Bons baisers de Polynésie

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Alors que soufflait un vent de panique sur toute la région Pacifique en raison du séisme ayant dévasté ce matin une large partie des côtes japonaises, la Polynésie Française, elle, continuait à vivre paisiblement comme si de rien n’était. Pourquoi ? A priori en à cause d’un manque effarant d’organisation des autorités.

Image de Polynésie Française 6 h 50 (heure de Paris). Un violent séisme frappe les côtes nord-est du Japon. L’Agence météorologique du Pays du Soleil levant émet aussitôt une alerte, anticipant un tsunami pouvant atteindre six mètres de haut. L’alerte s’étend rapidement jusqu’à atteindre la Russie et quelques îles du Centre Pacifique.

À peine une heure après les premières secousses, ce sont des vagues non pas de six mètres, mais de dix mètres de haut qui viennent s’écraser contre les bâtiments du port de Sendaï (nord du Japon). Suite à ce séisme sans précédent au Japon (une magnitude de 8,9), toutes les zones côtières du Pacifique ou presque semblent être en état d’alerte. Toutes ? Non. La Polynésie Française n’a émis aucune alerte. Les habitants affolés, ainsi que leurs proches tout autour du globe, se précipitent sur le site officiel du Haut Commissariat de la République pour s’enquérir des derniers développements. Que risquent-ils au juste ? Doivent-ils évacuer vers les hauteurs ? Personne ne le sait et les radios et les chaînes de télévision locales n’en disent pas beaucoup plus. Sans doute en raison du trop grand nombre de visiteurs, le site du Haut Commissariat a cessé de fonctionner au cours de la soirée. À 23 heures (heure locale), il était impossible de suivre l’évolution des évènements sur ce site officiel que l’on aurait pourtant cru à même de supporter une telle affluence de visiteurs, même imprévue. Déjà la panique s’installe sur Internet.

Au cours des heures qui ont suivi le séisme et le tsunami, les Hauts commissariats de la République et les autorités étrangères compétentes tout autour de l’océan Pacifique ont décrété l’état d’urgence et ordonné l’évacuation. Pendant ce temps, les habitants de la Polynésie Française étaient toujours laissés dans le noir le plus complet. C’est en tout cas ce que suggèrent certains habitants que nous avons pu joindre, comme Karine, surprise que rien ne se passe chez elle alors que tout autour les alertes et évacuations pullulaient : « Mais comment un chapelet d’îles situées à mi-chemin entre Hawaï, qui évacue, et le Chili, qui a décrété l’état d’alerte, peut-il ne pas être lui-même en état d’alerte ? Alors que tout le Pacifique l’est… ». Incompréhension partagée par beaucoup, comme en témoignent ces commentaires sur Internet (ainsi : « Merci d’avoir publié l’information [ici], rien sur tahitipresse et le site du HC [Haut Commissariat] est inaccessible. »).

L’alerte a finalement été donnée aux alentours de 4 h 30 (heure locale ; 15 h 30 heure de Paris). Mais ce qui ressemble à un grand cafouillage des autorités en charge ne s’est pas arrêté là. Tandis que les sirènes sonnaient aux quatre coins de l’archipel, les gendarmes étaient présents « à tous les ronds-points » afin de bloquer les routes dans le cadre de l’évacuation de la population. Quid des gens n’ayant pas eu vent de l’alerte ? Ils ont dû attendre que le Haut Commissariat leur envoie un SMS… à 5 h 50 (16 h 50 heure de Paris), soit 1 h 20 après l’alerte ! Texte du SMS : ALERTE ROUGE TSUNAMI POUR VOTRE ARCHIPEL, ÉCOUTEZ LA RADIO ; SIGNE HAUT COMMISSARIAT. Alors comment évacuer si les routes sont bloquées par les gendarmes ? Karine nous fait part de difficultés ressenties une heure auparavant, alors qu’elle-même évacuait une zone à risque : « À un rond-point, deux gendarmes arrêtaient les voitures une à une ; lorsque la personne qui conduisait notre véhicule a dit à l’un d’eux qu’il ne faisait que rentrer chez lui, le gendarme semblait totalement perturbé, il ne savait pas s’il devait nous laisser passer ou pas ».

