Bobital 2008

par Kyra|
BOBITAL festival des Terre Neuvas, édition 2008 ou l'histoire d’une chronique avortée.

bobital3-2 Mise en bouche.

20 hectares, en plein coeur des Côtes d’Armor (Bretagne). Une programmation de folie étalée sur 3 jours. Une logistique incroyable mise en oeuvre. Une seule ligne de conduite : faire la fête. Un tsunami d’émotions en perspective. Une overdose de sons et de lumières. Noyés dans la foule, à l’orée de la conscience. Prendre le temps de respirer à l’unisson. Et arracher le plaisir là où on ne l’attend pas.

Incision.

Bobital, festival des Terre Neuvas, édition 2008, et moi, et moi, et moi… Oui bon. Ce fut plus court que prévu. Je n’avais pas la panoplie de la parfaite festivalière au fond de mes poches, ni l’arrivisme affûté de toute chroniqueuse lambda en quête de sensationnalisme transcendantal, arborant fièrement le sacrosaint pass média en bandoulière. Le fameux sésame qui m’a gentiment ouvert les portes de Bobital, avec accès parking V.I.P. s’il vous plaît, mais qui ne m’a pas empêchée de repartir, en fuyant, lâchement, égoïstement, oui j’avoue, dans un état de décomposition avancé, d’ailleurs, mais ça, ça ne se raconte pas. Désolée. L’essentiel étant gravé dans un repli de ma mémoire, encore brûlant, pour un instant d’éternité. J’y reviendrai.

Je suis allée là où mes jambes m’ont portée. Me suis posée sous un chêne, exactement. Loin de la foule. De là où j’étais, 2 grandes scènes s’offraient à moi, avec écrans géants, Terre Neuvas et Grand Banc . Je n’ai pas décollé de la journée. 9 groupes, au total : Sinik, The Subways, Massilia, Bertignac, Cali, Travis, Scorpions, Mattafix et Déportivo . Soit le meilleur pour la fin, et ce, pas avant 2 heures du mat’ d’après le programme. Pas cool. Il fallait vraiment être motivé pour rester jusqu’au bout, sinon aller traîner du côté de la scène d’ Art’N Zik, du café du Port ou se rabattre sur les stands de bouffe pour garder les neurones au taquet, même imbibés d’alcool. Premiers comas éthyliques en début de soirée, ventres flasques et vessies pleines, looks improbables, cheveux crades ou décolorés, free hugs pour la déconne, cannabinoïdes en suspension dans les narines, pratiquement toutes les tranches d’âge étaient représentées. Un public, une dynamique, un phénomène de société en mouvance, élastique, un bout de comédie humaine, taille XXL, qui se jouait sous mes yeux.

Dissection.

Ce qui m’a plu.

THE SUBWAYS : une jolie claque, de l’énergie à revendre, un trio pop-rock qui fait mouche.

BERTIGNAC : un plaisir qu’il nous fait partager sur scène. Simple et efficace.

DEPORTIVO : simply the best, comme toujours. Une nuit particulièrement électrique.

Ce qui m’a moins plu, ou carrément assommée.

SINIK : matraquage de tympans intempestif. C’est un crime de commencer un festival ainsi.

MASSILIA : pas mon truc, désolée. Populaire, lourd. Une ratatouille sonore. Indigeste.

CALI : exaspérant. Pourtant il a l’air sympathique, mais j’adhère vraiment pas.

TRAVIS : agréable en fond sonore. Rien de bien nouveau.

MATTAFIX : gentillet, sans plus.

Ce que j’aurais aimé voir.

Le samedi : SHAKA PONK, THE VERVE, LE PIED DE LA POMPE .

Le dimanche : SEX PISTOLS, NO ONE IS INNOCENT, LES WRIGGLES .

Extempo.

bobital2-2 SCORPIONS. Le supplice. Ho, blasphème ! Non, non, pas du tout. Ça se la pète à mort, ça joue fort, ça chante faux, ça brandit des guitares comme des extensions phalliques, et ça dure, ça dure, beaucoup trop longtemps. On zappe allègrement. Désolée les gars, j’ai failli m’enfuir pendant votre prestation de service. Mais la fatigue a eu raison de moi. Et le froid aussi. Piégée.

Et merde. Il s’élevait à combien votre cachet au fait ? Hum. No comment. Heureusement que Bukowski et sa prose cinglante étaient là pour faire passer le temps, toujours sous mon chêne. Et sous la pluie.

Hémostase.

