Casey

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Rencontre avec Casey qui, à l'image de ce qu'elle incarne, nous parle d'elle, de sa carrière et de son nouvel album, en se livrant sans théâtralité, ni pare-feux.

Casey, nous l’avions découverte dans notre jeunesse notamment grâce à La parole est mienne puis avec les sessions Première Classe, il y a plus de 10 ans de cela. Depuis, elle a fait du chemin. Les mixtapes avec Anfalsh et Sheryo, les featurings avec la Rumeur entre autres, un premier maxi qui avait fait beaucoup de bruits (Ennemis de l’ordre) puis un premier album qui, 3 ans après, vient enfin de se faire remplacer sur mon iPod par le tout récent Libérez la bête.

Grosse tension à l’idée de la rencontrer. Le face à face ayant lieu le lendemain de la demande d’interview, le temps pour la préparer n’a pas vraiment été à la hauteur du respect qu’inspire la Dame. Bref, on ne faisait pas vraiment les malins en l’attendant, assis sur le canapé des loges du Café de la Plage de Maurepas (78) à manger des arlequins noyés dans un fond de coca sans bulle.

Comment vas-tu ?

Ça va, ça va.

Des retours sur le dernier album ?

C’est tout neuf, on va attendre un petit peu. C’est le temps qui nous le dira et puis on doit le défendre sur scène.

Revenons un peu en arrière. À l’époque de ton premier album, on se demandait justement si tu allais en sortir un, un jour. Ou si c’était peu être un choix volontaire de rester hors du processus nécessaire pour finaliser un album, un peu comme un peintre qui ne vendrait pas ses toiles ?

C’est un mélange de plein de choses : l’argent, les moyens, ce que tu ressens, si tu te sens parer pour le faire. Ce sont plein de paramètres à mettre en place et qui font qu’à un moment tu le fais : tu apprends ce que c’est qu’une maison de disque, l’enregistrement… Aujourd’hui, tu vois comment ça fonctionne : un ou deux featurings, deux ou trois scènes et quelques interventions par ci par la et ça veut dire un album. Mais ce n’est pas nécessairement le cas pour tout le monde. Je ne me sentais pas légitime de faire un skeud, car je n’avais fait que quelques featurings de fin d’albums. Présenter un format long avec quelque chose à l’intérieur, ce n’est pas rien. T’as envie de pouvoir le regarder 5, 6 ou10 piges plus tard, et de ne pas trouver ça dégueulasse… Enfin, c’est comme ça que je vois les choses.

Tu retouches à ce que tu fais ou est ce que ça vient comme ça ?

Pas nécessairement. Un peu, mais pas tant que ça. Il y en a qui font les trucs de façons leg’. Moi, je me juge durement.

Tu es passé d’une attitude de constat à une attitude plus dure, de menace. Est-ce que tu l’as ressentie ainsi ?

(Rires) C’est dur de répondre à ce genre de questions, car cela implique que l’on se regarde, s’observe et qu’on se dissèque. Ça, je ne le fais pas.

Dans le morceau Primates des caraïbes, tu dis avoir l’amour de l’amertume, mais est-ce que tu n’aimes pas être en colère ? N’es-tu pas si habituée à l’être, que cela est devenu la normalité ?

La normalité, c’est d’être critique, c’est de s’indigner. Après pour la forme que ça prend, que ce soit colérique, nerveux, violent, je n’en suis pas responsable. Il y a la forme du rap qui donne tout de suite cette allure-là. Tant que l’on aura un cerveau, on pensera, on cogitera, on percutera sur des idées, mais au niveau de la forme, c’est ainsi. Après t’as la part d’esthétique qui rentre en jeux, et moi j’aime les esthétiques plutôt rugueuses, mais ça, ce sont mes goûts.

Lis-tu beaucoup ? À travers ta façon de t’exprimer, tu me rappelles Céline…

Ça c’est gentil, car Céline il n’a pas rien écrit. Pour ma part, j’aime bien bouquiner, mais je ne prétends pas avoir une grosse culture littéraire.

Quels sont tes auteurs favoris ?

