Band of Skulls

par |
Rencontre avec le trio infernal à quelques heures de leur dernier concert parisien avant certainement de nombreux mois. L'occasion de faire le point avec eux sur leur parcours exemplaire et sur leurs projets à venir.

Les balances s’achèvent, Matt le batteur de Band Of Skulls sort fumer une cigarette sur la terrasse de la Flèche d’or. Il est bientôt suivi d’Emma, la bassiste, une bouteille d’eau à la main et de Russell, le guitariste-chanteur, les Ray-Ban noires vissées sur le nez.

Avant d’être Band of Skulls, vous étiez Fleeing New York. Pourquoi ce changement d’identité ?

Russell : En fait, à l’époque nous avons écrit de nouvelles chansons, et grâce à ça nous avons eu l’opportunité de faire un album. Ça nous a donc paru bizarre d’enregistrer sous l’ancien nom. Fleeing New York avait plus un côté expérimental pour nous, c’était comme une période d’apprentissage… Enregistrer un album nous a ramenés à nos sources et on a senti qu’il était temps pour nous de changer de nom. Nous en avions fini avec cette période.

Ce n’était pas parce que le nom n’était pas assez trash pour attirer le public ?

Emma : (rires) Non, nous voulions juste apparaître comme un groupe différent de celui que l’on était.

Russell : C’est très bizarre, c’est la même chose que de se donner un nom ou de donner un nom à son enfant. On a toujours des tonnes d’idées, savoir pourquoi on a choisi celui-là reste mystérieux.

Ce sont les États-Unis qui vous ont donné votre chance en premier et qui ont permis d’attirer l’attention de l’Europe sur vous. Pensez-vous qu’il est plus facile de percer là-bas ?

Emma : Je pense que c’est quasiment la même chose. Cela dépend du travail et de l’énergie que tu fournis pour que ton projet marche… Quand tu fais beaucoup de dates et que tu fais l’effort de revenir dans les mêmes villes, ça paye forcément, les gens commencent à aimer ta musique. Le fait que l’album sort aux États-Unis avant nous a permis de nous établir plus facilement là-bas, de faire plus de concerts et de nous rôder pour l’Europe.

Russell : Je pense qu’on a eu un peu de chance aussi… C’est vrai qu’on a eu une opportunité là-bas en premier, donc on a essayé de travailler très dur et de prendre le meilleur de ce qui nous arrivait. Nous sommes restés un moment aux États-Unis, c’était amusant, mais nous sommes heureux d’être rentrés en Europe, c’était quelque chose qui nous tenait vraiment à cœur.

Alors, pourquoi avoir choisi de produire l’album aux États-Unis ?

Russell : Eh bien nous avons enregistré pratiquement tout l’album en Angleterre, mais on nous a donné l’opportunité d’aller à Los Angeles pour le finir là-bas. On avait tellement froid que ça nous a semblé une excellente idée ! On est passé de l’hiver anglais à l’été californien… Tellement plus agréable ! (rires) Faire un album dans deux pays différents a été un bon moyen de réflexion sur ce qu’on faisait, sur nos influences musicales.

Et justement, quelles sont-elles ces influences ?

Matt : On essaye de faire du rock très influencé 60′s et 70′s… Ce sont des sons avec lesquels nous avons grandi, dont nos parents étaient eux-mêmes fans. Russell a commencé a écouter Hendrix a 11 ou 12 ans, moi c’était les Stones

Votre musique est vraiment un mélange de plusieurs genres, c’est à la fois ancien, très 70′s, mais également propre à cette époque… Comment faites-vous ?

Russell : Je pense qu’il y a plein de vieux disques que l’on considère comme « meilleurs albums », mais le monde du rock’n'roll n’a pas encore été complètement exploré, il y a toujours de nouvelles idées à tester… Donc je pense que nous essayons de combiner le meilleur de ces deux mondes, de rester fidèles à nos racines, mais aussi de penser à ces nouvelles idées et d’en faire une version différente, la nôtre.

Comment décririez-vous le mieux votre groupe si vous deviez donner un mot ?

Russell : Horrible (rires). Non je plaisante… En un mot… Bruyant !

Emma : Venez nous voir et vous saurez ! C’est vous qui décidez !

À quoi le public doit-il s’attendre quand il vient vous voir en live ?

Russell : On a seulement un album à notre actif, c’est un vrai challenge d’essayer de garder la fraîcheur des chansons, on les joue un peu différemment chaque soir. En ce moment on est en train d’écrire notre deuxième album, c’est lui qui pourra faire la différence par la suite.

Matt : On essaye de faire du concert une expérience unique, quelque chose de différent de l’album. Beaucoup de groupes essayent de reproduire au mieux leur album sur scène, mais ce n’est pas très excitant pour nous. La musique live c’est merder, improviser des choses, changer des trucs, il faut que ça reste intéressant pour le public tout comme pour nous ! Tout spécialement nous qui ne sommes que trois sur scène… Nous ne pouvons rien cacher, il n’y a qu’une guitare, pas de clavier… Nous nous devons de rendre les morceaux dynamiques et divertissants à chaque fois.

