine étape : la création d’un nouveau pure player orienté actualité politique et qui agrègerait les contenus produits par Europe 1, le JDD et Paris-Match. Lancement prévu à la rentrée prochaine.</p><p><strong>Le constat</strong> : Lagardère a toujours eu un temps d’avance sur les autres. En 95, il est l’un des tout premiers à lancer un fournisseur d’accès Internet (FAI) avec <em>Club Internet</em>, avant <em>AOL</em> et <em>Wanadoo</em>. En 2000, alors que son FAI est 2<sup>ème</sup> sur le marché et que ses concurrents Messier ou Nicolas Dufourcq achètent à tout va, Lagardère revend <em>Club Internet</em> à <strong>Deutsche Telekom</strong>, et ramasse le pactole juste avant le krach. Mais aujourd’hui, il revend ses actifs (presse étrangère, participations dans <strong>Canal +</strong>) sans trop préciser vers quel secteur il se dirige. Un clash avec les dirigeants de sa branche Sport a freiné sa reconversion vers les droits marketing de sportifs. Les actionnaires sont perdus, les analystes sceptiques. Alors, Arnaud, c’est quoi la suite ?</p><p></br><br
/> </br></p><h3>Vivendi</h3><p><img
class="alignleft size-full wp-image-33804" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/06/jean-bernard-levy.jpg" alt="" width="605" height="403" /><strong>Audience</strong> : 10<sup>ème</sup> groupe sur le web français avec près de 16 M de VU / mois.</p><p><strong>Propriétés et participations</strong> <strong>(sites web)</strong> : <em>SFR.fr, Canalplus.fr, zaOza, Digitick.</em></p><p><strong>Homme de main</strong> : Jean-Bernard Lévy (Président du directoire &#8211; <em>photo</em>)</p><p><strong>Comment ils en sont arrivés là</strong> : l’histoire de <strong>Vivendi</strong> est intimement liée à celle de l’essor d’Internet en France. Sous la présidence Messier, le groupe fonce dans la bulle sans filet et dépense sans compter : absorption du publicitaire <strong>Havas</strong>, entrée au capital des studios <strong>Pathé</strong>, puis fusion historique avec <strong>Seagram</strong> et <strong>Canal +</strong> pour donner naissance au monstre <strong>Vivendi-Universal</strong>, pendant européen de <strong>AOL-Time Warner</strong> (qui avait fusionné quelques mois avant). Après les années folles, place au redressement : Messier est forcé de démissionner, et le groupe, en manque de liquidités, se voit contraint de céder <strong>Véolia</strong>, <em>Universal Publishing</em>, ainsi que les activités internationales de <strong>Canal +.</strong></p><p>Autre échec, la dissolution du pôle Internet, qui comprenait entre autres le portail <em>Vizzavi</em> et quelques acquisitions extravagantes comme le site <em>iFrance</em> racheté à Marc Simoncini (parti fonder <em>Meetic</em> depuis). C’est notamment l’essor de <strong>SFR</strong> sur le mobile et l’ADSL qui va permettre au groupe de se relever et gagner sa place de leader mondial des communications et de l’entertainment.</p><p><strong>Le constat</strong> : au rang des bourrins de la communication mondiale, <strong>Vivendi </strong>talonne <strong>Orange</strong>, qui est devenu en quelques années son concurrent le plus dangereux et son pire ennemi en France. Son ascension, fulgurante, mais plus raisonnable que sous Messier, semble toute tracée malgré quelques bâtons dans les roues (crise du disque pour la major <strong>Universal</strong>, concurrence de plus en plus rude pour <strong>Canal +,</strong> notamment sur les droits du foot). Côté web, le groupe a investi récemment en lançant la plateforme de contenus <em>Zaoza </em>et la billetterie électronique <em>Digitick</em>. Mais il doit bien sûr cette 10<sup>ème</sup> place sur le web français à la reconversion de <strong>SFR</strong> en fournisseur d’accès Internet suite au rachat de <em>Neuf</em>.</p><p></br><br
/> </br></p><h3>Le Figaro</h3><p><img
class="alignleft size-full wp-image-33806" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/06/Marc-Feuillée.jpg" alt="" width="330" height="248" /><strong>Audience</strong> : 15<sup>ème</sup> groupe sur le web français avec près de 13 M de VU / mois.</p><p><strong>Propriétés et participations</strong> <strong>(sites web)</strong> : <em>Lefigaro.fr, Sport 24, Evene, Keljob, Explorimmo, Cadremploi, Ticketac, Lachainemeteo.com, Leparticulier.fr.</em></p><p><strong>Homme de main</strong> : Marc Feuillée (DG &#8211; <em>photo</em>)</p><p><strong>Comment ils en sont arrivés là</strong> : légèrement à la traîne sur ses deux concurrents <em>Liberation.fr</em> et <em>Lemonde.fr</em> créés en 1995, <em>Lefigaro.fr</em> se lance en 1996, mais rattrape progressivement son retard. Son grand lifting de 2006 lui permet de devenir le premier journal de presse sur Internet en terme d’audience, puis quelques acquisitions successives l’imposent vite comme l’un des groupes les plus importants sur la Toile : le site d’actualités <em>Sport 24</em>, le site culturel <em>Evène</em>, la billetterie online <em>Ticketac</em>, ou encore la société <strong>Aden Classifieds</strong>, éditrice des sites d’annonces <em>Keljob, Explorimmo</em> et <em>Cadremploi</em>, sont rentrés ces dernières années dans le catalogue web de <strong>Dassault</strong>.</p><p><strong>Le constat</strong> : pour la première fois en 2010, les activités online du groupe se sont avérées rentables, représentant désormais 20 % du chiffre d’affaires total du <strong>Figaro</strong>. Un résultat très honorable qui n’est pas encore partagé par tous ses concurrents. Francis Morel, à qui <strong>Le Figaro </strong>doit cette belle remontée sur le web, a été remplacé en début d’année par Marc Feuillée, transfuge du groupe <strong>L’Express-Roularta</strong> : s’il continue sur la lignée de son prédécesseur, tout laisse à penser que la stratégie bi-média (presse + Internet) restera au cœur du projet.</p><p></br><br
/> </br></p><h3>TF1</h3><p><img
class="alignleft size-full wp-image-33805" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/06/Olivier-Abecassis.jpg" alt="" width="584" height="386" /><strong>Audience</strong> : 16<sup>ème</sup> groupe sur le web français avec plus de 12 M de VU / mois.</p><p><strong>Propriétés et participations</strong> <strong>(sites web)</strong> : <em>TF1.fr, Wat tv, OverBlog, Plurielles, Excessif</em>.</p><p><strong>Homme de main</strong> : Olivier Abecassis (DG d’e-TF1 &#8211; <em>photo</em>)</p><p><strong>Comment ils en sont arrivés là</strong> : c’est en 1997 que <strong>TF1</strong> lance ses activités web. En créant la filiale <strong>e-TF1</strong> en 2000, le groupe centralise autour d’un pôle différentes activités Internet qui vont lui permettre de rester le premier média TV sur le web français.</p><p>La création du site féminin <em>Plurielles</em>, du mag d’actualité cinéma <em>Excessif</em>, mais surtout de la plateforme vidéo <em>Wat TV</em> (3<sup>ème</sup> sur le marché français derrière <em>You Tube</em> et <em>Dailymotion</em>) ont donné au groupe les ressources pour se positionner intelligemment sur le web éditorial et social. En 2007, la prise de participation dans l’hébergeur de blogs <em>OverBlog</em> (absorbé depuis au sein de <strong>Wikio Group</strong>) permet à <strong>TF1</strong> de rajouter une corde à son arc et de proposer à ses annonceurs des solutions alliant audience TV et trafic Internet.</p><p>Parmi les dernières actions, on peut noter la mise en ligne du site de paris sportifs <em>EurosportBET</em>, puis sa revente en avril 2010, faute de bénéfices. Pour combler ce flop, TF1 peut compter sur la création de sa catch-up TV <em>TF1 Vision</em>.</p><p><strong>Le constat</strong> : une progression plutôt intelligente pour un lourdaud de la TV duquel on pouvait attendre moins d’initiatives. Petit bémol dans cette avancée, <strong>Wikio Group</strong> étant désormais actionnaire majoritaire d’<em>OverBlog</em>, Médiamétrie a décidé de comptabiliser l’audience de l’hébergeur de blogs dans les points de <strong>Wikio</strong> et non plus dans ceux de <strong>TF1</strong>. <strong>Wikio</strong> a bondi de plusieurs dizaines de places au classement, <strong>TF1</strong> en a perdu huit : les financiers font la gueule, Pierre Chappaz jubile.</p><p></br><br
/> </br></p><h3>M6</h3><p><img