À l’heure où nous écrivons ces mots, il est 7 h 20 (heure locale ; 18 h 20 heure de Paris) et le premier flash télévisé vu par Karine est retransmis, avec intervention de Richard Didier, Haut Commissaire de la République en Polynésie Française nommé il y a moins de deux mois. Commentaire du journaliste : « Huahine sera l’une des premières îles touchées par le tsunami. S’il y en a un, car on n’est pas complètement sûr ». C’est donc pour le moment l’incertitude la plus totale qui règne à la fois sur les habitants de cette région du monde et sur leurs proches, alors que la première vague annoncée devrait atteindre Tahiti d’une minute à l’autre.

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A propos de l'auteur

Image de : Né en Allemagne à la fin des années 80, alors que l'ordre mondial était en plein bouleversement (et sa naissance n'y est sans doute pas pour rien), Loïc a eu très tôt le goût de faire tomber les murs. Aujourd’hui, c’est au sein de Discordance qu’il poursuit sa mission. Trop souvent adepte du « c’était mieux avant », passionné de cinéma, de littérature et de musique (tout un programme), c’est tout naturellement qu’il a choisi de prendre la tête de la rubrique Société : quelle meilleure tribune pour faire trembler les murs ? Vous pouvez à présent suivre ses élucubrations à la fois sur Twitter (http://twitter.com/JLMaverick) et sur son blog : http://johnleemaverick.wordpress.com.

15 commentaires

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  1. 1
    le Vendredi 11 mars 2011
    LOLO THT a écrit :

    Quel connard ce Loïc ! Faire de la polémique stérile pour rien c’est bien franchouillard comme réaction.
    Tout le monde savait en regardant les cartes et en suivant les infos dans quel ordre les îles du pacifique seraient touchées
    Pour la Polynésie c’était au lever du jour
    Une alerte à 4 h du matin laissait 3 heures à la population
    On ne fuit pas en voiture, il suffit d’écouter les consignes
    La Polynésie est épargnée
    J’étais agréablement surpris d’avoir un SMS signé du haut-commissariat sur mon téléphone portable
    donc polémique inutile et lamentable
    démarche particulièrement scandaleuse compte tenu de la chance que nous avons eu en Polynésie, en comparaison de l’apocalypse qu’a connue le Japon
    Loïc devrait bosser chez Voici ou Closer, il pourrait laisser libre cours à son mauvais esprit débordant d’éxagération.
    y’a pas de quoi être fier…

  2. 2
    le Vendredi 11 mars 2011
    LOLO THT a écrit :

    y’a des japonais qui auraient bien voulu se plaindre d’un retard d’alerte… mais qui sont morts ensevelis !!!
    …aucune victime en Polynésie !
    un peu de décence au lieu de se masturber l’esprit avec des polémiques stupides…

  3. 3
    le Vendredi 11 mars 2011
    BIG Boss Paradize a écrit :

    Je m’insurge !
    Ce n’est pas la faute de Loïc…sa mère n’a pas fait d’amniosynthèse et voilà le résultat ! lol

  4. 4
    le Vendredi 11 mars 2011
    LOLO THT a écrit :

    …tout s’explique !!! :)

  5. 5
    le Samedi 12 mars 2011
    Fiuman a écrit :

    Ah Ah, sacré Loïc !
    T’aurais bien voulu faire croire à tous tes copains que ici c’était la panique et que t’as failli mourir mais bon, la vague ne faisait que 50 cm !
    On en a déjà fait toute une histoire pour un évènement heureusement insignifiant pour la Polynésie, tu voulais quoi ? Qu’on te demande ton avis au JT de TF1 ?
    La prochaine fois que t’as rien à raconter, ben ferme là ! MDR

  6. 6
    le Samedi 12 mars 2011
    Poema a écrit :

    22h environ la veille : j’étais en ligne depuis Paris avec un copain à PPT. Sa famille et lui allaient se coucher et se tenaient prêts à s’éloigner sur les hauteurs le lendemain matin 4h ! Bonjour la polémique à 2 balles !

