Blind Digital Citizen ou la mise en exergue de la fin du monde

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2528, tous les cauchemars de Ridley Scott et de George Orwell ont pris corps. L’humanité se bat pour les restes de ressources, entre les gouvernements ultra-totalitaires et les poignées de peuples survivants, le gouffre est devenu infranchissable.

Discordance ne commence pas une nouvelle série de fictions, vous venez simplement de mettre sur vos oreilles le nouveau Blind Digital Citizen sur vos oreilles.

« Mais d’où sort ce groupe de petits-hommes bleus ? » Vous demanderez-vous. Par un jeu de saute-mouton musical, On est passé de la petite perle de Concorde, à un des 36000 side projects du batteur, le Je-sais-tout-faire chevelu de Louis Delorme. (Et encore, on ne vous dit pas tout.). BDC … Oui, on dit BDC, on est intime maintenant, on peut. Bref BDC ça pourrait ne pas plaire ici, ici on est plus coloré Hellfest et les discordanciens les plus aptes à commenter les ovnis électroniques semblent habiter outre-Atlantique. BDC c’est plus déstructuré, plus électro, plus nuancé, plus travaillé, ça demande du tympan de compétition, ou peut-être juste une curiosité musicale de bon ton.

Strauss donc, première piste de l’EP tombe sur la nuque comme un réveil dans le futur après une très, mais alors une très mauvaise cuite. Il fait gris, il est 10 heures du mat’, mais il pourrait être le soir que ce serait la même chose. On entend les gouttes de pluie sur la rouille, on s’apprête à voir des milices débouler de l’autre côté du couloir. La salive se déglutit toute seule. Ça sature, ça rature, ça dissone et surtout ça fait de délicieux frissons dans le dos.

Reykjavik continue sur ce thème post-apocalyptique, une voix qui pourrait être celle d’un pirate d’après-demain accompagne les expérimentations du groupe et scande une histoire qu’on imagine comme cet épisode d’X-files où un navire nordique se retrouve coincé dans une faille temporelle. La coque s’abime à chaque note, on angoisse avec le marin de ne jamais sortir indemne de cette expédition.
War c’est le naufrage en eaux glacées, c’est la lutte du corps qui se débat dans le bleu pour conserver son peu de vie. La piste s’enchaine avec une fluidité déconcertante. Le sang pulse dans les oreilles aux rythmes maitrisés des percussions. Cascades de nappes tantôt froides, tantôt chaudes. Tsunami écossais qui désoriente, la piste requiert une écoute en position confortable, les yeux fermés.

Valhalla reprend une voix plus chantée, pleine d’écho. Sorte de programmation neuro-linguistique d’un nouveau genre. Ce dernier morceau calme, on se laisse aller à respirer. La tempête est terminée, la vague vous dépose sur le rivage, lessivé mais plutôt heureux de l’être. On se dit que la fin du monde peut bien nous passer sur le corps, tant qu’on a ce son dans les oreilles, il ne peut rien nous arriver.

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A propos de l'auteur

Image de : Mélissandre L. est une touche à tout, et c'est sous prétexte de s'essayer à tous les genres littéraires (romans pour enfants, nouvelles pour adultes, SF, chansons voire recettes de cuisine et plus encore) qu'elle se crée des avatars à tour de bras. En ce moment, elle se passionne pour la cuisine vegan et le crowdfunding, elle ne désespère pas de relier un jour les deux. Profile Facebook panoptique : http://www.facebook.com/Mlle.MelissandreL / Envie de participer à son dernier projet ? http://www.kisskissbankbank.com/marmelade

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