class="alignleft size-full wp-image-33807" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/06/Nicolas_de_Tavernost.jpg" alt="" width="469" height="311" /><strong>Audience</strong> : 21<sup>ème</sup> groupe sur le web français avec plus de 10,5 M de VU / mois.</p><p><strong>Propriétés et participations</strong> <strong>(sites web)</strong> : <em>M6.fr, Achetez facile, Clubic, Jeux Video.fr, Mobinaute, Deco.fr, Mister Good Deal.</em></p><p><strong>Homme de main</strong> : Eric d’Hotelans (Président de M6 Web et PDG de Mister Good Deal)</p><p><strong>Comment ils en sont arrivés là</strong> : en voyant <strong>TF1</strong> s’engouffrer dans l’Internet communautaire en 2006 avec <em>Wat TV</em>, Nicolas de Tavernost (<em>photo</em>) a décidé de contre-attaquer et a annoncé à l’époque un futur en or pour <strong>M6</strong> sur la   Toile. La première expérience de terrain avait été douloureuse avec le lancement raté du FAI <em>M6.net</em> en 2000, disparu au bout de quatre ans. En remettant la main à la pâte en 2006, le groupe a fait fleurir par-ci par-là des sites ciblés jeunes et famille pour booster son audience web. Résultat : une nouvelle cascade de flops, au rang desquels on peut compter le site communautaire <em>Yootribe</em> (fermé depuis), la communauté virtuelle <em>Skaaz</em> (fermée depuis), et le portail de vidéos <em>Wideo</em> (toujours en activité, mais très très loin derrière ses concurrents <em>Wat TV</em> et <em>Dailymotion</em>).</p><p>Heureusement, le groupe s’en sort mieux dans les acquisitions : sa filiale shopping achète en 2005 le site de vente en ligne <em>Mister Good Deal</em>, qui fait aujourd’hui partie des principaux e-commerçants français. En 2008, <strong>M6</strong> met également la main sur la société <strong>Cyrealis</strong>, éditrice des sites <em>Clubic, Jeux Video.fr, Ozap</em> et <em>NetEco</em>, sites référence pour les internautes français depuis le début des années 2000.</p><p><strong>Le constat</strong> : avec de beaux ratés en début de parcours, le groupe <strong>M6</strong> s’en sort aujourd’hui très moyennement sur la Toile, malgré son récent statut de leader de la catch-up TV avec <em>M6 Replay</em>. Côté éditorial, la stratégie semble toujours aussi brinquebalante : <em>NetEco</em> a disparu, absorbé dans <em>Clubic</em>, et <em>Ozap</em> a été revendu à <strong>Webédia </strong>(propriétaire de <em>Pure People</em>, et, depuis peu, de <em>Charts in France</em>). Difficile pour le groupe de redorer son image de boulet sur le web.<br
/> </br><br
/> </br></p><p>Une chose est sûre au final : de ces groupes précédemment cités, qui sont aussi les plus puissants en France dans la presse et l’audiovisuel, aucun n’arrive à la cheville d’un <strong>Google</strong> ou d’un <strong>Facebook</strong>. Là où les Américains développent en permanence leur parc d’activités web, les Français, même les plus ambitieux, ont pris énormément de temps pour intégrer du contenu à leur offre : <em>You Tube</em> a été acheté par <strong>Google</strong> en 2006, <strong>Orange</strong> n’est entré au capital de <em>Dailymotion</em> que cinq ans plus tard.</p><p>Dans ce contexte, les Goliath français gardent leur position de main mise sur les médias hexagonaux, mais en même temps laissent filer à l’étranger de nombreuses startups attractives qui leur permettraient de mieux se développer à l’international.</p><p>À l’heure de la bulle Internet 2.0 qui se prépare, certains petits David (<strong>Wikio, Viadeo</strong>) pourraient donc très bien profiter de l’euphorie pour rafler la mise et s’imposer définitivement sur le web français aux côtés des dinosaures vieillissants.</p><p>Articles similaires<ol><li><a
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isPermaLink="false">http://www.discordance.fr/?p=32775</guid> <description><![CDATA[Meetic, Wikio ou Viadéo d’un côté ; Benchmark, Lagardère, Orange et Vivendi de l’autre : alors que le numérique est devenu le terrain des plus grandes puissances financières mondiales - Apple, Google et IBM sont les marques les mieux valorisées au monde, devant McDonalds - startups indépendantes et groupes industriels se livrent plus que jamais une guerre sans merci pour s’approprier toujours plus de Visiteurs Uniques, graal absolu sur la Toile.
]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p><img
class="alignleft size-full wp-image-32782" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/05/minitel-us.jpg" alt="" width="359" height="342" />Aux États-Unis, les startups d’antan sont aujourd’hui les groupes les plus puissants (<strong>Google, Facebook, Yahoo, AOL, Amazon, eBay</strong>) grâce à un système financier ultra-libéral permettant de spéculer sans limite et de créer un géant en quelques années.</p><p>À l’inverse, en France, où un certain protectionnisme capitaliste persiste, les groupes de tradition familiale ont toujours eu les moyens de réguler le marché, empêchant les plus jeunes entrepreneurs de se hisser en position de leaders. En barrant la route frontalement à l’essor d’Internet à ses débuts pour maintenir les revenus de son principal concurrent, le <strong>Minitel</strong> ; en rachetant à tout-va les startups à peine montées ; en créant leurs propres filiales web et en leur assurant la plus grosse part d’audience grâce à leur main-mise sur le marché, les acteurs traditionnels des médias ont su se hisser à une place de choix sur le web français.</p><p>Et pourtant, l’instabilité économique du secteur, le poids financier des groupes, trop lourds pour être capables de se retourner au bon moment, leur retard stratégique sur les startups et leur manque d’innovation sont autant de facteurs qui garantissent encore aux jeunes créateurs d’entreprises de s’assurer un avenir doré sur la  Toile. Alors que les groupes français achètent bien moins qu&#8217;à l&#8217;époque de la bulle 1.0, les startups actuelles se trouvent écartelées entre désir de se vendre au plus offrant et volonté de grossir indépendamment jusqu&#8217;à être en mesure de titiller les américains. Qui donc de David ou Goliath a le plus de cartes en main pour diriger le web français à long terme ?<br
/> </br><br
/> </br></p><h3><strong>1. </strong><strong>David : les petits champions du web français</strong></h3><p></br><br
/> <img
src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/05/pionniers.jpg" alt="" width="576" height="184" class="alignnone size-full wp-image-32783" /></p><p>L’histoire des startups en France est intimement liée à l’essor d’une nouvelle génération d’entrepreneurs : néo-libéraux irrespectueux de la tradition économique française, geeks anarchisants, ils ont pris pour modèle Marc Andreessen, le créateur de <strong>Mosaïc</strong> (premier navigateur web) pour développer leurs projets et s’imposer sur le marché français.</p><p>Ils s’appellent Michel Meyer (<strong>Multimania</strong>), Rafi Haladijan (<strong>France Net</strong>), Marc Simoncini (<strong>iFrance, Meetic</strong>), Pierre Chappaz (<strong>Kelkoo, Wikio</strong>) ou Orianne Garcia (<strong>Caramail, Lycos</strong>) : en s’inspirant du modèle US, ils ont créé les premières startups françaises, fait face aux grands groupes encore occupés à tirer des revenus du Minitel, et bientôt amené la bulle Internet jusqu’à son krach. Sans morale, jouant avec la Bourse comme à des jeux vidéos, ils ont fait connaître à <strong>Orange</strong>, <strong>Vivendi</strong> ou <strong>LVMH</strong> les pires heures de leur histoire en leur revendant des sociétés valorisées à plus de 100 fois leur valeur réelle.</p><p>Parmi ces premiers fleurons de l’entreprenariat web, tous ont péri ou presque avec la crise de 2000. C’est sur les cendres de la bulle que les pionniers du web français ont rebondi, en créant les sites qui sont aujourd’hui devenus ce qui semble bien être des valeurs sûres de l’Internet mondial.</p><p></br><br
/> <strong>Meetic</strong></p><p><img
