Black Lips à la Maroquinerie

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Samedi 14 février, les Black Lips étaient de passage à Paris pour célébrer l'amour dans la ville la plus romantique du monde, mais aussi pour défendre leur dernier album Good Bad Not Evil . Une soirée très riche en surprises attendait le public à la Maroquinerie...

blackphoto3C’est Ponytail, un groupe expérimental de Baltimore qui assure la première partie des Black Lips . Ils ont l’air jeunes et gentils, tout droit sortis d’une série pour ados, mais dès les premières notes, le son est bruyant et s’amplifie furieusement minute par minute. Les pieds ancrés dans le sol telle une danseuse africaine prête à exécuter son rituel, Molly, la chanteuse rentre dans une transe mystique, poussant des cris bestiaux, les yeux révulsés.

Les doigts des guitaristes filent à une allure impressionnante et les gestes du batteur sont tellement rapides qu’on ne les voit même plus. On à peine à croire qu’un si petit bout de femme puisse produire de tels sons, pas toujours justes certes, mais si puissants qu’ils feraient presque taire Björk . Le côté extrême de la voix, à la limite de l’excentricité parfois, donne l’impression d’être face à un volcan en éruption permanente. On ne sait jamais quand les cris vont sortir, pour combien de temps et quelle en sera l’intensité. Les changements de rythmes et les enchaînements des musiciens qui accompagnent Molly donnent une énergie incroyable, une intensité féroce aux morceaux qui sont à chaque fois imprévisibles. La musique est assumée, et le public apprécie. Une bonne découverte qui risque bien de se transmettre de bouche à oreille.

Après le set de Ponytail, la fosse commence à se compacter, à devenir plus dense au niveau des premiers rangs: ce soir les jeunes n’ont pas envie d’être romantiques ! L’excitation est à son comble quand les lumières s’éteignent, le public est surchauffé, c’est le début d’un concert très… rock’n'roll.

Première chanson, et déjà la fosse est sens dessus dessous, pour le plus grand plaisir des quatre membres de Black Lips . Avec sa voix éraillée, Jared Swilley à la basse nous souhaite à tous une joyeuse Saint Valentin et nous fait part de sa joie d’être à Paris ce soir. Le rock est garage et sauvage et lorsque les Black Lips enchaînent avec Drugs, un morceau du dernier album, une tornade envahit la fosse. La batterie de Joe Bradley s’emballe, les kids sont projetés dans tous les sens et comprennent à peine ce qui est en train de se passer. Les premiers rangs sont inlassablement écrasés contre le devant de la scène, mais on ne bougerait pour rien au monde.

Dès les premiers riffs de O Katrina la fosse devient littéralement hystérique, les mains sont tendues en l’air, les jambes se déséquilibrent à vouloir sauter toujours plus haut et les premiers slams émergent. À ce moment-là, il ne fait pas bon d’être dans la fosse, mais au diable coups improbables et manque d’oxygène, le public tient bon.

black Cole Alexander à la guitare et à la voix est un vrai numéro à lui seul, vêtu d’un poncho et d’un chapeau de pionnier Américain, il a l’air d’être tout droit sorti d’un dessin animé de Tex Avery. Avec ses cris gutturaux et son jeu de guitare « dentaire », celui-là a vraiment tout pour plaire. C’est à tue-tête que la fosse chante Dirty Hand, le tube « love » entêtant du groupe, mais lorsque les garçons jouent Cold Hands , les mouvements de foule reprennent de plus belle façon « chétifs s’abstenir ou c’est l’hôpital ».

Après cette effusion de sueur, il est temps de faire une petite pause douceur, et c’est en offrant des roses rouges aux demoiselles de la salle que Ian Brown, le deuxième guitariste, prône l’amour et la bonne humeur. Un groupe qui prend soin de son public, oui ça existe! Et c’est sur Bad Kids que Black Lips achève les rockeurs. Ceux-ci sentant la fin du concert arriver, se déchaînent dans une série de slams qui n’en finissent pas. Cole Alexander, pris dans le feu de l’action, rejoindra même la fosse, en se jetant de la scène pour pouvoir slamer avec le public.

Avec un peu moins de vingt chansons, les Black Lips auront ravis leurs fans. Tantôt psychédélique à la Woodstock des années 70, rock grunge façon Pixies ou punk des Sex Pistols, les cinq garçons d’Atlanta ne manquent pas d’influences. Même si Cole s’apparente à un maître spirituel dans sa manière décadente d’être, il n’y a pas de leader sur scène, et tous partagent leurs morceaux un peu à la manière des Kinks à leurs débuts.

Un son sale, des guitaristes qui rotent, mais qui offrent des fleurs aux dames, des garçons fous, mais proches de leur public, c’est la marque de fabrique de Black Lips . C’est la fin du concert, mais ils continuent de saluer leurs fans, leur frappent dans les mains, leur font la bise ou viennent leur parler alors que les lumières sont rallumées et que le matériel commence à être rangé. On est rock ou on ne l’est pas.

Crédits photo: Nicolas Patault (http://www.le-hiboo.com / http://www.live-for-rock.com)

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A propos de l'auteur

Image de : J'aime le Rock, le vrai, pas le trop bruyant ni le trop mou, des Brian Jonestown Massacre aux Yeah Yeah Yeah's en passant par Marilyn Manson ou NIN. Je passe une grande partie de mon temps dans la pénombre des salles de concert pour essayer inconsciemment de découvrir The Next Big Hit !

6 commentaires

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  1. 1
    Phil A.
    le Lundi 23 février 2009
    Phil a écrit :

    Trop bon !! :D merci pour cette retranscription, j’ai eu l’impression d’y être.
    Bisous.
    Phil

  2. 2
    le Mercredi 25 février 2009
    Marsellus a écrit :

    Je rêve ou vous supprimâtes mon commentaire posté hier parce qu’il disait, en gros, « bon concert des Black Lips, bon live report de Discordance, mais par contre, Ponytail c’est franchement de la daubasse » ?

    Ce serait fort décevant, les gens.

  3. 3
    le Mercredi 25 février 2009
    Marsellus a écrit :

    Réflexion faite, en postant mon commentaire hier, je l’ai peut-être tout simplement pas validé, donc envoyé. auto-FAIL, pardon.

  4. 4
    le Mercredi 25 février 2009
    Clara a écrit :

    Salut Marsellus, loin de nous de supprimer les commmentaires, non non non, nous voulons entendre tout le monde!!

    Ponytail, c’est clair c’est vraiment spécial, c’est un de ces groupes où t’accroches… ou pas… La musicalité du groupe n’est pas à refaire, ils sont vraiment bon. Côté voix…ça passe ou ça casse!!

  5. 5
    le Jeudi 2 avril 2009
    Anousonne a écrit :

    Hello,

    On est allé au festival GéNéRiQ en février et on est revenu avec des vidéos dans nos bagages. On s’est pris une belle claque sonore avec ces superbes lives. Surtout, le concert des Black Lips bien punk, où on a pu voir des mecs sur une autre planète, un live super trash avec le chanteur qui se met à poil, le guitariste qui se fait dessus! Bref à voir!
    J’espère que vous apprécierez autant nos vidéos que nous :)

    La vidéo est ici: http://www.grandcrew.com/videos/98

    Enjoy!

  6. 6
    le Jeudi 2 avril 2009
    Vic a écrit :

    Super live report qui donne terriblement envie de remonter le temps et de prendre un train pour paris le 14 février dernier.
    J’idolatre les Black Lips mais je les maudits de ne jamais venir en concert où et quand ça m’arrange ! Et leur dernier album est une vraie tuerie !

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