BLACK SWAN : It was perfect… Blue.

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Décédé en août 2010, Satoshi Kon a laissé un bel héritage. Alors que Inception n’est pas sans rappeler Paprika, Black Swan, un des autres grands films de ce début d'année se rapproche étroitement de la première réalisation du Japonais.

Prologue

Darren Aronofsky décrit Black Swan comme une rencontre entre The Red Shoes (Michael Powell, 1948) et Rosemary’s Baby (Roman Polanski, 1968). Indéniablement, les univers antagonistes de ces deux classiques se confrontent dans son dernier film. Pourtant il faut lorgner du côté de l’Asie pour détecter le faux jumeau de ce cygne noir : Perfect Blue de Satoshi Kon (1997). L’évidence est telle que la question a été posée au cinéaste sur une quelconque inspiration de l’anime, question à laquelle il répond : « Not really, there are similarities between the films, but it wasn’t influenced by it. It really came out of Swan Lake the Ballet, we wanted to dramatize the ballet, that’s why it’s kind of up here and down there, because ballet is big and small in lots of ways. » (Philadelphia Film Festival) Il y a des précédents puisque Aronofsky avait déboursé 59 000 $ pour les droits de la scène du bain de Perfect Blue afin de la répliquer dans Requiem for a Dream. (Imdb)

ACTE I : Une question de genre

Image de La première chose marquante chez ce cygne noir est sa filiation avec The Wrestler, le précédent long-métrage d’Aronofsky. Le cinéaste continue d’abandonner les effets de style ostentatoires de Requiem for a Dream et The Foutain pour se concentrer sur une esthétique plus brute. Mais n’avait-il pas été question que ces deux films ne fassent qu’un à la base ? (Slash Films) Pourtant, la première erreur serait de voir Black Swan comme un drame, ce qu’il n’est pas. Ce n’est pas non plus un hasard si Rosemary’s Baby est évoqué : nous sommes face à un thriller psychologique où l’oppression est constante, frôlant parfois le film d’horreur. À l’instar de Satoshi Kon, Aronofsky tend à mêler ambiances inquiétantes et insoutenables avec des moments de grâce. Mais ce sont surtout les similarités entre les scénarios de Perfect Blue et de Black Swan qui se montrent particulièrement troublantes au point qu’on pourrait presque y avoir une très libre adaptation du travail de Satoshi Kon. Perfect Blue est un thriller psychologique racontant l’histoire de Mima, une jeune J-pop star abandonnant sa carrière musicale pour devenir actrice, laissant une part sombre d’elle-même surgir pour aller jusqu’au bout de son ambition à l’instar de Nina, cette ballerine souhaitant offrir la performance de sa carrière/vie en tant que Swan Queen.

Il est cependant difficile d’avoir de l’empathie pour Nina comme on pouvait en avoir pour Rosemary Woodhouse dans le chef d’œuvre de Polanski. Aronofsky la torture sans pitié, délaissant le côté émotionnel propre au drame pour mettre l’emphase sur un certain sensationnaliste via des images-chocs, procédé propre au film d’horreur. Il cherche la réaction et non l’empathie alternant la contamination émotionnelle chez le spectateur. Lorsque le cinéaste américain réalise son film, on sent la même volonté que Thomas Leroy, le personnage de Vincent Cassel, à adapter Swan Lake : « make it visceral and real ». La quête de Nina pour les acclamations est aussi impitoyable que dévastatrice. Là où Mima lutte pour un petit rôle dans une série T.V passant du statut de super star à second rôle, le parcours de Nina suit l’inverse. L’environnement de danseuse étoile amplifie l’éprouvant processus, même si on est en droit de se demander comment une fille aussi fragile que Nina soit arrivée à un tel niveau. Son ascension est aussi et surtout une descente aux Enfers.

