Bakchich hebdo

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Le 23 septembre dernier, le site Bakchich.info a lancé son hebdo dans les kiosques. En sortant le mercredi, il rentre en concurrence directe avec les trois autres hebdomadaires satiriques, le Canard Enchaîné, Charlie Hebdo et Siné Hebdo.

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Comme elle l’indique sur sa première manchette, c’est un canard satirique que nous offre la rédaction de Bakchich, avec ce style piquant qui se raille de l’actualité ou attaque ceux qui la font.

« Informations, enquêtes et mauvais esprit », telle est sa devise. D’ailleurs, en bon canard, Bakchich est un habitué des tribunaux. Récemment, Bakchich a ainsi porté plainte contre Philippe Val, directeur de France Inter et ancien directeur de Charlie Hebdo, pour les avoir comparé à Je suis partout, publication collaborationniste de l’entre-deux guerre.

Haut en couleur, l’hebdomadaire se dote de nombreuses illustrations qui ponctuent quasiment chaque article. Il nous offre aussi un BD-reportage qui revisite un événement de la semaine sous la forme d’une planche de bande dessinée, où peuvent d’ailleurs se retrouver des personnages célèbres comme le capitaine Haddock ou Popeye. L’ironie grave et le ton accusateur qui se dégagent de leurs enquêtes et de leurs analyses se mêlent à des choses plus légères comme des extraits du site viedemerde.fr ou encore un horoscope très original d’ Elisabeth Feissier .

Le journal qui vient du web n’oublie pas pour autant la toile. Il lui consacre la rubrique bab el web, soit quatre pages qui reprennent les perles des blogs et des sites d’infos. Le tout sélectionné par vendredi.info .

« L’écrit sauvera l’écran »

Plus que sa sortie, c’est la conversion de Bakchich.info au papier qui soulève des enjeux. Comme l’explique l’équipe du journal dans son éditorial Mauvais esprit, « à l’heure où le monde de l’info cherche un impossible modèle sur le web, Bakchich tente un joli contre-pied ». Nous le comprenons effectivement depuis des mois, la presse écrite fait faillite ici ou là. Des journaux ferment, fusionnent, mutent en magazine ou en site internet, et ces messieurs font, et oui, le contraire.

Il faut néanmoins rappeler que cette décision a été en grande partie motivée par des arguments économiques. Les recettes publicitaires ayant chuté et le nombre d’abonnés stagnant, la direction devait prendre une décision. « Si le projet ne marche pas, on va déposer le bilan » a ainsi affirmé Nicolas Beau, le directeur de la publication. C’est quitte ou double en quelque sorte.

Ce retour au papier souligne un paradoxe qui rassure sur l’état de la presse dans le sens où il montre qu’Internet à ses limites. À en croire la décision de Bakchich, évoluer sur la toile uniquement n’est pas si rentable que cela et arriver à y faire sa place loin d’être simple. Pour autant, Bakchich n’abandonne pas son site. Au contraire, il le met en valeur dans le journal, renvoyant même vers d’autres sites internet. La richesse et la modernité de cette nouvelle parution tiennent à cet échange entre la toile et le papier, l’une au service de l’autre, comme l’a également compris l’hebdomadaire Vendredi .

On ne sait pas encore si le journal va atteindre l’équilibre financier, mais cette appréhension de deux médias à la fois foncièrement différents et complémentaires est un bel exemple de leur compréhension. Un bel exemple pour ceux qui, au sommet, méconnaissent internet et le diabolise.

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En savoir +

Le site de l’hebdomadaire : http://www.bakchich.info

L’article de Discordance sur l’hebdomadaire Vendredi : http://www.discordance.fr/Vendredi-quand-les-medias-s,946.html

A propos de l'auteur

Image de : Fanny adore passer des soirées dans les salles obscures ou dans les salles de concert, mais elle préfère parler de trucs un peu moins glamours : les médias et la politique. Assister à une séance de l’assemblée nationale, une conférence sur l’opinion publique ou un débat entre deux responsables politiques ne lui fait pas peur. Elle adore ça. Elle est même devenue parisienne pour avoir l’occasion de le faire plus souvent. Mais, elle n’oublie pas d’où elle vient et soutient avec véhémence son groupe grenoblois préféré : The Melting Snow Quartet ( http://www.themeltingsnowquartet.com ).

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