Je ne connais pas bien le sujet, mais il y a ceux de la beat generation, Kerouac et autres. Il y en a un que j’aime énormément c’est Dostoïevski, dans le coté sombre et barré, je crois que j’ai rarement lu mieux. Y’a l’américain, Hubert Selby Junior, qui fait des bouquins assez noirs, avec notamment Requiem for a dream qui a été adapté au cinéma. Je lis aussi des polars, mais je n’ai pas une culture littéraire assez large pour te dire que je préfère ceci à cela. Et puis je lis beaucoup ce qui me tombe sous la main…

On se rend compte que ton inspiration te vient de ton vécu quotidien, de ce que tu observes, mais il y a-t-il des films qui te marquent ?

Bien sur ! Tu n’inventes pas ce que t’écris, t’es toujours influencé par ce que tu vois, ce que t’entends, ce que tu lis comme bouquins, comme magazines, ce que tu vois comme films…

Et musicalement ?

Image de Casey Ça peut être plein de choses. Là tout de suite, je n’ai pas d’idée, mais il y a des trucs que t’écoutes sans trop savoir pourquoi ça te parle et ça te fait remuer les cordes. Après j’aime les musiques qui ont de l’énergie : j’aime le rap, j’aime le dance-hall, j’aime le rock. Après t’as des trucs comme la musique tzigane, je n’y connais rien, mais j’ai entendu des trucs… T’as une mélancolie, c’est à se flinguer. L’autre fois t’as des Portugais qui m’ont fait écouter du fado… C’est comme avec la lecture, c’est avec les rencontres que t’écoutes des nouveaux trucs. Je ne vais pas me lever et me dire « Tiens, je vais écouter de la musique gothique », c’est avec les rencontres que cela se fait, c’est en fonction de l’opportunité.

Parle-nous un peu de Zone Libre, nous t’avions vu à Rock en Scène, le jour où il y avait Faith No More…

Faith No more, c’est pas vilain !! Mais dans ce festival nous n’étions pas invités. On a remplacé un groupe un peu au pied levé (B. James nous rappellera qu’il s’agissait d’Esser). Ils nous ont appelés peut-être 10 jours avant, donc ça s’est fait un peu à l’arrache. Réussir à capter un peu d’attention, ça nous a fait plaisir. Ce qui nous a plu, c’est qu’à la base, ils ne voulaient pas de nous quand le tourneur avait proposé le groupe. Les programmateurs trouvaient ça trop violent. Donc on était plutôt content, car au final pour boucher le trou, ce n’était peut-être pas aussi violent que ça… (sourire)

Comment est-ce que ça été perçu par les gens le fait que tu t’aventures dans un groupe transgenre quand même plutôt rock ?

Bah pour ça, il faudrait que je me sois déjà souciée à un moment donné de l’avis de quelqu’un… Je me moque de savoir comment ça allait être perçu et puis je crois que les gens s’en foutent.

Mais il y beaucoup de gens qui t’on découvert par ce biais.

C’est mortel À travers ça, je voulais montrer à ceux qui ont des préjugés sur le rap que le rap ce n’est pas si mal. Pareil pour les rappeurs qui ont des préjugés sur le rock, mais comment tout cela a été perçu, c’est le cadet de mes soucis.

Il y a d’autres projets avec Zone Libre ?

Ouais. On va bosser ensemble en septembre prochain pour faire un nouveau disque.

Toujours avec Hamé ?

Non, c’est fini, ça fait un bout de temps déjà. Il est parti faire autre chose… Il y a le nouvel album que l’on va écrire avec Bibi (B.James)

On avait écouté l’interview que tu avais donnée pour une grosse radio…

Ce n’était pas l’interview du siècle… (sourires dans le staff de Casey)

On ne va pas te demander de nous faire un big-up ou une dédicace (rires), mais j’avais l’impression que certains auditeurs avaient des questions pertinentes à te poser, mais que c’était filtré ?

Je ne sais pas. Je ne veux jeter la pierre à personne. Je ne sais pas comment est fabriquée l’émission, je ne connais pas leurs choix éditoriaux, mais ce qui manque d’intérêt, c’est de venir parler de ton disque et que l’on te parle des autres… C’est comme tout, quand tu t’enfermes dans un truc… Je suis toujours en train de faire des vannes toutes pourries, c’est du second degré, mais c’est parce que je suis mal à l’aise, donc après ils cherchent ça. Mais c’est le monde du rap, et ils aiment ça. C’est un monde qui cherche le clash, si tu peux en sortir une petite sur untel, ça peut monter un truc. Mais ce qui est le plus relou, c’est quand tu te rends compte que l’on a plus parlé d’autre chose que du disque.

