Berlin Festival 2011 : moments choisis

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Il paraît que les weekends commencent très tôt à Berlin : nous sommes allés le vérifier en live au Berlin Festival les 9 et 10 septembre, avec 15 000 autres spectateurs.

En 2010, le Berlin Festival avait un peu capoté (on vous en parlait ici). Cette année, l’organisation du festival a tenté une nouvelle formule. Les concerts à l’aéroport Tempelhof (désaffecté depuis 2008) ont donc été avancés dans la journée, entre 14 h et minuit. Et pour continuer la soirée, il fallait prévoir la formule avec accès au Club Xberg. Nous n’avons pas tenté l’aventure, même si l’affiche a appâté 7000 personnes (Public Enemy, Mr Oizo, Skrillex…). Tempelhof offrait à lui seul un terrain de jeu idéal : les groupes se sont succédé sur une scène principale sur le tarmac et deux scènes dans les hangars. Le planning était plutôt serré et les choix cornéliens : Primal Scream ou Apparat ? Beirut ou Pantha Du Prince ? Voici une compilation des meilleurs moments d’un weekend au poil.

Les festivaliers : muni obligatoirement de son tote bag (sac en toile) le plus original possible, le festivalier berlinois sait se démarquer. Dans le public, on se maquille, on fait des bulles, on arbore une toque ou les cheveux roses.

Silent Disco : le principe n’est pas nouveau, mais on se prend au jeu très facilement. De l’extérieur, les participants à cette discothèque silencieuse ont l’air de faire partie d’une étrange secte. Avec un casque sur les oreilles, on choisit sa fréquence et donc son DJ : ambiance tubes indie (Arctic Monkeys, Oasis et Nirvana) ou électro house. Si au début on s’observe, finalement, chacun se retire dans sa bulle musicale.

James Blake, Limit To Your Love. Alors que nous arrivons sur le site vendredi après-midi, le chouchou de la scène dubstep londonienne entame sa reprise de Feist. Les festivaliers tout juste entrés courent vers la scène principale pour ne pas louper ça. Au piano, James Blake se montre fragile et étonné d’avoir un public déjà nombreux.

The Rapture, House Of Jealous Lovers. Le show avait tardé à décoller, et le créneau 16h-17h n’était pas le plus propice pour se laisser aller complètement. Luke Jenner avait l’air ailleurs, les morceaux du dernier album du groupe new-yorkais ne nous convainquaient qu’à moitié. Bref, on craignait le plantage. Et puis, cette cloche en intro de House Of Jealous Lovers, le morceau qui a propulsé leur album Echoes en 2003, nous ramène dans le vif du sujet : cette énergie post-punk qu’on attendait sauve la fin du concert, avant How Deep Is Your Love et son refrain tout droit sorti des années 90.

Battles, du début à la fin. Le sens du rythme de ce groupe est proprement bluffant. L’entrée en matière se fait progressive, créant les conditions parfaites pour la transe. On savoure les rondeurs d’Ice Cream, le rythme effréné de Wall Street, les excentricités de Futura, jusqu’aux contrées étranges d’Atlas. Pour le nouveau single My Machines, le visage de Gary Numan accompagne le trio sur les écrans installés sur scène. Hypnotique et addictif.

Waters, San Francisco. Avec un set très énergique, le nouveau projet de Van Pierszalowski (leader de feu Port O’Brien) tient ses promesses sur scène. Celui-ci n’hésite pas à faire bouger sa mèche blonde pour défendre des titres de l’album Out In The Light tout juste sorti chez City Slang et fortement influencé par le folk et le grunge de la Bay Area. San Francisco séduit par son ambiance en demi-teinte, rock et nostalgique.

Austra, Lose It. Accompagnée de danseuses/choristes, Austra sait mettre son concert en valeur. Ambiance 80′s, titres dansants et efficaces, le groupe canadien fait danser un public en pleine digestion de brunch.

Clap Your Hands Say Yeah, The Skin Of My Yellow Country Teeth. On ne pensait plus les revoir, après quelque temps sans nouvelles, mais les Clap Your Hands Say Yeah ont finalement refait surface. La voix d’Alec Ounsworth est plus supportable qu’avant, et c’est avec grand plaisir qu’on redécouvre ce titre de 2006 sur scène. Leur nouvel album Hysterical devrait bientôt pointer le bout de sa dent.

Primal Scream, Loaded. Le mythique album Screamadelica joué en entier sur scène, c’est un joyeux mélange de funk, de rock, de dance, de soul, avec Bobby Gillespie en chef d’orchestre allumé.

tUnE-yArDs, Gangsta. Ornée de ses peintures de guerre tout comme les musiciens qui l’accompagnent, tUnE-yArDs entame les hostilités sans préliminaires dans une explosion de rythmes afros réjouissante.. Percussions en forme de tambours de guerre, pistes de voix puissante samplées et superposées créent des chansons tribales, entêtantes, excentriques.

Beirut, East Harlem. Un sourire sur les lèvres du début à la fin, c’est le signe d’un bon concert, non ? Très appliqué, Zach Condon et ses musiciens mêlent nouveaux titres extraits de The Rip Tide comme East Harlem, et quelques classiques. Nantes forcément, et aussi beaucoup d’autres titres extraits de The Flying Club Cup. On a du mal à croire que les musiciens ne soient pas formés depuis des années à leurs instruments, c’est pourtant le cas. L’alchimie marche à merveille sur scène entre Zach et ses musiciens, tout est visiblement très maîtrisé (voire trop). Un pur délice.

Le moment allemand avec Casper. Un mélange de rap et d’emo punk en allemand qui nous aura déroutés, nous confrontant à un véritable choc culturel.

Pantha Du Prince, Saturn Strobe. Chez lui à Berlin, le producteur et DJ ne nous laisse aucun répit, enchaînant les boucles électro minimale jusqu’à un climax qu’on attend comme le messie. Ensuite, pas le temps de s’attarder, on passe déjà à une nouvelle ambiance et il faut trouver un nouveau pas de danse.

Crédits photo : Julia B. et Christian Faustus pour le Berlin Festival (Primal Scream).

 

En savoir +

Site du festival : http://www.berlinfestival.de/

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: Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

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