Band of Skulls

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Deux garçons, une fille...

Trio anglais qui n’a rien de la nouvelle sensation pop, mais qui officie plutôt dans un rock rugueux et mélodique, les Band of Skulls auront connu en 2009 un sacré coup d’accélérateur dans leur grande entreprise de conquête mondiale.

Leur premier album, Baby Darling Doll Face Honey, se révèle terriblement accrocheur et démontre le talent de composition remarquable du trio formé par Emma Richardson (basse et chant), Russel Marsden (guitare et chant) et Matt Hayward (batterie). Un disque qui ravira tous les fans de Cage the Elephant et des Dead Weather .

Alors que le groupe est en pleine tournée et profitant d’un passage français express, Emma revient avec nous sur les raisons de leur succès et l’alchimie toute particulière qui semble se dégager de ce trio à suivre de très près…

Vous avez enregistré votre démo fin 2008 et votre premier album Baby Darling Doll Face Honey, quelques mois plus tard. I Know What I Am, l’une de vos chansons fût assez rapidement mise à l’honneur par iTunes dans le cadre de leur opération Free Single of the week . Votre disque a été dès le départ distribué dans un grand nombre de pays et là vous êtes en pleine tournée autour du globe. Quel est le secret d’un succès aussi rapide ?

adelapthumb2Nous avons travaillé dur et donné beaucoup de concerts dans beaucoup d’endroits différents pour que le plus de personnes possible puissent se familiariser avec notre album et notre show. J’ai l’impression que beaucoup de gens nous ont découvert grâce au bouche-à-oreille qui dans notre cas a eu l’air de bien fonctionner. Ce qui ressemble assez au scénario idéal. D’avoir été mis en avant sur iTunes dans le cadre du free single of the week a aussi été un gros coup de pouces pour faire connaitre notre groupe à un public mondial et ceci de façon quais instantanée.

De quoi parle cet album ?

Nos expériences personnelles ou en tant que groupe sont une influence majeure. Les gens que nous avons rencontrés, les lieux que nous avons visités, l’amour, la perte, l’aventure, le futur, la condition humaine. Certains de ces sujets peuvent être cachés sous plusieurs couches, mais ils sont tous présents sur l’album.

Votre album donne une impression de spontanéité assez frappante. Tout a l’air si parfaitement en place, comme une évidence. Comment faites-vous pour donner ce sentiment de fraicheur et de cohérence tout au long du disque ?

Nous faisons de la musique ensemble depuis assez longtemps et nous avons une compréhension mutuelle quasi psychique sur ce qui sonne juste et sur ce qui nous peut nous correspondre. Avoir beaucoup joué en live, avoir beaucoup travaillé sur des démos et avoir beaucoup réfléchi aux chansons avant de passer au studio nous a permis de faire le meilleur usage possible du temps que nous y avons passé. Chacun d’entre nous a pu expérimenter et tenter de faire évoluer son jeu personnel. Nous avons également eu une excellente collaboration avec notre producteur Ian Davenport ( Supergrass, Badly Drawn Boy ) qui nous a encouragés à être le plus créatifs possible et nous a poussés à réfléchir sur de nouvelles directions.

Dans votre bio on peut y lire que «  avoir deux chanteurs et 3 compositeurs dans le groupe est la certitude de disposer en permanence de possibilités infinies ». Mais cela ne représente-t-il pas également une source infinie de conflits potentiels ?

Bien sûr. À chaque fois que nous écrivons, c’est une compétition permanente. Nous ne composons jamais individuellement des chansons entières. Cela se fait toujours à partir de passages retravaillés ou de parties de chansons prises çà et là et qui mis bout à bout forment un nouveau morceau. Une idée peut être amenée par quelqu’un puis être confiée à une autre personne qui se chargera de la développer. Tout cela est très flexible. Si nous arrivons tous à nous mettre d’accord sur quelque chose alors nous le gardons.

Votre album est assez court. Est-ce un problème pour le live ?

Nous avons tendance à jouer notre set de façon légèrement différente chaque soir pour que cela reste excitant. Cela ajoute un peu de danger pour nous et pour le public. Si tu ne sais pas ce qui peut arriver, cela renforce l’énergie du moment. Mais nous sommes en train de planifier l’écriture et l’enregistrement du second album pour que nous ayons plus de titres parmi lesquels choisir.

Tu es également une passionnée de peinture et c’est toi qui as réalisé tout l’artwork de l’album. Certaines chansons ont-elles été inspirées de ton travail de peinture ou est-ce l’inverse ?

611lbc1fnel-_sl500_aa240_Les peintures qui apparaissent sur cet album ont été choisies à partir d’une sélection de travaux exécutés lorsque j’étais étudiante à l’Art College de Londres. Peindre et écrire de la musique est un processus assez similaire pour moi. Tu commences par l’épine dorsale, tu y ajoutes la structure et tu en déduis la façon de composer, puis tu prends un peu de recul et réfléchis à ce qui vient ensuite et sur la meilleure manière de terminer ton oeuvre. C’est assez instinctif et parfois il faut savoir prendre des risques pour faire quelque chose de nouveau et d’inédit.