class="alignleft size-full wp-image-32784" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/05/marc-simoncini-fondateur-meetic.jpg" alt="" width="260" height="195" />Tel est le cas de Marc Simoncini <em>(photo)</em> qui crée <strong>Meetic</strong> en 2001, juste près avoir revendu <strong>iFrance</strong> à un Messier (<strong>Vivendi</strong>) aveuglé par la fièvre des acquisitions. Entré en bourse en 2005, <strong>Meetic</strong> a créé ses propres filiales en lançant des versions du site dans toute l’Europe, en Chine, en Amérique Latine, puis en rachetant des sites de rencontre hollandais, brésiliens, anglais, ou encore allemands. Avec <strong>186 millions d’euros de Chiffre d’Affaire</strong> (CA) en 2010, <strong>Meetic</strong> est devenu le leader européen des sites de rencontre, et certainement le site le plus emblématique du web « indé » hexagonal : une réussite à la française, sexy, et qui symbolise plus que tout autre site l’essor d’un Internet décomplexé.</p><p></br><br
/> <strong>AlloCiné</strong></p><p><img
class="alignleft size-full wp-image-32785" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/05/Messier.jpg" alt="" width="468" height="312" />Autre fierté française, le portail <strong>AlloCiné </strong>est à l&#8217;origine un « étranger » parmi les jeunes entreprises web : créé en 1993 pour informer les spectateurs des séances de cinéma via un serveur téléphonique, il est  devenu depuis un service incontournable sur la Toile.  D’abord indépendant, <strong>AlloCiné</strong> est tombé sous le giron de <strong>Vivendi</strong> en 2001, avant de se voir éjecter en 2003 suite à la crise qu’a traversé le groupe à l’ère Messier <em>(photo)</em>. En 2007, il est passé sous le contrôle du fonds d’investissement américain <strong>Tiger Global</strong>, qui reste depuis l’actionnaire majoritaire du site.</p><p>Ces dernières années, le rachat de la régie pub <strong>Talent Group</strong> (en charge des réseaux <strong>UGC </strong>et <strong>Europalace</strong>), la création du site <strong>AlloFamille</strong>, le lancement d’une chaîne cinéma sur l’ADSL, ou plus récemment la mise en place d’un partenariat avec la <strong>Fnac</strong> pour la création de l’e-ticket de cinéma, ont permis à <strong>AlloCiné</strong> de s’imposer comme un véritable mastodonte. Devenu un groupe à part entière avec plus d’une dizaine de filiales internationales, troisième plateforme mondiale de cinéma, <strong>AlloCiné</strong> est le 33<sup>ème</sup> groupe le plus important sur le web français, avec <strong>7,5 millions de visiteurs uniques</strong> (VU) par mois et un <strong>CA de 25 millions d’euros</strong> en 2010. Soit une position quasi monopolistique sur le cinéma 2.0.</p><p></br><br
/> <strong>Wikio Group</strong></p><p><img
class="alignleft size-full wp-image-32786" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/05/chappaz.jpg" alt="" width="799" height="533" />L’agrégateur de médias sociaux <strong>Wikio</strong> est né en 2006 à l’initiative de Pierre Chappaz <em>(photo)</em>, le créateur du comparateur <strong>Kelkoo</strong>, qu’il avait cédé deux ans plus tôt à <strong>Yahoo</strong> pour la somme astronomique de 475 millions de dollars. Fort de son coup de bluff, il fusionne en 2010 avec la plateforme de blogs <strong>OverBlog</strong> (2<sup>ème</sup> site communautaire en France derrière <strong>Facebook</strong>), la régie pour médias sociaux <strong>ebuzzing</strong>, et crée ainsi le <strong>Wikio Group</strong>, qui vise rien de moins que la place de leader européen dans le marketing des médias sociaux. Avec ses <strong>10 millions d’euros de CA</strong>, le groupe reste une des valeurs sûres du web français, soutenue par quelques investisseurs puissants (au rang desquels <strong>TF1</strong>). Nouveau projet, dévoilé ces derniers mois : une levée de fonds de 100 millions d’euros qui permettrait d’accélérer son développement et de tenter une implantation aux US. A ranger dans les entreprises qui grimpent en douceur mais risquent de très vite draguer les plus puissants. Point fort : avoir à leur tête parmi les entrepreneurs les plus malins de l’Internet actuel.</p><p></br><br
/> <strong>Viadeo</strong></p><p><img
class="alignleft size-full wp-image-32787" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/05/dan-serfaty.jpg" alt="" width="200" height="150" />Lancé en France en 2004 par Dan Serfaty <em>(photo)</em>, aujourd’hui présent en Europe et dans de nombreux pays émergents, <strong>Viadéo</strong> revendique la place de 2<sup>ème</sup> réseau social professionnel mondial derrière <strong>LinkedIn</strong>. Grâce à une dynamique d’acquisitions entamée en Chine, en Inde, en Espagne et au Canada, le site regroupe aujourd’hui 35 millions d’utilisateurs dans plus de 200 pays. 7<sup>ème</sup> site communautaire en France avec <strong>3,6 millions de VU</strong>, loin derrière <strong>SkyBlog</strong> ou même <strong>Trombi.com</strong>, <strong>Viadeo</strong> peut cependant se féliciter de brasser déjà plus de <strong>30 millions d’euros de CA</strong>. Et ceci semble n’être qu’un petit début, puisque depuis que le site a annoncé une entrée en bourse pour la fin de l’année (avec comme objectif de lever 175 millions de dollars), <strong>Viadeo</strong> a été valorisé par les experts financier près de 2,5 milliards de dollars. Ce qui devrait en faire l’un des acteurs les plus dynamiques de la bulle 2.0 qui se prépare… bulle que son concurrent <strong>LinkedIn</strong> vient tout juste d’inaugurer en flèche lors de son entrée en bourse le 20 mai dernier, en faisant grimper sa valorisation à un sommet jamais atteint depuis depuis 2000.</p><p></br><br
/> <strong>Les e-commerçants</strong></p><p><img
class="alignleft size-full wp-image-32788" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/05/jacques-antoine-granjon.jpg" alt="" width="800" height="531" />Dans les principaux de sites de e-commerce français, deux d’entre eux font aujourd’hui figure d’exception. Alors que le marché est dominé par les plus grands groupes industriels (<strong>PPR, Carrefour, LVMH</strong> ou encore <strong>Casino</strong> avec sa filiale <strong>Cdiscount</strong>), quelques startups indépendantes, directement inspirées par le succès d’<strong>Amazon</strong> ou <strong>eBay</strong> outre-Atlantique, ont réussi à se créer une place confortable sur le marché.</p><p>Dans le top 10 des plus gros e-commerçants, on compte ainsi à la 5<sup>ème</sup> place <strong>Vente-privée.com</strong>, créé en 2001 par Jacques-Antoine Granjon<em> (photo)</em> et présent aujourd’hui dans toute l’Europe Occidentale. Avec près d’<strong>1 milliard d’euros de CA </strong>en 2010 et plus de <strong>6 millions de VU</strong>, le site bénéficie aujourd’hui d’une image de marque rayonnante (3<sup>ème</sup> site préféré des français selon une <a
href="http://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/distribution/20110518trib000622575/amazon-yves-rocher-et-vente-privee.com-sites-preferes-des-francais.html">étude</a> du 18 mai dernier), et tente de s’implanter aux US via un partenariat avec American Express qui devrait lui permettre de faire de l’ombre aux plus puissants.</p><p>Autre exemple d’indépendance farouche, le vendeur high-tech <strong>Rue du Commerce</strong>, qui pointe à la 7<sup>ème</sup> place des e-commerçants français. Fondée en 1999, la startup a atteint les sommets grâce à quelques belles acquisitions de concurrents (<strong>Top achat, Alapage, Clust</strong>), et a dégagé sur l’exercice 2010 un <strong>CA de 340 millions d’euros</strong>.</p><p></br><br
/> <strong>Les sites d’actualité</strong></p><p><img
