Basement – Everything Gets Distorted

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Pourquoi ? Pourquoi faut-il se prendre la tête à aller chercher toujours plus loin, lorsqu'un groupe aussi excellent que Basement est là, sous tes yeux ? Pas d'excuses, ce groupe est présent depuis 10 ans (premier album, Head On, sorti en 1996), et n'a toujours connu qu'un simple succès d'estime, inversement proportionnelle à la qualité de sa musique. Car tout est là, tout ce qu'on peut attendre d'un groupe sortant un album de rock est représenté dans cet effort des Libournais. C'est simple, Everything Gets Distored s'approche de la perfection.

basement_egd_copieCes gens ont tout compris. Premier indice, un album de trente minutes seulement au compteur, signe que la concision est de mise. Et en effet, cette demi-heure est bien remplie, dense comme il faut. Chaque minute, chaque seconde est porteuse d’une intensité fabuleuse, aucun temps mort, pas même un instant. Une pression omniprésente t’est balancée directement dans l’estomac, du début jusqu’à la fin. Rien, absolument rien d’inutile sur cet album, chaque note est essentielle, prend aux tripes, ne lâche jamais, gardant une force incroyable. Tradition dans le genre noise-rock, c’est la basse qui mène le navire, ronde comme il faut, visant les côtes dès les premiers instants.

Mais Basement n’est nullement un groupe qui ne pense qu’à rentrer dans le lard. Non, l’ajout récent d’un deuxième guitariste laisse un espace beaucoup plus large au désormais quatuor, plus axé sur la mélodie, celle qui te colle à la tête dès la première écoute, et qui y reste gravée pendant de longues heures. Ainsi, les deux six cordes s’en donnent à coeur joie, souvent dans un jeu questions/réponses qui me fait à chaque fois chavirer ( Train Fantôme, imparable). Le batteur, lui, n’est pas là pour faire de la figuration, un jeu technique, mais qui n’oublie pas de groover au maximum. Et cette voix, cette putain de voix tour à tour parlée, criée, braillée, passée à la moulinette à travers ce microphone, qui n’en démultiplie que plus l’urgence.

T’as compris, cet album est de haute teneur. Aucun morceau au-dessus de l’autre (juste pour pinailler About Your Behaviour est peut être un poile faiblard et l’accent anglais pas toujours au top), le bloc est compact, façonné dans le moule des piliers du noise-rock : Cop Shoot Cop, Quicksand et autres gloires du genre. Seul Maelström s’écarte légèrement de cet univers, plus teinté post-hardcore, dans sa structure, offrant un moment de mélancolie déchirante et incroyablement prenante. Pour parfaire le tout, le CD est servi dans un superbe digipack, l’oeuvre de Michel Gimenez, feu bassiste de chez Tantrum, autre groupe culte des années 90.

Bref, c’est dit, Basement est là, de retour. Ne reste plus qu’à les capter sur un concert, pour se rendre compte que la puissance de feu du groupe est démultipliée on stage. Pour les Parisiens, ils seront à Mains d’Oeuvres le 12 avril prochain, pour le Nextclues Fuckfest, dont l’affiche assez hallucinante sera bientôt dévoilée. Aucune excuse pour ne pas les rater !

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