Autechre à La Machine

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En ce samedi 20 mars, La Machine, ex-Locomotive, recevait le duo anglais Autechre.

Qu’est-ce qu’Autechtre ?

Image de Autechre live à la Machine Avec un nom pareil, ils doivent certainement faire de la musique étrange… Et justement, c’est bien ce qu’ils font : une électro bidouilleuse et malsaine qui repousse les limites de ce qui définit la musique. Leurs créations drones qu’ils expérimentent depuis plus de 10 ans sont vénérées par bon nombre d’amateurs de musiques extrêmes diverses.

Ils sont donc à Paris accompagnés de différents DJs issus de leur prestigieux label WARP (Aphex Twin, Boards of Canada…).

On m’avait fait part de leurs performances déstabilisantes jouées dans le noir et malgré mon aversion pour les configurations club, je m’y risque donc. Ouverture des portes a 22h00, live annoncé à 23h00 sur tous les supports commerciaux.

À 22h30, l’entrée affiche « Autechre complet ».

Arrivé à l’intérieur, force est de constater que le blason de la salle a été redoré. Finis la boite de la dernière chance et les concerts de death metal (dommage)… La feuille du line-up attire notre attention, Autechre est prévu à 1h35… Ayant cessé de m’intéresser aux maths en quatrième, je réussis tout de même le calcul : il nous reste 3h30 à attendre avec tout ce que cela signifie en termes de dépenses en boissons, de ratage du dernier métro et de dépit). La sortie n’est évidemment pas possible, mais après discussion avec une sécurité bien élevée, mais ferme, nous pouvons néanmoins sortir et rentrer plus tard.

3h10 plus tard, retour à La Machine, Autechre commence son live. La salle est grande, blindée de monde dans le noir complet. Immédiatement le son métallique prend à la gorge et siphonne l’oxygène. La cécité mêlée au malsain de la musique oppresse, on se croirait dans la rave de Matrix 2, le côté tribal en moins.

En analysant ce que les deux Anglais construisent et déconstruisent, la question se pose : les gens sont-ils ici, car ils apprécient réellement la musique et la comprennent, ou se laissent-ils porter, comme moi ?

Vu la contenance du lieu et la complexité d’Autechre, la moitié de la salle ne doit être là que par curiosité médiatique ou pour se montrer. Un peu comme les films de Lynch, genre « j’adore Twin Peaks, mais je n’ai pas bien compris et je n’ai d’ailleurs pas vu la fin… »

Pas de chance les branchouilles, ce soir c’est le noir complet, pas génial donc pour se faire voir.

La sueur âcre et imprégnée de drogue péruvienne de la teufeuse qui « danse » à côté de moi m’incommode fortement, je monte au balcon.

Difficile de différencier les vraies nuances entre les morceaux, l’ensemble est cohérent, mais tenter de comprendre la construction des titres reste quelque chose de très déconcertant.

Apparemment je ne suis pas le seul à avoir été gêné par la teufeuse, car désormais il y a réellement un vide autour d’elle.

Une heure de viol émotionnel qui rappelle la bande-son de Tetsuo, le film nippon barré. Bilan : plus de crâne et impossible de regarder les autres DJs.

Retour en noctambus, où une dizaine de loubards bien chauds sous Ballantine’s m’offrent sans trop de choix un gospel medley braillé de L.I.M et de Mister You.

Une soirée drone…

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A propos de l'auteur

Image de : Melchior 22 ans, aime roder en écoutant du hip-hop ou du rock, écrire des reports sur des groupes de hardcore, prendre des photos qui n'interressent personne, B2ObA, Burzum, les films de Cronenberg, les loups, George Michael et Tears For Fears ....

3 commentaires

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  1. 1
    le Vendredi 2 avril 2010
    varloteaux a écrit :

    s’il n’y avait pas les albums le côté obscure d’autechre auraient du mal à éveiller l’interêt. C’est parce que ce sont à la fois des génies de la mélodie, du son et du rythme, bref de la musique mais peut-être plus encore que celle que nous connaissons qu’autechre, nous installe dans l’expectative, y compris lorsque la structure formelle en mouvement des morceaux échappe à la mémoire pour ne laisser qu’un magma fuyant de son étourdissants et agressifs. Mouais j’aurais envie de dire si j’en avais un peu devant mes dieux vivants. Et encore je ne suis pas sûr d’être devant autechre vu qu’on ne les voit pas lol. Bon mais moi qui suis venu de toulouse je m’attendais à entendre un autechre que je connais, j’entends pas forcément les albums mais un son que je connais, un style. Du style, ne restait que la démarche rationnelle bien décidée à faire de l’art tel qu’on sait en faire à notre époque c’est à dire en brisant tout ce qu’il y a à briser pour ne laisser qu’un pays dévasté. Ok c’est bien. Peut-être est-ce le lieu pour le faire. un truc éphémère qui brise toutes les limites. D’un autre côté on sait déjà qui est le maître du genre inutile de sortir la grosse artillerie. oui d’un autre côté à quoi bon étaler sa science. Autechre m’a paru hautain ce soir faisant fi du goût des autres qui comme moi l’ont aimé à travers leurs albums. J’avais presque envie de crier « remboursé ! » mais comme j’étais seul… J’aime toujours autant autechre même leurs albums les plus difficiles. Je regrette mais le génie d’autechre n’était pas au rendez-vous. Et c’est bien dommage parce que quand on sait de quoi sont capable ae les aphex twin et les boards of canada de warp on se demande si warp n’a pas voulu se montrer très très orgueilleux et recruter dans les philistins qui savent recycler ça en un faire-valoir. Bref soirée musicale un peu à chier sauf que pour être honnête je n’écoute plus du tout les sons comme avant. L’eau qui coule dans l’évier est un début de morceau ect… Ils m’ont aidé à franchir des limites dans l’ecoute. pour conclure je ne crois pas que la meilleure chose à faire soit d’emmener genre sa petite copine pour lui faire découvrir autechre. Je le déconseille vivement….

  2. 2
    le Mardi 6 avril 2010
    thomas a écrit :

    Aaaah il fallait rester après, il y avait des fabuleux DJ à la cave comme sur la grande scène!

  3. 3
    le Lundi 28 mars 2011
    manolo a écrit :

    en surfant un peu, voici que je tombe ce compte-rendu et son commentaire. Personnellement, je suis un fan depuis les débuts, avec un premier live en 1996. Depuis ce jour je ne loupe aucune tournée et me permet même la folie de 2 dates sur la même tournée. Autechre en live, c’est le complément aux albums et ep tous plus magnifiques les uns que les autres. C’est en quelque sorte l’album à écoute unique que tu n’aura jamais, celui dont tu ne garderas que des souvenirs de moments sonores magiques. C’est vrai que le premier live est déroutant, mais ça vaut la peine d’essayer encore. Autechre c’est comme le bordeaux, ça se bonifie avec l’age, et cela est rare dans les musiques actuelles. Sur cette tournée je les ai vus 2 fois, et je garanti qu’ils n’étaient pas hautins, mais juste fidèles à leur style, si unique…pourvu que cela dure

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