Beat Assailant

par Stv|
Originaire d’Atlanta, c’est en France que Beat Assailant - Adam Turner de son vrai nom - est venu s’installer pour nous distiller un son échappant à toutes les classifications possibles. C’est accompagné d’un bigband et d’un flow impeccable que le rappeur présente aujourd’hui son deuxième album.

Enregistré à l’ancienne et en une seule prise, Imperial Pressure est un disque d’une grande classe. Un mix savant entre jazz, hip-hop, rock, et électro. S’appuyant sur un modèle assez novateur, mais dans l’air depuis un petit moment, l’album sort en coproduction entre le label du groupe ( Dirty Dozen Records ) et son tourneur ( Notre p’tite entreprise ). Une preuve de plus de l’importance du live pour Beat Assaillant, qui passera une bonne partie de l’année 2008, accompagné de ses 9 musiciens, à parcourir les routes.

C’est un Adam Turner très disponible que nous retrouvons à quelques jours de la sortie de son nouvel album et qui prendra la peine de répondre à nos questions dans un français soigné.

Ton nouvel album s’appelle, Imperial Pressure . Est ce que tu commences justement à en ressentir une de pression à quelques jours de sa sortie ?

beat Beat Assailant: ( rires ) Non, pas vraiment. Je suis content de ce disque et j’ai hâte que les gens puissent avoir l’occasion de l’écouter chez eux. Donc, non, pas de pression.

D’autant plus que les critiques semblent être assez bonnes ?

Beat Assailant: Ce disque, je l’ai créé pour le public et, s’il en est content, je le suis également.

Peux-tu me parler de ta musique, cette espèce de crossover entre jazz, rock, hip-hop, electro.?

Beat Assailant: Je pense que c’est un mélange des différents univers musicaux du groupe, chacun apportant sa contribution. Et c’est ce qui donne au final ce son unique.

Certains de tes morceaux possèdent une ambiance très cinématographique, est-ce un domaine qui t’attire ?

Beat Assailant: Oui, et ça, c’est surtout grâce à Max ( Dany Wild ) le producteur qui est très cinéphile, notamment les bandes son des 70′s.

Comment décrirais-tu l’évolution de votre son par rapport à Hard Twelve, ton premier album ?

Beat Assailant: Le premier album était un album très studio que j’ai composé avec Max et parfois avec Thibault Renard et Nicolas Gueguen . C’était un projet très simple. C’est après avoir enregistré l’album qu’on a monté le band de 10 musiciens et qu’on a joué plus de 2 ans ensemble sur nos différentes tournées. Nos nouveaux morceaux, on les a montés ensemble et on les a joués devant le public pour voir sa réaction. De retour en studio, on a pris ce qui marchait bien. C’était un projet beaucoup plus large que le premier qui avait été enregistré en une semaine. C’était une nouvelle façon de penser et, pour nous, il était nécessaire de marquer cette évolution de notre musique pour notre groupe.

Justement, on a pu lire que, pour ce nouvel album, vous aviez essayé de recréer l’énergie du live. Ça ressemble à quoi un live de Beat Assaillant ?

Beat Assailant: On est 10 sur scène : batterie, basse, claviers, guitares, trombone, trompette, sax, Dj. Donc un vrai big band avec beaucoup d’énergie et une ambiance de fête.

Comment avez-vous fait pour retranscrire cela sur l’album ?

Beat Assailant: Au studio, on a joué tous en même temps. On n’a pas fait du piste par piste. On a fait les morceaux comme si c’était un live. Et je crois que ça a bien marché.

C’était pour avoir un son plus brut ?

Beat Assailant: On voulait surtout avoir l’énergie du band comme quand on joue en live. Et, pour nous, la seule façon de recréer cela, c’était de jouer tous ensemble.

Qu’est-ce que le nouvel album va apporter de plus au live de Beat Assaillant ?

