Boogers @ La Maroquinerie

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Artiste polyvalent à la personnalité décalée, Boogers, ou pour les plus familiers « Chacha », tient sa réputation de sa musique électro-rock samplée et de ses prestations scéniques dignes d’un One Man Show.

Boogers à la Maroquinerie

Personnage éclectique, il tire ses influences d’artistes divers tels que le groupe de punk-hardcore, Minor Threat, ou encore de l’excellent groupe de rock expérimental, dont la renommée n’est plus à faire, Radiohead. Après s’être exercé dans de nombreux groupes français en tant que batteur, guitariste ou chanteur, il prend finalement l’initiative de sortir un premier album en solo, In The Step, qui, à défaut d’avoir été remarqué, lui a permis de trouver une certaine stabilité musicale. Se renouvelant cette fois-ci dans un style plus pop-punk-electro, son deuxième album, As Clean As Possible, sorti en mars 2010 sur le label At(h)ome est sensiblement plus propre. Il garde, cependant, ce caractère impulsif et artisanal très significatif du travail de Stéphane Charasse (véritable patronyme de Boogers, NDLR). De passage à Paris en avril dernier et à l’occasion de la sortie de son second opus, Boogers avait investit La Maroquinerie, et jouait, ce soir-là, à guichets fermés.

Après un passage éclair et étrangement inaperçu en première partie du groupe de power-pop, Piano Chat, les lieux sont pris d’assaut par une assemblée parisienne, triée sur le volet, visiblement impatiente d’apercevoir le « nouveau » phénomène actuel. C’est donc sous ces acclamations enjouées que Boogers prend ses marques sur scène. Le show débute avec l’impétueux Anywhere dont les accords de guitare sèche dynamiques en addition de la voix métallique de Stéphane ainsi que sa mystique boîte à rythme laisse le public dans l’incrédulité la plus totale. Force est de constater que cet homme érigé devant eux constitue à lui seul un groupe.

Avec une audience plus que ravie de cette nouvelle découverte, les premiers applaudissements ne tardent pas à se faire entendre et c’est sous ces nouveaux encouragements qu’il poursuit son set en toute simplicité.

Image de Boogers à la Maroquinerie Introduisant quelques-unes de ses chansons les plus connues, telles que l’entêtante Talk To Charlie ou bien Lost My Lungs, Boogers invite implicitement le public à le joindre au chant. Les voix s’entremêlent ainsi dans ce qui semble résonner comme un hymne semi-national, empreint d’une énergie viscérale appelant au rassemblement. L’ambiance s’en ressent et devient presque instantanément teintée de mélancolie. Univers totalement ambivalent, version anglaise de Mickey 3D, il plonge ainsi la foule dans une atmosphère intimiste. À la limite du Showcase, l’évasion est des plus renversante. Armé de sonorités beatbox, de samples et d’une guitare overdrivée, Stéphane déploie une énergie considérablement impressionnante, relativement contagieuse, puisque les corps perdent en timidité et se voient improviser des danses incongrues.

C’est avec ironie et sans conteste une effective autodérision que l’on peut percevoir ses mots : « Un jour j’aurai tout, tout !». Non content de ses multiples aptitudes musicales, nous voilà désormais en présence d’un humoriste hors pair. Le public, mis habilement à son aise, partage ces échanges avec gaieté et c’est intuitivement que Boogers inscrit, à ce moment bien précis, ses morceaux les moins connus tels que Get Up et The Devil. Brandissant un drapeau à l’effigie de Jim Morrison, il semblerait que les beats électro n’aient pas laisser en reste la personnalité plus que rock’n’roll de Stéphane. Une certaine puissance communicative transparait alors tout au long du set et l’Encore se fait ressentir comme l’unique issue de ce concert. Satisfaction aussi tôt assouvie puisqu’il revient très rapidement en place afin de délivrer ses ultimes notes sur Wanna Do et Hashtray. Le public outrageusement comblé temporise ainsi ses ardeurs et Stéphane peut s’estimer heureux de la performance accomplie.

Prochainement en concert à l’occasion du Festival Europavox de Clermont-Ferrand et présent sur de nombreuses dates en France, il semblerait que Boogers se fasse une place de choix parmi les artistes français du moment. L’efficience de son talent n’est pas en reste, mais son inimaginable capacité à composer, jouer et performer en parfaite autarcie avec lui-même semblent être, de manière évidente, les ingrédients majeurs de sa réussite.

Setlist : Anywhere / Put Your Head / Perfect Weel / I’m Sorry / Lost My Lungs / Probleme / Talk To Charly / Get Up / The DevilEncore : Wanna Do / Hash Tray

Crédits photo : Phil Abdou

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A propos de l'auteur

Image de : Mes passions ont toujours été dévorantes et poussées à leur paroxysme. Les mots sont un exutoire idéal et mon admiration est totale envers des écrivains tels que Robert Heinlein, Hubert Selby Jr., Bret Easton Ellis, Franz Kafka ou encore Albert Camus. http://www.tasteyourmusic.wordpress.com

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