Brian Jonestown Massacre – Who Killed Sgt. Pepper ?

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Les Brian Jonestown Massacre nous avaient déjà habitués au dément. Ils nous embarquent une fois de plus dans un voyage à la fois incompréhensible et génial, fou et magique. Il ne faut juste pas oublier la carte maritime pour s'embarquer sur ce bateau, car le chemin est houleux.

Who Killed Sgt. Pepper ? s’ouvre sur un trip étrange où des voix islandaises, mystiques et surprenantes nous font avoir des visions étranges, des visions que l’on pourrait bien avoir lorsque l’on est sous acide (d’où le nom du dernier EP Smokin Acid). Anton Newcombe, que l’on sait adepte aux drogues – mais c’est pour mieux créer mon enfant – a dû encore courir derrière le lapin blanc pour faire cet album. Étrangement, ce premier morceau nous transporte ailleurs, dans un monde assez shoegaze mais qui colle totalement à la personnalité torturée et au génie incompris de Mr Newcombe.

Deuxième titre mais toujours pas d’Anton au chant. Un rock tonitruant, un peu plus proche de ce que l’on a l’habitude d’entendre chez les BJM, réveille et laisse espérer de bonnes choses pour la suite de l’écoute. Let’s Go Fuckin Mental, le premier single de l’album, s’enchaîne assez bien. Un petit air d’harmonica, une mélodie simple mais entêtante, et enfin, un Anton qui chantonne. Un titre qui s’écoute fort et qui risque bien de faire vibrer une salle toute entière en live.

White Music coupe totalement l’élan rock que l’on avait pu entendre lors des deux précédentes chansons. Des voix fantomatiques, une petite musique cristalline à la fois féérique et glauque viennent hanter les pistes… Mais quels esprits machiavéliques viennent donc posséder Anton Newcombe ? Si l’on ne comprend pas vraiment pourquoi cet interlude est là, il l’impose dans tous les cas en véritable chaman du rock. Puis on reste dans l’étrange avec This is The First of Your Last Warning qui reprend le trip nordique, avec des paroles en Islandais…Titre difficilement accrocheur à moins d’être dans le même délire. On pourrait dire que c’est du n’importe quoi, mais curieusement, c’est du grand Newcombe.

Rock un peu progressif, un peu psyché, un peu barré, This is One Thing we Did Not Want to Have Happen reprend l’offensive. Les effets à la guitare et la voix pénétrante de Newcombe nous donnent une chanson made in BJM même si l’on est loin des mélodies des précédents opus. The One, quoique puissante, est assez monotone. La voix d’Anton est effacée au profit des sons électroniques et d’un rugissement brouillon de guitare, et l’on se lasse malheureusement assez vite. Someplace Else Unknown suit la progression de l’album, pas de réelle mélodie, un Anton énervé, une série de sons étranges, on est vraiment en terre inconnue, une terre qui pourra effrayer les fans de la première heure habitués à des Nevertheless ou à des Satellite, titres qui ont révélé les Brian Jonestown Massacre au grand public.

Et là. Un ovni. Detka! Detka! Detka! est comment dire.. inattendue. Une chanson en russe qui sort un peu de nulle part, mais qui finalement, lorsque l’on connait un peu l’animal, n’étonne pas. Toujours désireux d’innover et de mettre en scène ses fantasmes et ses idées les plus folles, Anton Newcombe n’en fait une fois de plus, qu’à sa tête. Mais qu’importe, il ne cherche pas à épater le public avec des tubes et ce titre démontre bien cette capacité et cette volonté sans bornes qu’il a à s’enfermer sur lui et ses créations.

Super Fucked, déjà présent sur Smockin Acid, est bien celle qui devrait le plus plaire aux puristes. Newcombe y chante comme à l’accoutumée, une petite mélodie s’en dégage, des tambourins cadencent allègrement le rythme… On se sent bien et bien mieux encore à l’écoute de Our Time et de l’exceptionnelle version de Feel it (initialement sur l’album Peel Sessions 1998) qui ravive incontestablement les souvenirs des premiers albums.

L’album s’achève sur Felt Tipped pictures of UFOS, un morceau assez surprenant mais très poétique, où l’on peut y entendre des extraits d’interview de John Lennon. Hommage ultime aux Beatles dont le nom de l’album s’est également inspiré (Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band sortit en 1967, année de naissance d’Anton Newcombe).

C’est la fin du voyage, un voyage étrange et inattendu, parfois même chaotique, mais qui laisse la possibilité aux Brian Jonestown Massacre d’explorer ce qui est inexplorable pour tant de groupes. Les longues plages psychédéliques plaisent ou ne plaisent pas, mais Anton Newcombe reste fidèle à lui même et c’est bien ce qu’on lui demande. Très influencé par ses voyages en Islande, Newcombe poursuit sur sa lancée et nous offre un album dans la lignée de My Bloody Underground. Une chose est sûre, c’est que leur tournée qui débutera en France au mois d’avril n’est vraiment pas à manquer.

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A propos de l'auteur

Image de : J'aime le Rock, le vrai, pas le trop bruyant ni le trop mou, des Brian Jonestown Massacre aux Yeah Yeah Yeah's en passant par Marilyn Manson ou NIN. Je passe une grande partie de mon temps dans la pénombre des salles de concert pour essayer inconsciemment de découvrir The Next Big Hit !

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