ACTE II : L’univers du ballet

Quand Satoshi Kon réfléchit sur la construction de la célébrité et le fanatisme qui en découle, Darren Aronofsky se penche sur une certaine question de l’art et du sacrifice. Le ballet est un univers à lui tout seul, extrêmement insulaire. À l’instar de l’univers viril de la lutte de The Wrestler, tout tourne autour du corps. Black Swan nous plonge dans une atmosphère au féminin, celle des danseuses étoiles : un monde régi par une discipline de fer, impliquant un dévouement physique et moral. En 2009, La Danse : Le Ballet de l’Opéra de Paris, un magistral documentaire de Frederick Wiseman offrait une immersion dans ce monde aussi rigoureux que fermé. Cet envers du décor révélait l’éprouvant travail pour atteindre la beauté. Considéré comme une des plus hautes disciplines artistiques, il est question de faire s’exprimer un corps pour provoquer une émotion. Dans cette logique, le dévouement de Natalie Portman est tel que sa performance physique est étroitement liée à sa performance psychologique. Suivant ce principe, tout passe par le corps dans la mise en scène d’Aronofsky : les souffrances perpétuelles, la sexualité refoulée comme la sexualité libérée et la folie. Ce dépassement de soi est évoqué dans le livre Ma reddition de Toni Bentley qui fut soliste pendant plus de dix ans au New York City Ballet sous la direction de Georges Balanchine. On apprend à « sculpter, modeler et plier méticuleusement par la contrainte » et « on en veut toujours plus [au-delà des] limites physiques naturelles. Cette exigence entraine à la fois le corps et l’esprit dans une région de l’existence qui échappe à l’expérience normale. »Aussi c’est caméra à l’épaule que nous suivons l’héroïne tout au long de son voyage vers la perfection. L’idée de perfection est le fil rouge de Black Swan, et cette perfection recherchée par le danseur dans la démultiplication des miroirs est également explicitée dans le livre de Toni Bentley : « La danse classique s’apprend devant un miroir. [...] J’ai appris que toute courbure du pied, tout regard, tout angle du bras, tout rond de jambe, tout sourire, toute grimace, tout effort était exécuté et vu simultanément par le soi, cette entité nébuleuse qu’on appelle la conscience. On devient à la fois sujet et objet. [...] Le miroir montre l’impossibilité de la perfection. [...] Le miroir était désormais geôlier et sauveur, la source du mépris de soi et pourtant la seule source d’affirmation. » Toni Bentley évoque également cette étrange sensation d’ « abandonner la perception de son être à son reflet » et de ne « pas sentir son corps bouger, être une ombre » quand le miroir est remplacé par l’orchestre et le trou noir du public.

Image de L’art cinématographique possède cette capacité de transcender l’art de la danse, ou du moins de le dépasser pour mieux témoigner de sa puissance. Tout comme le ballet de The Red Shoes, Aronofsky utilise les outils du cinéma pour donner une certaine vie au ballet et plus précisément d’amplifier l’émotion du corps de la danseuse. En s’émancipant totalement d’un souci de réalité, le film offre au spectateur une performance fantasmagorique. Là où le film de Powell usait de ce procédé pour l’ensemble de son ballet, lui donnant une dimension onirique, celui d’Aronofsky opte pour une dimension plutôt horrifique, dans la continuité de la folie de son personnage. En termes de vision, The Red Shoes révèle la dimension artistique du ballet, Black Swan révèle la folie de sa danseuse.

ACTE III : Le thème du double et de l’identité

Black Swan et Perfect Blue sont des films sur le double et l’identité. Mima et Nina se confrontent à un double, représentation d’une angoisse, mais aussi d’une dualité de l’âme. Les contours de l’identité deviennent dès lors de plus en plus flous au fil des évènements, ne restant de concret que l’objectif à atteindre, un objectif de carrière, mais avant tout un rêve. La figure maternelle aimante vient jouer le rôle de repère : la manager de Mima, Rumi et la mère de Nina, Erica. Ces dernières désapprouvent les choix de leur protégée/fille et les conséquences émotionnelles qui en découlent, ces figures maternelles se placent dès lors entre les jeunes filles et leur double. Aronofsky n’hésite d’ailleurs pas à utiliser les clichés les plus affligeants pour soutenir l’opposition entre le blanc et le noir : la jeune fille candide et rigoureuse à la sexualité refoulée, s’habillant en rose et en blanc, cloitrée dans sa vie, surveillant son alimentation. Face à l’autre danseuse, Lily, sa rivale indirecte, tatouée, à la technique imparfaite, à la sexualité débridée, mangeant des hamburgers et prenant de la drogue, garde-robe portée sur le noir. De plus, la figure maternelle dans Perfect Blue, Rumi, est bien plus subtile que le cliché de Black Swan : mère oppressante vivant presque par procuration la vie de sa fille, la gardant dans l’enfance à l’image de cette scène où elle tourne la molette de la boîte à musique de Nina, « her sweet girl ». Cette absence de subtilité pourrait très bien être une des faiblesses du film si ce n’est qu’on devine la volonté du réalisateur de coller au ballet d’origine et à sa thématique du double maléfique. Le cygne blanc au cœur pur face au cygne noir sensuel et corrompu.

