Batman à Bercy

par |
On pourrait croire que Batman se résume à une génération de petits garçons éblouis, rêvant de faire enfermer les méchants et de faire régner la justice. Pourtant, une fois devant les portes de Bercy, à l’occasion de la présentation du super show Batman Live, on remarque vite que c’est bien deux générations qui trépignent d’impatience ce soir. Attention Batman, c’est une armée de papas et fistons qui t’attend de pied ferme !

Dès l’entrée du public, on sent l’ambiance monter. Il faut dire que même vide, la scène laisse déjà pressentir les machineries et autres mise en scène qui permettront à Bercy de se transformer durant ces quelques heures de spectacle. L’installation des gradins, grimpant sur tout un hémicycle autour de la scène, permet en plus à chacun d’avoir une vue parfaite sur le show, sans qu’aucun passage ne puisse nous échapper.

L’histoire suit rapidement celle que tout le monde connaît, accumulant presque tous les personnages incontournables du comic dans la courte heure de la première partie. Double face, le Pingouin, Catwoman et le Jocker mais aussi la troupe de cirque de Robin et ses parents ou celle du Jocker, menée par la pétillante Harley Quinn, tout le monde tient son rôle malgré une narration quelque peu brouillonne par moment.

Heureusement, après un entracte plein de petits garçons déguisés en Batman quémandant des cocas à 4€ la bouteille, l’histoire finit par prendre un peu plus de temps pour nous faire entrer dans le monde sombre de Gotham City.

Robin, tout d’abord, gagne peu à peu son statut de partenaire de la célèbre chauve-souris (malgré les réticences de celle-ci) grâce en particulier au soutien d’Alfred, le sage major d’homme de Bruce Wayne.
Le nouveau duo aurait donc pu nous en mettre plein la vue, les effets techniques ne manquant pas à la mise en scène (tractages aériens grâce aux câbles, disparitions soudaines via les nombreuses trappes qui parsèment le plateau, sans parler des nombreux numéros de trapèzes et de magie inhérentes au contexte même de l’histoire), pourtant nous devons avouer que certaines scènes nous ont clairement fait nous demander comment la troupe avait pu prendre possession d’un lieu aussi important que Bercy. Que le jeu des comédiens soit aussi faux que celui des vieilles sitcoms des années 80 pourquoi pas, après tout ce spectacle est essentiellement destiné aux enfants ou au fans de la vieille époque. Mais lorsque Batman et Robin ne sont même pas capables de donner un coup de poing en même temps que le bruitage vient résonner dans l’immensité de Bercy, ou lorsque les acrobates du Jocker sont obligés de ralentir le rythme de leur mouvement parce que les héros n’arrivent pas à suivre la chorégraphie prévue pour les scènes de bagarre, il faut avouer qu’il y a de quoi sourire.

Image de batman1 Mais n’oublions pas les points positifs non plus. Les cascadeurs-danseurs habitent le lieu comme dans les grandes comédies musicales, et l’écran géant au fond de la scène crée les différentes ambiances à merveille, nous amenant aussi bien sur les toits des immeubles de Gotham City qu’au fin fond de la Batcave.

Trois vraies surprises sont d’ailleurs à noter dans ce spectacle entre la comédie musicale et la pièce de théâtre.
Catwoman tout d’abord, maniant le lasso comme une reine dans sa combinaison de latex moulante à souhait. Plus que sexy, la femme-chat fait preuve d’une vrai présence féline, à faire ronronner n’importe quel voyou aux alentours.
Encore plus inattendu : c’est la jeune Harley Quinn, follement amoureuse du Jocker, qui surprend par sa présence et la justesse de son jeu. Ses rires, ses cabrioles et sa naïveté face à l’hypocrisie de son amant sont autant de points qui accentuent toujours plus ses moments de folie destructrice et de sadisme assumé.
Enfin, dernier point plus qu’attendu par tous : la Batmobile. Ce coup-ci on peut dire que les techniciens ne se sont pas moqués de nous. Reluisante, vrombissante, apparaissant d’une trappe souterraine dans une mise en scène digne des meilleurs Broadway, pas une seule personne n’est indifférente à l’arrivée de la voiture de héro la plus célèbre des comics.

Finalement, bien que nous arrivions l’œil à l’affut, prêts à pointer les dissonances d’un spectacle à l’américaine version française, c’est la tête remplie des cris de joie des enfants et de minis Batman hauts comme trois pommes que nous quittons Bercy ce soir-là. Batman n’est certainement pas la meilleurs performance que Bercy ait pu nous offrir, mais peut d’ores et déjà s’affirmer comme un grand spectacle pour petits et grands fans !

Partager !

En savoir +

Batman Live World Arena Tour : http://www.batmanlive.fr/

A propos de l'auteur

Image de : J'ai atterri à Paris à mes 18 ans pour ma licence en art du spectacle chorégraphique. La danse, ou plutôt les danses sont en effet ma passion, aussi bien dans la pratique que sous leur aspect théorique. J'aime observer, analyser, comparer et essayer de comprendre, mais étant danseuse et comédienne avant tout, je sais aussi qu'il n'y a aucune vérité de jugement au niveau de l'art, il n'y a que des points de vue. Je reviens juste d'une année sabbatique qui m'a conduit entre San Francisco et Los Angeles et je m'apprête donc à continuer mes études avec un master en études théâtrales (le but étant d'intégrer un master pro en journalisme culturel l'année prochaine).

Aucun commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires

Réagissez à cet article