Beat Assailant: Comme je l’ai dit, ça fait 3 ans qu’on joue ensemble et, là, depuis quelques mois, il y a DJ Pfel qui nous a rejoint, donc il y aura beaucoup plus de phases avec un DJ. Il y aura aussi les nouveaux morceaux, les chansons de Hard Twelve et aussi quelques petites surprises, des titres qui ne sont pas encore sortis.

Des reprises ?

Beat Assailant: On ne sait jamais. ( sourire )

Peux-tu nous présenter en quelques mots chacun des membres du groupe ?

Beat Assailant: La batterie c’est Stan Augris . À la basse c’est Gaye Sidibe . Au clavier c’est Nicolas Gueguen, Bertrand Luzignant au trombone, Thibault Reard à la trompette, Max Pinto au saxophone, Janice Lecal, notre vocaliste et Dany Wild le guitariste. Il y a aussi DJ Pfel aux platines, qui est également champion du monde de DJ avec C2C .

Comment le chanteur de Stuck in the Sound s’est-il retrouvé sur l’un des titres de l’album ?

Beat Assailant: C’est grâce à Max qui le connaissait, il a proposé cette idée et je l’ai suivi.

Tu connaissais déjà son travail auparavant ?

Beat Assailant: Pas trop. Max écoutait sa musique pendant nos tournées et c’est là où j’ai découvert son univers.

Tu as un parcours assez atypique en tant qu’Américain venu s’installer en France. As-tu senti une différence dans la façon d’aborder la musique entre les Etats-unis et l’Europe ?

Beat Assailant: Pas vraiment.. Le monde de la musique devient de plus en plus petit. De plus en plus global. Ce sont les mêmes majors, le même matos. Surtout avec Internet, il n’y a pas vraiment de grand secret au niveau de la musique. Tout peut se retrouver partout très vite.

Qu’as-tu trouvé en France qui te manquait aux USA ?

Beat Assailant: Peut-être le côté urbain. J’aime bien comment ça bouge à Paris. Je viens d’Atlanta. C’est une ville énorme et pourtant ce n’est pas forcément très urbain. Ici, on trouve tout facilement comme à New York, par exemple, et ça j’aime bien. Après, il y a les différences linguistiques et culturelles. C’est toute une autre façon de penser.

Est-ce un voyage initiatique ou envisages-tu de retourner un jour dans ton pays ?

imperial Beat Assailant: Je pense que j’y retournerai un jour, à Miami, mais, pour l’instant, j’aime bien être entre les deux et voir un peu les deux côtés.

Que penses-tu de la scène musicale française ?

Beat Assailant: J’aime bien. C’est une des raisons qui m’a fait décider de rester en France. Je pense qu’il y a un réseau musical qui marche très bien ici et il y a pas mal de bons musiciens à Paris et en France aussi.

Certaines connexions se sont t-elles formées ?

Beat Assaillant: J’ai croisé pas mal de groupes, pas mal de gens, à force de faire des tournées.

L’album sort en co-production entre votre label et votre tourneur, le salut du disque passe-t-il par le live ?

Beat Assailant: Je pense que oui. Le live devient de plus en plus important, le téléchargement illégal explose, tout le monde écoute beaucoup plus de musique qu’avant. Les gens passent leur temps à mettre de la musique sur leurs ipods et viennent au concert après. C’est donc très important d’avoir un vrai show, une vraie présence sur scène. Pour les artistes, c’est un bon moyen de gagner sa vie avec sa musique.

Est-ce une initiative qui vient de Toi ou t’as t-elle été proposée ?

Beat Assailant: C’est mutuel en fait. Notre tourneur a très bien bossé sur notre précédente tournée. On a un même esprit musical. Ils se battent comme nous pour avoir un idéal : une musique indépendante de qualité. C’est donc naturel d’avoir pris cette décision.

Tu m’as dit que, sur scène, l’ambiance était très festive. Comment est-elle entre vous sur la route et en coulisse ?

