Birdy Nam Nam – Manual For Successful Rioting

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Les qualificatifs élogieux ne manquaient pas, ils se ramassaient même à la pelle. Birdy Nam Nam et son album éponyme, avec Abesses en fer de lance, sonnaient la charge du renouveau de l'électro française. Ces trois ans de travail allaient-ils être suffisants pour nous proposer une suite aussi soignée que le premier cru ? Verdict de ce Manual For Successful Rioting, deuxième album des Birdy.

51jwd8htkhl-_sl500_aa240_La promo autour de cette nouvelle galette, sortie début 2009, avait été une véritable machine de guerre : couverture des magazines, présence médiatique, et surtout une première partie de Justice en 2008. Oui, Birdy s’est déjà fait sa place parmi les grands de la scène française. Mais arrivera-t-il à être à la hauteur une nouvelle fois ?

C’est là que le bât blesse, car c’est avec une certaine déception (pour ne pas dire frustration) que s’achève l’écoute de ce Manual For Successful Rioting . Comme une impression de déjà vu, de déjà entendu. La production de Justice se fait cruellement ressentir ! L’électro originale et variée du premier album a disparu, pour laisser place à une électro banale, sans relief, passe-partout. Exit les saxos, claviers, percus, basses ou autres accordéons qui donnaient au groupe toute cette originalité. Au lieu de ça, on s’oriente vers une électro très dance/club, où les influences de Daft Punk, Justice, ou encore du très hype Yuksek se font sérieusement ressentir. Normal me direz-vous, puisque c’est ce dernier qui est le producteur de Manual For Successful Rioting . Ah voilà on comprend mieux.

Malgré tout, l’album n’est pas mauvais, même plutôt pas mal. Mais il est clair que l’on s’attendait à mieux, surtout après s’être autant régalé du précédent opus. Red Dawn Rising fait monter la température dans un mélange d’électro/hip hop épatant. Certains morceaux envoient le bois : Trans Boulogne Express et le titre éponyme se montrent détonants et ravageurs, Bonne Nouvelle rappelle un peu le passé, on accroche de suite. Mais d’autres sonnent différemment, comme War Paint, qui semble être pompé sur les sonorités de Justice et Daft Punk . Enfin, on retrouve des compos qui viennent casser le rythme déjà très instable de l’album : Homesexuality ou Space Cadet Apology pour ne citer qu’eux, manquent cruellement de panache.

On pouvait s’attendre à mieux avec ce quatuor pourtant déjà champion du monde de DJs en 2002, et arrivant depuis, assez régulièrement sur le podium. Ces jeunes sont bourrés de talent, c’est indéniable, ils n’ont plus qu’à le prouver. Mais peut-être que la pression était trop forte. Un frein dans le renouvellement musical, une peur de se lâcher vraiment, le résultat de ce Manual For Successful Rioting est en demi-teinte. Reste la performance live : rugueuse et décapante.

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A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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