Benjamin Biolay au Casino de Paris

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BB. Brigitte Bardot ? Brunes ? Bresque Bourrée ? Non. Biolay Benjamin.

Le Casino de Paris ou la beauté et la prétention à la parisienne : c’est toujours un plaisir de fouler sa moquette de l’orteil. Et en se faufilant comme il faut, il est alors possible de caresser des doigts la scène pour ne pas perdre une miette du concert.

C’est Le Prince Miiaou qui entre en scène. « Le Prince Miiaou n’est pas un chat, n’est pas un garçon, n’est pas un groupe. » En effet, c’est une jeune fille un peu timide, mais très fofolle qui prend place, accompagnée de ses deux musiciens. Ça miaule et ronronne, chuchote et hurle, mais surtout ça ne se décrit pas. C’est assez expérimental, ça ne parle pas à tout le monde, mais au moins ça nous fait voyager et nous évader sans prétention aucune. Les mots, les notes, la vie, tout semble être un jeu pour cette demoiselle et ça, c’est plutôt chouette !

Le côté amusant du Casino de Paris, c’est que tout reste assez guindé : nous ne sommes pas à un concert, mais à une représentation ; d’où le « Et, maintenant, vingt minutes d’entracte » souligné par un haut-parleur caché je ne sais où. Assez de temps pour deviner que les trois groupies d’à côté ont laissé leurs enfants à leur mari, que le contenu de leurs verres n’est pas sponsorisé par Pampryl et qu’elles s’entrainent déjà à crier « Benjamin t’es trop bôôôôôôôô ! On t’aiiiiiiime » !

Enfin, l’entrée des artistes. Pas de mise en scène ou de fanfreluche pour le coup, juste de la sincérité et l’envie de finir cette trilogie de dates parisiennes en apothéose.

On dit souvent que Benjamin Biolay a récupéré beaucoup des mimiques de Gainsbourg dans sa façon de posséder la scène et la foule, mais est-ce un mal ? Au contraire, on prend plaisir à le voir évoluer, se donner corps et âme au public pour mieux se reprendre par la suite. Une leçon de séduction musicale se déroule sous nos yeux. Tantôt chanteur, tantôt pianiste, tantôt guitariste, mais indiscutablement crooneur-fumeur, BB se joue de nous et joue avec nous.

La setlist est un savoureux mélange de ses meilleurs titres avec en vrac : Dans la Merco Benz (réinterprété en Sarko-Benz, Brice Orte-benz, Rachida-Benz…), À l’origine terriblement rock’n'roll, 15 août, La superbe (qui nous a fait verser notre petite larme), Si tu suis mon regard, Brandt Rhapsodie, Assez parlé de moi, Lyon presqu’île et même Négatif mêlé avec Clint Eastwood de Gorillaz. En tout plus de vingt titres qui finira forcément sur Padam, le dernier single du chanteur : « J’attendais en vain / Que le monde entier m’acclame / Qu’il me déclare sa flamme /Dans une orgie haut de gamme /Padam Padam Padam Padam pam pam ».

Justement le public l’acclame, l’applaudit, lui lance vêtements et fleurs. C’est beau.

Crédits photo : The LSB

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A propos de l'auteur

Image de : Co-responsable de la rubrique Musique sur Discordance.fr. Et même qu'une fois, je me suis faite accréditée sur un concert de Justin Bieber !

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