Avec « Domino », Deportivo joue à quitte ou double

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Tentative de nouveau départ pour le groupe rock Deportivo avec la sortie de son quatrième album, "Domino". Seulement deux ans après le très controversé "Ivres et Débutants", les frenchies se lancent un dernier défi : reconquérir leur public et en indépendant. Pour le meilleur... ou pour la fin.

DEPORTIVO-DOMINO

Parfois, la vie, mais aussi la réussite d’un groupe, reposent sur des détails. L’engouement autour du groupe Deportivo a toujours existé, et ce depuis le début. Deportivo s’est créé son public, exigeant, même s’il n’a jamais réellement explosé aux yeux du ‘grand public’. Mais ça, au fond, ce n’est pas très important. Après deux premiers albums boulets de canon musicalement assez proches (« Parmi Eux », 2004 et « Deportivo », 2007), le trio a souvent joué la montre, tardant à repartir en tournée ou à composer ses albums (entre 3 et 4 ans, en moyenne), pour une durée de skeud souvent pointée du doigt (autour de 30 minutes). Mais peu importe, pour leurs fans, cela faisait parti du jeu.

Mais les choses tiennent souvent à un fil. Après quatre ans d’absence, Deportivo revient en 2011 avec son troisième essai, « Ivres et Débutants ». Un retour particulièrement attendu mais aussi un peu redouté : avec Gaëtan Roussel (Louise Attaque) aux manettes de la production, voilà que Deportivo laisse de côté les guitares, la sueur, la fougue rock de ses compos pour un paysage beaucoup plus lisse et résolument pop. Une transition musicale difficile pour les habitués, mais que voulez-vous, il faut savoir évoluer. Avec d’un côté une énorme déception chez les fans et, d’un autre, une transition musicale franche mais pas forcément maîtrisée, Deportivo ne semble pas savoir sur quel pied danser. Le résultat est sans appel, la production avec Barclay est terminée, Deportivo se lance donc en indépendant.

Et dans cet état d’esprit de reconquête, il n’y aura aucun écart de toléré, Deportivo l’a déclaré au site Huffing Ton Post ce mois-ci : « si ceux qui nous aiment bien ne l’achètent pas, ce sera probablement le dernier album de Deportivo ». Les choses ont le mérite d’être claires, « Domino » est quelques peu pesant mais le groupe a retrouvé « sa » liberté… et ça se sent. Dix petits titres, dommage, mais avec des éléments intéressants. On sent bien que le groupe n’est pas resté insensible face aux critiques de « Ivres et Débutants ».

Envahis par les claviers en 2011, la version 2013 de Deportivo n’a pas pour autant choisie de les éliminer. Rien qu’à écouter le titre éponyme de l’album, Domino, on comprend bien que ces derniers gardent bien toute leur place sur ce nouveau cru. 

Mais cette fougue, cette patte made in Deportivo, se retrouve enfin ! Même si elle est clairement plus contenue qu’à leurs débuts, de bons riffs se font à nouveau entendre… entre quelques grosses séquences de synthés. Il y a des morceaux coups de cœur (Toutes les Choses, Impossible) qui sonnent carrément old school, mais bien plus maîtrisés car les synthés sont utilisés avec plus d’intelligence. Calé sur le rythme soutenu par la guitare, enfin remise en avant, et les coups de buttoir de la batterie, on y retrouve beaucoup plus de cohérence sonore.

Appuyé par des mélodies entêtantes et un Jérôme Coudanne à nouveau hurlant (Personne N’arrive à l’Heure, Imbéciles), on repartirait bien aisément Dans Ta Chambre pour méditer à tout ça. 

Malheureusement cela ne nous enlève pas un certain côté de déjà-vu, par moment : si le groupe démontre que sur En Ville il peut partir en ballade lyrique rock sans problème, des morceaux semblent resurgir des tiroirs. Sur Pourquoi Devrais-Je ?, on penserait presque que Deportivo a décliné une nouvelle version de N’ai-Je ? (« Ives et Débutants », 2011) même si, musicalement, elle est clairement plus énervée. Sur Both On The Same Boat, les claviers font la loi et rien ne semble pouvoir inverser la tendance alors que Chez Toi conclue sur une référence à eux-même, sur fond de « aux bruits que la vie fait ».

Une drôle de fin, presque comme une révérence.

En tous cas, il est clair que « Domino » va faire renouer Deportivo avec une partie de son public après un très difficile « Ivres et Débutants ». Cependant nous ne pouvons pas dire que nous soyons surpris musicalement par les sonorités de « Domino » qui rassemble des ingrédients des trois premiers albums. De la fougue de « Parmi Eux », des ballades à « Deportivo »... et les fameux synthés de « Ivres et Débutants ».

Espérons que l’appellation de leur nouveau label indé ne leur porte pas préjudice. Ils ont choisi de l’appeler Titanics Records.

Clip « Domino » Deportivo : 

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A propos de l'auteur

Image de : Etre thésard et mélomane, c'est possible. Enfin du moins pour l'instant ! Véritable électron libre dans le Sud de la France navigant entre Montpellier, Nîmes, Avignon et Marseille, je conserve cette passion à partager mes coups de cœur, mes trouvailles... et aussi mes coups de gueule. Pour ceux qui auraient envie d'en savoir un peu plus, vous pouvez toujours jeter un œil à mon site perso, Le Musicodrome (www.lemusicodrome.com).

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