Bring Me The Horizon

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Jeudi 2 novembre, tout Paris est en alerte. Ce soir l'ambiance a prévu d'être hardcore au Trabendo et c'est l'endroit où il faut absolument être sous peine de lapidation de la peuplade à écarteur et à mèche, vu les noms qui se lient et se délient sur l'affiche : Ignominious Incarceration + Deez Nuts + The Red Shore et bien évidemment Bring Me The Horizon.

bmth-2Ayant loupé leur précédent concert parisien, plus le droit à l’erreur. Sur scène, les techniciens continuent à s’afférer devant le drap représentant la cover du dernier album de Bring Me The Horizon : une jolie brune, les yeux dans le vague, tenant dans ses blanches mains un tas de boyaux sanguinolants. Quant au public, il est sans surprise : on a le choix entre le jeune, arborant une coupe de cheveux parfaitement babylissée et son t-shirt Drop Dead (la marque du chanteur de BMTH ) ou à des coreux à crâne rasé nettement plus décontractés, sans omettre les éternels parents, scandalisés par la musique démoniaque de la playlist et qui ont décidé d’accompagner leurs chers rejetons. Cela étant dit, place à la première partie de la première partie de la première ! La soirée a prévu d’être longue et riche musicalement…

Arrive donc, Ignominious Incarceration . Dis comme ça, ça fout la trouille mais question son, les cinq Anglais nous offre du death métal carré et en place. La fosse se chauffe, avec un premier rang exclusivement féminin alors que, dans le fond, la testostérone s’entraîne en mode violent dancing . Les morceaux s’enchaînent avec grâce, si on peut le dire, et nous met l’eau à la bouche pour ce qu’il en est de la sortie de l’album, prévue pour début 2009 si tout ce passe correctement.

Puis vient le tour de Deez Nuts qu’on pourrait considérer comme l’intrus musical de l’affiche avec son Hardcore – Rap – Métal mais qu’importe, le public s’enflamme et il a on-ne-peut-plus raison ! Formé depuis peu, c’est dans de pareils instants qu’on est bien heureux que I Killed The Prom Queen ait splitté, mettant au monde un beau bébé, tout de suite après leur Say GoodBye Tour . Mais nous ne sommes pas là pour verser notre petite larme mais pour profiter pleinement du set de nos gaillards made in Melbourne dignes d’un Body Count (groupe d’ Ice T ) le précurseur de ce style qui a fait les beaux jours du milieu des années 90. L’ambiance est au rendez-vous et JJ Peters (voix) ne rechigne pas à prêter son micro aux excités de la foule qui ont bien appris leur leçon du jour !

On reste alors chez les kangourous avec The Red Shore . Un peu mou du genoux, je reste dubitative sur leur prestation, peut-être parce que trop de premières parties tuent la première partie, mais il s’avère que le show est assez ennuyeux même si ça pogote sévère dans la fosse.

bring_me_the_horizon_2-2Avec tout ça, on en oublierait presque pour quoi, ou plutôt pour qui, tout le monde est venu. Heureusement que tout sera fait pour nous le rappeler: les lumières qui s’éteignent, le jeu de lumière angoissant et le générique du film culte Requiem For A Dream (comprendre le Requiem de Mozart remixé) retenti. Après leur séance de dédicaces au Rockshop Landscape qui, comme à leur habitude a rameuté tous les teens de Paris, les Bring Me sont au mieux de leur forme et commencent en trombe avec Comedown . Les cris suraigus des jeunes filles partent dans les ultrasons à chaque mouvement d’ Oliver Sykes (voix) mais on fait avec.

Le public monte sur scène histoire de frôler leur idole et de slammer à corps perdu : à croire que tout le monde y est passé vu l’enchaînement plus ou moins réussi des sauts ! Le rythme est effréné : Pray For Plagues, Tell Slater, Diamonds Aren’t Forever, Medusa entrecoupés par quelques monologues d’ Oli qui débutent pour la plupart par un « Je sais que vous ne comprenez absolument rien à ce que je raconte mais… ». Et c’est à ce moment que l’un de nos coreux calcule mal sa trajectoire et atterri dans la batterie Matt Nicholls avant d’être renvoyé illico presto dans les airs dans le sens inverse par un des techniciens !

Pendant ce temps-là on décompte déjà deux demoiselles évanouies, des bleus, des bosses et des solos de guitares de folies : Written in Blood, A lot Like Vegas, Football Season . C’est sur cette dernière, d’ailleurs, qu’un des roadies du groupe traverse la scène en courant, continue sur le public, foulant quelques têtes de pieds, pour s’écrouler derrière ce petit monde. C’est du n’importe quoi scénique et c’est du bon : Stevie Wonderz et Chelsea Smile pour clore le spectacle avec un Oli en transe, à genoux puis allongé par terre dans des convulsions. Seul regret, l’absence total de rappel qui nous laisse sur les crocs mais dorénavant on en est certains d’une chose : le nouvel opus, Suicide Season, est un véritable petit bijou…

Crédits photo : thelsb (http://www.myspace.com/thelsbphotographie
)

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A propos de l'auteur

Image de : Co-responsable de la rubrique Musique sur Discordance.fr. Et même qu'une fois, je me suis faite accréditée sur un concert de Justin Bieber !

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