C2C – Down The Road

par |
Quatre Djs, quatre pointures. Le talent, lui, s'exprime dans toutes ses formes, quelles que soient ses déclinaisons. Si certains en doutent encore, c'est pourtant le résultat obtenu lorsque Beat Torrent et Hocus Pocus ont choisi de fonder ceux que l'on appelait autrefois Coups 2 Cross. En 2012, C2C va faire parler de lui. C'est écrit...

Il y a quelques années, il fallait être nantais pour connaître C2C. En 2012, avec la sortie de leur premier EP Down The Road, la notoriété du groupe franchit les échelons à une allure fulgurante. Si  l’album s’est fait attendre depuis près de 14 ans, C2C peut se vanter d’avoir une assise bien confortable : formé en 1998, 20Syl et Greem d’Hocus Pocus n’auront guère mis de temps pour trouver l’alchimie parfaite avec leurs deux compatriotes de Beat Torrent, Atom et Pfel. En 4 ans, plusieurs vinyles de breakbeat voient le jour (Flyin’ Saucer I, II et III) et les choses prennent tournure.

Indirectement, ils assurent aussi la relève des Djs français lors du Disco Mix Club (DMC), championnat du monde de Djs hip hop. Dans un registre propre, le turntablism, c’est-à-dire une création musicale grâce à des platines vinyles, C2C excèle : jusqu’à l’année passée, il détenait le record mondial de championnat du monde de DMC décroché avec quatre victoires successives en équipe (de 2003 à 2006). D’ailleurs, en 2002, la médaille d’or était encore française avec des certains…Birdy Nam Nam, actifs au sein du collectif Scratch Action Hero lui même médaillé lors des trois années précédentes ! L’explosion au grand public de C2C envoie donc un message fort aux détracteurs de la musique électronique hexagonale qui n’ont tendance qu’à se focaliser sur le plus gros exportateur de musique française à l’étranger, le millionnaire David Guetta.

A contrario, C2C frappe fort et dépote tous les préjugés. Musicalement, le son s’est monté une distillerie autour de la soul, funk ou encore du blues, sincère et rafraîchissante. Fidèle au turntablism, C2C tombe le masque dès le premier track Down the Road et marque les esprits. Chers amis, oubliez vos samples à foison, ici tout se fait à la bonne vieille méthode oldschool. Quatre djs, ou plutôt huits mains pour un festival sonore de scratchs et surtout un énorme mix qui vascille de l’harmonica aux chaleurs d’une bonne vieille gratte. Avec un synthé qui sonne très 80s, l’ouverture est déjà un petit bijou.

Loin des stéréotypes renvoyés par l’image des Djs actuels, C2C force les portes de la création au fil des morceaux. Sur Arcades, l’auditeur est transporté dans un univers très saturé, ponctué de claviers piochés dans la cheapmusic avec une basse vombrissante. Atypique, électronique, épique… le crew s’offre une parade ‘frenchy’ qui laisse des traces avant de reprendre les chemins plus tortueux de l’exploration sur Someday. Si l’intro titille un certain Abbesses de Birdy, Someday dégage la force tranquille de C2C. Plus calme, plus jazzy, on ressent la patte de 20Syl dans le morceau, là où la soul a décidé de prendre les commandes dans un rythme effréné. Les mélodies ponctuées d’une richesse prononcée, C2C réutilise avec malice l’univers musical qui lui a sourit durant les DMC.

Laissez-vous border, The Beat s’apparente déjà comme une des compos incontournables de l’EP. Un beat dévastateur, un son plus hip hop et une mélodie speedante avec un « the beat is my native language » qui en disent long sur les prétentions du crew. The Beat en rappèlerait presque les embardées folles de Dj Keops, d’IAM. Tempo irréprochable taillé pour le live, C2C cherche à explorer tous les sous-genres qui leur passent sous la main. Comme pour définitivement se détacher du lot, F°U°Y°A envoie un pavé dans la marre. A la limite de l’ovni musical, la batterie côtoie les violons pour donner un côté résolumment oriental au morceau. Saccadé, toujours scratchée avec finesse, mais terriblement déconcertant, la maîtrise avec laquelle C2C mixe ses réalisations a de quoi laisser stoïque.

L’EP, constitué de 5 morceaux originaux puis d’un remix (Down The Road), est un franc succès avec ses quatre orfèvres de la platine. Au sommet de leur forme, il s’en ressort pourtant une terrible frustration. Certes, une frustration positive, mais qui fait trépigner d’impatience en attendant la sortie de l’album complet. Là où beaucoup voyaient dans C2C une certaine réincarnation des Birdy Nam Nam avant leur virage plus techno, C2C a surtout démontré qu’il savait proposer musicalement quelque chose de nouveau. Particulièrement attendu, C2C remporte cette première manche. Haut la main.

Extrait, Down The Road – C2C (2012) :

Partager !

En savoir +

C2C, Down The Road EP, 6 titres, 27 minutes, dans les bacs depuis le 23 janvier 2012.

Myspace :
http://www.myspace.com/c2cdjs

A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

2 commentaires

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires
  1. 1
    Arnaud Parant
    le Samedi 25 février 2012
    Arnaud P a écrit :

    ATTENTION : le lien c2c.fr que vous avez posté renvoie sur une page de Cofidis et de son crédit c2c.

  2. 2
    Dimitri L
    le Samedi 25 février 2012
    Dimitri a écrit :

    Bien ! Au moins je peux voir que les lecteurs sont attentifs à tout…

Réagissez à cet article