Birdpen

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Derrière ce nom énigmatique, et cette obsession pour les oiseaux, se cachent Mike Bird, James Livingston Seagull et Dave Pen . Ce dernier s'est surtout illustré ces dernières années aux côtés des persévérants Archive, puisqu'il a collaboré à l'écriture du dernier album Lights ainsi qu'au prochain, à paraitre ce mois.

Projet encore confidentiel, Birdpen a déjà sorti quelques EPs qui avaient laissé entrevoir un joli potentiel avec les titres Be Yourself ou One In Fifty Four . Rencontre avec l’homme derrière l’oiseau, Dave Pen, à l’occasion de la sortie du premier album de Birdpen, On/Off/Safety/Danger.

Happiness/Sorrow/Studio/Live

Alors qu’ Archive avait établi ses quartiers dans un luxueux hôtel du 19ème arrondissement de Paris pour promouvoir Controlling Crowds, nous avons pu rencontrer Dave Pen pour qu’il nous parle de On/Off/Safety/Danger, avec toute la sincérité et l’humilité qui le caractérisent.

dave-pen-13-02-09-2 Peux-tu d’abord nous expliquer comment Birdpen a commencé et si tu as eu d’autres groupes avant ?

J’ai travaillé avec Mike dans presque tous les projets que j’ai réalisés avant, nous avons eu plusieurs groupes dont l’un était composé de huit personnes. C’était un groupe indie progressif, électronique, similaire à Birdpen mais en plus désordonné. Il s’appelait Coda . Nous avons eu un autre groupe qui s’appelait Spacestation 54 .

Comment décrirais-tu l’univers de Birdpen, et cette imagerie des machines et des oiseaux ?

Je ne sais pas vraiment. Il y a ce concept selon lequel les oiseaux voient tout de haut, ce sont les espèces les plus libres, mais ils sont également totalement intégrés au monde moderne. Il y a des oiseaux dans les bidonvilles, sur des tas d’ordures, mais aussi dans les plus belles montagnes du monde. J’aime beaucoup cet aspect qui les rapproche des humains, ils doivent s’adapter.
C’est quelque chose avec lequel j’ai grandi, mon père élevait des pigeons et on avait toujours des oiseaux dans la maison.

Deux albums auxquels tu as collaboré sortent à la fin du mois, On/Off/Safety/Danger et le nouveau Archive, Controlling Crowds . L’année 2008 a dû être bien occupée ?

Oui , mais c’est aussi le cas de ce début d’année 2009. On a enregistré encore cinq titres pour un autre album d’ Archive qui va sortir plus tard dans l’année, Mike et moi avons fait six chansons démo.
Cette année s’annonce plus chargée que l’année dernière. L’été dernier nous n’avons rien fait, que ce soit avec Archive ou Birdpen, nous étions surtout en train d’écrire. C’est assez cool d’avoir deux albums qui sortent au même moment.

Vous travaillez beaucoup à partir de machines, comment allez-vous adapter les morceaux au live ?

Certaines chansons de l’album sont plus vieilles que les autres, elles datent de deux ans et demi ou trois ans. Il a alors fallu les adapter pour les jouer live, parce qu’il y a beaucoup de couches de son différentes sur les titres enregistrés. Nous ne voulons pas être esclaves de nos machines sur scène, donc nous avons dû enlever des choses et apprendre à rejouer les titres. Quand nous écrivons, nous pouvons aller très vite sur les choses, parce que ça sonne juste. Mais si nous ne répétons pas la chanson pendant quelques mois, on peut tout en oublier.
Je n’ai pas une très bonne mémoire, il y a toujours des concerts où je vais jouer et penser « j’espère vraiment que c’est la bonne corde ». normalement, c’est le cas. C’est juste un problème de confiance en soi, je pense !

L’album démarre sur un accent très pop avec Breaking Precedent et ralentit avec Airspace, comment avez-vous construit l’enchainement des morceaux ?

C’est juste la façon de faire que nous avons ressentie comme étant la meilleure. Breaking Precedent est probablement la chanson la plus accessible, ça paraissait bien de l’avoir en ouverture. Quand nous faisons l’album, nous cherchons à créer le bon état d’esprit, la bonne atmosphère. Le milieu de l’album est très lourd et c’est la partie la plus dure, avec Admiral Red puis Slow . Ce n’est pas un break, mais si les gens aiment cette partie, alors ils devraient vraiment apprécier le reste de l’album.

Breaking Precedent est donc une introduction pour que les gens soient curieux du reste de l’album.

Oui, nous les attrapons pour ensuite les attirer dans notre monde.

dave-pen-13-02-09-5 Dans quel état d’esprit as-tu besoin d’être pour composer ?

Je peux écrire dans des contextes différents. C’est plus facile si je suis seul, mais si je suis dans un groupe, je dois juste m’isoler mentalement. J’écris beaucoup de choses quand je marche, par exemple de ma maison au studio, il doit y avoir deux miles. Je marche et j’écris sur mon bloc-notes. Dans le train aussi, mais pas avant de jouer parce que je suis trop nerveux.
Pour les dernières démos qu’on a faites, j’ai eu quelques idées avant d’entrer en studio avec Mike. Il jouait et j’écrivais ce qui correspondait, c’était une nouvelle approche pour moi. Mais ça peut venir n’importe où, si je n’ai pas au moins mon téléphone pour écrire des idées et des mots, je suis mort, je vais aller dans un magasin et acheter un stylo et du papier !