Tu donnes l’impression de ne pas vouloir t’immiscer dans le paysage hip-hop ?

Ce n’est pas une question de vouloir, je ne pense pas que ce soit une obligation. Je peux poncer du bois sans faire partie de la corporation des ébénistes. Je fais du rap, mais je ne me sens pas obligée de faire partie de la corporation du rap. Tu fais ce que tu veux… Mais dans un certain milieu people-rap, peut-être que l’on ne comprend pas ce genre d’attitude.

Aux dernières Victoires de la Musique, tout ce qui n’était pas rock ou variété était classé dans les musiques urbaines… Si on te décernait un prix, tu accepterais d’y participer ?

Image de Casey - Liberez la bête Tu sais, une fois que tu as sorti un disque, les gens en font ce qu’ils veulent. Si un jour quelqu’un voulait me décerner un prix, je ne dirais pas « Arrêtez bande de fous » (rires). Tu ne peux pas faire grand-chose, après tu choisis soit d’y participer ou non…Tu vas vers là où tu as de la maitrise, mais il y a plein de choses sur lesquelles tu n’as pas d’emprise : comment tu es perçue, qui t’aimes, qui ne t’aime pas. Tout ça, tu ne choisis pas et ça ne sert à rien de lutter. Me faire décerner un prix je m’en cogne… Mon seul souci est d’élargir ma marge de manœuvre et de liberté, d’essayer de parler de choses intéressantes. Il y a toute une frange du rap un peu occultée qui existe et qui est mortelle. Il y a ce que l’on fait avec Anfalsh. Il ya AL qui a fait un album mortel (High Tech & Primitif) dont aucun média ne parle. Ce sont des trucs comme ça qui me font péter les plombs. Il y a plein d’autres formes de rap qui existent.

Beaucoup de gens peuvent se sentir concernés par tes propos, les problèmes et les questions que tu soulèves et dénonces. Réalises-tu que tu peux être perçue comme une sorte de symbole ?

Je n’ai pas l’impression d’être le quelconque fer de lance d’un mouvement, et par la grâce de Dieu heureusement ! Je pense que les gens qui écoutent mes disques sont dotés d’un sens critique et ne sont pas des ados en quête d’idoles. Déjà ça c’est mortel, car tu ne te sens pas de responsabilité particulière. Quand tu fais un disque et qu’une personne en t’écoutant t’a appréciée, c’est uniquement parce que tu fais résonance dans sa tête à un truc qui existait déjà. Tu ne lui as rien révélé, ni appris. Moi ça me le fait quand je regarde des films, que je lis des bouquins ou que j’écoute des skeuds… Tu te dis « Putain, ça, je le pensais déjà, mais je n’arrivais pas à le formuler »

Comme une allumette ?

Peut-être, mais j’ai l’impression que ce n’est pas que ça. Bien loin de moi l’idée de me dire que je suis le fer de lance de quelque chose ou que je révèle quoi que se soit. Quand des gens viennent au concert ou disent des trucs super sympas, c’est que t’as des choses en commun. Le skeud, ce n’est qu’un moyen pour en parler.

Ce que je voulais soulever, c’est que de nos jours avec le sérieux que prends la médiatisation et la façon dont les discours sont souvent pris au premier degré, le tien fait relever la tète et incite à la révolte ou tout du moins à réfléchir.

Ça me fait super plaisir d’entendre ça, mais je pense que si certains relèvent la tête, c’est qu’ils avaient envie de la relever, c’est une question de prétexte pour te donner confiance. Ce que je fais, et je ne parle pas que de moi, c’est-ce que l’on essaye de préserver ce truc de non-préméditation. Ne pas se soumettre à une quelconque tendance ou demande de l’industrie, c’est déjà une finalité. Arriver à quelque chose alors que tout indiquait le contraire, cela prouve que c’est possible. Et si ça peut galvaniser d’autres personnes et qu’elles y arrivent, alors c’est mortel !