Quel est le secret d’une bonne chanson de rock ?

Le rythme et la mélodie.

Quel est le secret d’une bonne chanson de Band of Skulls ?

Le rythme, la mélodie et des idées provenant de nous trois.

Vous êtes régulièrement comparés aux White Stripes. Vous le prenez comment ?

Chacun de nous a grandi en écoutant du blues et du rock’n roll car c’était ce que nos parents avaient dans leur collection de disques. C’est ce qui nous vient naturellement lorsque nous jouons ensemble. Le blues et le rock auront toujours ce feeling à la fois brut et excitant, car ce sont des musiques à la fois chargées d’émotions, mais qui peuvent aussi être dangereuses. Nous essayons de partir de cette base pour nous l’approprier et y apporter notre touche personnelle.

Pour Taratata vous avez enregistré un duo avec John and Jehn. Comment cela s’est-il passé ? Était-ce un choix personnel ?

Cela a été une belle surprise de collaborer avec un autre groupe et John & Jehn ont été géniaux. Nous avons eu un gros fou rire tous ensemble en répétant dans le van qui nous emmenait au studio. Ce trajet a d’ailleurs été tout le temps dont nous disposions pour mettre en place la reprise que nous avons jouée live à Taratata avec eux. Les avoir avec nous cela a quasiment doublé la taille du groupe et ça été très fun à faire !

Vous allez tourner avec Black Rebel Motorcyle Club dans quelques semaines. Comment cela s’est-il décidé ? Comment vous sentez-vous ?

Nous avons vraiment hâte d’y être. Je crois que ce sont eux qui ont demandé à ce que nous fassions leur première partie sur cette tournée ce qui est assez génial, car nous sommes très fans de leur travail. J’espère que leurs fans aimeront tout autant de que nous aurons à leur proposer.

Est-ce plus dur d’être un trio qu’un duo ou qu’un quatuor ?

Pour nous ça marche plutôt bien. Ce n’est pas vraiment le nombre de membres que compte le groupe qui est vraiment important, mais plutôt l’alchimie qui s’en dégage.

Deux garçons, une fille, combien de possibilités ?

Des possibilités infinies.

Que pense votre famille de votre carrière musicale ?

Au début ils ont été un peu inquiets, mais ont toujours fait preuve de beaucoup de soutien à partir du moment où ils ont pu se rendre compte à quel point nous nous y sommes investis. Nous avons pendant longtemps travaillé dans des bars pour finalement pouvoir aujourd’hui nous concentrer exclusivement sur notre carrière. C’est une chose extrêmement importante pour nous.

Friends, fait parti de la B.O de Twilight II . Avez-vous vu le film ? L’avez-vous vraiment aimé ?

adealpthumbNous ne savions pas grand-chose à propos de tout cela avant que nous lisions dans le LA Times que le réalisateur du film pensait à nous pour faire partie de la B.O. Nous avons donc dû passer 6 semaines à démentir l’information dans toutes les interviews que nous faisions jusqu’à ce que notre participation soit officiellement confirmée. À partir de là, il était évident pour nous de se renseigner un peu sur le sujet, donc oui nous avons vu les films et lu les livres. Cela a été un plaisir de participer à cette B.O en compagnie d’artistes tels que Thom Yorke, Muse et Black Rebel Motorcycle Club . Nous espérons que cela va permettre de faire connaître notre musique et notre album à tout un nouveau public.

Pensez-vous déjà à l’étape suivante ? Ou êtes-vous principalement concentrés sur la tournée actuelle ?

Nous pensons en permanence à ce que sera le nouvel album, tout en profitant de chacun de nos shows. C’est difficile de trouver du temps pour écrire sur la tournée, et pour l’instant nous compilons chacun de notre côté de nouvelles idées. Lorsque nous aurons quelques jours off, nous commencerons à travailler tous ensemble à notre prochain disque.

J’ai lu que tu possédais une très grosse collection de disques. L’album de Band of Skulls est tout d’abord sorti en digital. N’était-ce pas un peu frustrant pour quelqu’un comme toi, d’apparemment très attachée au support physique ?

Il était important que le disque soit disponible sous tous les formats possibles. C’est pourquoi nous l’avons sorti en digital, en CD et en vinyle. J’adore écouter de la musique sur vinyle, mais sur la route c’est beaucoup plus pratique pour moi d’acheter des MP3s, même si sur vinyle le son est toujours meilleur. Avoir toute sa collection de disques disponible de façon instantanée à partir d’un petit appareil électronique n’en reste pas moins quelque chose d’assez génial.

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©ADELAP – http://www.adelap.com

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Image de : Fondateur de Discordance.

1 commentaire

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  1. 1
    le Vendredi 31 décembre 2010
    Brun a écrit :

    Bonjour,

    Enfin un site qui commente, qui fouille, qui s’engage.

    Bravo

    Patrice Brun

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