  7. 7
    Dimitri L
    le Samedi 12 mars 2011
    Dimitri a écrit :

    L’organisation des états en situation d’alerte est quelque chose de très compliquée à gérer. Et il est aussi très dangereux de s’aventurer sur ce genre d’article le jour même d’une telle catastrophe tant l’excitation, l’angoisse, la peur, les sales rumeurs sont balancées un peu partout…

    Je reste très réticent au triptyque « médias/catastrophe/population ». Si le rôle du premier est de rapporter les faits du second, le troisième (par l’effet de sur-médiatisation) est complètement pris en étau entre la gravité des faits et le sensationnalisme des journalistes.

    Il se passe trop de choses gravissimes au Japon pour que l’on s’attarde, si je peux me permettre, sur ce cas de la Polynésie Française. Bien sûr que s’il y avait eu des morts, les habitants de la Polynésie n’auraient sûrement pas eu la même réaction. On le sait, et ce n’est pas nouveau, les pays européens ne sont pas prêts à subir de telles catastrophes d’un point de vue organisation et surtout évacuation (il n’y a pas de « culture du risque » comme au Japon, aux USA, etc).

    Il faut essayer de se mettre un peu à la place du Japon dans tout ça : ce n’est pas le séisme en lui même qui a été meurtrier, mais le tsunami. Regardez un peu les conséquences directes : rupture de barrage, explosions dans les raffineries, sites pétrochimiques en feu, voies de communications englouties, villes dévastées, spectre nucléaire de plus en plus pesant…

    Je pense qu’il y a bien des choses à dire sur ce type d’évènement et je ne voudrais pas que Discordance tombe dans le piège de ces débats où les idées contradictoires fusent dans tous les sens car chaque personne est persuadée de détenir une information inédite…

    Les médias en général s’en donnent déjà à cœur joie depuis hier, il faut aussi savoir trier les données que l’on nous transmet.

    Essaies de prendre les avis des experts de TF1, de France 2, de i>télé, de France Info… tu verras comment on peut entendre tout et n’importe quoi. J’aimerais voir de la part des médias de vrais débats, de réelles explications à la population qui ne saisit pas forcément le processus de formation d’un séisme, d’un tsunami, des consignes de sécurité à appliquer… au lieu de se dire que pendant 1 semaine les ventes sont assurées !

    Il y a une différence entre informer/essayer de comprendre pourquoi et d’installer une psychose. Même s’il ne faut pas nier que c’est une des pires catastrophe naturelle et industrielle par ses répercussions.

  8. 8
    Dimitri L
    le Samedi 12 mars 2011
    Dimitri a écrit :

    @ Lolo THT, Big Boss Paradize, Fiuman et les autres >
    On peut essayer de parler en formulant un avis constructif au lieu de s’enflammer.

    Je répète ce que j’ai dis précédent : ça va que la vague ne faisait « que » 50 cm. Car on ne peut pas dire que les prévisions émises depuis l’alerte tsunami ont été exactes ! Il ne faut pas être de mauvaise foi non plus. Ils ont foutu la pression dans toutes les îles du Pacifique jusqu’aux USA, les scientifiques étaient formels « des vagues géantes attendues partout » jusqu’à 4-5 mètres… et ? Sont-elles arrivées ? A part en Russie, à un degré moindre.

    Si l’alerte tsunami est toujours de mise, c’est pour une raison : c’est que la vague se formerait à la suite d’une nouvelle secousse !

  9. 9
    le Samedi 12 mars 2011
    tatako a écrit :

    cet article est réellement le plus mauvais et le plus nul qu’il m’ait été donné de lire…c’est un ramassis de connerie et de contre-vérité…Pour avoir vécu cette alerte, je confirme que l’alerte et l’évacuation de la population locale se sont faits dans les règles et avec efficacité par les autorités de l’état…et du pays
    il devrait se reconvertir en planteur de feuilles de choux au lieu de se prendre pour un journaliste et nous sortir des aneries …

  10. 10
    le Samedi 12 mars 2011
    Vaieri a écrit :

    Comme si de rien n’était ?