Image de La similarité la plus flagrante entre les deux films réside dans leur langage visuel, précisément l’utilisation des miroirs pour représenter leur double. Mima dans le métro doit faire face à son doppelgänger, celui-ci, symbolisant la Mima Pop star qui refuse la décision de tourner une séquence de viol particulièrement brutale ou encore de poser nue pour des photos. Les reflets dans les séquences de métro des deux films nous sont montrés avant de voir les héroïnes elles-mêmes. Les réalisateurs ne cessent dès lors de jouer sur l’illusion de la perception en plaçant l’identité au centre de leur film. La ligne devient souvent très mince entre l’illusion et la matérialité. Perfect Blue se démarque par une plus grande acuité à jouer sur le faux et le vrai, la folie et la raison, alors que Aronofsky peine à faire ressentir ces minces frontières, trop occupé à maltraiter son héroïne. Là où Perfect Blue joue sur plusieurs niveaux de conscience, s’imposant comme une œuvre bien plus complexe, Black Swan ne se risque pas à entremêler de façon compliquée l’imaginaire et les réalités perçues. Aronofsky ne joue pas avec le spectateur comme le fait Satoshi Kon, le rendant beaucoup plus accessible au public.

ACTE IV : L’érotisme et la violence

Image de Mima et Nina ont en commun de cultiver une image d’innocence voire de virginité, fait plus évident chez Nina ne vivant que pour et par la danse. Mima et Nina sont donc deux jeunes filles enfermées dans un corps de femme, Nina allant jusqu’à refouler sa propre sexualité. Elle joue encore l’enfant, dans une chambre pleine de peluches et de rose, appelant constamment sa mère « Mommy ». Aussi, la figure maternelle tente de protéger l’innocence de la fille, en vain. Dans les deux films, la sexualité joue le rôle de témoin voire de symptôme d’une métamorphose. Mima l’expérimente à travers des mises en scène (tournage du viol, séance photo). Nina l’explore dans l’intimité (onanisme, fantasme sur Lily). La sexualité est aussi utilisée pour galvaniser la performance de la ballerine. Ce n’est pas un hasard si le personnage de Vincent Cassel est inspiré de George Balanchine, cofondateur et maître de ballet du New York City Ballet utilisant la sexualité pour diriger ses danseurs.

On constate une divergence intéressante entre les deux films : alors que la part sombre de Mima est provoquée par des éléments externes, celle de Nina vient uniquement de l’intérieur. Les facteurs internes alternent son environnement alors que Perfect Blue suit le procédé inverse. Cette approche modifie donc la nature même de la violence. Celle de Nina est bien plus ancrée en elle : elle s’affame, s’automutile, se soumet aux avances tant à celles de son directeur de danse qu’à celles de l’autre danseuse et sous l’effet de la drogue, d’un inconnu dans un club. Cette violence viscérale rejaillit d’ailleurs sur la mère qui tente de la protéger. Mima et Nina consentent à faire des choses qui ne leur ressemblent pas, rompant plus particulièrement à cette innocence qui leur est propre, afin d’assouvir leur ambition. L’écho est beaucoup plus lointain avec The Red Shoes où l’on n’évoque pas la sexualité mais le sentiment amoureux, qui corrompt l’engagement quasi-religieux de la soliste : Boris Lermontov déclare qu’  « une danseuse qui s’abandonne aux délices de l’amour ne sera jamais une grande danseuse ». Et pour lui, c’est sans appel. Dans Black Swan et Perfect Blue le sexe, sous forme de séduction, d’onanisme ou de viol, bouleverse la frontière entre jeune fille et femme, que ce soit dans l’intimité ou face à un public, amplifiant la prise de pouvoir de la part ténébreuse de l’âme.

Remake for a ballet ?

