Benjamin Paulin – 2

par Maxime|
Tous les albums ne naissent pas égaux. 2 de Benjamin Paulin a d’emblée un gros avantage : réalisé par Frédéric Lo (Daniel Darc, Stephan Eicher, Alex Baupain,…), masterisé par Mike Marsh (Depeche Mode, Massive Attack, Oasis…), l’album bénéficie en plus de l’apparition exceptionnelle de Herbie Flowers, légendaire bassiste de Melody Nelson de Gainsbourg, de Walk On The Wild Side de Lou Reed et de Fink. Sur un C.V, ça en jette tout de suite.

Toutefois, fournir de beaux espoirs ne suffit pas, il faut pouvoir les concrétiser. Pour cela, l’ex-rappeur de Puzzle, qui s’est donc délivré à jamais de la camisole du rap, évite le piège des compositeurs-interprètes bobos qui récitent sans émotion des textes soi- disant poétique, mais qui ne valent pas mieux qu’une dissertation de seconde. Loin d’être le nouveau Gainsbourg ou Dominique A pour autant, Benjamin Paulin a ce quelque chose d’entêtant et d’innocent, de sincère et d’instinctif qui nous plait parce que ça nous replonge en plein vertige de l’amour.

Il y a de ça, mais pas seulement. Car la grande affaire de Benjamin Paulin aujourd’hui, c’est, non seulement de poursuivre son étonnant parcours, mais surtout d’éviter tout classicisme pop trop sophistiqué. Pour cela, m’sieur Paulin continue à n’en faire qu’à sa tête. D’une générosité jamais vulgaire, le parisien saisit à merveille le temps qui passe et les amours qui trépassent dans un souci de raffinement et de précision rare.

Benjamin est-il passé dans la cour des grands ? Difficile à dire tant n’est pas Baschung qui veut. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’il n’essaye pas de l’être. Plus facile d’accès et moins poétique, sans pour autant être niais, Benjamin Paulin n’a pas vraiment de semblable sur la scène française. Tout ce qu’on peut dire à propos de 2, c’est qu’on le réécoute à l’envi.

Pourtant, on émettra quelques réserves. Si l’album est un jeu auquel on ne peut que se laisser prendre, les compositions, elles, possèdent les qualités et les défauts usuels des « morceaux de pop ». Soyons francs : à ceux qui jugent un artiste français à la complexité de ses textes, à la noirceur de ses métaphores ou à la bizarrerie de leurs structures, à ceux-là 2 paraitra bien fade, si ce n’est plus. L’album de Benjamin Paulin est en ce sens caricaturalement pop, avec ses accents variétoches et ses rimes faciles par instants.

Mais qui oserait contester le panache et l’intelligence de cet artiste passionné du quotidien qui mélange violons insouciants, refrains évidents et réflexions clairvoyantes, franchement ? Au contraire, on aimerait entendre plus souvent des albums de la sensibilité de celui-ci, aussi lumineux qu’incarné.

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1 commentaire

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  1. 1
    le Mercredi 16 mai 2012
    McNolty a écrit :

    Bon article.. l’attente devient de plus en plus longue pour ce deuxième album du Vrai Ben!

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