class="alignleft size-full wp-image-32789" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/05/colombani-plenel-mediapart-slate.jpg" alt="" width="605" height="428" />Autre terrain pas toujours facile d’accès pour les startups : l’information. Si les pure players d’actualité ont réussi à créer un véritable buzz autour d’eux, ils restent cependant largement devancés par les acteurs de la presse traditionnelle (<em>LeMonde.fr, Lexpress.fr, Lefigaro.fr, Leparisien.fr</em>) ou les filiales de groupes de médias (<em>L’Internaute</em>, propriété de <strong>Benchmark</strong>). Alors que <strong>Libération</strong> fut le véritable pionnier de cette révolution culturelle en lançant <em>Liberation.fr</em> en 1995, il fallut attendre près de douze ans pour voir apparaître les premiers sites indépendants et prétendant aux mêmes ambitions.</p><p>Créé en 2007 par des anciens de <strong>Libé</strong>, <strong>Rue 89</strong> est l’indispensable chef de file de cette nouvelle génération de médias. Avec ses <strong>1,85 millions de VU</strong>, il n’est cependant toujours pas stable économiquement, mais espère passer le cap cette année grâce à un CA en constante progression (<strong>1,12 millions d’euros</strong> en 2010).</p><p>Lancé en 2008 par Edwy Plenel <em>(photo)</em>, son petit frère <strong>Mediapart </strong>atteint quant à lui <strong>2,8 millions de CA en 2010</strong>, pour seulement <strong>670 000 VU</strong>. Dans une stratégie diamétralement opposée à celle de <strong>Rue 89</strong>, l’avenir du pure player repose sur un pari risqué : être rentable grâce aux abonnements payants au lieu de la publicité. Après 1,35 millions d’euros de pertes sur l’exercice 2010, <strong>Mediapart</strong> promet d’atteindre l’équilibre d’ici la fin de l’année, grâce à un véritable boom des abonnements suite aux affaires Woerth/Bettancourt et Karachi.</p><p><strong> </strong> La version frenchie mais indépendante du célèbre pure player US, <strong>Slate.fr</strong>, a été lancé en 2009 par Jean-Marie Colombani <em>(photo)</em>, ancien collaborateur de Plenel à la tête du <strong>Monde</strong>. Avec ses <strong>900 000 VU</strong> et <strong>800 000 euros de CA</strong> en 2010, <strong>Slate</strong> voit grand, comme ses camarades : un CA doublé en 2011 et la rentabilité pour 2012.</p><p>Malgré leurs prévisions optimistes, la multiplication de nouveaux confrères (<strong>Owni </strong>en 2010, <strong>Atlantico</strong> cette année), redistribuant les cartes de la concurrence sur un secteur déjà peu lucratif, rajoute un problème à l’équation : 2011 sera pour chacun d’entre eux une véritable année charnière, la dernière occasion de prouver à leurs actionnaires qu’il peuvent atteindre la rentabilité au plus vite.</p><p>Articles similaires<ol><li><a
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]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p><a
href="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/04/Charly-Greane1.jpg"><img
class="alignleft size-full wp-image-31791" title="Charly Greane" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/04/Charly-Greane1.jpg" alt="" width="431" height="450" /></a>La radio conservera sa ligne éditoriale et ses animateurs historiques (certains officiaient déjà au siècle dernier). Pour <strong>Pierre Bellanger</strong> ce sont les auditeurs qui ont &laquo;&nbsp;gagné&nbsp;&raquo; la bataille pour la liberté d&#8217;expression. Une victoire également due au coup de pouce financier du Crédit agricole, et au soutien quasi-unanime de la classe politique, de <strong>François Hollande</strong> à <strong>Rama Yade</strong>, en passant par <strong>Frédéric Mitterrand</strong>.</p><p>Si l&#8217;avenir de la radio auto-proclamée &laquo;&nbsp;première sur le rap&nbsp;&raquo; semble aujourd&#8217;hui garanti, cela n&#8217;empêche pas certains rappeurs de garder leurs distances. <strong>Charly Greane</strong>, jeune MC parisien originaire de Bordeaux en fait partie. Il a accepté de nous recevoir dans son appartement du 18ème arrondissement.</p><p><strong>Pierre Bellanger, président et fondateur de Skyrock garde son poste. Bonne ou mauvaise nouvelle pour le rap en France ?</strong></p><p>Ni bonne, ni mauvaise, je ne pense pas que son successeur aurait révolutionné la grille des programmes de la radio. Le rap est une des musiques qui vend le plus en France, donc je ne vois pas pourquoi le nouveau directeur aurait sabordé l&#8217;une des principales radios françaises. Je ne pense pas non plus qu&#8217;un changement de direction aurait été synonyme de risques en matière de programmation et d&#8217;ouverture sur de nouveaux artistes.</p><p><strong>Tu es un enfant des années 80. Quand on est adolescent à la fin des années 90, on écoute surtout Skyrock pour avoir un sujet de conversation entre les cours. As-tu des souvenirs particuliers liés à la radio? </strong></p><p>Oui. Pour ce qui est de la radio libre, j&#8217;écoutais pas mal fun radio et Skyrock quand j&#8217;avais 11/12 ans [NDLR: Difool, qui est passé par <strong>Fun Radio</strong> anime une émission de libre antenne sur Skyrock depuis 1997]. J&#8217;avais l&#8217;impression d&#8217;écouter un truc un peu interdit en cachette sous ma couette. Il y avait toujours des histoires de ouf. Avec le recul d&#8217;ailleurs, tu te demandes si elles n’étaient pas inventées de toutes pièces par les auditeurs qui appelaient&#8230; Mais c&#8217;était cool et ça reste de bons souvenirs, et comme tu dis, on en débattait le lendemain dans la cour de récré. Pour ce qui est de la musique, mon plus gros souvenir a été le &laquo;&nbsp;Ready or Not&nbsp;&raquo; des <strong>Fugees</strong> interprété en live dans les studios de la radio. C&#8217;est vraiment un souvenir fort.</p><p><strong>&laquo;&nbsp;Skyrock premier sur la liberté&nbsp;&raquo;. Le jour de l&#8217;annonce de son maintien à la tête de la radio, Pierre Bellanger terminait son intervention par cette formule. Mais si on fait la liste des animateurs qui sont en place depuis une quinzaine d&#8217;années c&#8217;est surtout la liberté de stagner qui saute aux yeux. Le propre d&#8217;une radio n&#8217;est-il pas de faire évoluer sa ligne éditoriale au lieu de vouloir préserver une liberté de ton finalement assez contestable ? </strong></p><p>Je trouve que Skyrock a pas mal évolué au contraire, et pas forcément dans le bon sens. C&#8217;est devenu une radio de plus en plus fermée, de plus en plus sectaire. Il ya quelques années certaines émissions spécialisées nous faisaient découvrir pas mal de morceaux et d&#8217;artistes différents.  Petit à petit, le format a vraiment pris le pas sur le contenu, et quand tu vois que les mecs de Sky vont jusqu&#8217;à se déplacer en sessions d&#8217;enregistrement pour orienter les titres des artistes, ça fait un peu flipper. Après, leur &laquo;&nbsp;premier sur la liberté&nbsp;&raquo;, ça fait partie de leur grosse opération démago. Mais je ne sais pas si beaucoup de gens tombent dans le panneau, à part les gamines de 14 ans fans de <strong>Fatal Bazooka</strong>.</p><p><strong>Un autre slogan qui tournait en boucle sur Skyrock au plus fort de la tourmente dramatisait encore plus la situation en laissant penser que la liberté de toute une génération était menacée&#8230;</strong></p><p>Alors là&#8230; C&#8217;est encore leurs grandes phrases préconçues. Un jingle disait aussi que si Pierre Bellanger partait, c&#8217;était la mort du rap, la mort du R&#8217;n'b et la mort de la radio libre. Je crois que ces gens sont sous l&#8217;influence de certaines substances (rires).</p><p><strong>Parmi les nombreux soutiens à la radio, on a recensé beaucoup de politiques. Ce sont les mêmes personnes qui ont eu la peau de <strong>Carré Viiip</strong> (l&#8217;émission de télé-réalité déprogrammée par <strong>TF1</strong> après deux semaines de diffusion), alors qu&#8217;il suffit d&#8217;écouter 15 minutes de radio libre sur Skyrock pour entendre des propos aussi vides, dans un français tout aussi approximatif&#8230; Les auditeurs de la station représentent un enjeu si important pour 2012 ?</strong></p><p>Je suis d&#8217;accord, mais je pense qu&#8217;à l&#8217;instar des émissions comme Carré Viiip, la radio libre doit continuer à exister. Qu&#8217;on le veuille ou non c&#8217;est quand même le reflet d&#8217;une certaine jeunesse. Pour ce qui est des politiques, je ne trouve pas ça très surprenant. Ils essaient de se positionner. L&#8217;affaire aurait pu prendre une plus grande ampleur, comme l&#8217;affaire Guazzini avec Nrj dans les années 80 [NDLR : A l'hiver 1984, <strong>Max Guazzini</strong> avait organisé une grande manifestation pour défendre l'avenir des radios libres]. Et puis, dès qu&#8217;il y a une pseudo-liberté à défendre, la gauche se place. Hollande l&#8217;a fait avant les autres. Bravo à lui !</p><p><strong>Les rappeurs étaient plus divisés. Certains ont soutenu la radio depuis le début et d&#8217;autres sont restés en marge du mouvement. Comment expliques-tu ces différentes prises de position ?</strong></p><p>Pour moi c&#8217;est assez simple : les rappeurs qui passent ou qui ont encore une chance de passer sur Skyrock prennent position pour, les autres s&#8217;en foutent ou prennent position contre.</p><p><strong>Le concert de soutien à Skyrock a été déplacé au 28 mai. On a une chance de t’y croiser au micro ou en tant que simple spectateur ?</strong></p><p>Sur scène certainement pas. En tant que spectateur, je ne sais pas, si je suis un peu éméché avec des potes et qu&#8217;on a envie de rigoler un peu pourquoi pas, c&#8217;est une bonne idée !</p><p>Articles similaires<ol><li><a