Une journée marquée par 2 groupes, loin, très loin devant tout le reste. Une agréable découverte en la personne des SUBWAYS, groupe anglais monté sur pile électrique, que je vous recommande ardemment, et une bouffée d’adrénaline, ô combien attendue, malgré la fraîcheur de la nuit et le moral dans les chaussettes, grâce aux DEPORTIVO qui ont su clôturer brillamment cette 1ère journée du festival, dans un claquement de guitare, sans concession. Rien que pour ça, Merci les garçons. L’émotion, elle était là, dans vos yeux, dans nos tripes, même à une heure très avancée de la nuit. Ça en valait terriblement la peine. Putain, carrément. Et chapeau bas pour avoir assuré après les Solidays quelques heures auparavant. Des titres enchaînés les uns à la suite des autres, sans temps mort, l’état d’urgence au creux des veines, et ce souffle, cette énergie qui nous gifle et nous emporte, ailleurs. J’ai savouré chaque seconde en votre présence. Vraiment. Et pour moi, Bobital s’arrêtait là.

Fermeture.

bobital1 No regret. Un choix complètement assumé, compte tenu des paramètres logistiques qui ne m’étaient guère favorables. Il faut dire que pour un festival de cette ampleur, l’idéal est bien évidemment de rester sur place. Quand bien même la programmation proposait quelques groupes intéressants, je n’étais pas de taille pour aller chercher la perle rare. La prochaine fois, je ferai mieux. Je prendrai le temps de parcourir l’espace, et de m’imprégner de Bobital comme il se doit, en passant par le Studio, Art’N Zik, la scène Côte d’Armor et peut-être même le Café du Port, si le son y est bon.

La prochaine fois, la programmation sera peut-être plus alléchante, ou du moins plus homogène. Parce qu’il y avait quelques verrues, franchement. Des noms comme Fatal Bazooka ou RFM Party 80 sont du genre pilo-érectants, et suffisent à prendre les jambes (et le reste) à son cou. Je veux bien qu’il faille ratisser large et que ces groupes remportent un certain succès, d’un point de vue commercial, mais bon. En plus, faire venir jouer des personnalités has been un jour de pluie en Bretagne, c’est pas très bon pour leur arthrose. Je ne parle même pas de Michael Youn . Limite foutage de gueule à mon sens. Lorie n’était pas disponible ?

Bref. Vivement l’édition 2009.

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6 commentaires

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  1. 1
    Pascal
    le Jeudi 10 juillet 2008
    Pascal a écrit :

    Hey :)

    Que lis je sur Scorpion ? Des guitares brandies comme des extensions phalliques ?? Attends de lire mon article dithyrambique sur le concert parisien d’Iron maiden :o )))

    Pas trop d’accord non plus pour Massilia, mais c’est pas grave du tout. Très chouette chronique et très chouette festival. Chapeau très bas aux organisateurs…

  2. 2
    le Jeudi 10 juillet 2008
    kyra a écrit :

    Merci Pascal, et moi j’ai hâte de lire le dossier sur les Eurocks 2008…

    Bye ;)

  3. 3
    le Vendredi 11 juillet 2008
    Dimitri a écrit :

    Pas trop d’accord également pour Massilia, mais c’est impossible que j’ai un avis neutre sur la chose… Après chacun ses goûts. Tu les aurais vu sur leur ancienne tournée je pense que tu n’aurais pas du tout pensé ça, à vrai dire la tournée actuelle est très digitale.
    Bref.
    Je pensais que dans l’ensemble les avis auraient été plus enthousiastes vu la prog’

  4. 4
    le Vendredi 11 juillet 2008
    kyra a écrit :

    Les groupes comme Massilia ne m’attirent pas du tout, même si leur musique est remplie d’ondes positives. Ca ne me touche pas. Les 5 premières minutes sont rafraichissantes, ensuite cela devient rapidement soûlant. Ce ne sont pas les seuls, je te rassure.

    Bobital a remporté un certain succès, je ne connais pas les chiffres sur les 3 jours, mais il y avait du monde, le public était réceptif, les groupes étaient contents d’être là, ça se voyait, ça se sentait. C’est l’essentiel. Rien à foutre que cela ne transparaisse pas sur le papier, enfin sur la toile. Le succès d’un festival et/ou l’enthousiasme des gens ne se mesurent pas à l’exhaustivité d’un article, ni à la quantité de commentaires récoltés. Et je ne parle pas de qualité de fond, ni de forme, c’est un autre débat.

  5. 5
    le Samedi 12 juillet 2008
    Julia a écrit :

    Ratisser large, c’est effectivement comme ça que je résumerais la prog de Bobital ! :)

  6. 6
    le Dimanche 13 juillet 2008
    Arno Mothra a écrit :

    La vache, explosé par ton dernier paragraphe (et les verrues!), et d’un côté on pourrait dire : Fatal Bazooka / Sinik = même combat.

    Pas très étonné pour Deportivo qui, malgré des critiques récursives flottant dans l’insulte pour ce qui est du live, m’en avaient mis plein la gueule pendant un de leurs concerts du premier album. Excellent groupe !

    Sinon, je salue à mort ton courage kyra… Comment as-tu réussi à tenir sur un concert de Sinik ? :) )

    Bref, belle chronique ;)

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