Biffy Clyro à la Maroquinerie

par Kyra|
Actuellement en pleine tournée pour défendre son 4ème album, Puzzle, sorti en juin 2007 chez 14th Floor Records (Warner Music), Biffy Clyro, tout droit rentré de Bruxelles où il avait donné un concert la veille, nous faisait l’honneur d’une date parisienne ce 08 Octobre, à la Maroquinerie, avant d’enchainer sur Amsterdam le lendemain. Des conditions marathoniennes pour le groupe qui s’échappe même aux States pour quelques dates, avant de poursuivre son périple européen.

clyro3 La Maroquinerie : une petite salle (capacité d’environ 500 personnes quand même) pour un groupe de cette pointure, j’oserais dire, après avoir performé au Wembley Stadium le 17 juin dernier puis au Parc des Princes le 23 juin en 1ère partie de Muse, et après avoir fait une apparition remarquée au festival de Rock en Seine en août dernier (cf live report). Un concert relativement intimiste donc, mais qui n’aura fait que confirmer ce que je pense sincèrement de ce trio écossais flamboyant, dont la gentillesse et l’humilité transpercent leur armure de rockstars sauvages, électriques, débridées, tatouées, échevelées (piercées ? .) et incandescentes. Sans aucun doute.

Let’s go.

Avec Bodies in Flight, le groupe fit une entrée fracassante, chargée de testostérone, vertigineuse et meurtrière pour les cordes vocales de Simon, du moins c’est l’impression que j’ai eue au départ, mais la suite du set s’est déroulée avec une telle puissance et une telle fougue jusqu’à la dernière seconde, que mes craintes se sont rapidement dissipées. Entre parenthèses, je soupçonne le bonhomme d’avoir une capacité de résistance particulièrement développée, peu d’artistes prendraient le risque de démarrer aussi violemment un set. Chapeau bas.

Très vite, le ton était donné. Simon et Ben, tous les deux torses nus, contrairement à James qui avait gardé sa chemise pour la circonstance, nous laissant entrevoir leur plastique irréprochable, mais surtout, nous assenant une véritable leçon de rock, ni plus ni moins, qui allait nous emmener très loin, en nous offrant une set-list digne de ce nom, explosive du début à la fin, avec quelques moments d’accalmie et de communion avec le somptueux Justboy et le délicatement poignant Machines, nous permettant de reprendre notre souffle et de réaliser ce qui se déroulait sous nos yeux.

En l’espace de 16 titres, Biffy Clyro nous a montré ce qu’il savait faire de mieux, puisant dans son répertoire (4 albums je vous rappelle, dont le 1er, Blackened Sky, remonte seulement à 2002) de purs joyaux, n’ayant pris aucune ride, et irradiant de mille feux, connectés les uns aux autres par cette flamme étrange, à la fois puissante et fragile, ce souffle organique et brûlant qui fait l’essence même du groupe. Et moi j’étais là, perdue, quelque part, entre 2 montées d’adrénaline.

clyro2 Ben m’a bluffée. Non seulement il a une force de frappe chirurgicale à la batterie mais encore il a une très belle voix, et c’est un vrai régal de l’entendre sur la plupart des titres, notamment Living is a problem because everything dies où les choeurs en canon sont superbes, avec la participation de James, à la basse, et sans doute le plus posé du groupe. Du moins en apparence. Simon est un véritable phénomène. Derrière son épaisse chevelure brune et sa jolie barbe se cachent des yeux d’un bleu magnifique, remplis de tendresse et d’humanité. Il faut le voir jouer avec ses tripes et transpirer sur scène, c’est impressionnant. Et quelle technicité au bout des doigts ! Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est le plaisir non dissimulé qu’il prend, chantant dans 2 micros différents dont l’un à proximité du batteur, l’obligeant ainsi à tourner le dos au public, et instaurant l’air de rien une sorte de jeu, délicieusement énervant. Mais il pousse même le vice jusqu’à se déhancher sensuellement sur certains titres, certains riffs ; subtil venin qui nous hypnotise inéluctablement. Je pense là au magistral Recovery injection et à ses gimmicks qui pénètrent directement dans nos veines. Teasing ou pas, c’est démoniaque et terriblement efficace.

La suite n’a été que déferlement d’émotions, chaleur, sueur, testostérone, passion, électricité, magnétisme, traumatismes sonores et visuels en pagaille, abandon, communion, joie, joie, joie. Mais surtout, jouissances extatiques indescriptibles, librement assouvies, mais constamment sur la brèche, avec la peur de franchir la ligne rouge et cette angoisse sous-jacente, perverse et lucide, grignotant l’écorce de chaque seconde qui passait, nous rappelant sadiquement, que la fin du set approchait et boostant alors nos capacités d’attention pour ne perdre aucune miette de ce que Biffy Clyro consentait à nous donner, ce jour-là.

