Beat Assailant au Bataclan

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En général, quand on me dit rap, je commence déjà à avoir des plaques rouges d’allergie et la gorge qui me gratte. Mais comme j’adore aller à la rencontre de ce que je n’aurais normalement jamais du croiser, c’est avec un regard vierge et (presque) objectif que je tiens à vous faire part du concert de Beat Assailant au Bataclan.

ba2La première partie démarre tel un vieux cliché des années 50. Les musiciens de la Jacques Daoud Revue apparaissent en costars cravates, coiffés de chapeaux version  » blues brothers « . Plutôt soul, un peu R’nB, le groupe affirme un travail de scène réglé comme une montre suisse, mêlant petits pas chorégraphiés et complicité adolescente.

L’adolescence… C’est tout à fait l’image que donne cette revue dansante et chantante. Malgré des  » yeaaah!yeaaaaaah!  » interminables et irritants entre chaque couplet, le groupe révèle de bons morceaux à la composition rythmée et entraînante. Les textes ressassent des sujets aussi originaux que l’amour ou l’alcool, mais en gardant une fraîcheur qui ne peut que nous faire sourire. Si le chanteur et sa choriste passent toute une chanson à tituber pour bien faire comprendre le thème du morceau au public, ils rattrapent bien vite cette mauvaise caricature ratée et inutile par un mini enchaînement de breakdance alliant la technique au chancellement ironique.

Juste mignonne et sympathique, cette mise en bouche se termine en faisant danser tout le public avec des « petits pas à gauche… petits pas à droite… », laissant ce dernier chaud comme la braise, prêt à accueillir les stars de la soirée.

Aveuglées par de violents spots du fond de scène, seules les ombres chinoises des membres du groupe apparaissent devant le public. Le style « blues brothers » est de retour, mais uniquement sur le batteur et… les cuivres. Première surprise pour ma petite personne découvrant Beat Assailant : un saxo, une trompette et un trombone occupent l’avant-scène gauche.

baÀ droite, le show n’est pas mal non plus : Janice Lecal, une magnifique choriste en botte en cuir et mini-robe rose ondule et déambule armée d’un énorme éventail à plumes roses fluo. Comble du chic, notre diva tient à sa gauche une petite table avec bouteille de champagne, se servant régulièrement une coupe histoire de se désaltérer (vu comme elle vidait ses verres, cela devait être de l’eau, mais quand même, boire de l’eau dans une coupe de champagne… ce n’est pas pareil !).

Au milieu de tout ça : Beat Assailant. Sans chapeau ni costume, le rappeur enflamme la salle de son flow posé et accrocheur. Après les premiers hurlements de fans hystériques, c’est vite toute la foule (et moi la première) qui jump et répond à ses appels. Ambiance de folie où notre star sait aussi laisser place à son groupe : le saxophoniste, qui est aussi clarinettiste et flûtiste durant la soirée, part en effet dans un solo décapant, bien loin des ordres rythmiques habituels du rap, mais véritablement apprécié par la salle. Janice crée également la surprise lorsqu’elle amène sur scène une cymbale de batterie électrique, s’excitant sur ce petit disque noir comme si elle pouvait remplacer le batteur à elle toute seule.

Chaque musicien a bien sur droit à son petit solo, annonce délicate de la fin du concert, qui se conclut par le vol plané de leur album dans le public.

Bien qu’arrivée plutôt dubitative, je pars réellement conquise par ce groupe qui a su rappeler que le rap est un genre musical à part entière et qu’un bon DJ n’est jamais comparable à de bons musiciens.

Crédit photos : STV

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MySpace : www.myspace.com/hardtwelve

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A propos de l'auteur

Image de : J'ai atterri à Paris à mes 18 ans pour ma licence en art du spectacle chorégraphique. La danse, ou plutôt les danses sont en effet ma passion, aussi bien dans la pratique que sous leur aspect théorique. J'aime observer, analyser, comparer et essayer de comprendre, mais étant danseuse et comédienne avant tout, je sais aussi qu'il n'y a aucune vérité de jugement au niveau de l'art, il n'y a que des points de vue. Je reviens juste d'une année sabbatique qui m'a conduit entre San Francisco et Los Angeles et je m'apprête donc à continuer mes études avec un master en études théâtrales (le but étant d'intégrer un master pro en journalisme culturel l'année prochaine).

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