Broken Twin + Daughter | Le Trabendo | 20.11.2013

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Jolie soirée toute en pudeur et sourires complices.

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Les chanteuses-pianistes à voix suaves ont l’air d’avoir le vent au poupe au Danemark. Après la raffinée Agnès Obel, c’est Broken Twin que nous découvrons ce soir pour la première partie du concert. Accompagnée d’un violoniste, elle prend place au piano, et les notes emplissent la salle. La chanteuse pose sa voix sans plus d’emphase qu’il n’en faut, dans un grand sérieux. Un violon vient s’ajouter et le son si cristallin subit des déformations qui en floutent les contours peu à peu. Si la sensibilité heurtée qui émane de ces chansons dépouillées rapproche Broken Twin de l’autrichienne Soap&Skin, c’est sans ce grain de folie qui pourrait amener l’émotion. On retient toutefois le très joli Out of Air, extrait du premier EP Hold On To Nothing.

Chez les Londoniens Daughter, on sent une forte complicité entre Elena Tonra et Igor Haefeli, moteurs du groupe. Ils évoquent les souvenirs des premières compositions, « dans ma chambre » précise Igor par deux fois, l’improbabilité de se retrouver à faire des tournées européennes et américaines, trois ans plus tard. Et de cette surprise chaque soir renouvelée du groupe, de trouver un public à ces compositions qu’ils ne cessent de qualifier de « tristes », naît une volonté de vivre les titres à fond, comme si leur vérité devait être révélée sur scène.

Ce n’est pourtant pas la tristesse qui domine, lorsqu’on plonge dans une ambiance sonore qui rappelle l’efficacité rythmique de The XX. Plutôt la nostalgie, l’attente romantique. Les différentes ruptures qui rythment les morceaux amènent une attente, comblée par le climax de guitares dans lequel surnage la voix d’Elena, toujours égale. Le set commence doucement, avec des titres antérieurs à l’album If You Leave, publiés sur des EP. Elena met un peu de temps à être à l’aise, sur le fil, mais Igor et le batteur Remi Aguilella installent la structure ryhmique avec assurance. D’un amour entre deux eaux qui vivote dans Still, on passe aux guitares saturées de Winter. Les nappes créées par les effets appliqués aux guitares, via des pédales, alternent avec des plages de calme, des sons calfeutrés par la poudreuse d’un hiver à l’issue incertaine.

Les présentations faites, le groupe amène des guitares dissonantes sur Human, dont l’intro rappelle certains morceaux de The Dodos. « Despite everything, I’m still human »…
Le public, concentré, semble attendri par les quelques maladresses du groupe. « You’re such a beautiful audience », murmure Elena. Et pour faire plaisir à cette salle comble, les premières notes de l’attendu Youth résonnent. « We are the reckless, we are the wild youth ». Les poitrines explosent, les poumons sont altérés, les maisons emportées par l’inondation. Visions sentimentales apocalyptiques quelque peu adoucies par le bonus-track du concert, en rappel : une reprise sensuelle de Get Lucky.

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Site web de Broken Twinhttp://brokentwin.com/

Site web de Daughter  : http://www.ohdaughter.com/

A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

1 commentaire

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  1. 1
    Cédric
    le Dimanche 24 novembre 2013
    Cédric a écrit :

    J’ai pu voir Daughter à Rock en Seine, cet été, et c’est également ce que j’ai ressenti en les voyant :)

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