Mais il serait déplacé de voir Black Swan comme un faux remake de Perfect Blue. Au-delà de toutes les similitudes, la question de l’efficience, en ce sens la direction du spectateur, les sépare inéluctablement. Le mystère et sa résolution n’occupent pas une place aussi prépondérante que dans l’œuvre de Satoshi KonAronofsky choisit de diminuer la part intellectuelle de son film afin d’augmenter la part émotionnelle chez son audience, construisant son long-métrage comme un rêve torturé. Dès lors, ses choix de mise en scène tendent à se rapprocher de l’influence la plus logique : celle du Lac des cygnes de Piotr Ilitch Tchaïkovski.

[Photo-montages: Samuel Cogrenne, excepté "Perfect Blue / Requiem for a dream" d'après excessif.com]

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En savoir +

Films:

The Wrestler (US, 2008), Réalisé par Darren Aronofsky
Black Swan (US, 2010), Réalisé par Darren Aronofsky
Perfect Blue (Japon, 1997), Réalisé par Satoshi Kon
The Red Shoes (Royaume-Uni, 1948), Réalisé par Michael Powell & Emeric Pressburger
Rosemary’s Baby (US, 1968), Réalisé par Roman Polanski
La danse : le Ballet de l’Opéra de Paris (France, 2009), Réalisé par Frederick Wiseman

Livres:

Ma reddition, Toni Bentley, Editions Maren Sell, 2006 (2004 pour l’édition originale), 266 pages

Le sang des étoiles, Anne-Marie Pol, Editions Flammarion, Collection Castor Poche, 1993, 283 pages

(Roman non cité dans cet article où il est question d’une ballerine ambitieuse et douée, d’un maitre de ballet-chorégraphe intransigeant et d’une rivale dans l’ombre qui attend de faire chuter la nouvelle venue…)

A propos de l'auteur

Image de : "Si un homme traversait le Paradis en songe, qu’il reçut une fleur comme preuve de son passage, et qu’à son réveil, il trouvât cette fleur dans ses mains… que dire alors?"

9 commentaires

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  1. 1
    M/O/C
    le Jeudi 10 février 2011
    M/O/C a écrit :

    Superbe article, digne d’une vraie rubrique mag !
    Argumenté et richement documenté… Bravo.

    En effet, ce n’est pas la première fois qu’on peut faire des rapprochements plus que troublants entre films Hollywoodiens et films d’animation nippons cultes… et je pense que les scénaristes et Directors ne s’en gênent pas, même s’ils mettront toujours ça, au mieux, sur le dos de l’admiration.

    Intéressant aussi d’avoir votre avis, après le miens, qui était plus à chaud, sur le vif, bien avant tous les lauriers que l’on a donné au film déjà depuis même juste avant sa sortie.

    http://www.discordance.fr/black-swan-25039

    J’ai été un peu dur avec le film mais je garde ce point de vue.
    Darren ne m’a pas fait, ni rêver, ni frissonner, …tout juste suffoquer, mais pour au final, un film bien vide à mon sens. Et comme vous l’expliquez aussi, par rapport au manga, bien trop mou du genou et manichéen.

    De plus, j’avoue que je n’ai pas compris la place qu’occupait le personnage de Mina au sein de la troupe… vu son âge et son expérience, inconcevable avec une telle psychologie digne d’une adolescente attardée… vraiment peu crédible, et limite facile, car permettant tous les clichés digne d’un Psychose du Ballet.

    en fait le film m’a fait l’effet, plus on s’avançait… d’un gros cauchemar mais mal assumé par le réal. Bref… où est le final? qu’est-ce que c’est que cette vision subjective s’il n’y a rien ni personne pour le cloturer avec brio, comme c’est le cas dans le sublime L’Echelle de Jacob?

    Reste que Natalie s’est vouée corps et âme à ce rôle… mais une fois de plus, le travail technique d’un acteur, quand il est à ce point visible, me dérange un peu.
    A l’Actor Studio d’un acteur qui, lorsqu’il doit jouer un tueur, va jusqu’à interviewer des tueurs, les suivre, etc… je préfère un John Malkovich qui lui, avoue ne jamais étudier par coeur un rôle, mais préfère le prendre avec ses tripes, son instinct

    Bon, évidemment, il fallait bien qu’elle rentre dans la peau d’une danseuse, qu’elle apprenne les pas de danse, à courber, plier son corps, et chapeau… mais bon, si c’est pour garder une tension constante sur son visage quitte à perdre toute grâce, celle là, ce naturel là qui a toujours fait la marque de fabrique Portman… dommage.

    Après, chacun son style… et même si elle mérite l’Oscar, je serai un peu déçu que ce soit via ce rôle, pour moi un peu lisse, voir… mièvre.