Take me to your blackened sky .

Il est des titres pour lesquels on se damnerait, juste pour avoir le plaisir de les écouter, ne serait-ce qu’une dernière fois, pour oublier la tristesse qui nous envahit, balayer en quelque battements de cils tous ces petits détails qui nous ont pourri la journée et se relever, remplis d’une énergie dont on ne soupçonnait plus l’existence, le sourire aux lèvres. Glitter and Trauma, Joy.Discovery.Invention et Living is a problem because everything dies représentent officiellement ma drogue dure, ma petite mort préférée, que je m’injecte directement en intra-cortical, dès que je monte le son de mon lecteur. Et en live, toutes les sensations sont décuplées. Puissance, orage magnétique, orgasme acoustique, tout est là, palpitant et frémissant entre nos mains, le cocktail lytique idéal pour un décollage vers d’autres ciels, d’autres horizons où seule l’émotion compte. W.O.W. Ces trois titres sont tirés de 3 albums différents ( Infinity Land, Blackened Sky et Puzzle ), et demeureront atemporels. De pures bombes atomiques dont l’impact électrise les foules, inéluctablement. Et ce soir-là, ce fut le tour du public de la Maroquinerie . Visiblement sous le charme, et connaissant la plupart des titres du répertoire du groupe. Et pour les autres, ce fut une belle découverte. Un grand huit émotionnel. Ou pas.

Enfin .

clyro-2Ils devraient repasser à Paris en février 2008. Un grand moment en perspective. Non, du bonheur à l’état pur, en pleine gueule, avec ses aspérités, ses décharges d’adrénaline, ses brûlures rétiniennes, ses gonflements du coeur et ses palpitations incontrôlées. Au bord de la rupture. Parce que Biffy Clyro se donne à 200% sur scène et joue comme si c’était la dernière fois, quitte à se rompre une corde vocale. Ce qui est peut-être déjà arrivé depuis le début de la tournée, vu la façon dont Simon se met en danger sur scène .

I’m a fire and I’ll burn, burn, burn tonight .

Je ferai le maximum pour y aller. Mais les imprévus ont la fâcheuse habitude de foutre en l’air mes synchronisations temporo-spatiales et affectives. Alors allez-y pour moi, et vivez ce concert jusqu’à la dernière seconde. Pleinement. Intensément. Et vous verrez, vous savourerez tous ces instants, incroyablement précieux, longtemps après, et vous vous repasserez la scène, les yeux fermés, et vous vous surprendrez à sourire, bêtement, de jour comme de nuit, en pensant j’y étais, putain, j’y étais ! .

Oui. Il est des expériences qui restent gravées à jamais dans la chair de votre inconscient et tatouent votre âme pour un instant d’éternité. Biffy Clyro fait partie de celles-là. Tout simplement. Et ça vaut son pesant d’or.

Annexes :

Line up :

Simon Neil : chant/guitare

Ben Johnston : batterie/choeurs

James Johnston : basse/choeurs

Discographie :

Blackened Sky : 2002 (Beggars Banquet)

The Vertigo of Bliss : 2003 (Beggars Banquet)

Infinity Land : 2004 (Beggars Banquet)

Puzzle : 2007 (14th Floor Records)

Set-list :

01. Bodies in flight (The Vertigo of Bliss).

02. Who’s got a match ? (Puzzle)

03. Saturday Superhouse (Puzzle)

04. My Recovery Injection (Infinity Land)

05. A Whole Child Ago (Puzzle)

06. The Kids from Kibble and the Fist of Light (Infinity Land)

07. Questions and Answers (The Vertigo of Bliss)

08. Love has a Diameter (Puzzle)

09. Living is a Problem because Everything Dies (Puzzle)

10. Justboy (Blackened Sky)

11. Get Fucked Stud (Puzzle)

12. Machines (Puzzle)

13. Now I’m Everyone (Puzzle)

14. Glitter and Trauma (Infinity Land)

Rappel :

15. Joy.Discovery.Invention (Blackened Sky)

16. There’s no such Thing as a Jaggy Snake (Infinity Land)

Plus d’infos :

Site officiel : http://www.biffyclyro.com

Myspace : http://www.myspace.com/biffyclyro
On tour : check Myspace !

Galeries photos : ICI

Commentaires : merci à Cécile pour le lien photos ; je vous conseille également de lire son compte-rendu, très rafraîchissant, ICI . contrairement à d’autres papiers que j’ai pu effleurer, pétris de mauvaise foi et littéralement à chier. Comme quoi, Biffy Clyro a aussi ses détracteurs . sans doute la marque des plus grands.

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