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isPermaLink="false">http://www.discordance.fr/?p=31517</guid> <description><![CDATA[Hold-up véner, des dents aiguisés comme un couteau de boucher, des capitaux qui passent de main en main : afin de voir plus clair dans l’économie des médias, Discordance publiera désormais chaque mois un récapitulatif des mouvements financiers les plus notables.]]></description> <content:encoded><![CDATA[<h3>La bonne baston du mois : Skyrock se déchire</h3><p><a
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src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/04/bellanger.jpg" alt="" width="520" height="343" class="alignleft size-full wp-image-31518" /></a>Tous les kids de France sont grave véners. Leur pote <strong>Pierre Bellanger</strong> (<em>photo</em>), jusque là directeur de la station, s’est fait virer de son poste exécutif par le fonds d’investissement <strong>Axa Private Equity</strong>, propriétaire de <strong>Skyrock</strong> à hauteur de 70% (les 30% restants appartenant à <strong>Bellanger</strong>). La station de radio, mais aussi la plateforme de blogs (<strong>Skyblogs</strong>), étaient sur la pente descendante depuis deux ans : les requins d’<strong>Axa</strong> ont donc entamé le processus de mise en vente.</p><p>Branle-bas de combat. La révolution s’est mise en marche : les employés ont empêché le nouveau directeur <strong>Marc Laufer </strong>(transfuge de <strong>NextRadioTV</strong>) de rentrer dans les locaux, les stars du rap ont organisé la résistance, les fans ont hurlé au scandale sur <strong>Facebook</strong>.</p><p><strong>Bellanger</strong>, de son côté, a commencé par camper dans son bureau pour empêcher de se faire virer, puis a joué l’énorme coup de pub en annonçant la semaine dernière vouloir être acquéreur de la totalité du groupe <strong>Skyrock</strong>. Après un tour de table en toute discrétion, c’est le <strong>Crédit Agricole</strong> qui s’est manifesté le premier. La banque a proposé de racheter 30% des parts à <strong>Axa</strong>, dans l’idée de s’associer avec <strong>Bellanger </strong>pour détenir 60% à eux deux, et ainsi donner à l’ex-futur-ex-PDG le contrôle du groupe.</p><p>Aux dernières nouvelles, ce sont <strong>Orange</strong> et le <strong>Fonds Stratégique d&#8217;Investissement </strong>(<strong>FSI</strong>) qui se sont intéressés au dossier pour racheter les 40% qui resteraient à <strong>Axa</strong> après le passage du <strong>Crédit Agricole</strong>. On parle aussi de <strong>Free</strong> et de <strong>Vivendi</strong> pour miser sur Skyblogs. Bref, <strong>Bellanger</strong> a failli tout perdre mais se retrouve finalement dragué par les plus puissants. Ça sent le roussi pour <strong>Marc Laufer</strong>… A suivre.</p><p></br><br
/> </br></p><h3>La bonne opé du mois : Vivendi récupère la totalité de SFR</h3><p><a
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src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/04/Levy.jpg" alt="" width="546" height="364" class="alignleft size-full wp-image-31519" /></a>Début avril, le groupe de <strong>Jean-Bernard Lévy</strong> (<em>photo</em>) a annoncé le rachat des 44% encore détenus par l’anglais <strong>Vodafone</strong> (ancien propriétaire d’<strong>Orange</strong>) dans <strong>SFR</strong>, ce qui va lui permettre d’être propriétaire à 100% de l’opérateur. Coût de la transaction : 7,95 milliards d’euros. Soit une très grosse dépense pour le groupe qui table à 29 milliards d’euros de Chiffre d&#8217;affaire pour 2010, mais aussi le moyen de faire bondir son résultat net de plus d’1 milliard d’euros par an.</p><p>A fond dans l’acquisition, <strong>Jean-Bernard</strong> a également annoncé qu’il souhaitait racheter les 20% de <strong>Lagardère</strong> dans <strong>Canal +</strong>, dont ils détiennent déjà les 80% restants. Exit les prises de participations minoritaires (pour financer ces rachats, <strong>Vivendi</strong> a du revendre les 20% qu’il détenait dans <strong>NBC Universal</strong>), la stratégie 2011 sera celle du contrôle total de ses filiales françaises. Bien joué, JB, une chose est sûre, t’as pas les boules.</p><p></br><br
/> </br></p><h3>La bonne loose du mois : TF1 flippe des ambitions de Canal</h3><p><a
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src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/04/Meheut.jpg" alt="" width="605" height="338" class="alignleft size-full wp-image-31520" /></a>Dans le cadre des bonus octroyés à <strong>TF1</strong>, <strong>M6</strong> et <strong>Canal+</strong> pour compenser l’arrêt de la diffusion analogique, les groupes ne sont pas sur la même longueur d’ondes. De son côté, <strong>Bertrand Meheut</strong> (photo), PDG du groupe <strong>Canal</strong>, a annoncé fin mars qu’il souhaitait profiter des nouveaux canaux de la TNT pour créer une chaîne gratuite et grand public, <em>Canal 20</em>. Objectif : atteindre 7% de part d’audience.</p><p>Problème : <strong>TF1</strong> et <strong>M6</strong>, soutenues par <strong>Bolloré</strong> (Havas), flippent de voir leurs écrans pub désertés avec la multiplication des chaînes, et demandent un moratoire pour stopper la création de canaux et ainsi garder la tête du peloton.</p><p>Ne reste qu’à savoir si la <strong>Commission Européenne</strong>, décisionnaire sur ce coup, va céder à la pression de <strong>Bouygues</strong> et ses amis ou pas. Et si ce n’est pas le cas, un tournant historique risque vraisemblablement de s’enclencher : la redistribution des cartes dans le PAF et le fin de la toute puissance <strong>TF1</strong>…</p><p>Articles similaires<ol><li><a
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isPermaLink="false">http://www.discordance.fr/?p=31711</guid> <description><![CDATA[Le mot qui revient souvent dans les reportages des années 90 sur Internet, c’est « l’avenir ». Il faut croire que l’avenir est arrivé très vite parce que ces différents sujets appartiennent déjà bien au passé. ]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p>L’intégration d’Internet à notre quotidien a été aussi massive que rapide. Si ce sont les mêmes problématiques qui persistent toujours (législation, commerce, etc.), certaines des notions apparues lors des premières années de la démocratisation d’Internet font désormais entièrement partie de notre vie de tous les jours (MP3, Facebook, Achats en ligne). C&#8217;est ce que nous avons tenté d&#8217;illustrer à travers cette sélection de reportages qui débute en 1947 par une anticipation rigolarde et étonnement visionnaire pour se prolonger jusqu’en 2007 et la présentation de ce « trombinoscope mondial » qu’est Facebook.</p><div
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/> Terrorisme (1995, France 2)<br
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/> Législation (1996, France 3)<br
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/> Commerce (1999, France 2)<br
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isPermaLink="false">http://www.discordance.fr/?p=30547</guid> <description><![CDATA[Nous continuons la série lancée le mois dernier avec les premiers passages télévisés des membres du gouvernement. Cette fois, nous nous sommes intéressés à l’opposition au sens large du terme.]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p>Comprenez, tous les individus hors-UMP ayant pour ambition de remplacer <strong>Nicolas Sarkozy</strong> à la présidence de la République en 2012. Bien sûr, les décisions ne sont pas encore toutes arrêtées, ou en tout cas pas publiquement. Toutefois, il ne fait aucun doute que les personnes présentées ici auront un rôle non négligeable à jouer l’an prochain.</p><p>Nous avons privilégié les reportages, les portraits et les interviews plutôt que de chercher à tout prix LA première vidéo – la première intervention télévisée de <strong>Martine Aubry</strong> consiste par exemple en une poignée de mots prononcés en quelques secondes. Dans certains cas, les personnages présentés ne sont pas encore des hommes politiques. C’est notamment le cas d’<strong>Éva Joly</strong>, juge d’instruction, de <strong>Dominique Strauss-Kahn</strong>, professeur d’économie ou encore de <strong>Nicolas Hulot</strong>… organisateur d’un championnat de planche à voile. Faute « d’ordre protocolaire », nous avons fonctionné par ordre alphabétique.</p><p>En cas d&#8217;oublis impardonnables, utilisez les commentaires. Nous nous chargerons de trouver de quoi vous satisfaire.</p><div
