Bronson

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Nicolas Winding Refn, réalisateur danois connu par sa trilogie Pusher, reste dans l'univers criminel avec cette fois ci Bronson, soit la vie de Mickael Peterson alias Charles Bronson, le détenu le plus célèbre du Royaume Uni. Un film que les bandes annonces nous vendent comme le Orange Mécanique de notre génération. Excès de confiance des producteurs ou réel tour de force ? Un peu des deux en fait.

bronsonTout petit déjà, bien qu’élevé sainement par des parents de classe moyenne, Michael Peterson ne rechigne pas sur la castagne et malgré une absence de talent particulier désire plus que tout être célèbre. Ces deux traits de caractère se conjugueront à merveille lorsqu’en 1974, à 19 ans, après le braquage minable de la poste du coin pour une poignée de Livres, il se verra condamné à 7 années de prison.

C’est donc au sein de l’univers carcéral que Charles Bronson verra le jour, la tête haute et les poings serrés, prês à en découdre avec tout ce qu’il trouve de gardiens, prisonniers, ne craignant ni les coups, ni les châtiments disciplinaires. Transféré de prison en prison puis en asile (où il finira par mettre le feu), rien ne l’arrête et son nom résonne bientôt dans les médias anglais.

Au-delà du personnage au parcours hors-normes, le film se dote de deux merveilleux atouts : avant tout, Tom Hardy , un acteur d’exeption. Il sait donner au personnage de Bronson la profondeur qu’il mérite sans en faire une caricature. Puissant, fou, charismatique, créatif, sensible, et tellement plus encore. Il sait donner une cohérence à un personnage qui d’un point de vue extérieur semble pourtant n’en avoir aucune. En un regard, il passe du type plutôt sympa avec qui on aimerait boire une bière, au sociopathe qui vous glace le sang. Quelle prouesse. Aperçu dans des films comme Rock’n rolla ou Layer cake, Tom Hardy donne ici une prestation qui, soyons-en sûr, donnera de l’élan à une carrière prometteuse.

Mais aussi grand qu’il soit, un comédien sans un réalisateur de taille est comme un musicien avec un instrument désaccordé, pas grand-chose.
Heureusement, Nicolas Winding Refn est à la hauteur du défi, nous narrant l’histoire du point de vue de Bronson, nous immergeant dans sa folie non dépourvue de logique. Il offre au spectateur un voyage façon montagne russe dans un cerveau inadapté à la société. Voyage dont les différentes étapes sont marquées par des narrations de Bronson en acteur de stand-up racontant sa vie comme un spectacle burlesque, mettant ainsi en relief cette folie et cette soif de célébrité, tout en restant fidèle au personnage.

bronson02Il sait surtout nous montrer un esprit indestructible, une force de la nature. Et malgré la violence du personnage, une certaine légerté se dégage de tout ca. On ne peut s’empêcher parfois de sourire. Lorsqu’on le voit dans sa cellule d’isolement, nu comme un ver, les poings fermés, prêt à bondir tel un boxeur au début d’un round sur les gardiens qui s’apprêtent à ouvrir la porte. Ou encore, face au désarroi du directeur de la prison qui ne sait vraiment plus quoi en faire.

Et cette comparaison avec Orange Mécanique alors ? Oui, il y a une vision froide et déculpabilisée de la violence, un montage accompagné par de grands morceaux de classique, mais Winding Refn n’est pas Kubrick et le but du film n’est pas le même. Il ne s’agit pas ici d’une réflexion sur la violence ou sur la jeunesse décadente mais simplement de faire découvrir un être inclassable, sans le juger (la justice l’a déjà assez fait), de comprendre que pour certains la vie carcérale peut être un but en soit. N’en reste pas moins un film brillant sans un seul bémol, si ce n’est sa durée, seulement 1h30 – espérons que sa sortie DVD offrira une version rallongée.

Et puis il y a cet homme, cette montagne, qui a passé 34 ans en prison dont 30 en isolement et dont la vie n’est maintenant que sport, écriture et dessin, condamné en 2000 à l’isolement cellulaire à perpétuité. et qui n’a pourtant jamais tué.

Même s’il ne s’agit que d’un film, reste cette sensation d’avoir vu à travers ses yeux ; un mélange de peur et de fascination.

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Bronson, de Nicolas Winding Refn
Dans les salles depuis le 15 juillet 2009
Avec Tom Hardy, Matt King, James Lance
1h32min
Biopic, thriller britannique – 2009

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=139042.html‘>Site officiel->http://www.bronsonthemovie.com/bronson.html] | [Fiche Allociné
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18903594&cfilm=139042.html'>Bande-Annonce->http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18895898&cfilm=139042.html] | [Interview du réalisateur

L’histoire de Bronson : http://en.wikipedia.org/wiki/Charles_Bronson_(prisoner)‘>http://en.wikipedia.org/wiki/Charles_Bronson_(prisoner)

1 commentaire

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  1. 1
    le Vendredi 14 août 2009
    guillaume a écrit :

    vraiment pas mal comme film, surtout l’acteur. Mais alors ce genre d’accroche sur l’affiche (le orange mécanique du XXIe siècle!) c’est vraiment de la comm’ à deux francs.

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