Blood: The last Vampire

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Soyons concis : ce film atteint le sommet du ridicule. Personnages vaguement esquissés à gros traits, suspense au point mort (on sait où va le film dès l’intro), scénario qui frise le minimum syndical.

19103165_w434_h_q80Au Japon, Saya, une vampire, travaille pour une organisation millénaire, Le Conseil, dont le but est de disséminer les démons de ce bas monde. Mais Saya profite de faire partie de cette organisation pour traquer le démon le plus puissant de tous, Onigen, qui a tué son père. Une piste pour retrouver Onigen amène Saya à se faire passer pour une écolière dans la base américaine.

Film prétexte à faire tuer des démons à une Japonaise à couettes et en uniforme, Blood est absolument raté de la première à la dernière minute. Plus de la moitié du film n’est que scènes de combat, plus abracadabrantes les unes que les autres. Les effets spéciaux n’aident même pas à faire avaler la pilule pendant ces moments, puisqu’extrêmement mal faits.

Là où l’anime surprenait et régalait par son atmosphère noire et morbide, à l’aide d’une Saya mordante (sans mauvais jeu de mots), l’américanisation aseptisée le transforme en un nanar burlesque, à la morale « écoute ton coeur » digne d’un Disney.

Saya, de loin le personnage le plus intéressant, n’en est pas pour autant fade, mais ce n’est pas pour les trois mots qu’elle prononce dans le film que l’on va en apprendre plus. Son passé, bâclé, aurait eu le mérite d’être plus intéressant, eut-il été plus abouti.

Le personnage de l’Américaine, Alice, est à vomir de bons sentiments. On comprend que quelque part, le film se veut être un Alice aux pays des cauchemars (cf. la référence à Through the looking glass, à la fin), mais vire plutôt à Oui-Oui au pays des monstres.

Tout ce qu’on retiendra, c’est le tranchage de tête dans le gymnase, sur un bon rock’n'roll des années 1970s. Tout le reste du scénario est très (trop) vite dévoilé, et (bien) vide, mise à part la révélation digne d’un Star Wars, qui fait vaguement sourire, mais à laquelle on s’attendait quand même.

Laissons le mot de la fin à un jeune homme assis au fond du cinéma : « J’aurais autant perdu mon argent si j’étais allé voir Transformers 2 « . Ce à quoi on se permet d’ajouter qu’au moins, dans ce cas, les effets spéciaux auraient eu le mérite d’avoir un budget leur étant dédié.

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En savoir +

Blood: The last Vampire, Chris Nahon
Dans les salles depuis le 17 Juin 2009
Avec Gianna Jun, Allison Miller, Liam Cunningham .
1h29min
Français, japonais, argentin, hong-kongais, 2007.

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http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18887720&cfilm=110958.html‘>Bande-annonce
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18895883&cfilm=110958.html‘>Extrait

A propos de l'auteur

Image de : Virgile n’a pas écrit Les Bucoliques, ni L’Enéide. Il n’est pas poète, encore moins latin et surtout pas mort. D’ailleurs, il n’est même pas un il. Reniant ses héritages classiques, Virgile connaît toutes les répliques d'Indiana Jones et la Dernière Croisade, loupe son arrêt si elle a le dernier Margaret Atwood entre les mains, et a déjà survécu sur des sandwiches cornichons-moutarde. Elle va avoir tendance à considérer la publicité comme une forme d’art, se transformant en audio guide dans les couloirs du métro, les salles de cinéma et même devant du mobilier urbain qui n'en demandait pas tant. Outré, Virgile le poète s’en retourne aux Enfers pendant que Virgile l'anachronisme rêve d'embarquer pour un aller simple destination Osaka. Pour plus d'info: http://www.twitter.com/_Virgile

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