Es-tu inspiré par le cinéma, penses-tu à faire des bandes originales de films ?

J’adorerais. Darius (du groupe Archive, NDLR) et moi aimerions vraiment faire un projet comme cela un jour. J’adore les paysages musicaux et le cinéma. J’essaie de voir tous les films nominés aux Oscars comme ça je peux regarder la cérémonie et avoir une opinion sur chacun d’entre eux !

Quels réalisateurs aimes-tu en particulier ?

Shane Meadows, Dead Man’s Shoes est un film fantastique. J’aime les premiers Tarantino, comme la plupart des gens, Scorcese .
J’aime aussi les réalisateurs de films de série B, dont je ne connais pas les noms. Ils font des films que la plupart des gens trouveraient merdiques, mais ils ont des idées tellement folles.

Diane Negus a fait l’artwork de l’album, vous vous connaissiez avant ?

Oui, nous nous connaissons depuis dix ans, nous sommes ensemble. Je ne dis pas ça parce que c’est ma partenaire, mais elle est vraiment talentueuse. Ce qu’elle a fait pour l’album est phénoménal. Elle ne l’a même pas fait en ma compagnie, elle est partie seule pendant un mois et quand elle est revenue, elle m’a dit « voilà ce que j’ai fait, ça te plait ? » et j’étais juste époustouflé.

C’est une oeuvre d’art en prime de l’album…

Oui, nous avions essayé de mettre une photo au milieu du livret de l’album, mais ça ne collait pas. Pour le prochain, nous allons inverser les couleurs, car les principales couleurs de celui-ci sont blanc, rouge et noir. Je veux changer pour que ce soit noir, rouge et blanc.

Vous pensez déjà à un second album alors ?

Oh oui, j’ai le titre et tout !

As-tu hâte de remonter sur scène ?

Oui, j’adore le live. On va en Suisse la semaine prochaine, ça me démange de jouer à nouveau. Être à trois est génial, nous sommes des amis très proches et les gens avec qui nous travaillons, l’ingénieur du son et l’ingénieur lumière, sont aussi des amis. Nous ne sommes pas fermés pour autant, nous sommes au contraire ouverts d’esprit. Mais c’est une réelle source d’énergie, nous avons chacun notre propre monde tout en étant connectés les uns aux autres.

As-tu un souvenir particulier de concert ?

Avec Birdpen, nous faisions un tour en première partie d’un autre groupe l’année dernière. Mike garde trace de chacun de nos concerts, dans les détails : où c’était, avec qui on partageait la scène. Je pense qu’il a un OCD, un désordre obsédant-compulsif !

Il m’a demandé avant l’un d’eux: « tu sais ce que signifie ce concert pour Birdpen ? ». C’était le centième, et c’était le dernier de la tournée, notre première en Angleterre. C’est un bon souvenir, je me souviens qu’on a eu un très bon concert.

Il y a aussi la première fois que nous avons joué avec Jim, notre batteur, c’était parfait. J’ai fracassé ma guitare sur une cymbale, qui m’a frappé au visage et m’a ouvert la lèvre. je me suis senti mal, mais quand on y repense, on se dit que c’était la meilleure façon de présenter le groupe !

Birdpen : On/Off/Safety/Danger

birdpenFidèle à l’esthétique sombre qui habille son livret et un visuel évoquant Godspeed You ! Black Emperor, ce premier album est une collection de chansons mélancoliques. S’il démarre avec Breaking Precedent, un titre très pop-rock, c’est pour mieux nous entrainer ensuite dans les profondeurs tumultueuses de Airspace . Simple, mais efficace, Off nous berce par le rythme robotique auquel Dave Pen livre des paroles obsédées par la perte de contrôle : « quelqu’un a appuyé sur « enregistrer » dans ma tête, je ne peux pas l’arrêter, je ne peux pas l’éteindre. »

Sur On/Off/Safety/Danger, il est question d’instinct de survie, de menaces planant au dessus de nos têtes tel un oiseau noir, des thèmes qui justifient un son inquiétant et progressif qui atteint son apogée sur Machines Live Like Ordinary People .

Le son de Birdpen hésite cependant trop entre pop et rock progressif, une contradiction que reflète le titre Man On Fire et qui altère un peu la cohérence du disque. Se terminant sur le très joli Cold Blood, ce premier album offre néanmoins une agréable ballade de romantisme sombre, qui plaira certainement aux fans d’ Archive .et aux autres aussi.

Crédits photo : Nicolas Brunet (http://www.nicolasbrunet.fr)

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Sortie le 23 mars 2009.

Le site de Birdpen : http://www.birdpen.com/
Myspace : http://www.myspace.com/birdpen

A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

3 commentaires

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  1. 1
    le Mercredi 1 avril 2009
    Julia a écrit :
  2. 2
    Nicolas Brunet
    le Jeudi 2 avril 2009
    nico a écrit :

    Ce soir en live au Nouveau Casino.
    Il reste peut etre quelques places. Foncez. Ces gars sont hors normes.

    /nico

  3. 3
    le Jeudi 2 avril 2009
    Anousonne a écrit :

    Une vidéo de leur live est visible sur http://www.grandcrew.com/videos/79

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