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/> François Hollande, 34 ans, député de Corrèze (France 2, 1989)<br
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/> Nicolas Hulot ,22 ans, organisateur d’un championnat de planche à voile (France 3, 1977)<br
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/> Éva Joly, 54 ans, juge d’instruction (France 2, 1998)<br
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/> Jean-Luc Mélenchon, 36 ans, sénateur PS de l’Essonne (France 3, 1987)<br
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/> Hervé Morin, 38 ans, Député UDF de l’Eure (France 3, 2000)<br
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/> Marine Le Pen, 24 ans, candidate aux élections législative (France 3, 1993)<br
/></div><div
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/> Ségolène Royal, conseillère à l’Élysée (France 3, 1987)<br
/></div><div
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class="playerDetails playerTitle"><br
/> Dominique Strauss-Kahn, 32 ans, professeur d&#8217;économie à Paris 10 à Nanterre (TF1, 1981)<br
/></div><div
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href="http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/CAA8101289601/plateau-financement-de-la-retraite.fr.html" target="_blank" >www.ina.fr</a></div></div><div
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class="playerDetails playerTitle"><br
/> Dominique de Villepin, 42 ans, secrétaire général de l’Elysée (France 2, 1995)<br
/></div><div
class="playerDetails">Retrouver ce média sur <a
href="http://www.ina.fr/politique/gouvernements/video/CAB95030171/annonce-gouvernement-juppe.fr.html" target="_blank" >www.ina.fr</a></div></div></div><br
clear="all" /></div><ul
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clear="all" /><script type="text/javascript">var api = $("#scroll").scrollable({items: "#tools"}).navigator(".slideContainer").data("scrollable");</script> <p>Articles similaires<ol><li><a
href='http://www.discordance.fr/les-premieres-teles-des-membres-du-gouvernement-28035' rel='bookmark' title='Les premières télés des membres du gouvernement'>Les premières télés des membres du gouvernement</a></li><li><a
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isPermaLink="false">http://www.discordance.fr/?p=29581</guid> <description><![CDATA[Alors que certains sites passent sous le contrôle d'une maison-mère (Dailymotion, MySpace,...), d'autres, à l'instar de Facebook ou Twitter, misent sur l'indépendance et le soutien de financeurs déterminés. Avec une stratégie en ligne de mire : multiplier les levées de fonds spectaculaires, faire spéculer les investisseurs, pour créer au final un effet de bulle économique. Avec en toile de fond le spectre du début des années 2000.]]></description> <content:encoded><![CDATA[<p><img
class="alignleft size-full wp-image-29648" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/03/reseaux-sociaux2.jpg" alt="" width="289" height="216" />Les années 90 avaient marqué l’avènement des startups face aux grands groupes financiers : avec l’arrivée du numérique, les piliers des médias US (<strong>News Corp</strong>, <strong>Time Warner</strong>, etc) assistaient à l’émergence de nouveaux concurrents sur un terrain qu’ils ne maîtrisaient pas, le web. <strong>Yahoo, eBay, AOL</strong> allaient connaître un développement fulgurant, bientôt capables de rivaliser avec les mastodontes industriels sur la valorisation financière. Là où les groupes de tradition familiale avaient pris des années pour atteindre le premier milliard, les startups du web arrivaient à le faire en moins de cinq ans. Une croissance anormalement rapide qui a débouché sur la crise que l’on connaît : l’éclatement de la bulle internet <a
name="_ftnref1" href="#_ftn1">(1)</a> en 2002 a radicalement transformé le secteur, divisant le nombre de startups par deux au prix de nombreuses liquidations judiciaires, et asseyant en même temps la suprématie de certains, <strong>Google</strong> en tête.</p><p>Si l’explosion de la bulle a refroidi un temps les esprits, l’avènement du web 2.0 au milieu des années 2000 a créé un nouvel élan et de nouveaux espoirs. Et hop, on prend les mêmes et on recommence : mêmes développeurs, mêmes entrepreneurs, mêmes investisseurs, mêmes traders outranciers. Avec juste un concept différent : le web « social ». Soit la possibilité de toucher des millions de personnes. Des millions de « points de contact » publicitaires. Et le risque de créer une bulle d’autant plus grosse. <strong> </strong></p><p><strong>Facebook, Twitter, LinkedIn, Groupon, Zynga, Pandora, Quora</strong> : ces derniers mois, tous ont connu des levées de fonds ou des propositions de rachats qui ont permis l’avènement de spéculations de plus en plus osées. La bulle gonfle tout doucement et semble avoir pris un tournant majeur le mois dernier avec quelques effets d’annonce sur la base de rumeurs qui ont fait grimper le thermomètre. 2012, nouveau krach internet ?<br
/> </br><br
/> </br></p><h3><strong><strong>Le poids lourd : Facebook </strong></strong></h3><p><img
class="alignleft size-full wp-image-29582" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/03/mark-zuckerberg-10-reporters.jpg" alt="" width="373" height="239" />L’histoire de<strong> Facebook</strong>, tout le monde la connaît depuis <a
href="http://www.discordance.fr/the-social-network-mark-zuckerberg-a-0-ami-21513">le film de <strong>Fincher</strong></a> : un simple trombinoscope étudiant qui se propage de campus en campus, puis s’ouvre aux écoles secondaires, aux employés d’<strong>Apple</strong> et <strong>Microsoft</strong>, et bientôt au monde entier. En 2007, alors que le réseau ne compte encore que 60 millions d’inscrits, <strong>Microsoft</strong> prépare le terrain pour son moteur de recherche <strong>Bing</strong> (créé pour concurrencer <strong>Google</strong>) et prend 1,7% de la société pour 240 millions de dollars, avec l’assurance en retour d’être le seul fournisseur publicitaire pour <strong>Facebook</strong>. Première surenchère : la société se valorise désormais à 15 milliards.</p><p>Après des nouvelles levées de fond <a
name="_ftnref2" href="#_ftn2">(2)</a> en 2009 et 2010, le réseau social a annoncé en janvier 2011 avoir cette fois-ci levé 1,5 milliards de dollars, ce nouveau tour de table le valorisant désormais au chiffre faramineux de 50 milliards. Dans les investisseurs, on compte notamment la banque d’affaires <strong>Goldman Sachs</strong>, qui a allongé 500 millions pour 1% du capital, alors qu’on la donnait comme grande perdante du krach boursier de 2008. Le capital du réseau social est donc actuellement partagé à divers pourcentages entre les trois fondateurs <strong>Zuckerberg</strong> (<em>photo</em>), <strong>Moskovitz</strong> et <strong>Saverin</strong>, ainsi que <strong>Sean Parker</strong> (co-fondateur de <strong>Napster</strong>), <strong>Peter Thiel </strong>(fondateur de <strong>Paypal</strong>), <strong>Bono</strong> (fondateur de <strong>U2</strong>), <strong>Goldman Sachs</strong>, les salariés de <strong>Facebook</strong> (qui détiennent 30% des parts), et quelques autres investisseurs malins (ou pas).</p><p>Début février, <strong>Facebook</strong> a renchéri sur le buzz avec un nouvel effet d’annonce : il envisagerait de donner à ses employés la possibilité de vendre pour 1 milliard d’actions à de nouveaux investisseurs – ce qui le valoriserait alors à plus de 60 Milliards. Même virtuels, ces 60 milliards placent<strong> Facebook </strong>au-dessus de la plupart des géants du web, excepté <strong>Google</strong>, <strong>Amazon</strong>, ou les constructeurs de hardware (<strong>Apple</strong> et <strong>Microsoft</strong>). Objectif de <strong>Zuckerberg</strong> : faire de <strong>Facebook</strong> la première entreprise à dépasser les 1000 milliards en valorisation. <strong>Facebook</strong> n’est donc plus qu’une startup à proprement parler. A l’instar de<strong> Google</strong>, il est devenu un véritable mastodonte, capable de dégainer avec la même puissance de feu qu’un groupe industriel. La preuve avec la logique d’acquisitions que le réseau a entamées, rachetant par-ci par-là des startups pour les intégrer à ses fonctionnalités.