Black Strobe + Kill for Total Peace @ La Boule Noire | 6.03.2013

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En attendant la sortie de leur deuxième album cette année, les Black Strobe ont choisi de tester leur dernier EP «The Girl from the Bayou » sur le public parisien dans une salle qui affichait complet quelques jours auparavant.

En bon producteur, Arnaud Rebotini avait choisi de faire jouer en première partie le groupe parisien dont il a produit le dernier EP, Kill For Total Peace. Retour sur une soirée qui a soufflé le vent froid de Berlin avant de faire traverser l’Atlantique au public pour l’emmener sur les rives du Mississipi.

Kill For Total Peace, ou KFTP pour les intimes. Leur premier album sorti en 2009 fait presque l’effet d’une bluette aujourd’hui. Pochette colorée comme un mandala, rock psyché expérimental digéré et
influences de Can clairement marquées. En s’enfonçant un peu plus dans le rock berlinois, KFTP
oublie la lumière pour privilégier la noirceur de la musique industrielle matinée de cold wave et de
krautrock (le truc à la mode auquel peu de groupes échappent depuis quelques temps …).
Imperméable fermé jusqu’en haut, yeux fermés en permanence, le chanteur donne l’impression
d’être proche de la mort ou sous l’effet d’un puissant narcotique. On en frissonnerait presque, mais
presque seulement. Le set ne dure qu’une demi-heure. Le temps nécessaire à une lente agonie avant
de pouvoir à nouveau se sentir vivant avec Black Strobe.

Arnaud Rebotini

Arnaud Rebotini n’a jamais fait les choses à moitié. L’une des figures emblématiques de la scène
électro française est déjà pour certains une icône vivante. Une gueule digne d’un film d’Audiard
(Michel et pas Jacques), un look, mais plusieurs styles musicaux. En solo, c’est l’électro/techno et
des DJ sets classiques homme/machines. Mais avec ses musiciens de Black Strobe, c’est une autre
histoire. La gomina, la moustache et le costard prennent alors tout leur sens. Aucun doute, celui
dont la carrure impressionnante force le respect aime le rock viril, le blues rocailleux, la moiteur et
chanter comme un crooner.

Le public est déjà conquis lorsqu’Arnaud Rebotini arrive sur scène accompagné de ses 3 musiciens
(guitare, basse, batterie) tirés à 4 épingles. Car il est venu pour lui au final. Dès les premières
notes de Boogie in Zero Gravity, la chaleur est contagieuse et Berlin déjà très loin. Le show est
parfaitement maîtrisé. Une première partie laisse la part belle aux solos de guitare, assez proches
du hard rock, mélangés à une pointe de disco et de beats électro. Rebotini n’oublie pas non plus son
autre vie, celle de DJ. Les musiciens délaissent alors leurs instruments et les machines prennent
le relais. « On a débranché mon MS 20 » sont les premières paroles du moustachu. On ne rigole
pas avec le matériel. La salle est déjà chauffée à blanc quand Rebotini tombe la veste sur une
chemise largement ouverte et remonte ses manches avant de prendre l’harmonica. Ca transpire la
testostérone. Le plaisir qu’il prend à arpenter une scène trop petite pour un animal comme lui est
évidente, plus habitué à rester derrière ses synthés. Tout comme celui qu’il éprouve lorsqu’il chante.
Dommage qu’il ne le fasse pas plus souvent. Et si certains doutaient encore que Black Strobe est un
groupe « avec des couilles », le groupe joue I’m A Man pour le rappel. Pas besoin d’explication
de texte, juste d’un mouchoir pour s’éponger.

Black Strobe est l’une des facettes du personnage Rebotini. La plus animale. Avec une formation
musicale de rock classique, il réinvente le blues, le disco, le rock et la techno, et tout ça savamment
mélangé. C’est peut-être réellement une icône vivante. Après tout, il fait déjà partie de l’histoire de
la musique avec le courant French Touch actuellement exposé au Musée des Arts Décoratifs de
Paris…

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Black Strobe records : http://www.blackstroberecords.com/

A propos de l'auteur

Image de : un peu d'histoire des arts, beaucoup de sons et l'écriture passionnément. Web ou print côté pro, ici pour le plaisir.

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