Blanche-Neige d’Angelin Preljocaj, au Château de Versailles.

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Le chorégraphe albanais Angelin Preljocaj avait monté Roméo et Juliette en 1990 et 1996. Il revisite aujourd’hui un autre grand classique, Blanche-Neige des frères Grimm.

bn5-2Le bassin de Neptune du Château de Versailles, des costumes de Jean-Paul Gaultier, une musique de Gustave Mahler et des décors de Thierry Leproust, c’est ce que s’est offert le chorégraphe Angelin Preljocaj pour monter le ballet romantique Blanche-Neige.

Reprenant fidèlement le célèbre conte des frères Grimm, Preljocaj monte ici un ballet envoûtant, poétique et réellement magnifique. Il présente successivement des tableaux racontant le conte, grâce à 26 danseurs dont la performance est époustouflante. On retiendra notamment le premier tableau des sept nains, surgissant d’une paroi symbolisant leur mine puis virevoltant et dansant contre elle, suspendus par des câbles d’acier, les apparitions de la Reine et de ses deux catwomen sournoises et hypnotisantes, dansant devant le fameux miroir, ou encore la danse sensuello-nécrophile du Prince trouvant Blanche-Neige laissée pour morte. Même si les duos sont plus captivants que les tableaux de groupe, Preljocaj nous emporte dans un univers féerique pendant près de deux heures, qui filent comme des secondes.

bn2-3 Preljocaj a fait le choix radical d’un ballet contemporain, tant dans les costumes – avec une belle-mère en talons aiguilles ou un Prince Charmant à bretelles oranges fluo – que dans la mise en scène, lorsque par exemple le Prince et Blanche-Neige effectuent une chorégraphie dans le silence le plus total, avant de refaire les mêmes mouvements en musique cette fois-ci.

Enfin, rien que pour voir la performance du duo Blanche-Neige/la Reine lors de la scène de la pomme, le spectacle vaut le détour. Effectivement, durant de longues secondes, la Reine fait danser Blanche-Neige, rejetée en arrière, comme sans vie, en la tenant par la bouche. Un tableau incroyable.

Ainsi, Preljocaj offre à ses spectateurs un spectacle envoûtant et aérien, fin et précis, se clôturant par un feu d’artifice, qui illumine le Château de Versailles. Finalement, le seul bémol de cette soirée aura été que, comme pour tous les spectacles du Bassin de Neptune, on est extrêmement mal assis.

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Chorégraphie : Angelin Preljocaj
Assistante répétitrice : Claudia De Smet

Danseurs à la création : Isabelle Arnaud, Neal Beasley, Virginie Caussin, Gaëlle Chappaz, Hervé Chaussard, Damien Chevron, Baptiste Coissieu, Craig Dawson, Davide Di Pretoro, Sergio Diaz, Sébastien Durand, Caroline Finn, Céline Galli, Alexandre Galopin, Yan Giraldou, Natacha Grimaud, Emma Gustafsson, Ayo Jackson, Jean-Charles Jousni, Emilie Lalande, Céline Marié, Lorena O’Neill, Bruno Péré, Zaratiana Randrianantenaina, Nagisa Shirai, Julien Thibault

Site officiel : www.preljocaj.org

A propos de l'auteur

Image de : Si d’aventure vous vous promenez dans un parc parisien durant une douce journée d’été, il n’est pas impossible que vous passiez sans le savoir à côté de Léa en train de feuilleter un livre, dissimulée derrière d’immenses lunettes de soleil. Et pour peu que vous vous allongiez à votre tour sur l’herbe verte et que vous engagiez la conversation, elle vous parlera peut-être théâtre ou littérature. Littérature classique, certes, mais pas seulement : oscillant entre Zola, Baudelaire, Sartre ou Kane, ses goûts sont aussi éclectiques que ses avis définitifs. Amoureuse du quotidien et de ces petits détails qui rendent chaque instant unique, Léa est prête à voir de la poésie partout où vous n’en verrez pas. Demandez-lui de repeindre le ciel, pour voir, et elle s’empressera d’égayer et de réchauffer cette noire Sibérie qu’est Paris.

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