Beat Assailant: ( sourires ) C’est la même chose backstage. C’est une ambiance très familiale. C’est pour ça aussi qu’on fait autant de dates. C’est la raison pour laquelle ça tourne aussi bien. Quand tu nous vois au concert, je pense que tu te rends compte assez vite qu’on est tous en train de s’éclater.

Y a-t-il un changement de personnalité qui s’opère en Toi lorsque tu montes sur scène ? Ou restes-tu le même ?

Beat Assailant: La musique, c’est ma vie. Mon comportement et ma personnalité ne changent absolument pas que je sois sur scène ou non.

Avec dix musiciens sur scène, arrives-tu tout de même à atteindre le seuil de rentabilité au niveau des concerts ?

Beat Assailant: Oui, bien sûr. C’est pour cela que l’on continue encore à jouer tous ensemble. On a fait pas mal de dates qui ont bien marché mais les débuts étaient difficiles. On a dû convaincre les gens que ça peut marcher, qu’on est sérieux et qu’on est là pour défendre notre disque. Là, on a trouvé les bonnes personnes.

Cela n’aurait-il pas été plus simple d’utiliser plus de machines que de musiciens ?

Beat Assailant: Pour moi, c’est la musique avant tout. Ce disque, on l’a enregistré tous ensemble, on le joue tous ensemble. Nous, on veut les instruments, on veut un bon show. Les gens veulent qu’il y ait des musiciens sur scène devant eux, devant leurs yeux, devant leurs oreilles. Il y a une vraie demande.

As-tu l’impression de faire partie d’une certaine scène ?

Beat Assailant: Je ne suis pas vraiment un expert de tout ce qui se passe autour de moi. Je ne suis pas quelqu’un qui suit, comme un journaliste, tout un tas d’artistes en permanence. Je suis plus concentré sur mon propre univers, mes concerts, mes disques. Je laisse à d’autres le soin de définir à quel style ou à quelle scène j’appartiens.

Que penses-tu des récentes initiatives de Radiohead, Trent Reznor ou encore de Prince ?

Beat Assailant: J’aime bien. Tout est en train de changer. Et il faut que certaines personnes tentent de nouvelles choses, essayent de penser autrement, trouvent de nouveaux moyens de faire carrière, de réussir dans le business. Pour nous, c’est de nous concentrer sur nos concerts. Ce que j’aime dans ces initiatives, c’est le choix donné aux consommateurs. Pour moi, plus le consommateur a de pouvoir, mieux c’est.

Le consommateur doit-il payer plus par rapport à l’émotion qu’un artiste peut lui donner ?

Beat Assailant: Il doit avoir le choix. C’est toujours mieux d’avoir le choix. Et, de cette façon-là, il a le choix. Je peux télécharger gratuitement et, si je n’aime pas, je ne donne rien. Si j’aime, je peux donner 1, 10 ou 100 euros.

Sur Myspace, on peut lire sur la page du groupe : I’m plotting to take over the world through my music, tu en es où actuellement ?

Beat Assailant: ( rires ) Ca avance, ça avance. Il y a de plus en plus de gens qui connaissent notre son, qui sont fidèles et qui sont là pour nous soutenir. Avec ce deuxième disque, on espère que ça va continuer.

Crédits Photos: Stv

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2 commentaires

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  1. 1
    le Jeudi 16 juillet 2009
    Mopox a écrit :

    Interview très intéressante. Je viens de découvrir ce groupe aux nuits de Fourvière à Lyon et je confirme les propos de Nikolina. J’ai été surpris et enchanté.

  2. 2
    le Samedi 16 février 2008
    Nikolina a écrit :

    Classos et hyper intéressante cette interview (mes félicitations) !
    Je ne peux que les recommander en live, c’est phénoménal et ultra prenant, pas de tromperie sur la marchandise, pour parler vulgairement. JRF des Stuck a collaboré avec Beat Assailant ?!! J’apprends quelque chose !

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