    Même si je n’ai rien su du séisme japonais, les sirènes ont hurlé à 4h30 … les bandeaux d’info étaient présent sur les TV locales et relayés sur les radios locales.

    Ce n’est malheureusement pas la première alerte tsunami que nous vivons en Polynésie … Et les consignes sont claires et connues … évacuation sur les hauteurs en fonctions des archipels, interdiction de circuler 90 minutes après les sirènes … on attend calmement la fin de l’alerte pour circuler.

    Simple et efficace quand on sait que depuis deux ans on bouffe de l’alerte rouge deux fois par an (séisme au Chili, Cyclone Oli, exercices en tous genre)… Comble du comble, un exercice tsunami c’est déroulé mardi dernier pour les écoles de la capitale …

    De la désorganisation ?

    Pour une fois le réseau GSM n’a pas planté, pas de coupure de téléphone ni d’internet … la population calme, la flottille de bateau au large, les militaires prépositionnés, des camions citernes sur la 4 voies qui est en hauteur …

    Le seul cafouillage ?

    La levée de l’alerte rouge c’est faite un peu tardivement … je pense que les autorités étaient bien refroidies par la situation japonaise et qu’elles ne voulaient pas prendre de risques …

    Et oui, Loïc, si tu veux faire tomber des murs, parles nous de la disparition de JPK, des retombées radioactives des essais nucléaires, de la DNIF, de Nuutania …
    mais pas de la gestions des risques mal vécu par des métropolitains fraichement débarqués à Tahiti.

  11. 11
    le Samedi 12 mars 2011
    Pahure a écrit :

    Le seul bémol, c’est que la circulation des jeunes est encore possible à la pointe Vénus pendant l’alerte. Une tentative d’effraction pendant l’alerte.J’ai rejoint les hauteurs à 6:45 (1/2 h avant l’heure prévue de la vague) et il y avait des dizaines de personnes autour du rond-point de la pointe Vénus. La présence policière était assez grande, il sont venus dans chaque servitude avec des haut-parleurs puis sont repassés vers 6:45. On ne peut pas leur demander de rester sur la plage !

    La décision d’évacuer a été prise tard (rien à 1:30) ou rendue publique tard mais alerter 3 heures avant est suffisant, le matin. À 22h00, ma décision était prise, on évacuait pour les hauteurs : le plancher de ma maison est à 1,80 m au dessus du niveau de la mer…

  12. 12
    le Dimanche 13 mars 2011
    francky moorea a écrit :

    N’importe quoi!!! De la pure désinformation…
    Quand on ne sait pas on ne dit rien…

  13. 13
    le Dimanche 13 mars 2011
    Zaz a écrit :

    Ramassi de conneries….

  14. 14
    le Dimanche 13 mars 2011
    FanFan a écrit :

    Je confirme les dires de LoLo, nous savions dès jeudi soir que la « vague » arriverait à 7 h le lendemain matin . L’alerte a été donnée à 4h30 , largement suffisant pour évacuer, surtout dans nos îles où la 1ère hauteur est à moins de 500 ms de chaque maison !!! personnellement, on a pris le temps de prendre un petit déj et une douche avant de partir … les gendarmes sont passés dans tous les villages où la sirène n’est pas entendue, et ils sont montés en dernier … il y a tjrs des inconscients qui restent, j’en ai vu un à la pêche sur le récif en pleine alerte … libre à lui !!! il fô connaitre le terrain avant de raconter des conneries ! Bien sur, on peut toujours perfectionner le système, mais par rapport à la 1ère alerte que j’ai vécue ici, pas de comparaison possible ! ils ont fait tout ce qu’il fallait .
    Bizzzzzzzzzzzzzzzzdézîles

  15. 15
    le Lundi 14 mars 2011
    pg a écrit :

    Comment se rendre ridicule en une page web. T’as pu qu’à fermer ton blog, mon vieux
    Laisse les médias faire leur travail et arrête tes délires.

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