Toujours dans au cours de cette interview sur cette fameuse grosse radio parisienne, tu disais que chaque personne devait pouvoir trouver la place qui lui correspondait et qu’il était possible d’apprécier les tunnels et la non-démonstration. J’ai l’impression que même si tu avais la possibilité de vivre cette espèce de rêve capitaliste, de toucher des choses luxueuses, tu n’irais pas. Est-ce que je me trompe ?

Chaque nature est différente. Je ne peux pas ériger ce que je suis en exemple de quoi que se soit. Quand tu fais un disque, on te demande ton avis sur les choses et quand je le donne, ce n’est que le mien. Avoir 3 Bentleys, je m’en cogne. Mais c’est moi, et je ne suis pas en train de dire que celui qui pense l’inverse est un enculé. Chacun a le droit d’avoir sa frime. Moi aussi j’aime me payer des choses, j’aime bien boire du champagne, faire des pas chaloupés sur du snoop, il n’y a pas de souci… Mais ce qui m’énerve, c’est le rapport de complexe, les rapports de domination qui s’inversent. Une fois que tu passes du côté des possédants, tu refais subir la même chose à ceux qui n’ont pas et c’est plus ça qui me fatigue…

C’est ta vision du monde qui est importante. Si ta seule vision c’est de dire que parce que moi j’ai de l’argent, je vaux mieux que l’autre, alors c’est que t’es une merde. La façon d’asservir l’autre, de le réduire à que dalle, car t’as du fric, et que ce soit dans le rap ou dans la politique, c’est de la connerie. Mais si je demande une certaine forme de liberté, je ne peux pas la refuser à l’autre. Et parfois on m’a enfermé dans ce rôle-là.

Il y a un peu 2 écoles…

Ce n’est pas qu’il y a deux écoles, c’est que ça s’est tellement fait que maintenant t’as l’impression qu’il n’y a que le syndicaliste ringard qui ne sait pas rapper, mais qui a de grandes phrases ou son exact opposé. Il existe un entre-deux. Il y a de la marge. Les choses ne sont pas aussi caricaturales que ça. Moi ce que j’aime, toutes musiques confondues, ce sont les gens qui ont vraiment des tripes et qui font ce qu’ils ont dans la tète. Si c’est tel rap qui te branche alors, fais-le ! Si c’est telle musique alors faite-là ! Mais prouve que c’est possible. Je ne suis pas dans le trip, « lui il aime les voitures, c’est un con »…

Est-ce qu’à la base le hip-hop c’est une musique de pauvre, forcément toujours sombre ?

Image de Casey Ça dépend, ça peut aussi être festif : tu peux faire du son club, du son pour danser en boite. Le truc sur lequel on peut s’interroger, c’est que si le hip-hop provient et est pratiqué par des gens qui viennent du milieu où il y a le plus de dysfonctionnements et d’injustices, pourquoi est-ce que cette musique en parle si peu au fond. Pourquoi maintenant a-t-on si peur d’en parler ou d’aborder le sujet ?

Le hip-hop est parti dans d’autres choses, c’est de l’entertainment, c’est de la pop, c’est juste pour se construire un avenir… Je ne suis pas contre, mais ce qui me gène c’est que maintenant quand t’essaies de mettre deux phrases à la suite et que ça a un sens, il faut se justifier, alors qu’il y a plein de gens qui font autre chose et on ne leur demande pas ça. C’est un signe du temps, de ceux qui nous gouvernent et qui nous disent que si t’as pas 3 Rolex, t’es une merde. Il ne faut pas s’étonner que d’autres pensent que si tu n’as pas 3 bécanes, t’es une merde…

Justement, avec Christian Audigier qui dit qu’il n’a pas attendu 20 ans pour en avoir 3 (de Rolex), on ne peut que constater que c’est ce genre de types qui sont invités sur les plateaux télé, et vu la façon dont on prend au premier degré l’avis des gens médiatisé..…

Le problème, ce n’est pas qu’Audigier soit con ou non, mais c’est la fascination pour ces gens-là. Les médias n’ont de l’intérêt pour ce mec que parce qu’il est riche. C’est un crétin doré.

Et tes prochains projets artistiques ?