Votre nouveau single Fires est très différent du reste de l’album. Pourquoi avez-vous choisi de le sortir ?

Emma : Nous avons voulu montrer un autre côté de nous. C’est un morceau un peu plus lent, qui peut toucher d’autres personnes. Ça nous permet aussi de voir les réactions du public face aux différents aspects de notre travail.

Pouvez-vous nous expliquer le concept du clip vidéo ? Il est assez surprenant…

Russell : (rires) Oui en effet ! Ce sont des couples à moitié nus, avec des coups de soleil, et qui sautent un peu partout sur des trampolines !

Un mot : pourquoi ?!

Russell : (rires) On a lancé une compétition pendant notre tournée pour réaliser notre clip, beaucoup de personnes nous ont envoyé leur vidéo, c’était assez amusant ! Elles étaient toutes plutôt bonnes dans l’ensemble, mais similaires pour la plupart. Il n’y en a qu’une qui s’est vraiment démarquée et c’est elle qu’on a choisie !

Emma : (rires) oui, et c’était la seule qui avait une touche d’humour.

C’est vrai, c’est totalement le cliché « anglais » tous ces coups de soleil bien rouges !

Russell : (rires) oui les coups de soleil, les gros tatouages…

Emma : Ce n’est pas du tout ce qu’on pourrait attendre pour un morceau tel que celui-ci ! Ça change les idées reçues.

Russell : Le dernier concert de notre tournée est à Londres, les acteurs du clip doivent venir normalement. Ça va être sympa de les rencontrer… Espérons qu’ils soient habillés !

Pensez-vous qu’être sur la B.O de Twilight avec votre single Friends vous a aidé à atteindre le succès ?

Emma : Nous avons enregistré Friends à l’époque de l’album, mais le morceau n’a finalement pas été retenu. Par contre, il a atterri sur le bureau du directeur artistique de Twilight qui semble l’avoir bien aimé ! C’est l’une de ces opportunités qui nous est arrivée et qui nous a aidés à sortir notre musique et à toucher les gens peut-être plus facilement. Être aux côtés de grands noms de groupes sur cette B.O était assez cool.

Russell : Personne ne sait comment ce morceau a atterri sur ce bureau… Personne ! On a juste décidé de se lancer dans l’aventure. Ça nous a permis de rajouter une corde à notre arc, et de nous faire connaître des autres groupes.

Si vous deviez choisir un film pour lequel vous auriez aimé faire la musique ?

Emma : Je ne sais pas si notre musique serait adaptée, mais un documentaire sur Stanley Kubrick me plairait assez ! J’ai récemment regardé une rétrospective de ses films et je me suis rendue compte à quel point, ils étaient extraordinaires. C’est vraiment un réalisateur brillant, il utilise la musique de façon parfaite… tout comme Quentin Tarentino d’ailleurs !

Vous tournez depuis 2009. Vous n’êtes pas fatigués à la longue ?

Russell : Si ! C’est la dernière tournée pour Baby Darling Doll Face Honey, maintenant on est plus excités à l’idée d’écrire notre nouvel album, et de tout recommencer ! Nous avons été dans la plupart des villes d’Europe et des États-Unis maintenant, et on a juste hâte de voir si les gens qui ont aimé cet album vont aimer le prochain. C’est notre plus gros challenge.

Avez-vous un souvenir de tournée à partager avec nous ?

Russell : La fois où nous sommes allés aux Pays-Bas, la personne qui devait nous montrer la route pour aller à la salle de concert était en vélo…! Et nous on la suivait en bus… Ça m’a fait mourir de rire…

Avez-vous fait des rencontres musicales intéressantes en étant constamment sur la route ?

Russell : Pas spécialement, mais on aime beaucoup tourner avec des amis à nous. Nous avons fait notre dernière tournée américaine avec les Wigs, qui sont actuellement en tournée avec les Kings of Leon, et les 22-20′s qui vont jouer avec nous pour notre dernier concert à Londres. On aime avoir nos amis à nos côtés pour traîner ensemble et s’amuser !

Nous sommes à quelques heures du concert, avez-vous des rituels avant de rentrer sur scène?

Russell : J’essaye de ne pas vomir ! (rires)

Emma : (rires) boire quelques bières pour calmer les nerfs…

Le mot de la fin ?

Emma : Venez nous voir !

Russell : Sauvez la Flèche d’or !

Matt : (en français) Mal à la tête !

Crédits photo : Phil Abdou

Partager !

A propos de l'auteur

Image de : J'aime le Rock, le vrai, pas le trop bruyant ni le trop mou, des Brian Jonestown Massacre aux Yeah Yeah Yeah's en passant par Marilyn Manson ou NIN. Je passe une grande partie de mon temps dans la pénombre des salles de concert pour essayer inconsciemment de découvrir The Next Big Hit !

Aucun commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires

Réagissez à cet article