Banane Metalik – Nice to meat you

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Si les Wampas ont inventé le Rock’n’Roll, Banane Metalik, eux, sont à l’origine d’un genre encore plus pervers : le Gore’n’Roll. Plongez avec nous dans un univers sexy, poisseux, nauséabond et avarié…

banane-metalik-nice-to-meat-you-www-streetsking-orgDès la contemplation du packaging, le ton est donné.

Côté face, une pin-up zombifiée vêtue d’un soutien-gorge tête-de-mort tient un énorme cigare entre ses doigts, provoquant de belles volutes de fumée. Elle est appuyée sur le rebord d’une fenêtre. Derrière elle, un village semblerait-il. Un arbre, magnifique et menaçant. Une église. Plaquées sur la vitre, des mains ensanglantées. Zombies qui ne semblent pas l’effrayer une seule seconde.
On apprendra, à la lecture du livret, qu’on vient de rencontrer Sushie, la Go-Gore dancer attitrée du groupe.

Le reste du livret dévoile les étapes d’une cène morbide dont la devise est In gore’n'roll we trust . Zombification et cannibalisme sont à l’ho(rr)nneur.

Oui, pour le respect de la religion, on repassera, car l’accueil de nos hôtes résonne : « HELL-come, my guest !».

Et les paroles du reste de l’album sont dans le même ton. Les jeux de mots sont. savoureux : « Nice to meat you », « Ma chair et tendre…
Banane Metalik laisse pourrir le langage sous cloche et s’amuse à le voir moisir lentement. Les paroles, des rimes au bout de vers très courts, sont par conséquent assénées comme un rap-à-Billy d’outre-tombe.

Le seul bémol étant l’aspect un peu répétitif des morceaux, peut-être pas d’un point de vue technique, mais en tout cas à l’oreille. Et ça suffit pour donner un petit ton de déjà vu à l’auditeur. qui peut trouver au final les paroles interchangeables.

Qu’importe ! Malgré un I wanna eat your Pussycat pas très très fin, le reste est efficacement dark. Murder Party, ode au meurtre fou et arbitraire ; Le Cirque de l’horreur et son riff nous plongeant directement sous le chapiteau ; Creepy Ghoul, une histoire d’amour à la Johnny des Betteraves .
Et puis le top : Santa Muerta, sexy à souhait, avec une pointe de piment à l’espagnole pour relever le tout.

Arrêtons-nous enfin sur Fight la Propaganda, hymne anti-télé poubelle très jouissif, avec en guest Loran des Bérus (vous reconnaîtrez sans peine son cri : « Porcherie !! »).

Bon, c’est pas tout ça, mais, comme dirait ce bon vieux Hannibal Lecter : « I do wish we could chat longer, but… I’m having an old friend for dinner. Bye. »

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A propos de l'auteur

Image de : Miss Cinéma de Discordance et chroniqueuse hétéroclite since 2005. [Blog] [Twitter]

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