Bazar Of Chrome

par , Gaëlle|
Sombre, mélancolique et onirique. L'univers de GX, jeune graphiste bourré de talents, a de quoi fasciner et attirer le regard. Ses créations, librement accessibles sur Bazar of Chrome, sa galerie virtuelle, sont à découvrir et à déguster sans modération. Portrait d'un artiste aux multiples facettes.

Pourrais tu nous en dire un peu plus sur toi même ainsi que sur Bazar Of Chrome ?

GX: Je m’appelle GX, je suis graphiste-webdesigner professionnel. J’oeuvre dans un registre sombre et Bazar of Chrome est tout simplement mon site « galerie », mon « antre » … C’est ici que j’entrepose mes travaux artistiques, à la disponibilité de tout le monde.

En 5 mots, comment qualifierais tu tes oeuvres et ton univers ?

GX: Isolement, onirisme, chaos, douleur et esthétique

A propos de tes réalisations, d’où vient cette omniprésence de la Femme ?

GX: La femme représente à mes yeux le symbole même de la sensualité et de la sensibilité. Je transfert un sentiment personnel de « mise à nu » à travers leurs nudité et leurs postures, tout en transposant ma propre sensibilité qui se rattache de près à celle des femmes.

Tu associes souvent la Femme avec une imagerie et un esthétisme gothique, voir morbide. Pourquoi cette association ?

GX: Cette association est basée sur une altercation entre la fragilité de l’être et la brutalité de la vie quotidienne. Nous sommes tous blessés intérieurement, et je souhaite traduire cette souffrance à travers le corps. Le côté morbide et gothique est voulu. Je suis un grand fan de films d’horreurs et fantastiques, et j’ai toujours essayé de créer un univers où se côtoient l’abandon, l’isolement et le rejet.

Qui est le très beau modèle qui revient souvent sur tes photos ?

GX: Huuummm… Tu dois faire référence à Typhène je pense. Car d’autres lui ressemblent, mais celles-ci cachent leurs visages. On a fait de l’animation ensemble à une période et on a bien sympathisé. Un jour je lui ai proposé de faire des photos et ça a fonctionné.

gx-03-escape Quelles sont tes principales sources d’inspiration ?

GX: Le cinéma fantastique et d’épouvante dans un premier temps. Ensuite, il est vrai que j’apprécie beaucoup le travail de Mc Kean ou de Andre Sanchez . Autrement, je suis fan de Saudek, Witkin et du style baroque en général. Mais j’essaye de me démarquer le plus possible de mes influences, car cela me porte préjudice.

Lorsque tu crées, as tu besoin d’être dans un état d’esprit particulier ?

GX: Non, je ne fais pas partie de ces artistes qui agissent sous l’emprise de drogues, d’alcool ou d’une concentration particulière. J’ai besoin d’avoir bien dormi, bien mangé et d’avoir du calme autour de moi ( rires ).

As tu toujours oeuvré dans ce registre ? Prévoies tu d’aller dans d’autres directions ?

GX: J’ai fais quelques photos classiques, oui, ainsi que de la bande dessinée humoristique, des vidéos, de la musique de tous styles. En effet, je ne suis pas complètement soudé à l’imagerie gothique, de toute façon je n’en ai pas le tempérament. Mais Bazar of Chrome restera « Dark », par contre je suis en train de préparer des animations. Ce sera plus vivant que de simples photographismes car elles proposeront du son, du mouvement… Je vais développer le côté ville fantôme car cela plaît beaucoup.

Comment es tu arrivé à la photo ?

GX: Ayant fait des études dans le graphisme, je me suis retrouvé confronté à prendre malgré moi mes propres clichés. C’est ensuite à la fac que la photo m’a interpellé de manière plus excitante. Mais techniquement, je ne suis absolument pas un photographe, je suis un bricoleur d’image, rien de plus.

Te souviens tu de ta première photo ?

GX: Oui c’est celle où on voit cet homme isolé en haut d’un escalier entouré d’une ville en construction. L’oeuvre s’appelle Lonelyness (dispo sur le site). Une image que je trouve assez forte. Un premier essai intéressant, je me rappelle je l’avais prise avec un appareil photo déplorable ( rires ) en 1999, j’étais en totale dépression nerveuse à cette époque.

