Barcella – La boîte à musique

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Barcella est un « souffleur de vers », il le dit lui-même. Et « avec ses deux L », pour nous faire voyager, il nous ouvre sa Boîte à Musique, son premier opus.

Image de Barcella – La boîte à musique Premier opus qui suit une « pré-sortie » exclusivement régionale, vendue çà et là aux quatre coins de la France qui l’ont accueilli jusque-là. Et le disque en poche depuis son concert du festival Le Père Noël est-il un rocker ? à Lille en novembre 2009, on aurait pu s’attendre à quelques différences plus significatives entre les deux ventes d’album, d’autant plus que les quelques inédits qu’il nous a offerts lors des concerts de début d’année étaient prometteurs. En réalité, un seul titre a été ajouté en fin de CD, mais soit, ça reste du Barcella, un disque à déballer et à écouter avec plaisir.

Pour son premier album, Barcella se laisse découvrir en chanson. Après une première place aux championnats de France de slam, il nous ouvre les portes de son univers, avec une fraîcheur et un style qui lui est propre.

Barcella semble venir d’un temps passé. Il a su prendre le recul sur la chanson française actuelle pour nous offrir quelque chose de délicieusement différent, et n’a pas oublié le sens des mots qu’il marie avec précision avec les rimes et les rythmes. C’est un véritable artiste, à la première écoute on s’imagine d’ailleurs très bien rencontrer ce personnage atypique dans la rue, nous lançant ça et là quelques notes, nous accrochant avec quelques mots. Il jongle avec ces mots-là, mélangeant habilement le style hip-hop de rue avec la diction parfaite du slam et la chanson d’antan.

C’est un personnage « légèrement » atteint du syndrome de Peter Pan, confesse-t-il lui-même, et nombre de ses chansons sont vues à travers les yeux naïfs d’un enfant qui observe le monde. Grandiloquent, il ne manque pas d’humour et d’autodérision (Mémé, Queue de poisson), pour nous offrir sa vision de la vie, vagabondant entre l’enfance (Même pas chiche, Les sornettes) et l’âge adulte (Mademoiselle).

S’il se produit parfois en formation plus réduite sur scène, il est accompagné sur l’album par le talentueux Thibaut Régnier et son piano envoûtant, la délicieuse Perrine Régnier et son violon plein d’émotions, ainsi que par Olivier Urbano qui « fait tourner la vie » à l’accordéon. Lui-même fait sautiller sa guitare d’un genre à l’autre, manouche un instant, ou plus discrète s’il le faut.

S’il se montre un peu barge parfois (Saperl’hip-hop), il ne manque pas de sensibilité sur d’autres thèmes. Son album est une perle de poésie, de ces poètes qui manient les mots sans à priori et sans suivre le courant, qui les disent et les écrivent simplement comme ils viennent. Il nous emmène en vadrouille à travers le temps, nous dépose sur sa planète et nous offre un petit bout de son monde, de sa boîte à musique, comme un enfant qui cacherait sous son lit sa petite boîte à trésors et l’offrirait timidement à qui veut la prendre. C’est un florilège d’émotions qui gravite autour de cet album, de l’humour à la tristesse, en passant par l’espoir et le désarroi.

Mais à vrai dire, c’est un artiste qui est davantage à découvrir sur scène, pour comprendre pleinement son personnage, qui fait partie intégrante de sa musique, et capter à la fois chacun de ses styles et l’étendue de son talent. Dans ses souliers et sa queue de pie, il endosse parfaitement son rôle de « poète de l’ombre à la plume aiguisée », avec une tchatche naturelle captivant le public le plus pointilleux venu découvrir son univers décalé et poétique.

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A propos de l'auteur

Image de : Photographe lilloise de 25 ans tombée soudainement dans la fosse des photographes de concerts, passe dorénavant la majorité de ses soirées à allier la passion de la photographie à la (re)découverte des groupes en concert dans son grand nord. Des sonorités post-rock, post-métal ou plus rock dans les oreilles, elle s'adonne avec plaisir au roller et à la basse.

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