Bah il y a Zone Libre avec Bibi à la rentrée prochaine. Puis finir les dates, car il y en a quelques-unes jusqu’au moi de juin.

Tu feras des festivals ?

Je ne sais pas. Pour l’instant, ce n’est pas au programme, mais on verra bien. On repartira en tournée avec Zone Libre. Avec Anfalsh, on termine Représailles (mixtape), puis il y a B. James qui sort sa mixtape (Snuff Musique) au mois de mai et qui annonce l’album à venir. Et puis Prodige qui a son album en prod’.

Ça sera quoi le prochain clip ?

On hésite encore. Peut-être Sac de sucre ou Rêves illimités.

(Au final Rêves illimités sera réalisé par Tcho Antidote et Sac de sucre par Chris Macari)

Les titres que tu retiendrais sur Tragédie d’une trajectoire, ton premier album ?

Tragédie d’une trajectoire, Chez moi et puis Quand les banlieusards sortent, mais ce sont mes goûts perso.

L’enregistreur coupe.

La discussion avec Casey continuera pendant 20 bonnes minutes et elle nous confiera son optimisme quant à l’évolution du racisme en France ainsi que sur l’avenir de l’éducation. Et aussi qu’à partir du moment où les vieux dinosaures de la politique en place actuellement auront foutu le camp l’espoir serait enfin permis. On parlera de Frantz Fanon, d’Aimé Césaire, de l’enseignement de l’histoire, du groupe Baroness et de sujets plus personnels. Une rencontre forte, illuminée par la sincérité, la modestie et l’intelligence de Casey.

Puis vint le moment du concert.

Le public est massé autour de la petite scène du Café de la Plage. Une centaine de personnes venues voir si la bête allait être libérée ou non. Le DJ plante le décor. L’intro démarre, les punchlines résonnent et font monter l’excitation. Les premiers béats de Pas à vendre démarrent et Casey débarque avec B. James.

« Mon mode de vie, n’est pas à vendre.
Mon rap, n’est pas à vendre.
Ce que j’pense ou dis n’est pas à vendre
Si tu crois que ça va changer, tu peux attendre. »

Voilà en refrain le résumé de ce qu’incarne Casey depuis 15 ans : une mentalité et une attitude franche et sans concession. Les morceaux s’enchainent, l’album est sorti il y a peu, mais les paroles sont scandées par le public comme s’il s’agissait déjà de références.

La setlist est classique et classieuse : Suis ma plume, Primate des caraïbes, Le fusil dans l’étui, côtoient des titres plus personnels tels que Tragédie d’une trajectoire, Autobiographie sombre, Rêves illimités ou encore Chez moi, un touchant hommage teinté d’amertume à la Martinique.

Le charisme dégagé sur scène est là : B. James assure aux backs et aux parties rappées. La musique de Casey est révélatrice des affres quotidiens, des cicatrices du passé, du désenchantement du présent, sans leçon de morale, ni prosélytisme.

Sac de sucre stigmatise cette volonté de se souvenir de ce qui est arrivé et de ce qui perdure encore de nos jours. Les titres du dernier album défilent, pas de ventre mou, pas d’interlude inutile, le set est à l’image de ses morceaux : brut, sans préméditation, ni théâtralité.

Libérez la bête clos le show, mais devant l’enthousiasme et les cris du publics, Casey revient avec Je lutte comme rappel sous les ovations d’un public logiquement conquis. Si vous ne connaissez pas encore Casey, écoutez-la. Avec sa grande modestie, elle fuit les hommages, mais donne à la France l’une de ses meilleures plumes.

Pour les Parisiens et limitrophes, RDV sans faute le 24 mai au nouveau casino !!
Et ça sera complet alors…

Merci au Café de la plage de Maurepas pour son accueil, et à Casey et ses acolytes pour leur disponibilité.

Propos recueillis par Melchior Tersen ET Safouane Ben Slama.

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A propos de l'auteur

Image de : Melchior 22 ans, aime roder en écoutant du hip-hop ou du rock, écrire des reports sur des groupes de hardcore, prendre des photos qui n'interressent personne, B2ObA, Burzum, les films de Cronenberg, les loups, George Michael et Tears For Fears ....

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