</p><p>Après avoir acquis <strong>Friendfeed</strong> en 2009, <strong>Facebook</strong> a ainsi récemment racheté les brevets créés par le grand looser du web 2.0, <strong>Friendster</strong>, lui permettant ainsi de disposer des droits de nombreuses idées (celle de taguer des photos par exemple). Pourtant, le petit <strong>Friendster</strong> avait bien commencé : créé en 2002, pionnier du web social, le site s’était vu proposer en 2003 30 millions de dollars par <strong>Google</strong>, pour ce qui aurait pu être le premier achat du géant américain. Un refus, l’arrivée de <strong>MySpace</strong> qui chamboule tout, une direction instable, et c’est le plongeon pour <strong>Friendster</strong>, qui en est arrivé aujourd’hui à vendre les droits sur ses créations pour subsister. La réussite dans le web communautaire n’est donc pas partout la même. Et si <strong>Facebook</strong> domine très largement le marché, ils sont nombreux à lui courir derrière, à l’instar de <strong>Twitter</strong>.<br
/> </br><br
/> </br></p><h3>Le challenger : Twitter</h3><p><a
href="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/03/Costollo.jpg"><img
class="alignleft size-full wp-image-29732" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/03/Costollo.jpg" alt="" width="650" height="531" /></a><strong>Evan Williams</strong> (<em>photo</em>, avec <strong>Dick Costolo</strong>) était déjà à l’origine de la plateforme <strong>Blogger</strong>, avant de se la faire racheter par <strong>Google</strong> en 2003 et de la voir connaître un succès fulgurant avec le développement du blogging. En 2005, il créé une nouvelle startup,<strong> Odeo Inc</strong>, au sein de laquelle il développe avec ses collègues <strong>Noah Glass</strong> et <strong>Jack Dorsey</strong> le site de microblogging (via sms à l’époque)<strong> stat.us</strong>. Devenu <strong>Twitter</strong> en 2006, un temps racheté par <strong>Obvious Corp</strong>, le réseau social prend son indépendance en 2007 avec la création de la société<strong> Twitter Inc</strong>.</p><p>Au cours des trois levées de fond qui ont lieu entre 2007 et 2009 (respectivement de 5,4, 15 puis 35 millions de dollars), les investisseurs se sont rués sur le petit oiseau : on compte notamment parmi eux le célèbre fonds <strong>Union Square Ventures</strong> (déjà investisseur pour <strong>Delicious</strong>), le groupe de médias <strong>Benchmarck</strong>, ainsi que quelques figures clés de la Silicon  Valley tels que <strong>Dick Costolo</strong> (fondateur de <strong>Feed Burner</strong> et actuel DG de <strong>Twitter</strong> &#8211; <em>photo</em>) ou <strong>Marc Andreessen</strong> (co-fondateur de <strong>Netscape</strong> et de <strong>Ning</strong>).</p><p>En décembre 2010, un nouveau tour de table et c’est le jackpot: 200 millions de dollars, qui valorisent le site à près de 3,7 milliards, alors qu’il est toujours déficitaire.<strong> Twitter</strong> est sur une stratégie à long terme : depuis sa création en 2006, il vit toujours sur ses levées de fond, et bien qu’il ait commencé à faire des rentrées publicitaires l’an dernier, son chiffre d’affaire s’est clôturé autour d’un petit 45 millions en 2010.  Mais le site voit grand : un CA multiplié par trois en 2011, des recettes liées au tweets sponsorisées qui s’envolent, 1 milliard d’utilisateurs en 2013 (contre 200 millions actuellement). Et les investisseurs, de la Silicon Valley jusqu’à Wall Street, ont l’air de le prendre au sérieux. Déjà en 2008, des premières rumeurs de rachat avaient circulées, en donnant comme acquéreurs <strong>Facebook</strong>, <strong>Google</strong> ou<strong> Apple</strong>, le premier ayant a priori proposé jusqu’à 500 millions à son nouveau concurrent.</p><p>Début février 2010, nouvelles rumeurs, plus ou moins confirmées, se sont propagées : le <strong>Wall Street Journal</strong> a révélé que <strong>Twitter</strong> avait accepté de discuter avec <strong>Facebook</strong> et <strong>Google</strong>. Pour la première fois dans l’histoire du site, <strong>Williams</strong>, <strong>Costolo</strong> et compagnie ont envisagé concrètement la possibilité d’un rachat. Si les discussions n’ont pas abouti, elles ont cependant permis de mettre un nouveau chiffre sur le site : en quelques jours, <strong>Twitter</strong> est passé de 3,7 à 8 milliards de dollars, soit le prix qu’aurait avancé <strong>Google</strong> pour mettre la main sur le réseau social.</p><p>En faisant face à des offres de rachat qui alimentent toutes les spéculations, <strong>Twitter</strong> en sort à chaque fois renforcé : un « non » frontal à <strong>Facebook </strong>ou <strong>Google</strong>, ça vaut tout l’or du monde. Et cet or, c’est bien <strong>Twitter</strong> justement :<strong> Williams</strong> et ses amis estiment, en restant propriétaires de leur bébé, pouvoir faire grimper sa valorisation jusqu’à 100 milliards de dollars.<br
/> </br><br
/> </br></p><h3>Les outsiders du 2.0</h3><p><img
class="alignleft size-full wp-image-29584" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/03/murdoch_tom_AP_3.jpg" alt="" width="307" height="184" />Face à ces sites qui se valorisent en milliards avec à peine quelques années d’existence, difficile de ne pas parler du contre-exemple en la matière : <strong>MySpace</strong>. Fondé en 2003 par <strong>Tom Anderson</strong> (devenu le premier ami de tous les musiciens du monde depuis plus de sept ans &#8211; <em>photo</em> avec <strong>Murdoch</strong>), et <strong>Chris DeWolfe</strong>,<strong> MySpace</strong> est racheté par le <strong>News Corp</strong> de <strong>Rupert Murdoch</strong> en 2005 pour 580 millions de dollars, et devient dans la foulée le quatrième site le plus visité au monde, derrière <strong>Yahoo</strong>,<strong> AOL </strong>et <strong>MSN</strong>.</p><p>Un temps, on a cru<strong> MySpace</strong> imbattable, nouveau champion des réseaux sociaux. Mais, en avril 2008, c’est le début de la fin : <strong>Facebook</strong>, en constante progression depuis des mois, lui passe devant en fréquentation, et continue sa course effrénée au point de devenir l’incontestable leader. <strong>MySpace </strong>voit son audience stagner, puis s’éroder peu à peu, perdant 30% de fréquentation en deux ans : et pourtant, c’est l’un des rares exemples de startups ayant réussi à se hisser au top (au moins pour un temps) et à avoir été racheté par un groupe industriel surpuissant dans les médias. Preuve s’il en est qu’à la Silicon Valley, les vieux de la vieille n’ont aucune autorité en la matière. Acquéreur malheureux du site, <strong> News Corp</strong> <a
name="_ftnref3" href="#_ftn3">(3)</a> a finalement annoncé en février qu’il cherchait un nouveau propriétaire pour son site. Après un lifting complet du réseau qu’il espère pouvoir valoriser financièrement,<strong> Murdoch</strong> jette donc l’éponge et avoue la défaite.</p><p>Autre perdant mis en vente il y a peu, le site de partage de marques-pages web  <strong>Delicious</strong> : acheté par <strong>Yahoo</strong> en 2005 pour un montant estimé entre 15 à 30 millions de dollars, il serait en train de se vendre actuellement pour plus de 10 fois moins. Soit un échec de plus pour<strong> Yahoo</strong> qui est une position difficile depuis plusieurs années. Mais si les mauvais paris sont courants chez les acquéreurs ou financeurs, les bons poulains sont d’autant plus l’objet de leurs convoitises. Depuis 2009, pris dans l’aspiration de la fureur <strong>Facebook</strong> /<strong> Twitter</strong>, leur côte grimpe en flèche.</p><p>Dans la catégorie winners, il faut déjà citer <strong>LinkedIn</strong>, devenue la plateforme de référence pour les échanges professionnels. Créé en 2003, le réseau a opté pour une course de fond, dans la longueur, avec une constante progression de son chiffre d’affaires depuis sa naissance. Avec des pertes contrôlées et peu élevées, et un réel bénéfice net depuis 2010, <strong>LinkedIn</strong> a gagné en crédibilité, comme l’a prouvé l’impressionnante levée de fonds de 100 millions qu’il a opéré en 2008. Avec 90 millions d’utilisateurs et un chiffre d’affaires de 240 millions pour 2010, le site accélère actuellement son développement à l’international, et notamment en France, où il vient d’ouvrir un bureau pour combattre sur son propre terrain le frenchy <strong>Viadeo</strong>. Comme ses compères du 2.0, <strong>LinkedIn</strong> fait rêver les ambitieux : avec une annonce d’introduction en bourse <a