  2. 2
    Samuel Cogrenne
    le Vendredi 11 février 2011
    Samuel Cogrenne a écrit :

    Merci beaucoup! Oui tu avais déjà décelé beaucoup de références au sein du film, après c’est vrai qu’on peut en voir dans tous les films, ici, c’est juste que c’est plus évident.

    En tant que spectateur, j’avoue avoir beaucoup apprécié le film, le fait que j’adore le ballet a beaucoup aidé, c’est indéniable. En tant que passionnée de cinéma, c’est une autre histoire. Le film est bourré de défauts et est clairement fait pour satisfaire le grand public. Aronofsky comble surtout le mainstream plutôt que de jouer dans la finesse et la subtilité. Une erreur selon moi.

    Quant à l’interprétation viscérale de Natalie Portman, elle repose sur le manichéisme du film. Elle fait son boulot, celui exigé par le réalisateur, et elle le fait incroyablement bien, on ne peut rien lui reprocher, sa mission tacite était de casser son image lisse ancrée dans les esprits. Après la folie du personnage est un peu mal foutue. Donc je peux aussi comprendre que tu aies trouvé le rôle « lisse et mièvre ».

    Bon, ça aurait été hors sujet dans cette analyse mais tu l’avais mentionné dans ton article: la grande force de ce film est la musique de Clint Mansell. En fait, tout le travail sur le son est irréprochable. Après on peut trouver injuste que Mansell ait été interdit de nomination aux oscars à cause de la reprise d’un matériau déjà existant, mais pour moi, c’est sa partition qui donne sa beauté au film.

    Je te remercie encore pour ton commentaire.

  3. 3
    le Vendredi 11 février 2011
    Johann a écrit :

    Bonjour Samuel
    Se demander pourquoi Nina arrive à un tel niveau malgré son manque de maturité? Moi je crois que sincèrement que il y a plein de gens qui réussisent malgré un vrai manque de confiance en eux, mais ce qui fait la différence pour Nina c’ est qu’ elle est une bosseuse et son travail acharner lui permet d’ avancer plus vite que les autres, c’ est assez loqique en mon sens.

    « Son ascension est aussi et surtout une descente aux Enfers »
    Certe mais il ne faut pas oublier qu’ elle travaille un rôle très difficile du répertoires de la danse combiner un signe noir et blanc. Et qui dit travail acharné donc souffrance et la souffrance peut avoir un rapport à l’ enfer.

    En tout cas merci pour cet article très intelligent!!!

  4. 4
    Samuel Cogrenne
    le Vendredi 11 février 2011
    Samuel Cogrenne a écrit :

    Bonjour Johann,
    Loin de moi l’idée de jouer sur les mots mais je tiens juste à préciser que je ne remets pas en cause sa maturité dans le fait qu’elle danse à un si haut niveau, mais sa fragilité. Lors des répétitions, Thomas Leroy (Vincent Cassel) lui demande même, excédé, d’arrêter d’être aussi faible. Le monde de la danse est un monde d’ego et le comportement des autres danseuses à l’égard de Nina le montre (le personnage de Veronica particulièrement).

    Bien sûr comme vous l’avez dit, c’est une bosseuse acharnée, ça induit qu’elle peut atteindre le sommet, mais elle ne pourrait à mon sens y rester, l’équilibre entre le physique et le psychologique étant bien trop instable. La preuve, Swan Queen était son premier grand rôle… Et son dernier.

    quant à la descente aux Enfers, en effet, on touche ici à la notion de sacrifice, l’art comme élévation tout en puisant dans la partie la plus sombre de soi. Même si Aronofsky travaille cet aspect de façon maladroite, l’ensemble reste évident. Je tiens à ajouter qu’à mon sens, la maladresse du réalisateur se trouve dans sa volonté à trop vouloir insister sur la souffrance physique afin de « choquer » le public. Il n’y a aucune subtilité, voire presque une certaine gratuité. C’est dommage. Reste un film très intéressant et un final magnifique.

    Merci pour votre commentaire.