Tu emploies souvent le mot « photographisme » pour qualifier tes réalisations, quelle en serait ta définition ?

GX: Le photographisme est une combinaison de plusieurs techniques, elle inclut : La photographie, la typographie et la composition graphique.

Travailles tu en numérique ou en argentique ?

GX: Je travaille toujours en numérique, c’est beaucoup plus rapide et pratique. J’aime la nouveauté et la technologie.

gx-12-oblivion Quelle est en gros ta méthode de travail et ton équipement ?

GX: Je me ballade avec un appareil numérique à 6 millions de pixels et son pied dans la campagne, à la recherche de lieux abandonnés, une fois que j’ai trouvé ma mine d’or, je shoute. Ensuite, je fais une séance photo avec mon modèle, chez moi. Sur Photoshop, je combine tous ces éléments, en incluant la typo et des ornements graphiques (des fragments d’images). J’ai une banque d’image assez conséquente sur mon disque dur, ce qui me permet de piocher aisément et faire cohabiter divers visuels.

As tu déjà une idée précise du résultat final, au moment de prendre la photo ?

GX: Cela peut dépendre. Mais en règle générale, je préfère laisser les choses se faire naturellement. Je demande à mes modèles de prendre certaines positions par rapport à leur regard, leur posture et l’émotion transmise. Ensuite je fais une sélection des meilleurs poses et vois ce que je peux en tirer avec le fond que j’aurais préparé au préalable. Mais ceci est une technique parmi d’autre, tout dépend du contexte.

Avec tout ce travail de retouche d’images effectué en aval, n’as tu pas peur de perdre de cette spontanéité et de cette magie de l’instant, que peut véhiculer une photo dite  » traditionnelle  » ?

GX: Absolument pas car la photographie traditionnelle ne m’intéresse pas. Ce que je fais est de l’ordre du bricolage intelligent, et sans ce travail de retouche, mon travail passerait inaperçu, fade et déjà vu. Étant graphiste, la magie de l’instant ne s’inscrit pas dans mes méthodes car je dois « penser » la chose dans ma tête avant de lui donner vie plastiquement.

C’est quoi pour toi une photo réussie ?

GX: Hummm… Je dirais qu’une bonne photo se doit d’être esthétique, pertinente et doit avoir la faculté de transmettre une émotion. J’aime la technique quand elle se combine avec une idée intéressante.

Peux tu nous parler plus en détails de Diva Karma, ton projet trip hop ?

GX: Diva Karma est un savant mélange entre des beats Downtempo, de la guitare folk, des strings (style musique de film) et de voix à la fois robotique et féminin. Beaucoup de mélodies très belles (et tristes aussi), beaucoup d’émotions transmises, j’espère que cela plaira… En tout cas Diva a le mérite d’être « original ».

Tes activités musicales sont t-elles complémentaires avec Bazar Of Chrome, ou bien est ce deux projets bien distincts ?

GX: Cela dépend des projets, il y en a certains qui ne s’inscrivent pas dans la démarche propre à Bazar of Chrome comme Garden of Light (Ambient fantasy) ou Koan (relaxation). Mais Diva karma et Psycho Shop le peuvent car ils sont de natures tristes et hors-normes. Chaque chose est à sa place.

Que peut apporter le Web à un artiste comme toi ?

GX: Une reconnaissance Underground. J’ai entendu dire que des gens me connaissaient au Quebec et dans certaines régions en France, je suis impressionné par le pouvoir du web et c’est très plaisant.

Que conseil pourrais tu donner à ceux qui auraient envie de se lancer dans la photo ?

GX: Dans la photo je ne pense pas avoir les bons mots car je ne suis pas photographe. Cependant, je leur conseillerais d’être original et novateur dans le fond de leur travail, afin de se démarquer et d’être reconnaissable très vite par leur style, et de ne pas se contenter de photographier la réalité comme tout le monde. Les gens ont besoin de rêver, d’être transporté.

Un grand merci à GX et n’hésitez pas à visiter son très beau et très troublant Bazar of Chrome .

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Image de : Fondateur de Discordance.

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