Band Of Horses à la Flèche d’Or

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Plutôt rare en France, le quintet américain a secoué la Flèche d'Or avec la fougue que laissaient présager leurs titres, entre americana, folk et rock. Selon le cliché "rockeurs barbus", rappelons que chemises à carreaux et t-shirts "Meat is Murder" étaient de rigueur.

Jeudi 8 avril 2010. En deux albums, Everything All The Time et Cease To Begin, dont sont issus une poignée de singles à la production léchée, Band Of Horses a tracé sa route outre Atlantique depuis les débuts en 2006 à Seattle, mais était resté relativement confidentiel en France. Pourtant, quelques semaines avant la sortie d’un troisième album intitulé Infinite Arms, il aurait fallu une salle d’une contenance autre que celle de la Flèche d’Or pour accueillir la file d’attente s’étendant sur la rue de Bagnolet : la soirée sera rapidement sold out.

La première partie est assurée par Tyler Ramsey qui, outre son poste de guitariste au sein de Band Of Horses, est l’auteur du solo  A Long Dream About Swimming Across the Sea, sorti en 2008. Les ballades acoustiques  trouvent surtout leur intérêt dans la voix de Tyler et apportent une entrée en matière feutrée. L’accueil est chaleureux, mais on attend le reste de la horde avec impatience.

Band Of Horses semble chercher une  précision presque clinique si l’on se fie à la rangée de guitares plus classes les unes que les autres alignées près de la scène, et aux deux techniciens qui assureront le roulement de guitares et le soutien technique (remise en place héroïque d’une sangle de guitare, etc). Une hypothèse qui se vérifiera sur scène : les titres collent d’assez près à leur version album. The First Song, également le titre d’ouverture de Everything All The Time, ouvre magistralement le set, le son des guitares se fait profond mais la voix de Ben Bridwell doit encore s’affirmer. Tout en tension, celui-ci affiche un air fiévreux. L’atmosphère se détend au fur et à mesure que la setlist se déroule et que l’alchimie prend entre les musiciens. SI l’on considère que la formation a été récemment chamboulée suite aux départs de plusieurs membres, cette nouvelle tournée demande certainement à être rôdée. En tout cas, derrière ses lunettes de soleil, le bassiste affiche un sourire réellement béat la plupart du temps.

Les titres fédérateurs tels The Great Salk Lake, The Funeral ou No One’s Gonna Love You remportent le succès escompté, mais Is There A Ghost (extraite de Cease To Begin) est un peu expédiée. Les titres du nouvel album, Compliments, Factory ou Laredo n’ont pas l’immédiateté des titres plus anciens, mais on attend d’écouter la galette pour s’en faire une idée plus précise.  Le set privilégie le penchant rock des titres, et bien qu’il mette également à l’honneur les harmonies vocales,  il les éloigne de la branche folk de leurs compagnons de label (Subpop) à Seattle, Fleet Foxes.

Le concert s’achève alors que la salle se métamorphose en sauna, et même si les chevaux n’ont pas été complètement lâchés, on garde de chouettes souvenirs de la cavalcade.

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A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

2 commentaires

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  1. 1
    Melchior Tersen
    le Mardi 13 avril 2010
    melchior a écrit :

    j’aurais bien aimé venir

  2. 2
    le Vendredi 16 avril 2010
    Mélissandre L a écrit :

    connaissais pas non plus, lacunes, lacunes!

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