Enemies of the State signe l’arrivée de l’écossais Shaun Davidson au chant, en renfort de Poun. Rencontré en tournée, l’ex Drive by audio rafle le micro à Djag depuis l’an dernier. Les fans historiques du groupe avaient pourtant applaudi la reformation du combo initial au chant revenu pour enregister From chaos en 2009. Un nouveau départ donc, également marqué par la venue de Jacou d’Ultra Vomit, qui à la place d’Étienne, martèle à la basse. Enfin pas sur l’enregistrement studio où son prédécesseur soigne ses lignes de basses et son slapping assassins. Et malgré les nombreuses et différentes formations — y’a qu’à jeter un oeil au tableau récapitulatif sur leur page wikipedia — Black Bomb A a toujours su garder son essence, son mécanisme. Le modjo diront certains… Direct après trois ans de tournée, cette dernière galette ne fait que le confirmer. Et renforce sans conteste la place du groupe sur le mont Olympe du métal français.
Pas d’intro alambiquée, cette fois-ci. La chanson Come on down envoie du bois direct. Tellement, que les repos mélodiques et les réponses entre les deux chanteurs se comptent sur les doigts de la main. Black Bomb A matraque et joue la carte hardcore de son répertoire. Le punk n’est pas non plus en reste. Riffs efficaces, refrains marquants sur des rythmiques élevées et ultra rapides, c’est comme si Black Bomb A passait un test à l’effort, sans s’évanouir. Un groupe survolté, le public n’en attendait pas moins. Et sent qu’ils en ont encore sous la double pédale. Petit bémol, pour les amateurs d’Arno, l’ancien chanteur à la voix caverneuse qui assura un temps l’intérim avant Djag et Davidson : les voix étant plus au diapason, il y a donc moins d’effets d’octaves. « Deux screameurs ça casse peut-être un peu la dynamique », avait commenté un confrère avisé.
Enemies of the State, n’est pas un placebo. C’est le bon remède à la nostalgie, pour ceux qui avaient perdu l’habitude de commencer la journée par un « Oh Mary, sweet Mary… ». Et un curatif imparable pour les gros fans ayant avalé de travers la sortie de One sound bite to react, le troisième opus considéré comme le tendon d’Achille du groupe (remarquez après six ans, y’a bien prescription), mais aussi le deuxième départ de Djag remisant aux oubliettes la nouvelle lune de miel pour BBA et son Human bomb bis.
En tout cas, avec ce dernier album, les chantres du trashcore n’ont pas explosé en plein vol. Ni ne tentent d’enfumer leur auditoire. Encore une fois, Black bomb A fait juste tout péter.
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