name="_ftnref4" href="#_ftn4">(4)</a> en janvier dernier et une récente valorisation à 3 milliards, il dispose de toutes les armes pour participer activement à la bulle.</p><p>Autre champion, dans la catégorie jeune pousse cette fois, <strong>Quora</strong>, le site de questions-réponses créé en 2009 par des anciens de <strong>Facebook</strong>, a créé le buzz à son tour ces dernières semaines. Alors qu’il est encore déficitaire, le site aurait décliné une offre d’achat à 1 milliard de dollars : une rumeur non vérifiée qui n’a fait qu’accroître la réputation du site et ajouter à la spéculation ambiante. Du côté de la webradio <strong>Pandora </strong>(récemment valorisée 1 milliard de dollars), du site d’achat groupé <strong>Groupon</strong> (valorisé à 15 milliards au début de l’année), de la startup de jeux 2.0 <strong>Zynga</strong> (valorisée en février à 10 milliards), ou encore du français <strong>Viadeo</strong>, on retrouve partout la même formule, le même phénomène : des investisseurs flambeurs, une annonce d’introduction en bourse prochainement, et une valorisation qui explose ou promet de le faire.<br
/> </br><br
/> </br></p><h3><strong>Jusqu&#8217;où ira la bulle ?</strong></h3><p><img
class="alignleft size-full wp-image-29585" src="http://www.discordance.fr/wp-content/IMG/2011/03/bulle-internet.jpg" alt="" width="265" height="152" />C’est bien l’ensemble du web « social » qui semble touché par la démesure. Début mars, le danger à spéculer ainsi sur des valeurs disproportionnées a été confirmé par la <strong>Security and Exchange Commission</strong> (<strong>SEC</strong>), autorité américaine des marchés financiers : la <strong>SEC</strong> a ouvert une enquête sur les startups non cotées en Bourse et les éventuels conflits d’intérêts que les levées de fond pouvaient créer. Car si les sites et leurs investisseurs avancent sûrs d’eux, ce n’est pas le cas de tout le monde.</p><p>Le problème, c’est justement que les startups ne sont pas valorisées sur de la production palpable, mais sur du pur virtuel, sur une mesure inconstante et boiteuse : l’outil de référence pour transformer l’activité d’un site web en dollars, c’est devenu le nombre de visiteurs. Et c’est pourquoi <strong>Facebook</strong> bat tous les records dans la surenchère : en novembre 2010, il comptait 647 millions d’utilisateurs, revendiquant le 3<sup>ème</sup> place mondiale derrière<strong> Google</strong> et <strong>Microsoft</strong>. On retrouve ici exactement ce qui s’est passé à la fin des années 90 : les investisseurs ont spéculé sur un nombre de visiteurs, effectif ou non, faisant grossir démesurément les actions de sociétés qui restaient fragiles en pratique. Peu de chiffre d’affaire, peu d’employés, mais une force de frappe publicitaire qui fait rêver. La valorisation d’<strong>eBay</strong> en 1999 était ainsi 8600 fois plus importante que son bénéfice annuel ; <strong>AOL</strong> valait plus de 200 milliards après sa fusion avec <strong>Time Warner</strong> en 2000 ; <strong>Facebook</strong> est aujourd’hui valorisé près de 50 fois son chiffre d’affaires.</p><p>Dans cette dynamique de spéculation pure, on valorise non plus la société sur ce qu’elle vaut effectivement, en fonction de ses actifs, mais sur un buzz qui monte et qui finit fatalement par arriver à son climax et exploser. Un sondage <strong>Bloomberg</strong> auprès d’investisseurs a récemment montré que les avis étaient d’ailleurs très partagés sur l’optimisme de <strong>Goldmans Sachs</strong> et compagnie dans le milieu de la finance : 69% pensent en effet que la valeur de <strong>Facebook</strong> est surestimée. Les banquiers de <strong>Goldman Sachs</strong> en sont probablement conscients aussi, mais qu’importe : si eux ont décidé de spéculer n’importe comment, l’important, c’est que ça suive. Pour que les valeurs s’enflamment, que la bulle gonfle, et que la banque transforme ses 500 millions en milliards.</p><p>Le coup de poker devrait se jouer en 2012. Aujourd’hui, <strong>Goldman Sachs</strong> a pris une position prépondérante dans <strong>Facebook</strong>, avec un enjeu crucial : assurer le passage du réseau social à l’introduction boursière, avec la possibilité pour la banque de réaliser un véritable hold-up si le cours des actions s’enflamme comme ils le souhaitent. Heureusement, il y a le revers de la médaille. En obligeant les entreprises qui rentrent en bourse à dévoiler leurs résultats financiers, la loi américaine garantit que la spéculation ne se fera pas sur des pertes. <strong>Facebook</strong>, <strong>Twitter</strong> et les autres n’ayant encore jamais révélé leurs bénéfices nets, il reste la possibilité qu’une annonce décevante sur leurs gains réels fasse dégonfler la bulle avant qu’elle éclate. Mais on se risquerait plutôt à parier le contraire. Ne reste qu’à attendre les introductions en bourse d’ici 2012 pour voir comment va se comporter la bulle. Et si 2012 ne sera peut-être pas l&#8217;année de la fin du sarkozysme, encore moins celle de la fin du monde, peut-être sera-t-elle l&#8217;année de la fin du règne <strong>Zuckerberg</strong>.</p><div
class="notes"><h3>Notes</h3><p><a
name="_ftn1" href="#_ftnref1">(1)</a> : Le fonctionnement d’une bulle économique est simple : elle se met en place lorsque les prix sur un marché (ici, celui d’Internet) s’enflamment sans forcément respecter la valeur « réelle » des produits échangés. Des petits malins se mettent à spéculer sur les valeurs échangées , jusqu’à ce que leur prix s’écarte tellement de la réalité qu’il ne se justifie plus par ce qu’il vaut réellement, mais par la croyance qu’il continuera à augmenter. Du coup, tous les flambeurs parient jusqu’à ce que les plus malins commencent à revendre leurs actions au moment où ils sentent que le prix a atteint son maximum : tout le monde se met à revendre, c’est la chute, la bulle éclate. Et ça coûte des centaines de milliards aux contribuables.</p><p><a
name="_ftn2" href="#_ftnref2">(2)</a> :Une levée de fonds, ou « tour de table », est la démarche réalisée par les entreprises qui souhaitent augmenter leur capital. Elles se tournent vers des financeurs et investisseurs, qui décident ou non de participer au projet. Les levées de fonds permettent aux startups de bénéficier de capitaux très importants dès le début de leur activité, et ainsi se développer rapidement sans pour autant réaliser des bénéfices.</p><p><a
name="_ftn3" href="#_ftnref3">(3)</a> : A la tête d’un des trois empires médiatiques les plus puissants au monde (avec <strong>Disney</strong> et <strong>Time Warner</strong>), <strong>News Corp</strong> affiche une valorisation totale (actifs + chiffre d’affaires) de quelques 87 milliards de dollars. L’introduction en bourse de <strong>Facebook</strong> devrait a priori prouver, après l’exemple <strong>Google</strong>, qu’une startup peut peser autant qu’un groupe industriel, avec des perspectives d’avenir bien plus importantes.</p><p><a
name="_ftn4" href="#_ftnref4">(4)</a> : Une introduction en bourse (ou IPO) est le mécanisme par lequel une société met ses actions sur le marché : soit qu’elle créé de nouvelles actions pour augmenter son capital, soit qu’elle cède des parts. L’IPO permet à une société de bénéficier d’une plus grande notoriété, de diminuer son endettement, mais elle devient en même temps soumise à une plus grande pression des actionnaires et peut devenir la proie d’OPA agressives. C’est également le moment où les sociétés doivent dévoiler leur bénéfice net (ce qu’elles ne sont pas légalement contraintes de faire quand elles ne sont pas cotées en bourse).</p></div><p>Articles similaires<ol><li><a
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