  5. 5
    le Samedi 12 février 2011
    Johann a écrit :

    Je crois que toute cette souffrance physique c’ est pour faire l’ oeuvre s’ approcher un peu du film d’ horreur ou du fantastique sachant que le réalisateur est un grand fan de Gaspard noé(Irreversible),Roman Polanski(Rosemary Baby). Donc Je suis daccord avec vous de ce coté il a voulu se faire plaisir en montrant des souffrances physiques et cela n’ a pas vraiment de rapport avec le monde de la danse surtout pour une fille aussi fragile que Nina psychologiquement.

    Merci pour votre réponse

  6. 6
    le Lundi 13 juin 2011
    Notiran a écrit :

    Article intéressant mais les rapprochements formels entre Perfect Blue et Black Swan sont vains, tu aurais pu le trouver dans n’importe quel film traitant de ce sujet. Ces types de plans sont pléthores dans le cinéma fantastique et traitant de la démence, prends au pif Lost Highway, Ne te Retourne Pas, Mirrors pour ne citer que les plus recents (ceux que j’ai en tete) et tu trouveras sensiblement les memes choses.
    Ce sont des poncifs en somme, rien d’exceptionnel a les retrouver dans des films dont les sujets se croisent. C’est aussi étonnant que de trouver dans un film de guerre un travelling arrière en plongée totale quand un heros meurt.

  7. 7
    Samuel Cogrenne
    le Mercredi 15 juin 2011
    Samuel Cogrenne a écrit :

    @Notiran: Non mais on a surtout fait ces rapprochements visuels parce qu’on voulait faire de jolis photos-montages, histoire de rentabiliser Photoshop!

    Plus sérieusement, aussi vains que cela puisse paraître, évoquer le langage visuel des films était important voire nécessaire: je tiens tout d’abord à rappeler qu’Aronofsky a acheté les droits d’une séquence de Satoshi Kon pour la reproduire à l’identique dans Requiem for a Dream, dès lors l’attachement visuel du cinéaste américain au cinéaste japonais peut suggérer quelque chose qui dépasse simplement l’image. Je pense qu’on s’accorde pour dire que Perfect Blue comme Black Swan n’ont rien inventé du tout non plus, mais ce qu’on tend à analyser ici, se sont des liens entre les films et ceux-ci sont troublants. Alors oui, le double dans le mirroir, c’est archi-connu etc. Mais l’utilisation du reflet comme un questionnement identitaire d’une artiste (danseuse ou chanteuse/actrice) dans le métro, le tout dans des récits se faisant presque écho, c’est un rapprochement formel qui ne pouvait en aucun cas être ignoré.

    Alors oui, ce sont des lieux communs en terme de langage visuel mais les similitudes s’installent dans un cadre où les connexions sont trop troublantes pour être ignorées, tant sur le fond que sur la forme donc.

    En tout cas, je te remercie pour ton commentaire non dénué de pertinence.

  8. 8
    le Mardi 6 septembre 2011
    jhudson a écrit :

    D’abord merci d’avoir fait cet article,pour rendre va KON ce qui lui reviens de droit !

    Quand j’ai vu la bande annonce de Black swain ,ca m’a sauté aux yeux la ressemblance avec perfect Blue,on ne peux le nier quand on sait que le réalisateur a acheté une scène pour un de ses précédents film.

    Black Swan n’existe que pour admiration pour Perfect blue,bien dommage que peu de critique ne l’ai vu et dénoncé,préférant une vaine polémique car N Portman a été doublé pour des scénes de danse .

    Il faut dire que les réalisateurs occidentaux plagient des réalisateurs asiatiques génent peu de monde,vu le mépris qu’a une certaine critique pour ce cinema pourtant bien pillé ,Disney ne s’est pas géné pour son Roi lion avec le Roi leo de TEZUKA!

    AU faite Mirrors est un remake d’un film coréen,et eux ont acheté les droits !

  9. 9
    Samuel Cogrenne
    le Mardi 6 septembre 2011
    Samuel Cogrenne a écrit :

    En effet, le pillage du travail de Tezuka avec le Roi Léo est une des grandes injustices qui vient ajouter une brique à un certain déshonneur de la part d’Hollywood. Disney s’est excusé depuis, mais des millions de gens pensent que Le Roi Lion est 100% original. Le cinéma asiatique (particulièrement coréen à l’heure actuelle) impose des oeuvres bien plus puissantes que ce qui sort des studios hollywoodiens. Quand on pense que Spike Lee va faire un remake d’Old Boy (bon okay c’est tiré d’un manga à la base) mais les américains ne peuvent s’empêcher de s’approprier le travail des autres.

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