Benoît Dorémus – Jeunesse se passe

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Benoît Dorémus, vous ne connaissez pas encore ? Vous allez le découvrir. Vous devez le découvrir. Poésie, véritables textes, l'album Jeunesse se passe, sorti en octobre dernier, est assurément un de ceux à ne pas manquer.

dorumusCommençons par le commencement : qui est Benoît Dorémus ? Pour faire simple c’est un peu le fils spirituel d’ Eminem et de Renaud . Rien à voir me direz-vous, et vous avez raison, mais c’est pourtant ce que l’on peut trouver sur le site web du bonhomme. C’est peut-être vrai, mais si c’est le cas, il tient davantage du second que du premier. Et ça tombe bien puisque le producteur de Jeunesse se passe n’est autre que. Renaud .

Intéressante rencontre donc que celle de l’influence et de l’influencé. Par moments un peu trop influencé même. En écoutant l’album, il se dégage cette impression d’avoir à faire à du Renaud de la belle époque, quand il n’avait pas besoin de céder aux rimes faciles pour faire de jolis textes. Parce que comme il le dit lui-même à propos de son protégé: Benoît Dorémus c’est avant tout une « putain de plume ».

Alors comment ces deux-la se sont-ils rencontrés ? Par l’intermédiaire d’un chanteur suisse: Sarclo . Un jour qu’il vit une guitare dans une vitrine, Sarclo se dit « Celle-ci elle est pour Renaud « . Il l’appela donc, lui parla de la guitare, et Renaud étant okay, Sarclo lui promit de la lui envoyer. Et connaissant l’admiration de Dorémus pour Renaud, c’est bien sûr lui qu’il chargea d’apporter l’instrument à bon port. Précisons que ça faisait déjà un petit moment que Dorémus chantait, dans les bars, cafés et autres petites scènes. Profitant de l’occasion, Benoît donna donc à Renaud son album autoproduit, déjà pas mal abouti. L’auteur d’ Hexagone resta scotché par les textes du gars qui se tenait devant lui. Et le reste suivit, pour finalement donner ce Jeunesse se passe .

Alors qu’est-ce qu’on y trouve ? Un peu de tout. Cela va des amours adolescentes ( 17 ans ) à la jalousie ( Un poison ), en passant par la difficulté du métier de chanteur ( J’apprends le métier ) ou la mort d’un ami ( Les bulles ). Les textes sont bien écrits, sensibles, et le bonhomme sait même faire preuve d’humour ( Un arracheur de sacs ). Alors qu’est-ce qui cloche avec cet album ? Les mélodies ? Non. Elles sont travaillées, elles collent au texte sans jamais lui voler la vedette, rien à signaler de ce côté. Mais au risque de paraître pointilleux, c’est la ressemblance avec son idole qui gêne un peu.

La presse, tout naturellement, ne s’est d’ailleurs pas privée de faire la comparaison entre les deux personnages. Évidemment c’est ce qu’on appelle une influence mais gare à ne pas verser dans la copie. Intonations, esprit, textes, tout rappelle le chanteur de Pierrot, sans pour autant (et heureusement) être tout à fait pareil. On sent une personnalité, un style, qui je n’en doute pas, vont s’affirmer davantage dans le prochain album. Qui plus est la petite touche hip-hop qui vient marquer quelques chansons rappelle qu’on a bien affaire à un chanteur de la nouvelle génération. Voilà en quelque sorte ce qu’un jeune Renaud d’aujourd’hui aurait pu écrire.

Petite anecdote : le titre Rien à te mettre, qui figure parmi mes préférées et qui raconte l’histoire d’une fille qui n’arrive pas à choisir ce qu’elle va porter, a rappelé à Renaud une chanson qu’il avait lui-même commencée, il y a plusieurs années et qu’il n’avait jamais pu terminer. Comme quoi.

Quoi qu’il en soit, cet album est à coup sûr à écouter. Benoît Dorémus est un artiste de cette nouvelle génération, celle qui sait manier la langue française et qui ne s’en prive pas. Ajoutons que c’est également un ami de l’excellent Renan Luce .

Que dire de plus ?

Morceaux favoris : J’écris faux je chante de la main gauche, Rien à te mettre, Un poison, Arracheur de sacs, Les bulles.

En savoir +

Site officiel: http://www.benoitdoremus.com/

Myspace: http://www.myspace.com/benoitdoremus

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A propos de l'auteur

Image de : Né en Allemagne à la fin des années 80, alors que l'ordre mondial était en plein bouleversement (et sa naissance n'y est sans doute pas pour rien), Loïc a eu très tôt le goût de faire tomber les murs. Aujourd’hui, c’est au sein de Discordance qu’il poursuit sa mission. Trop souvent adepte du « c’était mieux avant », passionné de cinéma, de littérature et de musique (tout un programme), c’est tout naturellement qu’il a choisi de prendre la tête de la rubrique Société : quelle meilleure tribune pour faire trembler les murs ? Vous pouvez à présent suivre ses élucubrations à la fois sur Twitter (http://twitter.com/JLMaverick) et sur son blog : http://johnleemaverick.wordpress.com.

3 commentaires

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  1. 1
    Stedim
    le Dimanche 20 janvier 2008
    Stedim a écrit :

    Je ne connaissais pas. Je vais sur Myspace. J’écoute le premier titre (« j’écris faux… »). 10 secondes. BAM !! C’est fou que l’influence du producteur aille jusqu’à la façon de chanter, de prononcer, de marquer les phrases. Là, on parlera vraiment de mimétisme !

    Le narcissisme de Renaud finira bien par le dépasser en notoriété.

  2. 2
    Loïc
    le Dimanche 20 janvier 2008
    Loïc a écrit :

    A vrai dire Doremus a toujours eu ce style, cette intonation. Ca fait quelques années qu’il chante et ça n’a pas changé. La ressemblance avec son idole est frappante en effet, mais Renaud n’y est pour rien. En revanche on peut effectivement se demander si ce n’est pas en partie pour cela qu’il a décidé de produire l’album…

  3. 3
    le Dimanche 20 janvier 2008
    Pascal a écrit :

    C’est clair que le mimétisme est flagrant. Mais ce qu’écrit Loic est très juste: c’est l’album qu’aurait fait Renaud si il avait 20 ans en 2008. Les textes sont vraiment bons et on sent l’envie couplée à une certaine rage dans la voix du bonhomme…

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